Gaza: Blinken a atterri en Israël pour des discussions tendues avec Netanyahu

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken débarque d'un avion à l'atterrissage au Caire, le 21 mars 2024. (AFP).
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken débarque d'un avion à l'atterrissage au Caire, le 21 mars 2024. (AFP).
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Publié le Vendredi 22 mars 2024

Gaza: Blinken a atterri en Israël pour des discussions tendues avec Netanyahu

  • Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken se rend vendredi en Israël pour tenter d'arracher un accord de trêve à Gaza au moment où le Conseil de sécurité de l'ONU doit se prononcer sur une résolution des Etats-Unis sur un "cessez-le-feu immédiat"
  • Pendant que les diplomates s'activent, les affrontements se poursuivent dans la bande de Gaza, notamment dans et autour de l'hôpital al-Chifa

TERRITOIRES PALESTINIENS:  Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, est arrivé vendredi en Israël pour ce qui se présente comme un face-à-face tendu avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à propos de la guerre dans la bande de Gaza.

Arrivé en provenance du Caire pour sa dernière étape d'une nouvelle tournée au Moyen-Orient, M. Blinken devrait insister auprès de son hôte sur l'urgence d'accroître l'aide humanitaire dans le territoire palestinien dévasté et sommer Israël de ne pas lancer d'offensive terrestre majeure a Rafah.

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken arrive en Israël au moment où le Conseil de sécurité de l'ONU doit se prononcer sur une résolution des Etats-Unis sur un "cessez-le-feu immédiat" dans le territoire ravagé par la guerre.

Le Royaume-Uni, membre permanent du Conseil de sécurité, et l'Australie ont de leur côté appelé vendredi à une "fin immédiate des combats" dans la bande de Gaza, pour y permettre "l'acheminement de l'aide et la libération des otages".

Pendant que les diplomates s'activent, les affrontements se poursuivent dans la bande de Gaza, notamment dans et autour de l'hôpital al-Chifa, le plus important du territoire, où les forces israéliennes ont affirmé avoir tué plus de 140 combattants palestiniens et en avoir arrêté plus de 350 autres depuis le début de la semaine.

"L'opération à l'hôpital al-Chifa se poursuit. Il s'agit de l'opération au cours de laquelle nous avons appréhendé le plus grand nombre de terroristes depuis le début de la guerre", a déclaré jeudi le porte-parole de l'armée, le contre-amiral Daniel Hagari.

Après cinq mois et demi de guerre, "le fossé se réduit" dans les négociations pour une trêve associée à une libération d'otages, a déclaré jeudi M. Blinken. "S'il est difficile de parvenir" à un accord, "cela est toujours possible", a-t-il ajouté.

En parallèle de ces pourparlers, les Etats-Unis ont pour la première fois présenté un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU sur un "cessez-le-feu immédiat lié à la libération des otages" retenus à Gaza depuis le début de la guerre.

Le texte, consulté par l'AFP et qui doit être soumis vendredi au vote du Conseil de sécurité, souligne "la nécessité d'un cessez-le-feu immédiat et durable pour protéger les civils de tous côtés, permettre la fourniture de l'aide humanitaire essentielle".

L'issue du vote est toutefois incertaine alors que la Russie réclame un "appel" plus clair à faire taire les armes.

Rafah, une « erreur »

Les Etats-Unis, alliés historiques d'Israël, ont déjà mis leur veto à plusieurs résolutions du Conseil de sécurité appelant à un cessez-le-feu, estimant que cela aurait bénéficié au Hamas. Mais face au lourd bilan humain et à la menace de famine, Washington redouble à présent d'efforts pour parvenir à une trêve et éviter une offensive terrestre sur Rafah.

"Il y a de meilleurs moyens de gérer la menace du Hamas", a déclaré jeudi M. Blinken, qualifiant "d'erreur" et "d'inutile" une éventuelle invasion terrestre de Rafah, ville à la frontière égyptienne où s'entassent, selon l'ONU environ 1,5 million de Palestiniens, la majorité déplacés par la guerre dans le reste du territoire.

