«N'affamez pas Gaza!»: Les voix inaudibles de jeunes activistes israéliens

Quelques dizaines de jeunes activistes israéliens ont malgré tout organisé jeudi un très symbolique convoi d'aide alimentaire vers la bande de Gaza, vite refoulé par la police (Photo, AFP).
Quelques dizaines de jeunes activistes israéliens ont malgré tout organisé jeudi un très symbolique convoi d'aide alimentaire vers la bande de Gaza, vite refoulé par la police (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 08 mars 2024

«N'affamez pas Gaza!»: Les voix inaudibles de jeunes activistes israéliens

  • Les jeunes militants, qui se retrouvent tôt le matin sur un parking d'une gare de Tel-Aviv, se disent révoltés par la situation humanitaire «insupportable» à Gaza
  • «Des gens ont été tués ici! Honte à vous qui voulez nourrir les terroristes!» hurle un homme, tandis qu'au loin, on entend les bombardements israéliens

KEREM SHALOM: Ils sont une "toute petite minorité", leur voix est quasiment inaudible, et ils le savent. Mais quelques dizaines de jeunes activistes israéliens ont malgré tout organisé jeudi un très symbolique convoi d'aide alimentaire vers la bande de Gaza, vite refoulé par la police.

Une trentaine de véhicules, un peu plus de militants, un camion de 7 tonnes à peine rempli: le convoi organisé par le mouvement Standing Together (Ensemble), qui revendique 5.000 membres, était éminemment symbolique.

Mais le but est de faire entendre "une autre voix" et de démontrer "qu'il y a des gens dans notre société estimant que ce qui se passe à Gaza est inacceptable", martèle Nadav Shofet, un des organisateurs de l'opération, la première du genre depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas palestinien il y a cinq mois.

Comme lui, les jeunes militants, qui se retrouvent tôt le matin sur un parking d'une gare de Tel-Aviv, se disent révoltés par la situation humanitaire "insupportable" dans le territoire palestinien où, selon l'ONU, 2,2 millions de personnes, soit l'immense majorité de la population, sont menacées de famine.

S'ils arborent pour la plupart des T-shirts violet avec l'inscription "N'affamez pas la population de Gaza!", tous prennent aussi soin d'attacher au rétroviseur de leur voiture le ruban jaune symbolisant la nécessité du retour des otages israéliens retenus encore à Gaza, qui sont encore 130 selon Israël, dont 31 seraient morts.

Ces activistes sont conscients de marcher sur une ligne de crête. "Notre combat contre le Hamas est justifié", répète, en préambule et à plusieurs reprises, Orly Shay Keslassy, une orthophoniste de 39 ans.

"Mais nous ne pouvons ignorer qu'il y a des millions d'innocents à Gaza. Je ne peux pas, en tant qu'Israélienne, vivre en sachant que mon gouvernement leur refuse de la nourriture et des médicaments", ajoute-t-elle.

«C'est une honte!»

Dans le camion, ont été chargés des couches et du lait pour bébé, des paquets de sucre, de farine, des aliments prêts à cuisiner, des "dattes pour le ramadan"... Le contenu apparaît dérisoire, mais l'opération de collecte n'a été lancée que mardi, insistent les organisateurs.

Le convoi s'ébranle, sous l'oeil noir d'Ilan Enia, un chauffeur routier. "Qu'ils aillent se faire foutre. C'est une honte, une honte, d'envoyer des camions à Gaza alors que nos soldats se font tuer", s'énerve-t-il.

Le convoi rejoint Ashkelon, à une cinquantaine de kilomètres plus au sud, où de nouvelles voitures et de nouveaux chargements grossissent le cortège.

Direction: Kerem Shalom, point de passage entre Israël et la bande de Gaza, par où transitent au compte-gouttes des camions d'aide humanitaire.

La route empruntée par le convoi passe devant les kibboutz de Kfar Aza et Beeri, où ont été tuées près de 200 personnes lors de l'attaque menée par le Hamas le 7 octobre dans le sud du pays. Et par Réïm, théâtre de la plus grande tuerie, où les commandos du Hamas ont massacré 364 jeunes lors du festival Nova.

"Des gens ont été tués ici! Honte à vous qui voulez nourrir les terroristes!" hurle un homme, tandis qu'au loin, on entend les bombardements israéliens sur Gaza. Comme si toutes les douleurs s'entrechoquaient en un seul lieu.

