Abdallah II : la Jordanie ne deviendra pas le théâtre d'une guerre entre Israël et l'Iran

Le roi Abdallah II de Jordanie a réaffirmé l'engagement de son pays à défendre sa sécurité et sa souveraineté. (File/AFP)
Le roi Abdallah II de Jordanie a réaffirmé l'engagement de son pays à défendre sa sécurité et sa souveraineté. (File/AFP)
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Publié le Mardi 16 avril 2024

Abdallah II : la Jordanie ne deviendra pas le théâtre d'une guerre entre Israël et l'Iran

  • La Jordanie, où environ la moitié de la population est d'origine palestinienne, est régulièrement le théâtre de nombreuses manifestations de soutien aux habitants de la bande de Gaza
  • Selon un ancien ministre jordanien, plusieurs pays de la région: Irak, Syrie et Liban, sont déjà devenus selon lui des «terrains de jeu» pour les Iraniens

AMMAN: En participant à l'interception des projectiles lancés par l'Iran vers Israël, la Jordanie veut éviter d'être touchée par un éventuel conflit ou de devenir un "terrain de jeu" pour Téhéran, selon des responsables et des analystes.

La Jordanie, pays voisin d'Israël avec lequel elle est liée par un traité de paix depuis 1994, a annoncé avoir intercepté "des engins volants" ayant pénétré dans son espace aérien lors de l'attaque aux drones et aux missiles lancée par l'Iran contre Israël dans la nuit de samedi à dimanche.

Les forces armées jordaniennes "feront face (...) à toute menace ou violation mettant en danger la sécurité et la sûreté du pays", a prévenu alors le gouvernement.

Israël a annoncé avoir intercepté, avec l'aide des Etats-Unis et d'autres pays alliés la quasi-totalité des 350 drones et missiles lancés ce weekend par l'Iran.

La Jordanie, où environ la moitié de la population est d'origine palestinienne, est régulièrement le théâtre de nombreuses manifestations de soutien aux habitants de la bande de Gaza, où une guerre oppose deuis le 7 octobre Israël au Hamas palestinien soutenu par Téhéran.

«Grande préoccupation»

Si la Jordanie affiche un soutien indéfectible à la cause palestinienne, ses autorités veulent se prémunir d'un débordement du conflit, d’autant plus que le pays est voisin de l’Irak et la Syrie, où l'Iran jouit d'une grande influence.

Le roi Abdallah II de Jordanie a indiqué dimanche lors d'un appel téléphonique avec le président américain Joe Biden que son pays "ne sera pas le théâtre d'une guerre régionale".

"La Jordanie n’a rien à voir avec la lutte d'influence entre le projet perse et le projet sioniste (dans la région), et elle ne veut pas s'impliquer dans un conflit régional", a déclaré à l'AFP l'ancien ministre jordanien de l'Information, Samih Al-Maaytah.

Le royaume, a-t-il ajouté, "n'accepte pas que son territoire ou son espace aérien soit utilisé pour une action militaire contre un pays de la région".

Selon M. Maaytah, plusieurs pays de la région: Irak, Syrie et Liban, sont déjà devenus selon lui des "terrains de jeu" pour les Iraniens.

Pour Nimrod Goren, spécialiste des affaires israéliennes au Middle East Institute, l’Iran "pourrait chercher à intervenir en Jordanie et à y changer la situation à son avantage, comme il l’a fait dans d’autres pays".

"Cela est en soi une source de grande préoccupation pour la Jordanie", a-t-il dit à l'AFP.

La participation de la Jordanie à l'interception des drones et missiles iraniens lui a valu des critiques iraniennes.

Une source militaire citée par l’agence iranienne de presse Fars a mis ainsi en garde la Jordanie contre "des actions potentielles" en faveur d'Israël, faute de quoi elle serait "la prochaine cible".

Suite à ces déclarations, le ministère jordanien des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur d'Iran à Amman pour demander à Téhéran de cesser de "remettre en question" les positions du royaume.

Le chef de la diplomatie jordanienne Ayman Safadi a souligné à cet effet que si "le danger venait d'Israël, la Jordanie aurait pris les mêmes mesures".

«Souveraineté»

Mardi, l'armée jordanienne a indiqué dans un communiqué avoir revu à la "hausse ses sorties aériennes afin (...) de défendre le ciel du royaume", en prévision, selon elle, d'une potentielle riposte israélienne.

Pour M. Maaytah, "la Jordanie n’a pas défendu Israël, mais a plutôt défendu sa souveraineté et la sécurité de son territoire".

Général à la retraite de l'armée jordanienne, Suleiman Mneezel considère aussi "l’arrivée de drones et de missiles iraniens dans le ciel du royaume comme une violation flagrante de la souveraineté jordanienne".

Pour M. Goren, la Jordanie a joué un rôle "plus important que ce que beaucoup prévoyaient", illustrant un "positionnement (...) dans le camp lié aux Etats-unis dans la région".

Alors que l’opinion publique jordanienne reste largement hostile à Israël, 30 ans après l'accord de paix avec le pays voisin, le roi Abdallah II a qualifié à plusieurs reprises les relations avec Israël de "paix froide".