Les 27 pays de l'Union européenne ont eux aussi exhorté jeudi Israël à ne pas lancer d'opération sur Rafah et appelé à une "pause humanitaire immédiate".

Mais en dépit des pressions internationales, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu affirme qu'une offensive sur Rafah est nécessaire pour "vaincre" militairement le Hamas à Gaza et éviter un autre 7 octobre.

La guerre a éclaté ce jour-là quand des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza ont mené une attaque sans précédent dans le sud d'Israël, qui a entraîné la mort d'au moins 1.160 personnes, pour la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.

Selon Israël, environ 250 personnes ont été enlevées et 130 d'entre elles sont toujours otages à Gaza, dont 33 seraient mortes.

En représailles, Israël a juré de "détruire" le Hamas et lancé une vaste offensive qui a fait jusqu'à présent 31.988 morts à Gaza, a indiqué jeudi le ministère de la Santé du mouvement islamiste alors que tôt vendredi des témoins faisaient état de nouvelles frappes mortelles.

Londres et Canberra appellent à la «  fin immédiate des combats » dans la bande de Gaza

Les ministres britanniques et australiens des Affaires étrangères et de la Défense ont appelé vendredi à la "fin immédiate des combats" dans la bande de Gaza, à l'issue d'une réunion à Adélaïde, dans le sud de l'Australie.

Dans une déclaration commune, les ministres ont souligné "la nécessité" de mettre immédiatement fin aux combats dans la bande de Gaza "pour permettre l'acheminement de l'aide (humanitaire) et la libération des otages".

Le Royaume-Uni est membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, qui doit se prononcer vendredi sur une résolution des Etats-Unis mentionnant un "cessez-le-feu immédiat".

Dans leur communiqué commun, Londres et Canberra ont également condamné "l'invasion massive, illégale et immorale de l'Ukraine" par la Russie et exhorté Moscou de retirer ses forces militaires.

"Les ministres ont appelé tous ceux qui entretiennent des relations étroites avec la Russie, en particulier la Chine, à ne pas aider la Russie à poursuivre sa guerre de quelque manière que ce soit et à la convaincre de mettre fin à sa guerre illégale", ont-ils indiqué dans leur déclaration commune.

Aux côtés des Etats-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni sont membres de la jeune alliance de défense Aukus nouée en septembre 2021, un pacte visant à freiner l'expansion militaire chinoise dans la région Asie-Pacifique.

Mossad et CIA au Qatar 

Lors de sa sixième tournée au Moyen-Orient depuis le début de la guerre, M. Blinken a rencontré jeudi au Caire le président Abdel Fattah al-Sissi pour discuter des moyens de parvenir à un cessez-le-feu, avant une réunion avec les chefs de la diplomatie de cinq pays arabes -Egypte, Qatar, Arabie saoudite, Jordanie, Emirats arabes unis qui ont appelé à "un cessez-le-feu complet et immédiat".

Les discussions sur une trêve se poursuivent à Doha entre représentants des Etats-Unis, du Qatar et de l'Egypte. Le chef du Mossad, les services de renseignement israéliens, David Barnea, doit y rencontrer vendredi le directeur de la CIA, William Burns, ainsi que le Premier ministre qatari Mohammed ben Abdelrahman Al-Thani et le chef des services de renseignement égyptiens, Abbas Kamel.

Après avoir exigé un cessez-le-feu définitif, le Hamas a infléchi sa position la semaine dernière en acceptant le principe d'une pause de six semaines dans les combats. Mais des différends semblent persister sur l'échange d'otages israéliens détenus à Gaza contre des prisonniers palestiniens écroués en Israël.

Israël exige du Hamas avant une trêve la liste des otages encore en vie, tandis que le mouvement islamiste veut choisir l'identité des principaux prisonniers palestiniens qui seront libérés, soulignent des médias israéliens à propos de ces pourparlers.

« Les enfants meurent de faim »

Israël impose un siège complet à la bande de Gaza depuis le début de la guerre et contrôle strictement l'aide qui arrive principalement depuis l'Egypte via Rafah. Or ces contrôles serrés, selon l'ONU, ont pour effet de réduire le nombre de camions entrant dans le territoire.