"Je ne crois pas que les gens sont méchants, je pense juste qu'ils souffrent terriblement et n'ont aucun espace pour avoir de l'empathie pour les autres", pense Roy Hoschem, étudiant chef d'orchestre et membre du convoi.

«Douleur contre douleur»

Visiblement ébranlée, Orly Shay Keslassy tente d'expliquer "la grande confusion" qui domine, selon elle, la société israélienne.

"On est dans un schéma douleur contre douleur. Le Hamas a tué des gens innocents mais ce n'est pas une raison pour le faire à notre tour", confie cette mère de deux enfants. "Je veux penser que je vis dans un pays démocratique et moral."

A trois kilomètres du check-point de Kerem Shalom, la police bloque les activistes et leur intime de faire demi-tour. Ils repartent rapidement, presque sans discuter, résignés.

Rula Daoud, une des organisatrices, a les larmes aux yeux, mais assure: "nous recommencerons. Nous réessayerons".


L’espace aérien et le territoire saoudiens ne seront pas utilisés pour une attaque contre l’Iran, affirme le prince héritier

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président iranien Masoud Pezeshkian. (Archive/SPA/AFP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président iranien Masoud Pezeshkian. (Archive/SPA/AFP)
Short Url
  • Le prince héritier Mohammed ben Salmane a fait ces déclarations lors d’un entretien téléphonique avec le président iranien Massoud Pezeshkian

RIYAD : Le Royaume n’autorisera pas que son espace aérien ou son territoire soient utilisés pour toute action militaire contre l’Iran, a déclaré le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane au président iranien Massoud Pezeshkian lors d’un entretien téléphonique mardi.

L’Arabie saoudite respecte la souveraineté de l’Iran et soutient tous les efforts visant à résoudre les différends par le dialogue, de manière à renforcer la sécurité et la stabilité dans la région, a rapporté l’Agence de presse saoudienne, citant les propos du prince héritier à Pezeshkian.

Le président iranien a exprimé sa gratitude envers le Royaume pour sa position ferme en faveur du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Iran, remerciant le prince héritier pour ses efforts en vue de renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Plus tôt, les médias iraniens avaient rapporté que Pezeshkian avait déclaré que Téhéran accueille toujours favorablement tout processus, dans le cadre du droit international, visant à prévenir la guerre.

Pezeshkian a également indiqué au prince Mohammed que « l’unité et la cohésion » des pays islamiques peuvent garantir une « sécurité, une stabilité et une paix durables dans la région ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Netanyahu affirme qu'il ne permettra pas l'établissement d'un «Etat palestinien à Gaza»

Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée. (AFP)
Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée. (AFP)
Short Url
  • "J'entends dire que j'autoriserais la création d'un État palestinien à Gaza. Cela n'a pas eu lieu et cela n'arrivera pas"
  • "Aujourd'hui comme demain, nous ne le permettrons pas", a-t-il ajouté, affirmant qu'"Israël maintiendra son contrôle sécuritaire sur l'ensemble de la zone allant du Jourdain à la mer" Méditerranée

JERUSALEM: Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée.

"J'entends dire que j'autoriserais la création d'un État palestinien à Gaza. Cela n'a pas eu lieu et cela n'arrivera pas", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, se vantant d'avoir "empêché à maintes reprises la création d'un État palestinien".

"Aujourd'hui comme demain, nous ne le permettrons pas", a-t-il ajouté, affirmant qu'"Israël maintiendra son contrôle sécuritaire sur l'ensemble de la zone allant du Jourdain à la mer"  Méditerranée, soit Israël et l'ensemble des Territoires palestiniens occupés.

 


Israël tourne une page avec le retour de son dernier otage à Gaza

L'armée a indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé". (Reuters)
L'armée a indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé". (Reuters)
Short Url
  • Cet épilogue devrait permettre l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien, et notamment la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, seule porte de sortie de la bande de Gaza
  • "Nous sommes au seuil de la prochaine phase" du plan américain, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais "la prochaine phase, ce n'est pas la reconstruction", elle consiste "à désarmer le Hamas et à démilitariser" Gaza

JERUSALEM: "Nous pouvons enfin dire: il n'y a plus d'otages à Gaza": Israël a rapatrié lundi le corps de Ran Gvili, le dernier d'entre eux, marquant la fin du long combat des familles dans une société traumatisée par l'attaque du 7-Octobre.

