Alger dénonce des «provocations» du Maroc sur des biens immobiliers, Rabat rejette les accusations

Le ministre algérien des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l'étranger, Ahmed Attaf, participe à la 37e session ordinaire de l'Assemblée de l'Union africaine (UA) au siège de l'UA à Addis-Abeba, le 17 février 2024 (Photo, AFP).
Le ministre algérien des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l'étranger, Ahmed Attaf, participe à la 37e session ordinaire de l'Assemblée de l'Union africaine (UA) au siège de l'UA à Addis-Abeba, le 17 février 2024 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Lundi 18 mars 2024

Alger dénonce des «provocations» du Maroc sur des biens immobiliers, Rabat rejette les accusations

  • Alger a rompu ses relations diplomatiques avec Rabat en août 2021
  • Rabat n'a fait aucune annonce officielle à ce sujet

ALGER: L'Algérie a dénoncé dimanche des "provocations" du Maroc à la suite d'informations de presse sur un projet de confiscation par Rabat de biens appartenant à l'ambassade algérienne.

Alger a rompu ses relations diplomatiques avec Rabat en août 2021, dénonçant une série d'"actes hostiles" de son voisin, concernant en particulier le Sahara occidental et la normalisation avec Israël.

Le site Maghreb Intelligence a rapporté vendredi que le gouvernement marocain avait décidé "d'exproprier plusieurs biens immobiliers et fonciers appartenant à l'Etat algérien" dans la capitale marocaine et ce "pour les besoins d’extension des locaux de services relevant du ministère des Affaires étrangères à Rabat".

 

Rabat rejette les accusations "infondées" d'Alger sur des biens immobiliers

Le Maroc rejette les accusations d'Alger sur un projet de "spoliation" de biens lui appartenant à Rabat, estimant qu'elles étaient "infondées" et participaient d'"un esprit d'escalade non justifiée", a déclaré lundi une source diplomatique marocaine à l'AFP.

Le ministère algérien des Affaires étrangères avait dénoncé dimanche des "provocations" du Maroc dans le cadre d'une "opération de spoliation" de biens de son ambassade à Rabat, après des informations de presse en ce sens.

"C'est infondé, ça contient beaucoup d'allégations erronées et ça préside d'un esprit d'escalade non justifiée", a réagi auprès de l'AFP une source diplomatique marocaine.

D'après cette source, le ministère des Affaires étrangères marocain, dans le cadre d'un projet d'agrandissement, s'était porté acquéreur en 2022 auprès de l'Algérie, après le déménagement de l'ambassade, d'un local laissé vacant sur le terrain de cette représentation, et attenant aux bureaux du ministère.

"Ce n'est pas un sujet que le Maroc a traité en catimini, mais au contraire en toute transparence et en lien direct avec les autorités algériennes qui ont répondu", a affirmé cette source à l'AFP, ajoutant que la procédure était "au point mort aujourd'hui parce que le Maroc n'est pas dans une logique d'escalade".

Le ministère marocain a entrepris des démarches similaires auprès d'autres représentations étrangères du quartier pour agrandir ses locaux, a précisé cette source.

Alger a rompu ses relations diplomatiques avec Rabat en août 2021, dénonçant une série d'"actes hostiles" de son voisin, concernant en particulier le Sahara occidental et la normalisation avec Israël. Rabat avait jugé cette décision "complètement injustifiée".

 

Tensions 

"L'Algérie condamne cette opération de spoliation caractérisée dans les termes les plus énergiques", a affirmé le ministère algérien des Affaires étrangères dans un communiqué publié dimanche, ajoutant qu'Alger "répondra à ces provocations par tous les moyens qu'il jugera appropriés".

L'Algérie considère qu'"il y a là une violation inqualifiable du respect et du devoir de protection à l'égard des représentations diplomatiques d'Etats souverains que sanctuarisent tant le droit que la coutume internationale", a poursuivi le ministère.

Le conflit du Sahara occidental, considéré comme un "territoire non autonome" par l'ONU, en l'absence d'un règlement définitif, oppose depuis des décennies le Maroc au Polisario, dont l'Algérie est le principal soutien.

Rabat, qui contrôle près de 80% du Sahara occidental, propose un plan d'autonomie sous sa souveraineté, tandis que les indépendantistes du Front Polisario réclament un référendum d'autodétermination, prévu par l'ONU lors de la signature en 1991 d'un cessez-le-feu, mais jamais concrétisé.