"Les enfants meurent de faim. Ils sont privés de nourriture", s'est alarmé jeudi le Comité des droits de l'enfant des Nations unies. "Même les miettes sont difficiles à trouver", affirme-t-il.

Afin de soulager la population, plusieurs pays organisent des parachutages de nourriture et ont ouvert un couloir maritime depuis Chypre vers Gaza. Mais l'aide reste insuffisante face aux besoins des 2,4 millions d'habitants de Gaza et ne parvient que très difficilement dans le nord, où vivent plus de 300.000 personnes selon l'ONU.

"Voici nos enfants, voyez-vous leur état ? Nous ne savons pas comment les nourrir", a déclaré jeudi à l'AFP une Palestinienne fuyant les combats dans le secteur de l'hôpital al-Chifa. "Nous sommes assiégés depuis trois jours, nous ne pouvons rien leur donner à manger ou à boire".

Gaza: Pékin soutient des mesures «  significatives » du Conseil de sécurité de l'ONU

La Chine a indiqué vendredi soutenir les efforts du Conseil de sécurité de l'ONU pour mettre fin aux combats à Gaza, sans préciser si elle appuiera un projet américain de résolution sur un cessez-le-feu immédiat.

Membre permanent du Conseil de sécurité comme les Etats-Unis, le géant asiatique dispose à ce titre d'un droit de veto.

"La Chine soutient le Conseil de sécurité pour qu'il prenne dès que possible de nouvelles mesures responsables et significatives afin de déployer sans relâche des efforts pour mettre fin rapidement aux combats à Gaza", a déclaré lors d'une conférence de presse régulière Lin Jian, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Les Etats-Unis, un allié historique d'Israël, ont déjà mis leur veto à plusieurs résolutions du Conseil de sécurité appelant à un cessez-le-feu, estimant que cela aurait bénéficié au Hamas.

Après le dernier veto de Washington fin février, les diplomates américains ont élaboré un texte alternatif axé sur l'objectif d'une trêve de six semaines en échange de la libération des otages retenus dans la bande de Gaza.

La dernière version du texte, consultée par l'AFP, souligne "la nécessité d'un cessez-le-feu immédiat et durable pour protéger les civils de tous côtés, permettre la fourniture de l'aide humanitaire essentielle".

L'issue du vote est toutefois incertaine car la Russie réclame un "appel" plus clair à faire taire les armes.

Interrogé vendredi sur ce que sera le vote de son pays, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères n'a pas donné de réponse définitive.

"La communauté internationale attend du Conseil de sécurité qu'il s'acquitte sérieusement de ses responsabilités", a simplement indiqué Lin Jian.

La Chine appelle régulièrement à un cessez-le-feu à Gaza depuis l'entrée en guerre d'Israël en octobre contre le Hamas dans ce territoire palestinien.

"Nous pensons que sur la question israélo-palestinienne, nous devons respecter l'histoire et les faits, écouter et respecter la position et la voix de la majorité des pays arabes, instaurer un cessez-le-feu et mettre fin aux combats dès que possible, réduire la crise humanitaire et promouvoir la mise en oeuvre de la solution à deux Etats", a souligné Lin Jian.

"C'est à cette aune que nous mesurons les actions et les décisions du Conseil de sécurité", a-t-il conclu.


«Si le Liban echoue, cela impactera sur la région et sur l'Europe», déclare Haneen Sayed, ministre des Affaires sociales, à Arab News

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  • Haneen Sayed avertit que la guerre et les déplacements risquent d'accélérer l'effondrement institutionnel et le déclin économique du Liban
  • Beyrouth appelle à un cessez-le-feu et à un soutien mondial pour reconstruire l'autorité de l'État et contenir l'influence du Hezbollah

NEW YORK CITY : Haneen Sayed, ministre libanaise des Affaires sociales, a profité de sa visite à New York et à Washington cette semaine pour souligner le besoin urgent de renforcer les institutions de l'État alors que le pays est confronté aux pressions combinées de la guerre, des déplacements massifs de population et de la pression économique.

