Alger appelle Washington à plus d’ «impartialité» sur la scène internationale

Le Premier ministre algérien Abdelaziz Djerad a dénoncé en décembre des «manœuvres étrangères qui visent à déstabiliser l'Algérie» et «une volonté de "l'entité sioniste" (Israël, NDLR) de se rapprocher» des frontières de son pays (Photo, AFP).
Le Premier ministre algérien Abdelaziz Djerad a dénoncé en décembre des «manœuvres étrangères qui visent à déstabiliser l'Algérie» et «une volonté de "l'entité sioniste" (Israël, NDLR) de se rapprocher» des frontières de son pays (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 08 janvier 2021

Alger appelle Washington à plus d’ «impartialité» sur la scène internationale

  • «L'Algérie est un leader sur la scène internationale et nos deux pays ont un intérêt commun à assurer une région plus sûre et plus prospère», a déclaré M. Schenker
  • «M. Boukadoum a souligné la nature du rôle attendu des Etats-Unis pour faire avancer les causes de la paix sur les plans régional et international

ALGER: L'Algérie attend des Etats-Unis «l'impartialité» sur la scène régionale et internationale, a affirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères Sabri Boukadoum en recevant une délégation américaine de haut rang.

Le secrétaire d'Etat adjoint pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord, David Schenker, a évoqué avec les responsables à Alger la question du Sahara occidental et les conflits en Libye et au Sahel.

«M. Boukadoum a souligné la nature du rôle attendu des Etats-Unis pour faire avancer les causes de la paix sur les plans régional et international, dans l'impartialité qu'exigent les défis actuels», selon un communiqué de son ministère.

«L'Algérie est un leader sur la scène internationale et nos deux pays ont un intérêt commun à assurer une région plus sûre et plus prospère», a déclaré M. Schenker lors d'une conférence de presse.

Arrivé mercredi à Alger après une étape en Jordanie dans le cadre d'une tournée régionale, David Schenker est accompagné par la secrétaire à l'US Air Force, Barbara Barrett, et le chef de l'USAF en Europe et Afrique, le général Jeffrey Harrigian.

Sa visite de 48 heures à Alger s'inscrit dans un contexte régional marqué par les conflits en Libye et au Sahel, et par des tensions au Sahara occidental, territoire autonome que se disputent le Maroc et les indépendantistes du Front Polisario soutenus par Alger.

M. Schenker est attendu en fin de semaine au Maroc.

Selon des sources diplomatiques à Rabat, les Américains prévoient d'ouvrir dimanche une représentation provisoire à Dakhla, grand port du sud du Sahara occidental, en attendant la construction du consulat prévu par l'accord signé le 22 décembre à Rabat entre les Etats-Unis, Israël et le Maroc. 

Cet accord entérine à la fois la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté du Maroc sur l'ancienne colonie espagnole considérée comme un territoire autonome par l'ONU, et la normalisation des relations entre le Maroc et Israël.

Il y a trois mois, le ministre américain de la Défense Mark Esper -limogé depuis par Donald Trump- a effectué une tournée qui visait à renforcer la coopération militaire avec les pays de la région dans la lutte contre les jihadistes et la sécurité en Afrique du Nord, en Libye et au Sahel.

«L’Algérie possède une expertise durement acquise en matière de sécurité et de lutte contre l'extrémisme violent, et nous ne pouvons qu'avoir du respect pour ses capacités», a estimé Mme Barrett.

Si l'instabilité en Libye et au Sahel est un sujet de préoccupation mutuelle pour Alger et Washington, la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, en contrepartie d'une normalisation de Rabat avec Israël, a été vivement critiquée par Alger.

Le Premier ministre algérien Abdelaziz Djerad a dénoncé en décembre des «manœuvres étrangères qui visent à déstabiliser l'Algérie» et «une volonté de "l'entité sioniste" (Israël, NDLR) de se rapprocher» des frontières de son pays.

M. Schenker a réitéré la position américaine en faveur de «négociations politiques» dans le cadre du plan d'autonomie du Sahara occidental proposé par le Maroc. 

Il a par ailleurs annoncé un plan d’aide des Etats-Unis de 4,1 millions de dollars (3,3 millions d’euros) pour soutenir l’Algérie dans la lutte contre la Covid-19.


L'armée américaine affirme avoir repoussé des attaques de missiles et drones iraniens dans le Golfe

Short Url

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé mardi avoir repoussé plusieurs attaques iraniennes, par missiles et drones, contre ses bases et ses alliés dans la région, et avoir répliqué en bombardant au sol une île iranienne.

"L'Iran a lancé plusieurs missiles balistiques vers des pays de la région, mais tous ont raté leur cible", a écrit le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient dans un communiqué sur X, ajoutant qu'aucun membre de l'armée n'avait été blessé.

"Deux missiles iraniens tirés vers le Koweït sont tombés avant d'atteindre le territoire ou se sont désintégrés en vol, et trois missiles lancés contre Bahreïn ont été immédiatement interceptés par les défenses aériennes américaines et bahreïniennes", a précisé le Centcom.

Avant cela, l'armée américaine avait "abattu trois drones" d'attaque "lancés par l'Iran contre des marins civils qui circulaient légitimement dans les eaux régionales", a encore déclaré l'armée américaine.

