Le PDG d'Al-Ittihad jette des bases solides pour un avenir brillant au club de Djeddah

Domingos Soares de Oliveira, PDG de l'Ittihad Club Company. (Photo fournie)
Domingos Soares de Oliveira, PDG de l'Ittihad Club Company. (Photo fournie)
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Publié le Jeudi 04 avril 2024

Le PDG d'Al-Ittihad jette des bases solides pour un avenir brillant au club de Djeddah

  • À la fin du mois de septembre 2023, Domingos Soares de Oliveira a été annoncé comme le nouveau PDG de l'Ittihad Club Company
  • «Ce club possède un héritage fantastique. Nous sommes les champions en titre, nous avons remporté deux Ligues des champions»

RIYAD: À la fin du mois de septembre 2023, Domingos Soares de Oliveira a été annoncé comme le nouveau PDG de l'Ittihad Club Company. En février, il a été nommé au sein du nouveau comité sportif du club aux côtés du directeur sportif, Ramon Planes, et de l'entraîneur, Marcelo Gallardo.

Ces mesures visent à doter le champion saoudien en titre de la Pro League de la meilleure structure et de la meilleure gouvernance possible dans la perspective d'un avenir radieux.

M. De Oliveira a parlé à Arab News de ses six premiers mois à ce poste et il a donné son avis sur divers sujets, notamment sur le niveau de la Saudi Pro League (SPL), sur le recrutement d'Al-Ittihad et sur le statut de Karim Benzema au sein du club.

Voici quelques extraits de l'entretien.

La prise en charge du poste de PDG de l'Ittihad Club Company

Au moment où j'ai quitté Benfica, j'ai eu plusieurs opportunités pour exercer de nouvelles fonctions sur différents continents. Mais, lorsque la proposition d'Ittihad est arrivée, j'ai été vraiment surpris. En effet, j'avais eu beaucoup d'informations passionnantes sur la transformation à laquelle le Royaume était confronté et sur tous les clubs professionnels.

Ce club possède un héritage fantastique. Nous sommes les champions en titre, nous avons remporté deux Ligues des champions. Nous avons été le premier club du Royaume, je pense, et je suis sûr que nous sommes le club qui a la meilleure base de supporters. Je ne sais pas si c'est la plus grande, mais, en termes d'engagement et de passion, les fans sont fantastiques. Nous avons 18 ou 19 sports différents, donc la responsabilité d'être le PDG de l'Ittihad est énorme. Mais, en même temps, c'est un grand défi parce que le Royaume et l'Ittihad sont confrontés à une nouvelle réalité.

Je pense que nous entrons dans une nouvelle ère. Nous sommes actuellement dans un processus de transformation et nous sommes passés d'un club qui présentait un profil différent en termes d'actionnaires à un club beaucoup plus structuré. Nous avons mis en place un nouveau management, une nouvelle gouvernance, un nouvel effectif dans le sens où nous avons été capables, avec les meilleurs programmes, d'attirer des joueurs différents, et de bien meilleurs joueurs.

Pour être honnête, je pense que c'était la meilleure opportunité qu'un professionnel comme moi, en tant que directeur général d'un club européen, puisse avoir.

Le rôle du football saoudien dans la culture du Royaume

C'est assez impressionnant, car je pense que l'histoire du Royaume et celle de notre club se confondent. En fait, le club a été créé en 1927 et le Royaume en 1932.

On voit que les Saoudiens sont très fiers de leur histoire, comme les supporters de l'Ittihad. Je pense que vous avez une grande, une très grande histoire, et, vraiment, je suis surpris chaque jour par ce pays et par les opportunités qu'il offre. C'est une question d'unité, de communauté, avec toutes les valeurs que vous avez dans votre pays. Il en va de même pour l'Ittihad.