Elle a déclaré que le renforcement de l'État libanais, de l'armée aux services sociaux, est essentiel non seulement pour répondre à la crise humanitaire immédiate, mais aussi pour restaurer la confiance du public et prévenir toute nouvelle érosion institutionnelle à un moment critique.

Mme Sayed a également souligné l'importance des pourparlers directs entre le Liban et Israël qui auront lieu cette semaine à Washington et qui visent à obtenir un cessez-le-feu entre Israël et la milice du Hezbollah soutenue par l'Iran, affirmant que l'arrêt de la violence est une première étape nécessaire pour rendre les négociations viables.

S'adressant à Arab News au siège des Nations unies à New York avant de participer aux réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Washington, M. Sayed a décrit l'ampleur de la crise à laquelle le Liban est confronté.

"Lorsque le Hezbollah a décidé de lancer six missiles sur la frontière (israélienne) le 2 mars, ce qui nous a entraînés dans cette guerre, notre économie ne s'était pas encore rétablie", a-t-elle déclaré.

"Notre secteur financier et les réformes que nous avons entreprises l'année dernière en tant que gouvernement n'ont pas encore porté leurs fruits. Au niveau régional, nos partenaires du Golfe font face à leurs propres défis et, au niveau mondial, les financements sont en baisse depuis deux ans.

"Nous comprenons les contraintes, mais notre message à la communauté internationale est que le Liban ne peut pas échouer : en tant que pays, en tant que gouvernement ou en tant qu'idée. L'échec du Liban aurait des conséquences pour ses voisins, la région et même l'Europe."

Le 2 mars, le Hezbollah a lancé des roquettes et des drones sur le nord d'Israël en représailles à l'assassinat par les États-Unis et Israël du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, le 28 février. Israël a répondu par une nouvelle offensive aérienne et terrestre contre le Liban.

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Un volontaire de la Croix-Rouge libanaise inspecte les dégâts subis par ses véhicules de secours sur le site d'une attaque de drone israélien, le 13 avril. (AFP)


Les perspectives de paix restent incertaines après qu'Israël a déclaré le 11 avril qu'il ne discuterait pas d'un cessez-le-feu avec le Hezbollah lors des discussions avec les responsables libanais à Washington, selon les médias.

À ce jour, le conflit a fait plus de 2 000 morts, plus de 6 500 blessés et plus d'un million de personnes déplacées à travers le pays, selon les autorités libanaises.

M. Sayed a vivement critiqué le rôle du Hezbollah dans le conflit et son impact plus large sur le pays. "Le Hezbollah est un groupe armé dont les activités sont illégales", a-t-elle déclaré.

"Je ne crois pas que le Hezbollah ait réussi à défendre le pays et son peuple. Il n'a fait qu'apporter la dévastation à son peuple, à son pays.

Ces propos ont été tenus alors que le chef du Hezbollah, Naim Qassem, a appelé le gouvernement libanais à annuler les pourparlers directs avec Israël à Washington, les qualifiant d'"inutiles" et d'une forme de "soumission et de capitulation".

Il a également promis que le Hezbollah poursuivrait ses opérations militaires et ne rendrait jamais ses armes, affirmant que le groupe se battrait "jusqu'à son dernier souffle" et qu'il était prêt à une confrontation prolongée.

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Environ 85 % des personnes déplacées ne se trouvent pas dans des abris officiels. (AFP)



La réponse de M. Sayed à cette menace reflète une réalité difficile mais inéluctable. Nous ne nous attendions pas à ce que Naim Qassem vienne nous dire : "D'accord, nous allons nous asseoir à la table avec vous", a-t-elle déclaré.

"Et bien sûr, il y a un facteur externe majeur, à savoir les soutiens du Hezbollah, y compris l'Iran, et cela se joue sur un autre front. Je pense que les décisions ne sont pas prises uniquement par le Hezbollah lui-même.

Il y a, en quelque sorte, un "grand frère" qui prend ces décisions, ce qui est préjudiciable à notre pays. Nous espérons que cette question sera abordée dans le cadre d'un accord régional plus large.

