Gaza: Biden dit oeuvrer à un «cessez-le-feu immédiat» et met en garde Israël

La vice-présidente américaine Kamala Harris (en bas) applaudit pendant que le président américain Joe Biden prononce le discours sur l'état de l'Union dans la salle du Capitole des États-Unis à Washington, DC, le 7 mars 2024. (POOL / AFP)
La vice-présidente américaine Kamala Harris (en bas) applaudit pendant que le président américain Joe Biden prononce le discours sur l'état de l'Union dans la salle du Capitole des États-Unis à Washington, DC, le 7 mars 2024. (POOL / AFP)
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Publié le Vendredi 08 mars 2024

Gaza: Biden dit oeuvrer à un «cessez-le-feu immédiat» et met en garde Israël

  • Le président américain a annoncé la construction d'un port temporaire à Gaza pour acheminer davantage d'aide dans le territoire palestinien
  • La construction d'une «jetée temporaire» prendra plusieurs semaines et ne signifie pas le déploiement au sol de soldats américains, ont indiqué des responsables américains

TERRITOIRES PALESTINIENS: Joe Biden a exhorté Israël à ne pas utiliser l'aide humanitaire comme "monnaie d'échange" dans la bande de Gaza, affamée après cinq mois de combats, tout en disant oeuvrer à "un cessez-le-feu immédiat".

Dans son discours sur l'état de l'Union jeudi, le président américain a aussi annoncé la construction d'un port temporaire à Gaza pour acheminer davantage d'aide dans le territoire palestinien où les espoirs d'une trêve rapide entre Israël et le Hamas s'amenuisent.

La livraison d'aide humanitaire par parachutages ou par la mer ne peut se substituer à la voie terrestre, estiment cependant de hauts responsables de l'ONU qui met en garde contre une "famine généralisée presque inévitable" à Gaza.

"Je travaille d'arrache-pied pour parvenir à un cessez-le-feu immédiat d'au moins six semaines", a déclaré Joe Biden, alors que la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien vient d'entrer dans son 6e mois.

L'aide "ne peut être une considération secondaire ni une monnaie d'échange", a-t-il souligné, disant aussi avoir ordonné à l'armée américaine d'établir un port à Gaza permettant "une augmentation massive" de la quantité d'aide livrée chaque jour.

Principal allié d'Israël, les Etats-Unis mettent une pression grandissante sur les Israéliens qui ne laissent aujourd'hui entrer l'aide qu'au compte-gouttes à Gaza depuis l'Egypte.

La construction d'une "jetée temporaire" prendra plusieurs semaines et ne signifie pas le déploiement au sol de soldats américains, ont indiqué des responsables américains, précisant que les Israéliens avaient été informés.

L'aide maritime partira, selon eux, du port de Larnaca à Chypre, le pays de l'Union européenne géographiquement le plus proche de Gaza, où la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est attendue vendredi.

Alors que, selon l'ONU, 2,2 millions de personnes -soit l'immense majorité de la population- sont menacées de famine dans le territoire exigu et assiégé, plusieurs pays, dont les Etats-Unis et la France, y ont effectué jeudi de nouveaux largages aériens de nourriture.

"L'air et la mer ne peuvent pas se substituer à ce qui doit arriver par la terre", a néanmoins insisté la coordinatrice de l'ONU chargée de l'aide pour Gaza, Sigrid Kaag.

"La diversification des routes d'approvisionnement terrestres (...) reste la solution optimale: plus facile, plus rapide, moins chère", a-t-elle déclaré jeudi après une réunion à huis-clos du Conseil de sécurité.

A Madrid, Philippe Lazzarini, le chef de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a également plaidé pour l'ouverture de points de passage routiers permettant "d'avoir des convois quotidiens à grande échelle".

Pourparlers «la semaine prochaine»

Selon le ministère de la Santé du Hamas, au moins 20 civils, la plupart des enfants, sont morts de malnutrition et de déshydratation.

La situation est notamment critique dans le nord où l'acheminement de l'aide par voie terrestre est quasi impossible à cause des combats, destructions et pillages.

Jusqu'à présent, la guerre a fait 30.800 morts à Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé.

Les médiateurs -Etats-Unis, Qatar, Egypte- espéraient arracher un accord sur une trêve associée à une libération d'otages en échange de prisonniers palestiniens avant le ramadan, le mois sacré du jeûne pour les musulmans, qui commence en début de semaine prochaine.

Mais leurs discussions au Caire avec des représentants du Hamas ont été suspendues après quatre jours et "doivent reprendre la semaine prochaine", selon le média égyptien progouvernemental Al-Qahera News.

Elles ne sont pas "rompues" et les "divergences s'estompent", a assuré l'ambassadeur des Etats-Unis en Israël, Jack Lew.

La délégation du Hamas a quitté Le Caire pour Doha où est basé le chef du mouvement, Ismaïl Haniyeh, faute d'avoir vu ses "exigences minimales" satisfaites par Israël, selon un responsable palestinien.

Le Hamas réclame avant tout accord un cessez-le-feu définitif et un retrait des troupes israéliennes de Gaza, ce qu'Israël refuse.

«Comme un séisme»

La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque d'une ampleur sans précédent du Hamas qui a fait au moins 1.160 morts, la plupart des civils, dans le sud d'Israël, selon un décompte de l'AFP.