Le président libanais affirme qu'il ne cèdera «pas un pouce» du territoire à Israël

 Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
  • Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun
  • Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire"

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire".

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait déclaré la veille que l'armée israélienne resterait "pour une durée indéterminée" dans ce qu'elle qualifie de "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Le Liban a signé le 26 juin sous l'égide de Washington un accord-cadre avec Israël en vue de parvenir à une "paix durable", un texte violemment contesté par le Hezbollah pro-iranien.

Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun, alors que la nouvelle guerre entre Israël et le Hezbollah a fait depuis le 2 mars plus de 4.200 morts au Liban, selon les autorités.

Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire".

"Nous ne cèderons pas un seul pouce du territoire libanais", a-t-il assuré.

L'accord-cadre prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, à commencer par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne, mais il ne fixe pas de calendrier.

Le processus doit être détaillé dans une annexe de sécurité, dont le contenu n'a pas été rendu public.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que persisterait la menace du Hezbollah.

 


La dépouille du guide suprême Khamenei est arrivée sur le lieu de ses funérailles à Téhéran

  • Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours
  • La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès

TEHERAN: Le cercueil de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei est arrivé vendredi dans le complexe religieux de Téhéran où se dérouleront des funérailles d'une ampleur inédite, quatre mois après sa mort dans une frappe israélo-américaine.

Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours, qui commence samedi et se veut une démonstration de force après la guerre qui a tué de nombreux hauts dirigeants et des milliers de civils.

La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès.

Ses murs sont couverts de grands portraits de celui qui a été guide suprême pendant plus de trois décennies, de drapeaux noirs en signe de deuil et de drapeaux rouges, symbole du martyre et de la vengeance.

Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, l'une des plus puissantes forces militaires du Moyen-Orient, est venu lui rendre hommage, selon des images diffusées par les médias iraniens. Discret depuis le début de la guerre, probablement pour éviter d'être assassiné comme son prédécesseur, il s'agit de sa première apparition publique.

"Les gens vont venir de tout l'Iran. Il y aura énormément de monde", souffle Hossein Moghadassi, un ouvrier de 43 ans s'affairant sur le site, alors que certains devraient commencer à patienter dès vendredi soir en attendant l'ouverture des portes à 06H00 samedi (02H30 GMT).

Affiches et slogans 

Ali Khamenei, le guide suprême à la plus grande longévité depuis l'avènement en 1979 de la République islamique, est mort à 86 ans sous les bombardements contre sa résidence le 28 février de ses deux ennemis jurés, les Etats-Unis et Israël.

Ses obsèques nationales, initialement prévues en mars mais reportées en raison de la guerre, s'annoncent comme les plus grandes de l'histoire en Iran.

En 1989, à la mort de son prédécesseur Rouhollah Khomeini, environ 10 millions de personnes avaient assisté à ses funérailles, selon les chiffres officiels. Des mouvements de foule avaient alors fait plus de dix morts.

Aux côtés du cercueil d'Ali Khamenei, sont exposés ceux de ses proches tués eux aussi au premier jour de la guerre, dont celui d'une de ses filles, d'un gendre, d'une belle-fille et d'une petite-fille.

Un cortège transportant la dépouille de l'ex-guide suprême défilera lundi dans les rues de Téhéran, où nombre d'affiches et de slogans rendent hommage au "martyr", avant de gagner mardi la ville sainte de Qom.

Sous haute surveillance 

La présence du fils d'Ali Khamenei, Mojtaba, qui lui a succédé début mars à la fonction de guide suprême, n'a pas été confirmée. Blessé lors des frappes qui ont tué son père, le dirigeant ne s'exprime que par des communiqués qui lui sont attribués et n'est pas apparu en public.

Côté dignitaires, des dirigeants et responsables d'une trentaine de pays, principalement voisins, sont attendus, dont l'ancien président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif. La Chine sera représentée par un haut responsable du Parlement, He Wei.

Aucun dirigeant européen n'a été convié.

"Tous ceux qui assisteront aux funérailles se sont rangés du bon côté de l'histoire", a souligné cette semaine le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dénonçant le soutien des Occidentaux à Israël et aux Etats-Unis dans leurs deux guerres contre la République islamique, en juin 2025 et cette année.

Ironie du calendrier, le début des obsèques coïncidera avec la fête nationale des Etats-Unis, qui célèbrent ce 4 juillet leurs 250 ans d'existence.

Ces funérailles se déroulent sous tension, dans un contexte de fragile cessez-le-feu entre Téhéran et Washington mais aussi six mois après d'importantes manifestations contre la vie chère et le pouvoir.

Téhéran est depuis vendredi comme une forteresse, avec des forces de sécurité en nombre et un immense périmètre inaccessible en voiture.

L'aéroport de Téhéran est partiellement fermé vendredi et le sera totalement lundi, décrété jour férié dans tout l'Iran. Les centres commerciaux ont baissé le rideau et les entreprises sont mises au repos forcé.

Ali Khamenei sera inhumé le 9 juillet dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont il était originaire. Chef religieux, son cercueil sera présenté mercredi en Irak voisin, où la communauté chiite est aussi majoritaire.

 


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.