La priorité du Liban reste le renforcement de l'État lui-même, a-t-elle déclaré. "Il faut du temps et de la patience, et maintenir le cap en voulant ce qu'il y a de mieux pour le pays.

"Nous voulons une armée forte. Si l'armée libanaise est en mesure de protéger les citoyens, c'est ce que nous voulons, plutôt qu'une faction armée, qui n'a pas réussi à protéger les gens. Elle a semé la dévastation sur son propre territoire".

M. Sayed a également souligné que l'État devait être le principal fournisseur de services et de sécurité. "Les gens ont besoin d'être rassurés sur la présence de l'État et sur le fait qu'en fin de compte, seul l'État peut vraiment les protéger.

Elle a ajouté que le renforcement des capacités de l'État doit aller de pair avec le soutien international, car le Liban est confronté à des pressions à la fois sécuritaires et sociales. Ces pressions ont alimenté les craintes d'instabilité interne.

Si Mme Sayed s'est déclarée convaincue que le Liban pourrait éviter un retour à la guerre civile, elle a néanmoins reconnu la pression qu'elle subit. "Pour être honnête, nous sommes à bout de souffle", a-t-elle déclaré. "On ne peut pas s'en cacher, et toutes les communautés sont anxieuses.

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Une pelleteuse dégage les décombres d'un bâtiment dans le quartier de Hay al-Selloum à Beyrouth, visé par une frappe israélienne. (AFP)
 


Elle a expliqué qu'elle se rendait régulièrement dans des abris pour personnes déplacées et qu'elle était témoin des difficultés croissantes. "On voit le désespoir sur les visages des mères, les maris et les fils assis dans les abris, attendant que quelque chose se passe.

Selon elle, l'aggravation des conditions pourrait intensifier la pression sur des communautés déjà fragiles, d'autant plus que la plupart des personnes déplacées ne sont pas dans des abris formels mais restent dans des communautés d'accueil ou comptent sur des économies qui s'épuisent rapidement.

La situation humanitaire est gérée sous une forte pression financière. Le Liban a lancé un appel d'urgence de 308 millions de dollars auprès des Nations unies, mais n'a reçu qu'à peine 30 % des fonds nécessaires.

"Nous sommes déjà dans le deuxième mois, et nous ne savons pas exactement où cela va nous mener", a-t-elle déclaré.

Elle a souligné la nécessité d'un soutien urgent en matière d'abris, de nourriture, d'eau et de services d'assainissement, notant que les municipalités sont également soumises à une forte pression alors que les systèmes d'infrastructure luttent pour absorber l'impact des déplacements massifs.

Environ 85 % des personnes déplacées ne sont pas dans des abris formels - elles vivent avec des proches, louent un logement ou comptent sur leurs économies.

"Ces économies s'épuiseront si la guerre se prolonge", a-t-elle averti, ajoutant que l'économie libanaise, déjà fragile, pourrait voir sa croissance récente s'inverser si le conflit se poursuit.

"L'économie se contracte et les 5 % de croissance atteints en 2025 pourraient être effacés en quelques mois. Si la guerre se poursuit pendant l'été, période où le Liban reçoit habituellement des envois de fonds et des activités touristiques, la contraction de l'économie devrait s'aggraver de manière significative."


Les services municipaux des régions accueillant des populations déplacées, notamment Beyrouth, Sidon et le Mont-Liban, sont particulièrement sollicités, avec une demande accrue d'eau, d'électricité et de services de gestion des déchets.

Malgré la crise, M. Sayed a déclaré que le renforcement des institutions de l'État était une priorité essentielle. "Les institutions de l'État sont encore plus importantes aujourd'hui, c'est une priorité absolue", a-t-elle déclaré.

Elle a souligné que l'armée libanaise était une institution clé nécessitant un soutien, aux côtés des services publics tels que l'éducation et les programmes de protection sociale.

"Nous avons mis au point un programme très solide", a-t-elle déclaré, faisant référence aux transferts directs d'argent liquide conçus pour créer un lien plus fort entre les citoyens et l'État. "Le citoyen sait alors que c'est le gouvernement qui l'aide.