Cet épilogue devrait permettre l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien, et notamment la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, seule porte de sortie de la bande de Gaza sans passer par Israël.

"Nous sommes au seuil de la prochaine phase" du plan américain, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais "la prochaine phase, ce n'est pas la reconstruction", elle consiste "à désarmer le Hamas et à démilitariser" Gaza, a-t-il ajouté.

L'armée avait auparavant indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé".

M. Netanyahu a salué "une réussite extraordinaire pour l'Etat d'Israël". "Nous les avons tous ramenés, jusqu'au tout dernier captif", a-t-il dit au Parlement.

Le gouvernement "a accompli sa mission morale", s'est-il prévalu, l'armée se félicitant d'avoir tenu sa promesse de "ne jamais abandonner personne".

"C'est une période qui touche à sa fin", réagit à Tel-Aviv Orna Cheled, une habitante de 70 ans, qui se dit "très émue".

"Mais je ne sens pas que la situation est résolue, que c'est vraiment la fin (...) au final, nous voulons juste vivre en paix", ajoute-t-elle.

"Ça ressemble à une forme de clôture. C'est très émouvant", témoigne aussi Rebecca Geller, 46 ans, une ancienne employée du Forum des familles, la principale association israélienne de proches de captifs.

"TRAVAIL EXTRAORDINAIRE! (...) Félicitations à ma formidable équipe de champions!!!", a écrit pour sa part Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Dans le même temps, neuf prisonniers palestiniens ont été libérés par Israël et hospitalisés à Gaza, selon l'hôpital des Martyrs d'Al-Aqsa, à Deir el-Balah (centre).

Fin du "combat" 

Lors de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, 251 personnes, dont 44 mortes, avaient été enlevées pour servir d'otages.

Sur les 207 otages pris vivants, 41 sont morts ou ont été tués en captivité.

Ran Gvili, un policier, était tombé au combat à 24 ans en défendant le kibboutz Aloumim.

Seule sa dépouille n'avait jusque-là pas été rendue à Israël dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur à Gaza sous pression américaine le 10 octobre.

"Avec le retour de (Ran) Gvili, un héros qui a donné sa vie pour défendre sa communauté, nous pouvons enfin dire: il n'y a plus d'otages à Gaza", a écrit le Forum des familles.

"Ce qui avait commencé dans un choc inimaginable est devenu l'un des combats civiques, moraux et humains les plus obstinés de l'Histoire", a-t-il ajouté, un combat désormais "terminé".

Les chaînes de télévision ont diffusé en boucle des images du cercueil de Ran Gvili, recouvert d'un drapeau israélien et entouré de soldats.

"Tu devrais voir les honneurs qu'on te rend ici. Toute la police est avec toi, toute l'armée (...) tout le peuple (...) Je suis fier de toi, mon fils", a lancé son père lors d'un hommage.

Dimanche, les forces israéliennes avaient lancé des fouilles dans un cimetière du nord de Gaza.

Le Hamas avait auparavant indiqué avoir donné aux médiateurs dans le conflit "tous les détails et informations" qu'il détenait sur l'emplacement du corps. Il a affirmé que sa découverte confirmait son "engagement" pour le cessez-le feu.

"Voyager est un rêve" 

Le retour de ce dernier otage ouvre la voie à la réouverture de Rafah, passage crucial pour l'acheminement de l'aide humanitaire.

Elle est réclamée de longue date par les Nations Unies et la communauté humanitaire, mais Israël a déjà précisé qu'elle serait "limitée" aux piétons et soumise à "un mécanisme complet d'inspection israélien".

Sur le terrain, alors que les deux parties s'accusent mutuellement de violer quotidiennement la trêve, la situation humanitaire reste dramatique pour les quelque 2,2 millions d'habitants palestiniens.

"Le monde ne se soucie pas de nous. Pour nous, voyager est un rêve de retour à la vie", témoigne Maha Youssef, 37 ans, déplacée à Gaza-ville par la guerre.

"Même si cela est financièrement difficile et probablement instable, mes enfants pourraient voir à quoi ressemble une vie normale et la vivre et au moins, ils pourraient aller à l'école", ajoute-t-elle.

La deuxième étape du plan Trump, endossé par le Conseil de sécurité de l'ONU en novembre, prévoit, outre le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

Le secrétaire général de l'ONU a salué lundi le retour du corps de Ran Gvili, appelant à une "mise en oeuvre intégrale" de l'accord de cessez-le-feu après plus de deux ans de guerre.