Les ambitions du football saoudien

La Saudi Pro League a des ambitions et nous les partageons en tant que club. Mais je crois aussi que nous pouvons facilement faire partie des cinq meilleures ligues du monde. Et je pense que nous pouvons avoir l'ambition d'être bien plus que cela, parce que nous avons mis en place une stratégie qui est totalement alignée sur la Vision 2030.

Nous avons également un nouveau défi à relever: en 2034, le pays organisera la Coupe du monde. Nous devons donc entraîner nos joueurs afin qu'ils soient prêts pour 2034. C’est dans ce sens que la SPL opère une véritable transformation. Par exemple, la saison prochaine, il y aura seulement 25 joueurs dans l’équipe, dont 15 Saoudiens. Les clubs devront donc investir beaucoup plus dans les joueurs saoudiens.

Je pense que nous faisons partie de ce processus. Cet hiver, nous avons ainsi engagé cinq jeunes joueurs saoudiens et nous sommes très satisfaits de la façon dont ils se comportent ici. En réalité, comme vous le savez, nous avons l'équipe olympique et nous devrons prendre cinq joueurs de notre équipe pour Paris 2024. Nous en sommes fiers, même si cela représente un défi difficile pour notre entraîneur.

L'impact de la technologie sur le football

La technologie aura un impact important dans deux domaines.

Tout d'abord, en ce qui concerne la numérisation de l'entreprise, tous les services, commerciaux, financiers… Tous adoptent le numérique.

En ce qui concerne le recrutement, il sera extrêmement utile de recueillir autant d'informations que possible sur les joueurs, d'avoir accès aux informations recueillies lors des séances d'entraînement, ou encore en direct pendant les matchs. La SPL nous envoie déjà beaucoup de données, mais nous voulons aller bien plus loin et disposer de plus de technologie dans tous les domaines au sein du club.

La recherche de talents saoudiens par Al-Ittihad dans l’ensemble du Royaume

La détection est un élément essentiel de notre activité. Sans les bonnes matières premières, on ne peut pas construire un bon produit. C'est évident dans n'importe quel secteur, mais particulièrement ici. Ce dont nous avons besoin, et c'est ce que nous sommes en train de mettre en place, c'est, tout d'abord, un département de prospection qui se concentre sur le Royaume.

Nous allons donc développer une sorte de réseau de recruteurs à travers le Royaume afin d'identifier les meilleurs talents. En fait, ce n'est pas la première fois que nous agissons ainsi. Les joueurs que nous avons repérés en hiver, nous avons su les attirer. Tout le monde a reconnu que nous avions fait du bon travail à ce moment-là.

Mais ce n'est pas tout. Je pense que nous devons faire de la prospection dès le plus jeune âge, et pas seulement à Djeddah. Nous devons être capables d'identifier des joueurs qui ont aujourd'hui entre 8 et 12 ans et de les attirer dans le club.

Il nous faut prendre soin d'eux et de leurs familles. Mais nous devons avoir une stratégie globale et un modèle complet pour ces enfants et définir un programme avec leurs familles afin de développer non seulement les joueurs, mais aussi les jeunes hommes.

Équilibrer le recrutement local et international

Nous voulons des joueurs comme ceux que nous avons aujourd'hui: de véritables modèles capables de jouer et de travailler main dans la main avec les joueurs saoudiens.

Nous disposons d'un réseau de recruteurs internationaux. En réalité, le département football que nous avons aujourd'hui fait du repérage partout dans le monde. Il est à la fois international et saoudien.

Au niveau international, nous recherchons des joueurs bien établis; et, au niveau national, de jeunes joueurs dont nous pourrons être fiers dans deux ou trois ans, et, surtout, en 2034.

Le rôle d'Ittihad pour aider l'Arabie saoudite à devenir un centre sportif international

L'Arabie saoudite a probablement le meilleur programme que j'aie vu jusqu'à présent pour devenir une plaque tournante du sport. Très souvent, les investissements dans d'autres pays sont basés sur les investissements des clubs, et les clubs se maintiennent dans une position très individuelle.