Elle a également souligné l'importance de maintenir la présence de l'État sur le terrain. "L'État est là, nous sommes là pour aider les gens", a-t-elle déclaré.

Mme Sayed a déclaré que la crise libanaise avait des implications plus larges au-delà des frontières du pays. "Le Liban ne peut pas échouer en tant que pays, en tant que gouvernement, en tant qu'idée", a-t-elle déclaré. "L'échec du Liban aura des conséquences ... pour les voisins, pour la région et même pour l'Europe.

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a exhorté Israël et le Liban à saisir une "occasion historique" lors de l'ouverture mardi à Washington de pourparlers directs - les premiers depuis 1993 - afin de tracer la voie vers un cessez-le-feu et une stabilité à long terme.

Ces pourparlers interviennent alors que les États-Unis craignent que le conflit entre Israël et le Hezbollah ne déstabilise le fragile cessez-le-feu lié à l'impasse plus large avec l'Iran, après que la diplomatie avec Téhéran la semaine dernière n'a pas abouti à une percée.

Le Hezbollah a lancé des salves de roquettes simultanées sur 13 villes du nord d'Israël peu après le début des pourparlers, soulignant ainsi l'instabilité de la situation.

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Une boule de feu s'élève d'un bâtiment touché par une frappe aérienne israélienne dans la région d'Abbasiyeh, à la périphérie de la ville de Tyr, au sud du Liban, le 8 avril. (AFP)



Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a déclaré mardi qu'il était peu probable que les pourparlers aboutissent à une percée immédiate. "Personne ne s'attend à ce que ces pourparlers aujourd'hui résolvent tous les problèmes", mais il a souligné qu'ils pourraient contribuer à modifier des dynamiques de longue date.

Il a décrit un cycle dans lequel "le Hezbollah et Israël se sont toujours aidés mutuellement à déstabiliser le gouvernement libanais", les actions de chaque partie fournissant à l'autre une justification pour l'escalade.

Les opérations israéliennes, a-t-il dit, permettent au Hezbollah d'affirmer que "nous ne pouvons pas désarmer", tandis que les tirs de roquettes du Hezbollah donnent à Israël des raisons de mener de nouvelles attaques à grande échelle.

M. Guterres a souligné que le gouvernement libanais recherchait à la fois l'intégrité territoriale et "le monopole de l'usage de la force", ce qui implique le désarmement du Hezbollah, et a appelé à une évolution vers la coopération afin que le Liban ne soit plus "la victime" de ce cycle "négatif".

M. Sayed a déclaré qu'un arrêt immédiat de la violence était essentiel.

"Avant toute chose, nous avons besoin d'un cessez-le-feu. Nous devons arrêter les bombes qui nous tombent sur la tête", a-t-elle déclaré, ajoutant qu'un cessez-le-feu rendrait également les négociations plus réalisables.

"J'espère qu'il y aura une désescalade et un cessez-le-feu. Je pense qu'en fin de compte, même pour les Israéliens, ce n'est pas dans leur intérêt. S'il y a un véritable conflit civil au Liban, cela ne fera qu'engendrer le chaos".

Le 8 avril, le Liban a été frappé par une importante vague de frappes aériennes israéliennes qui ont touché plusieurs zones, notamment Beyrouth, la banlieue sud, Sidon, Tyr et la vallée de la Bekaa, quelques heures seulement après l'annonce d'un cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran et alors que le Hezbollah signalait une pause dans ses attaques.

Les frappes ont touché sans préavis des quartiers résidentiels et commerciaux très fréquentés, ont submergé les hôpitaux de blessés et ont fait au moins 350 morts et plus de 1 000 blessés, certains rapports libanais et internationaux faisant état d'un bilan encore plus lourd.

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Un volontaire de la Croix-Rouge libanaise inspecte les dégâts subis par ses véhicules de secours sur le site d'une attaque de drone israélien, le 13 avril. (AFP)


Certains Libanais craignent qu'Israël n'essaie délibérément d'attiser les divisions sectaires internes au Liban avec de telles attaques.

