Biden choisit McGurk au Conseil de sécurité nationale, Ankara s’inquiète

McGurk est souvent accusé par le Parti de la justice et du développement au pouvoir d’être le cerveau derrière l’armement par Washington des Unités de protection du peuple kurde syrien (YPG) dans leur lutte contre Daech (AFP/Photo).
McGurk est souvent accusé par le Parti de la justice et du développement au pouvoir d’être le cerveau derrière l’armement par Washington des Unités de protection du peuple kurde syrien (YPG) dans leur lutte contre Daech (AFP/Photo).
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Publié le Vendredi 08 janvier 2021

Biden choisit McGurk au Conseil de sécurité nationale, Ankara s’inquiète

  • «Les deux pays ont intérêt à travailler ensemble sur la Syrie, si Ankara accepte enfin que Washington ne laissera pas tomber les YPG»
  • Les YPG sont considérés un groupe terroriste par la Turquie à cause de leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan, illégal, et qui a mené une insurrection de plusieurs décennies contre l’État turc

ANKARA : Le président américain élu, Joe Biden doit nommer Brett McGurk, ancien envoyé de la coalition internationale anti-Daech dirigée par les États-Unis, au poste de directeur principal du Conseil de sécurité nationale pour la politique de Washington au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

McGurk a été nommé au même poste en 2015 par le président de l’époque, Barack Obama, un poste qu’il a occupé jusqu’à sa démission à la suite du retrait des forces américaines de la Syrie en décembre 2018.

Sa nomination anticipée transmet un nombre de messages à la Turquie, selon les experts. Ces derniers font valoir qu’elle pourrait causer de nouveaux désaccords entre Washington et Ankara car McGurk n’est pas très apprécié des dirigeants turcs.

«Cette nomination serait considérée très provocatrice. Un mauvais départ pour l’ère de Biden au niveau des relations entre les États-Unis et la Turquie si cela se produit», a tweeté Yusuf Erim, analyste politique basé à Ankara.

McGurk est souvent accusé par le Parti de la justice et du développement au pouvoir d’être le cerveau derrière l’armement par Washington des Unités de protection du peuple kurde syrien (YPG) dans leur lutte contre Daech. Les YPG sont considérés un groupe terroriste par la Turquie à cause de leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan, illégal, et qui a mené une insurrection de plusieurs décennies contre l’État turc.

Pour Ozgur Unluhisarcikli, directeur du bureau d’Ankara de l’institut américain German Marshall Fund, il est naturel que Biden choisisse d’anciens responsables de l’administration Obama pour servir dans son gouvernement.

«Brett McGurk est peut-être un personnage controversé pour la Turquie, mais il est assez populaire dans le Parti démocrate et dans ces cercles. Il n’est donc pas surprenant qu’il obtienne un poste de cadre au sein de l’administration Biden», a-t-il expliqué à Arab News.

M. Unluhisarcikli laisse entendre que McGurk n’est que l’un des nombreux anciens responsables de l’administration Obama à avoir eu des frictions avec Ankara, et qui feront désormais partie de l’administration Biden. « Ce sera un défi avec lequel la Turquie devra vivre, surtout en ce qui concerne les divergences sur les YPG », a-t-il déclaré.

McGurk a adopté une position plus ferme en ce qui concerne les opérations militaires transfrontalières contre les YPG.  Il critique aussi Ankara pour sa mauvaise gestion de ses frontières avec la Syrie que des combattants étrangers passaient pour faire intégrer les rangs de Daech.

Ancien greffier de la Cour suprême, McGurk était diplomate durant le mandat du président George W. Bush.

«Le gouvernement turc ne devrait pas laisser sa perception de McGurk affecter son analyse de l’approche que Biden pourrait adopter envers Ankara. Ce mandat n’est pas nécessairement un troisième mandat d’Obama, et le rôle de McGurk n’est pas exactement une position diplomatique de premier plan», a indiqué Joe Macaron, analyste du Moyen-Orient au Centre arabe à Washington, à Arab News.

Selon M, Macaron, si l’on s’attend à ce que les États-Unis se retirent de Syrie et mettent fin à leur soutien aux YPG, cette attente doit être gérée, que McGurk fasse partie du cabinet de Biden ou non.

«Les relations entre les États-Unis et la Turquie s’assombrir à l’avenir, mais les deux pays ont intérêt à travailler ensemble sur la Syrie, si Ankara accepte enfin que Washington ne laissera pas tomber les YPG», a-t-il précisé.

Cependant, les médias pro-gouvernementaux ont déjà commencé à critiquer sans réserve la désignation potentielle de McGurk.