Ici, le ministère des Sports a une stratégie et il soutient les clubs en termes de développement des différents sports. Dans notre cas, nous avons 19 sports différents. Certains sont très individuels, avec de fortes performances. Si vous regardez le badminton, le tir à l'arc, le tennis de table, le tennis… Nous disposons d’un groupe fantastique de jeunes joueurs qui obtiennent de très bons résultats.

Participer à la Said Super Cup à Abu Dhabi

Pour nous, il est capital de participer aux compétitions les plus importantes. Nous voulons participer aux compétitions internationales, à la Super Coupe, à la Coupe du Roi, à la SPL. Nous sommes un club qui aime être défié, qui accepte les défis, qui adore se battre, parce que nous avons cet esprit, un esprit combatif.

C'est pourquoi la Super Coupe, même si elle se déroule à Abu Dhabi, même s'il sera un peu plus difficile pour nos supporters d'être présents, même si certains de nos joueurs joueront avec l'équipe olympique – ce dont nous en sommes fiers –, nous l’appréhendons avec une grande confiance. Nous pensons que nous pouvons obtenir un très bon résultat et notre ambition, comme celle de notre président et de notre entraîneur, est de réussir.

Le nouveau comité sportif d'Al-Ittihad

Le comité sportif a été créé par le conseil d'administration. Il s'agit donc d'une décision du conseil d'administration et le comité sportif est composé de trois personnes : moi-même, le directeur sportif, Ramon Planes, mais aussi l'entraîneur, Marcelo Gallardo. La commission sportive est principalement chargée des décisions relatives au marché. Il s'agit des joueurs que nous voulons recruter, de l'analyse de l'effectif, des postes que nous devons renforcer, des joueurs qui en sont peut-être au stade où nous préférerions qu'ils soient vendus. Car, bien sûr, les clubs ont aussi besoin de ces revenus qui proviennent des échanges de joueurs.

Il s'agit donc de décisions sportives, et non, bien sûr, de décisions de l'entraîneur. Nous ne décidons pas qui va jouer ou non, mais nous réfléchissons en termes de marché et de joueurs. Je pense que c'était une décision très courageuse de la part du conseil d'administration. En effet, très souvent, les membres du conseil aiment être impliqués dans ce genre d'opérations, mais ils comprennent qu'il est essentiel que ces choix soient faits par des professionnels qui ont l'habitude de prendre ces décisions.

Les cinq joueurs que nous avons recrutés lors de la fenêtre de transfert hivernale sont le résultat des décisions de ce comité sportif et du soutien que nous avons reçu de la part du conseil d'administration.

Les normes professionnelles de la Saudi Pro League

La Saudi Pro League est une compétition très intéressante. Il y a de très bons joueurs et nous avons une très bonne organisation au sein de la SPL, avec des experts que j'ai rencontrés pour la première fois ici et qui en savent beaucoup sur l'industrie du football. Je faisais moi-même partie de la ligue portugaise et je travaillais sur un sujet très spécifique, les droits de télévision.

Ce que j'ai trouvé ici est extrêmement professionnel. Pour que le produit soit attractif, il faut que la concurrence soit forte et que tous les clubs se battent pour obtenir les mêmes résultats. Bien sûr, certains clubs sont plus importants que d'autres. En ce sens, je pense que le travail qui a commencé il y a peut-être un an ou un an et demi pour attirer des joueurs très importants doit se poursuivre.

Nous devons attirer plus de joueurs et les faire évoluer dans les différents clubs pour que les matchs soient plus attrayants. Nous ne voulons pas qu'il soit facile de gagner contre une petite équipe. Le concept devrait être le même que celui de la Premier League, par exemple, où une petite équipe peut battre un grand club parce que les revenus des droits de télévision sont répartis de manière très démocratique.

Les joueurs saoudiens qui vous ont le plus impressionné

Mes joueurs, pour être très honnête. Ce sont des joueurs que j'aime. Je ne veux pas mettre l'accent sur un joueur en particulier, car ce serait injuste pour le reste des joueurs.