Environ 250 personnes ont aussi été enlevées et emmenées à Gaza ce jour-là, et 130 otages y sont encore retenus, dont 31 seraient morts d'après Israël.

En riposte, Israël a juré d'anéantir le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007 et qu'il considère comme une organisation terroriste de même que les Etats-Unis et l'Union européenne.

"L'armée israélienne continuera à opérer dans toute la bande de Gaza, y compris à Rafah, le dernier bastion du Hamas", a répété jeudi le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Pour parvenir à la "victoire totale", Israël dit préparer une offensive terrestre sur Rafah, dans l'extrême sud de la bande de Gaza contre la frontière fermée avec l'Egypte, où sont massés près de 1,5 million de Palestiniens selon l'ONU.

A 3 km plus au nord, les chars israéliens ont quitté cette semaine le centre de Khan Younès, laissant derrière eux d'immenses destructions après des mois de combats et de bombardements aériens.

"Vous ne pouvez plus retrouver votre maison. Honnêtement, c'est comme s'il y avait eu un séisme", dit Samir, de retour dans la ville d'où il avait été déplacé.


L'Iran dément avoir visé l'ambassade américaine à Ryad 

L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
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  • L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles
  • Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti

RYAD: L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad.

"Aucun drone n'a été lancé depuis l'Iran vers l'ambassade des Etats-Unis à Ryad", a-t-il déclaré dans un entretien exclusif à l'AFP.

"Si le commandement des opérations à Téhéran attaque quelque part, il en assume la responsabilité", a-t-il assuré.

L'Iran mène depuis samedi des frappes sur les pays du Golfe, disant y viser les installations américaines, après l'attaque lancée par les Etats-Unis et Israël, prélude à une guerre qui déborde en dehors de la région.

L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles.

Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti.

De la même manière, l'Iran n'a "aucun rôle dans l'attaque (de drone, NDLR) qui a ciblé l'ambassade américaine" et provoqué un incendie, a affirmé Alireza Enayati.

Guerre "imposée" 

Le diplomate a exprimé sa reconnaissance envers l'Arabie saoudite pour son engagement à ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien, ni de son territoire, pendant la guerre.

"Nous apprécions ce que nous avons entendu à plusieurs reprises de la part de l'Arabie saoudite: qu'elle n'autorise pas l'utilisation de son espace aérien, de ses eaux ou de son territoire contre la République islamique d'Iran", a-t-il dit.

Avant le déclenchement de la guerre, Ryad avait apporté son soutien aux efforts diplomatiques visant à apaiser les tensions entre Téhéran et Washington et avait promis de ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien pour des attaques contre l'Iran.

Après des années d'hostilité, l'Iran, à majorité chiite, et l'Arabie saoudite, à majorité sunnite, avaient renoué leurs relations en 2023, à la suite d'un accord surprise négocié par l'intermédiaire de la Chine.

Ryad avait rompu en 2016 ses relations diplomatiques avec la République islamique après que son ambassade à Téhéran et son consulat à Mashhad, dans le nord-ouest du pays, avaient été attaqués lors de manifestations. Celles-ci avaient suivi l'exécution par l'Arabie saoudite du religieux chiite saoudien Nimr al-Nimr.

Depuis que la guerre lancée par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran embrase le Moyen-Orient, au moins 13 personnes ont été tuées dans le Golfe, dont sept civils.

"Ceci n'est pas une guerre régionale et ça n'est pas notre guerre. Elle a été imposée à la région", a regretté Alireza Enayati.

 

 


Le ministre saoudien de la Défense s'entretient avec son homologue des Émirats arabes unis et condamne les attaques iraniennes

 Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, s'est entretenu avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum, jeudi. (@DXBMediaOffice)
Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, s'est entretenu avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum, jeudi. (@DXBMediaOffice)
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  • Les ministres ont condamné l'agression iranienne contre le Royaume, les Émirats arabes unis et d'autres pays
  • Ils ont déclaré que leurs pays se réservaient le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs capacités

RIYAD: Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, s'est entretenu jeudi avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum.

Au cours de cet entretien, les ministres ont condamné l'agression iranienne contre le Royaume, les Émirats arabes unis et d'autres nations, a écrit le prince Khalid sur X.

Les attaques iraniennes ont été décrites comme une "violation claire des conventions internationales, ainsi que de la souveraineté, de la sécurité et de la sûreté des nations", a déclaré le Dubai Media Office.

"Les deux parties ont souligné que de tels actes ont de graves implications pour la sécurité et la stabilité régionales et internationales", a ajouté le bureau.

Les deux ministres ont également affirmé leur entière solidarité et leur engagement à soutenir toutes les mesures prises en réponse à ces actes, a déclaré le prince Khalid.

Ils ont ajouté que leurs pays se réservaient le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs capacités et assurer la sécurité de tous ceux qui vivent dans les deux pays.


Liban: frappe sur la banlieue sud de Beyrouth après un avis d'évacuation 

La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
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  • La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information
  • La panique s'est emparée de Beyrouth dans l'après-midi, après un appel inédit d'Israël à évacuer toute la banlieue sud qu'il pilonne depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale, lundi

BEYROUTH: La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Un panache de fumée se dégage du lieu du site, selon des images de l'AFPTV.

La panique s'est emparée de Beyrouth dans l'après-midi, après un appel inédit d'Israël à évacuer toute la banlieue sud qu'il pilonne depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale, lundi.