Gaza: Netanyahu promet d'évacuer la population avant toute opération à Rafah

Ces dernières 24 heures, plus de 90 Palestiniens incluant douze membres d'une même famille ont été tués dans des raids aériens israéliens qui ont touché plusieurs secteurs de la bande de Gaza dont Rafah. (AFP).
Ces dernières 24 heures, plus de 90 Palestiniens incluant douze membres d'une même famille ont été tués dans des raids aériens israéliens qui ont touché plusieurs secteurs de la bande de Gaza dont Rafah. (AFP).
La plupart des 1,7 million de déplacés de la guerre selon l'ONU ont trouvé refuge dans la ville de Rafah collée à la frontière fermée de l'Egypte et quotidiennement bombardée par l'armée israélienne. (AFP).
La plupart des 1,7 million de déplacés de la guerre selon l'ONU ont trouvé refuge dans la ville de Rafah collée à la frontière fermée de l'Egypte et quotidiennement bombardée par l'armée israélienne. (AFP).
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Publié le Lundi 18 mars 2024

Gaza: Netanyahu promet d'évacuer la population avant toute opération à Rafah

  • Ces dernières 24 heures, plus de 90 Palestiniens incluant douze membres d'une même famille ont été tués dans des raids aériens israéliens
  • Tout en réaffirmant sa détermination à lancer une offensive terrestre à Rafah, "dernier bastion du Hamas" selon Israël, M. Netanyahu a assuré dimanche qu'une telle opération ne se fera pas "opération ne se fera pas "en laissant la population sur place

TERRITOIRES PALESTINIENS: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré dimanche que les Palestiniens entassés à Rafah seraient évacués avant toute opération militaire contre cette ville du sud de la bande de Gaza assiégée.

Ces dernières 24 heures, plus de 90 Palestiniens incluant douze membres d'une même famille ont été tués dans des raids aériens israéliens qui ont touché plusieurs secteurs de la bande de Gaza dont Rafah, où sont massés 1,5 million de Palestiniens, a indiqué le ministère de la Santé du mouvement islamiste palestinien Hamas.

Plus de cinq mois après le début de la guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée par une attaque sanglante de ce mouvement, le bilan humain ne cesse de s'alourdir dans le territoire palestinien menacé par la famine avec 31.645 morts depuis le 7 octobre, selon le Hamas.

Tout en réaffirmant sa détermination à lancer une offensive terrestre à Rafah, "dernier bastion du Hamas" selon Israël, M. Netanyahu a assuré dimanche aux côtés du chancelier allemand Olaf Scholz, qu'une telle opération ne se fera pas "en laissant la population enfermée sur place".

Mais la communauté internationale redoute la perspective d'un tel assaut. La pression vient surtout des Etats-Unis, principaux alliés d'Israël, qui répètent leur opposition à toute offensive à Rafah qui mettrait en péril les civils qui y sont réfugiés.

"Un grand nombre de victimes dans une telle offensive rendrait très difficile toute perspective de paix dans la région", a déclaré de son côté M. Scholz à des journalistes lors d'une escale en Jordanie.

"Aucune pression internationale ne nous empêchera d'atteindre tous les objectifs de notre guerre (...) Nous agirons à Rafah, cela prendra quelques semaines mais cela aura lieu", a lancé M. Netanyahu lors d'une réunion de son gouvernement, selon ses services. Vendredi, il a approuvé "les plans d'action" de cette offensive, impliquant une "évacuation de la population".

« Que veulent-ils de nous? »

La plupart des 1,7 million de déplacés de la guerre selon l'ONU ont trouvé refuge dans la ville de Rafah collée à la frontière fermée de l'Egypte et quotidiennement bombardée par l'armée israélienne.

Avant l'aube, les raids ont été intenses à Deir al-Balah dans le centre, à Gaza-Ville dans le nord et à Khan Younès et Rafah dans le sud, selon des témoins. Des combats ont opposé soldats israéliens et combattants palestiniens dans plusieurs secteurs.

Au moins 92 Palestiniens ont été tués, en majorité des civils, a indiqué le ministère de la Santé du Hamas. Parmi eux, 12 membres de la famille Thabet dont l'habitation a été détruite à l'aube par les bombes à Deir al-Balah, d'après la même source.

Leen Thabet raconte en pleurant que sa cousine a été tuée dans la frappe. "Elle est morte. Il ne reste que sa robe", dit la fillette en montrant une robe blanche sortie des décombres. "Que veulent-ils de nous? Il n'y a plus d'enfants à Gaza."

L'armée israélienne a elle affirmé avoir tué depuis samedi "18 terroristes" dans le centre de Gaza.

Le 7 octobre, des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza ont mené une attaque sans précédent dans le sud d'Israël, durant laquelle au moins 1.160 personnes ont été tuées, la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de sources officielles.

D'après Israël, environ 250 personnes ont été enlevées et 130 d'entre elles sont toujours retenues à Gaza, parmi lesquelles 33 seraient mortes, incluant un soldat de 22 ans dont la mort a été annoncée dimanche par l'armée israélienne.

En représailles, Israël a juré de détruire le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007 et qu'il considère comme une organisation terroriste au même titre que les Etats-Unis et l'Union européenne.