Nous disposons d’un groupe de joueurs saoudiens dont certains sont très âgés et d'autres très jeunes. Ils méritent tous mon respect; je pense que ce sont de très bons professionnels.

Développer la marque Al-Ittihad dans le monde

Al-Ittihad est déjà un club très connu en dehors de l'Arabie saoudite, parce qu'il fait partie de la marque historique du Royaume, mais aussi parce que nous avons réussi à attirer de jeunes joueurs comme Benzema, Kanté, Fabinho, Luiz Felipe, Jota. Ils contribuent à concentrer l’attention sur le club.

J’estime que nous devons aller de l'avant. C'est la raison pour laquelle, par exemple, cette présaison sera différente de celle que nous avons connue la saison dernière. Nous serons en Europe. Une partie du travail que nous ferons pendant la présaison se déroulera entre l'Espagne et le Portugal. Nous jouerons des matchs européens non seulement au Portugal et en Espagne, mais aussi, probablement, en Europe centrale.

Voilà ce que nous voulons faire. Nous voulons avant tout préparer nos joueurs à de nouveaux défis. Nous voulons qu'ils jouent contre des équipes très importantes en Europe, mais nous voulons aussi que la communauté internationale prenne conscience de la qualité de notre club. Je pense que c'est le bon moment pour présenter certains des joueurs saoudiens que nous avons aujourd'hui, car ils sont vraiment bons.

Je ne pense pas qu'ils soient très connus sur le marché, mais ils le deviendront si nous les faisons jouer dans les meilleurs stades, contre les meilleures équipes.

L'impact de la signature de Karim Benzema

Commençons par l'extérieur du terrain. C'est évident, Karim est un joueur qui est un joueur international. Il y a très peu de joueurs «globaux». Je parlerais plutôt de marque internationale, mais c'est un joueur international: tout le monde connaît Karim Benzema. L'impact de ses supporters sur notre club a été impressionnant.

Je pense que le fait de voir Karim avec le maillot jaune et noir est une manière fantastique de montrer notre club au monde entier.

Mais, surtout, Karim est le lauréat du Ballon d'or. Il a joué dans l'un des meilleurs championnats du monde. Il a fait partie de la sélection française. La qualité de Karim ne fait donc aucun doute. Comme vous le savez, il a été blessé pendant une certaine période, pendant ces deux derniers mois. Maintenant, lors des dernières séances d'entraînement que nous avons eues cette semaine, on a pu constater que Karim était en très bonne forme et je pense qu'il sera un élément déterminant pour le reste de la saison.

Je suis satisfait de voir qu'il est souriant et investi. Je serai heureux quand je le verrai sur le terrain.

Les frustrations des supporters cette saison

Le rôle que nous jouons dans le club ne peut pas se limiter à ce très court terme. Je comprends la frustration des supporters, qui est aussi la mienne. Nous aurions aimé obtenir de meilleurs résultats cette saison. Mais, d'après mon expérience, il faut avant tout préparer l'avenir.

Il est important, notamment, d'avoir une académie. Nous avons déjà le nouveau terrain et nous commencerons à construire l'académie d’ici à très peu de temps. Il s’agit également de disposer d'une très bonne équipe de gestion. Nous avons déjà une équipe professionnelle en place.

Il s'agit en outre de prendre des décisions intelligentes dans la constitution de l'équipe, entre les joueurs internationaux et les joueurs saoudiens. Nous prenons ces décisions.

Une fois que ces fondations seront en place, le succès, le succès sportif, sera évident. Nous devons aller plus vite que nos concurrents, et c'est ce que nous ferons. Voici donc le message que je transmets à nos fans, que je respecte totalement: je vous comprends, mais, s'il vous plaît, sachez que nous faisons du bon travail en ce moment, qui consiste à préparer l'avenir.

