Un général israélien à Gaza critique les dirigeants politiques

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Publié le Vendredi 15 mars 2024

Un général israélien à Gaza critique les dirigeants politiques

Le général a promis que les commandants militaires et les soldats assumeraient la responsabilité de leurs actes. (AFP)
  • "Vous devez être dignes de nous", a déclaré M. Goldfus à propos des dirigeants de son pays.
  • Ni M. Netanyahu ni le ministre de la défense Yoav Gallant n'ont réagi publiquement aux remarques de M. Goldfus. Certains législateurs ont exprimé leur approbation, tandis que d'autres ont exprimé leur mécontentement quant au fait que le général fasse des

JERUSALEM : Un général israélien à la tête des troupes à Gaza a émis de rares critiques publiques à l'encontre des dirigeants politiques du pays, leur demandant d'être "dignes" des soldats qui luttent contre le Hamas dans le territoire palestinien.

Le général de brigade Dan Goldfus, chef de la 98e division déployée à Khan Yunis, principale ville du sud de Gaza, a également semblé s'immiscer dans une querelle concernant l'exemption des juifs ultraorthodoxes du service militaire.

Il a ensuite été convoqué par la direction de l'armée pour ses commentaires, qui ont enfreint un tabou de longue date interdisant aux officiers en uniforme de s'immiscer publiquement dans la politique. "Vous devez être dignes de nous", a déclaré M. Goldfus à propos des dirigeants de son pays, dans des propos diffusés à la télévision israélienne mercredi.

Il a appelé les hommes politiques israéliens à "mettre de côté les extrêmes et à adopter la solidarité" dans la guerre de Gaza déclenchée par l'attaque du Hamas sur le sud d'Israël le 7 octobre.

Le général a promis que les commandants militaires et les soldats assumeraient la responsabilité de leurs actes.
Jusqu'à présent, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est abstenu d'assumer personnellement la responsabilité des échecs des services de renseignement israéliens le 7 octobre et a déclaré que toute enquête officielle devait avoir lieu après la guerre.

"Nous ne fuirons pas nos responsabilités. Nous nous inclinons devant l'échec retentissant du 7 octobre, mais en même temps nous allons de l'avant", a déclaré le général. Depuis qu'Israël a lancé une offensive terrestre à Gaza le 27 octobre, 249 soldats ont été tués dans le territoire palestinien, selon l'armée.

S'adressant aux dirigeants politiques israéliens, M. Goldfus leur a demandé de veiller à ce que "tout le monde participe" à l'enrôlement dans les forces armées, dans une allusion apparente au fait que les Israéliens ultraorthodoxes sont exemptés du service national - une question politique controversée.

La plupart des hommes juifs sont tenus par la loi de servir dans l'armée israélienne, mais les membres de la minorité ultraorthodoxe - connue en hébreu sous le nom de Haredim - bénéficient depuis longtemps d'exemptions générales.
Depuis l'attaque du 7 octobre par le Hamas, la frustration du public à l'égard de cette exemption a refait surface, augmentant la pression sur la coalition gouvernementale de M. Netanyahu, qui s'appuie sur des alliés ultraorthodoxes farouchement opposés à l'enrôlement d'hommes haredi.


Ni M. Netanyahu ni le ministre de la défense Yoav Gallant n'ont réagi publiquement aux remarques de M. Goldfus.
Certains législateurs ont exprimé leur approbation, tandis que d'autres ont exprimé leur mécontentement quant au fait que le général fasse des déclarations politiques de quelque nature que ce soit.


Yoav Segalovitz, un législateur de l'opposition centriste, a déclaré jeudi à la radio publique Kan qu'"un officier en uniforme ne doit parler que de ce qui est lié à ses décisions ou enlever l'uniforme".
Dans le journal Yedioth Ahronoth, l'éditorialiste Nahum Barnea a déclaré que "avec tout le respect dû aux sentiments sincères de l'estimé officier, combattre à Gaza ne lui donnent ni le droit ni l'autorité d'exprimer une position sur des questions politiques".