L'armée israélienne émet un nouvel ordre d'évacuation pour des dizaines de localités au Liban

Un immeuble endommagé est visible après une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Haret Hreik, au Liban. (AFP)
Un immeuble endommagé est visible après une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Haret Hreik, au Liban. (AFP)
Short Url
  • L’armée israélienne a ordonné l’évacuation immédiate d’une cinquantaine de localités au Liban, invoquant des opérations contre le Hezbollah
  • Deux secteurs de la banlieue sud de Beyrouth, Ghobeiry et Haret Hreik, sont également visés par un avertissement en raison de cibles liées au Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a émis tôt mardi un nouvel ordre d'évacuation pour des dizaines de localités du Liban, dont deux lieux de la banlieue sud de Beyrouth, en raison d'opérations contre le mouvement Hezbollah.

"Les activités du Hezbollah contraignent l'IDF (l'armée israélienne) à agir avec force contre lui (...) Pour votre sécurité, vous devez évacuer immédiatement vos logements", a écrit Avichay Adraee, porte-parole de l'armée pour le public arabophone, sur X, listant une cinquantaine de villages.

Dans la banlieue sud de Beyrouth, deux zones font également l'objet d'un avertissement, Ghobeiry et Haret Hreik, selon la même source. "Vous vous situez près d'installations et d'intérêts du Hezbollah, contre lesquels l'IDF va agir dans un avenir proche", a prévenu le porte-parole.

Le gouvernement libanais a pris lundi la décision sans précédent d’interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah, provoquant la colère du mouvement soutenu par l’Iran.

Le Hezbollah est représenté au sein du gouvernement et du Parlement, et cette mesure est intervenue quelques heures après qu’il a annoncé avoir lancé des roquettes et des drones vers Israël tôt lundi, en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei lors de frappes américano-israéliennes.

Israël a bombardé lundi la banlieue sud de Beyrouth ainsi que des dizaines de villages du sud du Liban en riposte, promettant de faire payer au mouvement un « lourd tribut ».

Le ministère libanais de la Santé a indiqué que les frappes ont fait au moins 31 morts et au moins 149 blessés.


L’ambassade des États-Unis à Riyad visée par des drones : ministère saoudien de la Défense

Vue générale de l’ambassade des États-Unis à Riyad. (Photo d’archive AFP)
Vue générale de l’ambassade des États-Unis à Riyad. (Photo d’archive AFP)
Short Url
  • L’ambassade a émis un avis de confinement (« shelter in place ») pour Djeddah, Riyad et Dammam

RIYAD : L’ambassade des États-Unis à Riyad a été prise pour cible par des drones, provoquant un incendie limité et des dégâts mineurs au bâtiment, a indiqué le ministère saoudien de la Défense.

L’ambassade des États-Unis à Riyad était vide au moment de l’attaque et aucune blessure n’a été signalée à ce stade.

L’ambassade a émis un avis demandant aux ressortissants de rester confinés à Djeddah, Riyad et Dammam.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: le gouvernement interdit les activités militaires du Hezbollah, exige qu'il remette ses armes

Short Url
  • "L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement
  • Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique

BEYROUTH: Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet.

Cette décision inédite intervient après que le Hezbollah a lancé des roquettes sur Israël lundi, entraînant le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran.

"L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement, ajoutant que "la décision de guerre ou de paix était du seul ressort" de l'Etat.

Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique.

Le Hezbollah armé et financé par Téhéran est représenté au Parlement et au gouvernement et dispose d'un vaste réseau d'institutions civiles.

En riposte à une attaque de la formation pro-iranienne contre Israël visant à "venger" la mort du guide iranien Ali Khamenei, des frappes israéliennes massives sur les bastions du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, le sud et l'est du Liban ont tué 31 personnes lundi.

C'est la première fois que le Hezbollah attaque Israël depuis le cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre meurtrière.

Un mécanisme qui regroupe, outre le Liban et Israël, l'Onu, les Etats-Unis et la France surveille la trêve.

"Le gouvernement libanais demande aux Etats garants du cessez-le-feu d'obtenir un engagement clair et définitif de la part de la partie israélienne de cesser toutes les hostilités sur l'ensemble du territoire libanais", a ajouté Nawaf Salam.

"Il proclame son entière disposition à reprendre les négociations" avec Israël "avec une participation civile et sous parrainage international".