Cet avenir sera brillant.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Israël affirme avoir tué le ministre du Renseignement iranien

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé mercredi la mort d'un nouveau responsable iranien, le ministre du Renseignement Esmaïl Khatib dans une "frappe de précision" à Téhéran. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé mercredi la mort d'un nouveau responsable iranien, le ministre du Renseignement Esmaïl Khatib dans une "frappe de précision" à Téhéran. (AFP)
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  • Esmaïl Khatib a été tué "dans une frappe de précision à Téhéran", a précisé un communiqué de l'armée
  • Le ministère "dispose de capacités avancées en matière de renseignement, supervisant la surveillance, l'espionnage et la conduite d'opérations clandestines dans le monde entier, en particulier contre l'État d'Israël et les citoyens iraniens"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé mercredi la mort d'un nouveau responsable iranien, le ministre du Renseignement Esmaïl Khatib dans une "frappe de précision" à Téhéran.

"Khatib, a lui aussi été éliminé la nuit dernière", a affirmé M. Katz.

Comme ministre depuis 2021, "il était à la tête de l'appareil interne du régime en charge des assassinats et de la répression en Iran, ainsi que de la promotion des menaces extérieures", selon M. Katz, qui a prévenu que l'intensité des frappes israéliennes en Iran montait "d'un cran".

Esmaïl Khatib a été tué "dans une frappe de précision à Téhéran", a précisé un communiqué de l'armée.

Le ministère "dispose de capacités avancées en matière de renseignement, supervisant la surveillance, l'espionnage et la conduite d'opérations clandestines dans le monde entier, en particulier contre l'État d'Israël et les citoyens iraniens", rappelle ce communiqué.

En plus de son rôle dans la répression des manifestations dans le pays, Esmaïl Khatib "a dirigé les activités terroristes du ministère (...)  contre des cibles israéliennes et américaines à travers le monde" et des opérations "contre des cibles à l'intérieur d'Israël", affirme l'armée.

Il figurait sur la liste des dirigeants de la République islamique recherchés par les Etats-Unis et dont la tête était mise à prix pour 10 millions de dollars.

Israël a annoncé sa mort - que le pouvoir iranien n'a pas confirmée dans l'immédiat - après avoir tué la veille Ali Larijani, l'un des plus hauts dirigeants de la République islamique, et le commandant de la milice paramilitaire Bassidj, Gholamréza Soleimani.

"Aucune chance" 

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et moi-même avons autorisé l'armée à éliminer tout haut responsable iranien" pouvant être tué sans dommages collatéraux majeurs, "sans qu'une approbation supplémentaire soit nécessaire", a par ailleurs annoncé M. Katz.

"Nous continuerons à les empêcher d'agir et à les traquer, tous", a-t-il ajouté.

Mercredi, les médias israéliens revenaient par ailleurs sur les circonstances de la mort de Ali Larijani et du chef des Bassidj.

"Lundi soir, Israël a reçu un renseignement indiquant que Larijani se trouvait dans une planque située dans une banlieue de Téhéran", a affirmé la TV N12.

"Après confirmation de sa présence par la Direction du renseignement militaire, l'appartement a été attaqué".

Des avions de combat israéliens qui survolaient Téhéran ont tiré simultanément 20 bombes d'une tonne sur l'immeuble, totalement détruit.

Selon la TV N12, Ali Larijani n'utilisait pas régulièrement cet appartement, qui était "l'une des nombreuses planques préparées à l'avance pour lui".

"Il n'avait aucune chance de survivre à cette attaque", selon un officiel israélien cité sur son antenne.

Ali Larijani a été tué notamment aux côtés de son fils, ont indiqué les autorités iraniennes, selon les médias iraniens, au domicile de sa fille.

Le chef de la milice Bassidj a été tué peu après, en même temps que son adjoint et dix autres hauts commandants de cette milice.

"Ils étaient réunis en plein coeur de Téhéran, (...) sous une tente dressée entre des immeubles. Huit bombes ont été larguées sur la tente, tuant tous ceux qui s'y trouvaient", a détaillé la N12.