L'attaque du Hamas du 7 octobre a causé la mort d'environ 1 160 personnes en Israël, pour la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP à partir des chiffres officiels israéliens. L'offensive israélienne de représailles qui a suivi à Gaza, visant à détruire le Hamas, a tué au moins 31 341 Palestiniens, principalement des femmes et des enfants, selon le ministère de la santé du territoire dirigé par le Hamas.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

  

 


La dépouille du guide suprême Khamenei est arrivée sur le lieu de ses funérailles à Téhéran

  • Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours
  • La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès

TEHERAN: Le cercueil de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei est arrivé vendredi dans le complexe religieux de Téhéran où se dérouleront des funérailles d'une ampleur inédite, quatre mois après sa mort dans une frappe israélo-américaine.

Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours, qui commence samedi et se veut une démonstration de force après la guerre qui a tué de nombreux hauts dirigeants et des milliers de civils.

La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès.

Ses murs sont couverts de grands portraits de celui qui a été guide suprême pendant plus de trois décennies, de drapeaux noirs en signe de deuil et de drapeaux rouges, symbole du martyre et de la vengeance.

Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, l'une des plus puissantes forces militaires du Moyen-Orient, est venu lui rendre hommage, selon des images diffusées par les médias iraniens. Discret depuis le début de la guerre, probablement pour éviter d'être assassiné comme son prédécesseur, il s'agit de sa première apparition publique.

"Les gens vont venir de tout l'Iran. Il y aura énormément de monde", souffle Hossein Moghadassi, un ouvrier de 43 ans s'affairant sur le site, alors que certains devraient commencer à patienter dès vendredi soir en attendant l'ouverture des portes à 06H00 samedi (02H30 GMT).

Affiches et slogans 

Ali Khamenei, le guide suprême à la plus grande longévité depuis l'avènement en 1979 de la République islamique, est mort à 86 ans sous les bombardements contre sa résidence le 28 février de ses deux ennemis jurés, les Etats-Unis et Israël.

Ses obsèques nationales, initialement prévues en mars mais reportées en raison de la guerre, s'annoncent comme les plus grandes de l'histoire en Iran.

En 1989, à la mort de son prédécesseur Rouhollah Khomeini, environ 10 millions de personnes avaient assisté à ses funérailles, selon les chiffres officiels. Des mouvements de foule avaient alors fait plus de dix morts.

Aux côtés du cercueil d'Ali Khamenei, sont exposés ceux de ses proches tués eux aussi au premier jour de la guerre, dont celui d'une de ses filles, d'un gendre, d'une belle-fille et d'une petite-fille.

Un cortège transportant la dépouille de l'ex-guide suprême défilera lundi dans les rues de Téhéran, où nombre d'affiches et de slogans rendent hommage au "martyr", avant de gagner mardi la ville sainte de Qom.

Sous haute surveillance 

La présence du fils d'Ali Khamenei, Mojtaba, qui lui a succédé début mars à la fonction de guide suprême, n'a pas été confirmée. Blessé lors des frappes qui ont tué son père, le dirigeant ne s'exprime que par des communiqués qui lui sont attribués et n'est pas apparu en public.

Côté dignitaires, des dirigeants et responsables d'une trentaine de pays, principalement voisins, sont attendus, dont l'ancien président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif. La Chine sera représentée par un haut responsable du Parlement, He Wei.

Aucun dirigeant européen n'a été convié.

"Tous ceux qui assisteront aux funérailles se sont rangés du bon côté de l'histoire", a souligné cette semaine le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dénonçant le soutien des Occidentaux à Israël et aux Etats-Unis dans leurs deux guerres contre la République islamique, en juin 2025 et cette année.

Ironie du calendrier, le début des obsèques coïncidera avec la fête nationale des Etats-Unis, qui célèbrent ce 4 juillet leurs 250 ans d'existence.

Ces funérailles se déroulent sous tension, dans un contexte de fragile cessez-le-feu entre Téhéran et Washington mais aussi six mois après d'importantes manifestations contre la vie chère et le pouvoir.

Téhéran est depuis vendredi comme une forteresse, avec des forces de sécurité en nombre et un immense périmètre inaccessible en voiture.

L'aéroport de Téhéran est partiellement fermé vendredi et le sera totalement lundi, décrété jour férié dans tout l'Iran. Les centres commerciaux ont baissé le rideau et les entreprises sont mises au repos forcé.

Ali Khamenei sera inhumé le 9 juillet dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont il était originaire. Chef religieux, son cercueil sera présenté mercredi en Irak voisin, où la communauté chiite est aussi majoritaire.

 


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.