En réponse, le Centcom dit avoir "mené des frappes de légitime défense" sur des cibles au sol sur l'île iranienne de Qeshm, dans le détroit d'Ormuz.

Le Corps des Gardien de la Révolution, cités par les médias iraniens, a affirmé que les Etats-Unis ont visé une tour de télécommunication sur l'île et qu'en représailles, ils ont visé une base militaire américaine dans un pays de la région ainsi que le siège de la 5e flotte américaine, à Bahreïn.

Cette dernière affirmation a été démentie par le Centcom. "Toutes les attaques iraniennes contre les forces américaines ont échoué", a écrit le Centcom sur X.

Un peu plus tôt, le Koweït avait affirmé intercepter des "attaques de drones et missiles hostiles".

Le Centcom a ensuite déclaré avoir intercepté "plusieurs drones." "Une nouvelle vague de drones iraniens tentant d'attaquer les forces américaines au Koweït n'a pas atteint les cibles visées cette nuit," a déclaré le commandement américain sur X.

 


Nouvelle session de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington

Nada Hamadeh (au centre), ambassadrice du Liban aux États-Unis, participe à une réunion entre les délégations israélienne et libanaise organisée par les États-Unis au département d’État à Washington, le 2 juin 2026. (AFP)
Nada Hamadeh (au centre), ambassadrice du Liban aux États-Unis, participe à une réunion entre les délégations israélienne et libanaise organisée par les États-Unis au département d’État à Washington, le 2 juin 2026. (AFP)
Short Url
  • Des représentants d’Israël et du Liban participent à une quatrième session de pourparlers directs à Washington, sous médiation américaine, malgré l’absence de relations diplomatiques entre les deux pays
  • Malgré les appels à l’apaisement, les combats entre Israël et le Hezbollah se poursuivent

WASHINGTON: Les ambassadeurs d'Israël et du Liban ont été reçus mardi au département d'Etat pour une nouvelle session de pourparlers directs, alors qu'Israël et le Hezbollah ont échangé des tirs après que Donald Trump a assuré que les deux camps lui avaient promis l'apaisement.

Cette quatrième rencontre entre les représentants des deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, a lieu au département d'Etat et doit durer deux jours.

Elle réunit les représentants israélien Yechiel Leiter et libanais Nada Hamadeh Moawad, ainsi que Daniel Holler, un haut conseiller du secrétaire d'Etat Marco Rubio, qui ne participe pas à cette session.

Aucun des participants n'a fait de déclarations.

Le président américain a indiqué lundi soir sur son réseau Truth Social que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'était engagé à ne pas envoyer de troupes à Beyrouth et que le Hezbollah allait "cesser totalement le feu".

Mais les combats qui opposent l'armée israélienne et le Hezbollah depuis le 2 mars, se sont poursuivis malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril et qui avait été prolongé une fois à l'issue de ces pourparlers, les premiers depuis des décennies.

Des frappes israéliennes lundi soir ont fait au moins six morts dans le sud du pays, portant à 13 le bilan global pour la journée, selon des sources libanaises. Et le Hezbollah a revendiqué mardi une attaque à la roquette contre un char israélien à Hadatha dans la région, disant y lutter contre "l'avancée des forces israéliennes".


Israël dit avoir obtenu l'aval des Etats-Unis pour frapper la banlieue sud de Beyrouth si le Hezbollah attaque ses localités

Les premiers intervenants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne qui a touché les environs d’un hôpital dans la ville de Tyr, dans le sud, le 1er juin 2026. (Reuters)
Les premiers intervenants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne qui a touché les environs d’un hôpital dans la ville de Tyr, dans le sud, le 1er juin 2026. (Reuters)
Short Url
  • Le ministre de la Défense israélien Israël Katz affirme qu’Israël aurait obtenu l’aval des États-Unis pour frapper la banlieue sud de Beyrouth (Dahiyeh), bastion du Hezbollah, en cas d’attaques contre le nord d’Israël
  • Il expose une logique de dissuasion : si les tirs continuent, Israël dit qu’il ciblerait Dahiyeh, en liant le sort de cette zone aux attaques subies par les localités israéliennes

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien Israël Katz a affirmé mardi que son pays avait obtenu l'aval des Etats-Unis pour frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, en cas d'attaque du groupe pro-iranien sur son sol, selon un communiqué de son bureau.

"Le Premier ministre et moi-même avons mené, avec l'armée israélienne, une démarche visant à établir une équation selon laquelle le sort de Dahiyeh (la banlieue sud, ndlr) à Beyrouth serait lié à celui des localités du nord d'Israël. Si les localités israéliennes continuent d'être attaquées, nous évacuerons et frapperons le quartier chiite de Dahiyeh à Beyrouth, bastion du Hezbollah", a dit M. Katz.

"Les Etats-Unis ont validé ce principe et l'ont communiqué au gouvernement libanais ainsi qu'à toutes les parties concernées (...) Soit les tirs contre les localités cessent, soit, s'ils se poursuivent, nous frapperons Dahiyeh à Beyrouth", a poursuivi le ministre.