 

 


Dans le sud du Liban, les secouristes risquent leur vie

Des pompiers sont visibles sur le site d’une frappe aérienne israélienne dans le quartier de Bachoura à Beyrouth le 18 mars 2026. Le Liban affirme qu’Israël a frappé le centre de Beyrouth tôt le 18 mars sans avertissement, tuant au moins six personnes, tandis que l’armée israélienne a annoncé viser aussi le sud du pays. (AFP)
Des pompiers sont visibles sur le site d’une frappe aérienne israélienne dans le quartier de Bachoura à Beyrouth le 18 mars 2026. Le Liban affirme qu’Israël a frappé le centre de Beyrouth tôt le 18 mars sans avertissement, tuant au moins six personnes, tandis que l’armée israélienne a annoncé viser aussi le sud du pays. (AFP)
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  • Youssef Assaf, secouriste libanais, tué dans une frappe israélienne en mission près de Tyr ; 38 personnels de santé tués depuis le 2 mars
  • Les ambulances et hôpitaux libanais sont régulièrement ciblés ; les associations réclament des corridors sécurisés malgré les accusations d’Israël sur l’usage militaire des infrastructures

BEYROUTH: Youssef Assaf, secouriste de 35 ans, se trouvait dans une ambulance de la Croix-Rouge libanaise lorsqu'il a été touché par une frappe israélienne dans le sud du Liban. Il a succombé à ses blessures deux jours plus tard.

Depuis le début de la guerre au Liban le 2 mars, les secouristes sont en première ligne et 38 personnels de santé ont été tués dans des frappes israéliennes, selon le ministère de la Santé.

Le 9 mars, "on m'a appelée vers dix heures du soir pour me dire qu'il était blessé et à l'hôpital", raconte son épouse Jeanne d'Arc Boutros, jointe au téléphone par l'AFP.

"J'ai commencé à prier et à me dire qu'il s'en sortirait", raconte cette institutrice de 32 ans, qui a fui la région de Tyr (sud) et s'est réfugiée chez des proches dans le nord du Liban.

Quand il est mort deux jours plus tard, "je me suis effondrée", confie cette mère de trois enfants, dont un bébé de quatre mois.

Le ministère de la Santé a accusé Israël d'avoir "visé l'ambulance dans laquelle Youssef Assaf et son camarade se dirigeaient, en mission de secours, vers la localité de Majdel Zoun", proche de Tyr, visée par une frappe israélienne. Le deuxième secouriste a également été blessé.

"Comment peuvent-ils tuer ou blesser des secouristes qui sauvent les gens? Ils ne sont pas armés et ne sont pas affiliés à des partis", dénonce Jeanne d'Arc Boutros.

- "Peur" -

Le secrétaire général de la Croix Rouge Libanaise, Georges Kettaneh, assure à l'AFP que ses équipes ne se déplacent dans le sud qu'après en avoir informé l'armée libanaise et les forces de l'ONU, déployées dans cette région.

"Nous sommes neutres, impartiaux et indépendants", assure-t-il, soulignant la nécessité de "garantir des itinéraires sécurisés" pour ses équipes.

Mona Abou Zeid, qui dirige un hôpital affilié au Secours populaire, une ONG libanaise, dans la région de Nabatiyé soumise aux bombardements, ne cache pas son inquiétude de voir son personnel pris pour cible. L'établissement emploie 95 personnels de santé, dont des médecins et des infirmiers, et environ 25 ambulanciers.

"Les frappes augmentent (..) et il y a maintenant une offensive terrestre" des forces israéliennes, s'alarme cette femme de 56 ans. "Nous avons peur pour nos ambulanciers qui se déplacent pour transporter les blessés", ajoute-t-elle.

Samedi, une frappe a tué 12 médecins, secouristes et infirmiers travaillant dans un centre du Comité islamique de la santé, affilié au Hezbollah pro-iranien, à Burj Qalawiya, près de Tyr.