Il a lancé une campagne aérienne massive, suivie 20 jours plus tard d'une offensive terrestre ayant permis à ses soldats d'avancer du nord au sud du territoire palestinien d'environ 40 km de long et 10 de large.

Le gouvernement israélien a décidé dimanche de mettre en place une journée nationale du souvenir pour marquer chaque année "la catastrophe" du 7 octobre.

« Cessez-le-feu durable »

Face à la guerre dévastatrice, les pays médiateurs --Etats-Unis, Qatar, Egypte-- tentent de parvenir à une nouvelle trêve après celle d'une semaine fin novembre.

Le cabinet de sécurité devait déterminer dimanche soir le "mandat" de la délégation israélienne qui doit se rendre à Doha pour de nouvelles discussions.

Le chancelier allemand a appelé à un "accord sur les otages et à un cessez-le-feu durable" dans la bande de Gaza, à l'issue d'une rencontre avec M. Netanyahu.

Ce dernier a indiqué toutefois qu'il n'accepterait pas un accord "qui rend Israël faible et incapable de se défendre".

Le Hamas s'est dit prêt, dans une nouvelle proposition, à une trêve de six semaines, pendant laquelle 42 otages --femmes, enfants, personnes âgées et malades-- seraient libérés en échange de 20 à 50 prisonniers palestiniens contre chaque otage relâché.

Il réclame aussi "le retrait de l'armée des villes et zones peuplées", le "retour des déplacés" et l'entrée de 500 camions d'aide par jour à Gaza, selon un de ses cadres.

Israël contrôle l'entrée des aides terrestres à Gaza, qui restent très insuffisantes au regard des besoins immenses des 2,4 millions d'habitants, dont la grande majorité sont menacés de famine selon l'ONU.

Parti de Chypre, un bateau de l'ONG espagnole Open Arms transportant 200 tonnes de vivres de l'organisation World Central Kitchen est arrivé vendredi dans la bande de Gaza et doit être suivi par un deuxième, à une date qui n'est pas connue.

En outre, plusieurs pays poursuivent le parachutage de la nourriture sur Gaza. Malgré ces efforts, l'ONU estime que l'aide par voie terrestre demeure vitale.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.


Plus d’un million de Libanais risquent de souffrir de la faim d’ici août, avertit l’ONU

Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
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  • Les récents progrès en matière de sécurité alimentaire ont été anéantis par une forte escalade de la violence, replongeant le Liban dans un état de crise, selon des analystes
  • Cette situation intervient alors que les autorités israéliennes émettent un nouvel ordre de déplacement visant 16 zones du sud du Liban, enjoignant les habitants à se rendre dans la ville voisine de Saïda

​​​​​​NEW YORK : Plus d’un million de personnes au Liban risquent de faire face à une insécurité alimentaire aiguë dans les mois à venir, alors que la violence, les déplacements massifs et les difficultés économiques aggravent une situation humanitaire déjà fragile, a averti l’ONU mercredi.

Cette annonce intervient le même jour où les autorités israéliennes ont émis un nouvel ordre de déplacement pour 16 zones situées au sud du fleuve Litani, demandant aux habitants de se relocaliser dans la ville voisine de Saïda.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré que ce nouvel ordre accentue les pressions liées aux déplacements à travers le pays, alors que les civils continuent de payer le prix des hostilités en cours.

Les femmes et les enfants restent particulièrement touchés, a-t-il ajouté, avec des rapports faisant état d’une hausse des détresses psychologiques. Beaucoup font face à des difficultés accrues liées au déplacement, à la séparation familiale et à la dégradation des conditions économiques. Les abris surpeuplés augmentent également le risque de violences basées sur le genre, aggravant encore la vulnérabilité des populations déplacées.

« Nous et nos partenaires répondons aux besoins croissants là où l’accès le permet », a déclaré Dujarric aux journalistes à New York, tout en soulignant que les opérations humanitaires restent limitées par un accès restreint aux zones touchées.

La crise est encore aggravée par la détérioration des conditions de sécurité alimentaire. Une nouvelle analyse de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et du Programme alimentaire mondial conclut que les progrès récents ont été inversés par la récente escalade de la violence, replongeant le Liban dans une situation de crise.

Les dernières données de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire indiquent qu’environ 1,24 million de personnes — soit près d’une sur quatre parmi celles évaluées — devraient faire face à une insécurité alimentaire de « phase 3 » (niveau de crise) ou pire d’ici août. Cela signifie que les ménages sont contraints d’adopter des stratégies d’adaptation sévères, comme sauter des repas ou vendre des biens essentiels pour pouvoir se nourrir.

Malgré l’ampleur de la crise, le financement des efforts humanitaires reste gravement insuffisant. L’appel éclair pour le Liban n’a jusqu’à présent recueilli qu’un peu plus de 117 millions de dollars, soit seulement 38 % des 308 millions nécessaires pour répondre aux besoins les plus urgents.

Dujarric a averti que sans un soutien financier immédiat supplémentaire et un meilleur accès humanitaire, la situation risque de se détériorer davantage, exposant des millions de personnes à un risque accru de faim et de précarité dans les mois à venir. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com