"C'est possible, c'est possible", a déclaré M. Sayed. "Je pense que ce qu'a fait Israël aurait pu facilement attiser les tensions. Mais heureusement, je fais confiance aux Libanais pour qu'ils voient plus loin. Il y a eu de la retenue et beaucoup de sympathie. Les communautés se sont rassemblées.

Elle a également répondu aux avertissements israéliens selon lesquels le Liban pourrait connaître le même sort que Gaza, en déclarant que la population libanaise est profondément consciente des risques, mais qu'elle s'efforce d'éviter l'escalade.

"Ces menaces, nous les avons entendues à maintes reprises de la part des Israéliens. Il faut prendre au sérieux ce que disent les Israéliens, surtout après ce qui s'est passé lors du 'mercredi noir' il y a une semaine. Ils ne s'arrêteront probablement pas là.

"Le peuple libanais se méfie donc et c'est pourquoi, en tant que gouvernement, nous avons pris des mesures. Le président a déclaré il y a plus d'un mois que nous étions prêts pour des négociations et des pourparlers directs, et c'est ce qui se passe.

"Espérons que ce sera le début d'un processus.

Mme Sayed a déclaré que le but ultime de sa visite était d'obtenir un soutien humanitaire et politique de la part de la communauté internationale - "l'assurance pour le peuple libanais que la communauté internationale est toujours à ses côtés".


Le Hezbollah a tiré une trentaine de roquettes sur le nord d'Israël mercredi matin 

Les camarades du sergent-major (réserve) Ayal Uriel Bianco, qui aurait été tué au combat dans le sud du Liban, se tiennent au garde-à-vous devant son cercueil recouvert du drapeau lors de ses funérailles à Katzrin, dans le plateau du Golan annexé par Israël, le 14 avril 2026. (AFP)
Les camarades du sergent-major (réserve) Ayal Uriel Bianco, qui aurait été tué au combat dans le sud du Liban, se tiennent au garde-à-vous devant son cercueil recouvert du drapeau lors de ses funérailles à Katzrin, dans le plateau du Golan annexé par Israël, le 14 avril 2026. (AFP)
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  • Ces tirs interviennent au lendemain de discussions directes, à Washington, entre Israël et le Liban, les premières en plus de 30 ans, dénoncées par le Hezbollah
  • "Environ 30 tirs ce matin", a déclaré vers 06h40 GMT le porte-parole militaire à l'AFP, en réponse à une question sur le nombre de roquettes tirées depuis les premières heures de la matinée par le mouvement chiite

JERUSALEM: Les combattants du mouvement libanais Hezbollah ont tiré une trentaine de roquettes sur Israël à partir du Liban mercredi matin, a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'armée israélienne.

Ces tirs interviennent au lendemain de discussions directes, à Washington, entre Israël et le Liban, les premières en plus de 30 ans, dénoncées par le Hezbollah. A l'issue de ces discussions, Israël et le Liban ont accepté d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable, selon le département d'Etat américain qui accueillait la rencontre.

"Environ 30 tirs ce matin", a déclaré vers 06h40 GMT le porte-parole militaire à l'AFP, en réponse à une question sur le nombre de roquettes tirées depuis les premières heures de la matinée par le mouvement chiite, allié de l'Iran.

 

 


Liban: frappe israélienne au sud de Beyrouth 

Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable. (AFP)
Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable. (AFP)
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  • "L'aviation ennemie a visé une voiture à Saadiyat", une localité côtière, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle)
  • Depuis ses frappes massives du "mercredi noir", le 8 avril, qui avaient fait plus de 350 morts à Beyrouth et ailleurs dans le pays, Israël n'a plus visé la capitale libanaise à la suite de pressions diplomatiques

BEYROUTH: Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable.

"L'aviation ennemie a visé une voiture à Saadiyat", une localité côtière, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Depuis ses frappes massives du "mercredi noir", le 8 avril, qui avaient fait plus de 350 morts à Beyrouth et ailleurs dans le pays, Israël n'a plus visé la capitale libanaise à la suite de pressions diplomatiques.