Israël a accusé le Hezbollah d'utiliser des ambulances et des infrastructures médicales "à des fins militaires".

"Ce ne sont pas des militaires", assure à l'AFP Fatima Shoumar, 37 ans, veuve de l'un des infirmiers tués dans cette frappe.

"Ils aidaient les gens, même s'ils sont affiliés au Hezbollah, est-ce une raison" pour les viser, interroge cette mère de trois enfants, au bord des larmes, dans un centre de déplacés de Saïda, la grande ville du sud.

- "Pas de ligne rouge" -

Le ministère libanais de la Santé a pour sa part affirmé qu'Israël "ciblait" de façon répétée les ambulanciers en intervention.

Depuis le début de la guerre le 2 mars, le ministère a recensé 53 attaques contre des associations de secours, 13 contre des centres de santé, 30 contre des véhicules et cinq contre des hôpitaux.

Ramzi Kaiss, chercheur à Human Rights Watch, souligne à l'AFP que l'armée israélienne n'a pas présenté de preuves montrant que des établissements de santé ou des ambulances visés sont utilisés à des fins militaires.

Si les Israéliens ont des preuves que les ambulances sont détournées, ils "doivent émettre un avertissement" et "n'attaquer qu'après que cet avertissement n'ait pas été respecté", ajoute-t-il.

Nasser Ajram, un secouriste d'une ONG locale à Saïda, estime qu'il "n'y plus de protection" pour les équipes.

"Il y a deux jours, ils ont visé un centre, ils ont tué des médecins et des infirmiers (...) il n'y a plus de lignes rouges", dit cet homme de 57 ans, qui a à peine vu sa famille depuis que la guerre a commencé.

Le fils de Youssef Assaf, âgé de quatre ans, demande toujours pour sa part quand son père va rentrer.

"J'ai toujours rêvé qu'on vieillirait ensemble", dit Jeanne d'Arc Boutros. "Il aimait aider les gens (...) il a beaucoup fait dans sa vie, et il est parti".


L’Arabie saoudite accueille une réunion d’urgence de ministres arabes et islamiques sur la sécurité régionale

(Getty Images)
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  • L’Arabie saoudite réunit en urgence à Riyad des ministres arabes et islamiques pour renforcer la coordination en faveur de la sécurité et de la stabilité régionales
  • Cette initiative intervient sur fond d’escalade majeure au Moyen-Orient après des frappes contre l’Iran et des attaques de représailles perturbant la région

RIYAD : L’Arabie saoudite accueille mercredi à Riyad une réunion d’urgence des ministres arabes et islamiques des Affaires étrangères afin d’examiner les moyens de renforcer la sécurité et la stabilité régionales, a annoncé le ministère saoudien des Affaires étrangères.

Le ministère a indiqué que cette rencontre vise à approfondir la concertation et la coordination entre les États membres pour soutenir au mieux la paix et la stabilité dans la région.

Ces discussions interviennent dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient. À la suite d’une frappe conjointe américano-israélienne contre l’Iran le 28 février, Téhéran a lancé des vagues successives d’attaques de missiles et de drones visant les États du Golfe, Israël et des intérêts américains dans la région, plongeant le Moyen-Orient dans l’une de ses plus graves crises sécuritaires depuis des années. Des aéroports du Golfe, dont d’importants hubs à Dubaï et Doha, ont été contraints de fermer à plusieurs reprises en raison de ces attaques, perturbant le commerce, les voyages et l’acheminement de fournitures médicales essentielles.

L’annonce fait suite à une série d’appels diplomatiques mardi, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, ayant contacté ses homologues en Syrie, en Algérie, en Irak, en Bosnie-Herzégovine, en Égypte et aux Émirats arabes unis.

La réunion de mercredi constitue un effort collectif arabe et islamique pour contenir les répercussions de la crise et tracer une voie vers une désescalade avant qu’elle ne s’aggrave davantage. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com