Le 1er août 2017, le journal turc pro-gouvernemental Yeni Safak a publié à la une que «les forces de la coalition dirigées par McGurk ont tué 46 000 civils en Irak et en Syrie». Dans sa couverture du 7 janvier, Yeni Safak a qualifié McGurk de «gouverneur colonial».

Mais pour Mehmet Emin Cengiz, assistant de recherche au Forum Al-Sharq à Istanbul, le retour de McGurk ne ferait pas nécessairement une grande différence.

«Oui, la Turquie n’est pas satisfaite de cette possibilité, mais les YPG et leur branche politique en sont heureux. Toutefois, même sans la présence de McGurk, les Forces démocratiques syriennes ont déjà reçu un soutien sérieux de la part des États-Unis», a-t-il expliqué à Arab News.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Houthis revendiquent des attaques ayant endommagé un navire en mer Rouge

Cette photographie non datée publiée par le Commandement central de l'armée américaine et obtenue le 18 janvier 2024, montre ce qui est décrit comme des composants de missiles de fabrication iranienne destinés aux Houthis du Yémen saisis sur un navire dans la mer d'Arabie (Photo fournie / US Central Command (CENTCOM) / AFP)
Cette photographie non datée publiée par le Commandement central de l'armée américaine et obtenue le 18 janvier 2024, montre ce qui est décrit comme des composants de missiles de fabrication iranienne destinés aux Houthis du Yémen saisis sur un navire dans la mer d'Arabie (Photo fournie / US Central Command (CENTCOM) / AFP)
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  • L'«Andromeda Star a signalé des dégâts mineurs mais poursuit sa route», a indiqué le Centcom sur X, ne faisant mention d'aucun blessé ni d'autres dégâts
  • L'équipage a ressenti une première explosion à proximité, avant que le bateau ne soit «touché par ce que l'on pense être deux missiles, qui ont endommagé le navire»

DUBAÏ, Emirats Arabes Unis : Les rebelles yéménites Houthis ont revendiqué dans la nuit de vendredi à samedi des attaques ayant endommagé un navire circulant en mer Rouge, au large des côtes du Yémen.

D'après le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), les Houthis ont lancé trois missiles balistiques antinavires à 17H49 locales (14H49 GMT) depuis les zones qu'ils contrôlent au Yémen en direction d'une zone de la mer Rouge où se trouvaient deux navires marchands.

L'«Andromeda Star a signalé des dégâts mineurs mais poursuit sa route», a indiqué le Centcom sur X, ne faisant mention d'aucun blessé ni d'autres dégâts.

Le navire est propriété britannique, bat pavillon panaméen et est exploité par les Seychelles, détaille le Centcom dans un communiqué.

Les rebelles Houthis, qui menacent le trafic maritime en mer Rouge et dans le Golfe d'Aden en «solidarité» avec les Palestiniens de Gaza, ont revendiqué dans la nuit ces attaques.

«Un pétrolier britannique, le Andromeda Star, a été touché par des missiles navals, le bateau a été directement touché», ont indiqué les Houthis dans un communiqué.

L'agence de sécurité maritime britannique (UKMTO) avait auparavant fait état d'un navire endommagé vendredi dans deux attaques à 14 milles nautiques au sud-ouest de la ville yéménite de Mokha.

L'équipage a ressenti une première explosion à proximité, avant que le bateau ne soit «touché par ce que l'on pense être deux missiles, qui ont endommagé le navire», a indiqué l'UKMTO, qui n'a pas non plus fait état de victimes.

La société de sécurité britannique Ambrey a signalé de son côté un incident dans le même secteur où «trois missiles ont été aperçus. Un pétrolier battant pavillon panaméen était le navire le plus proche de ces missiles».

«Le pétrolier était associé au Royaume-Uni, avant de changer de propriétaire en novembre 2023», selon la société.

Actuellement, «l'armateur du navire est immatriculé aux Seychelles et exerce des activités commerciales liées à la Russie. Le pétrolier faisait route de Primorsk, en Russie, vers Vadinar, en Inde», a ajouté Ambrey.

Les Houthis, qui contrôlent de larges pans du Yémen et soutiennent le Hamas dans sa guerre contre l'armée israélienne, mènent depuis novembre des attaques contre des navires qu'ils estiment liés à Israël, affirmant agir en solidarité avec les Palestiniens de Gaza.

Face aux attaques houthies, les Etats-Unis, soutien d'Israël, ont mis en place en décembre une force multinationale de protection maritime en mer Rouge.

Après une accalmie ces dernières semaines, les Houthis ont multiplié les attaques depuis mercredi, disant poursuivre «leurs actions militaires contre toutes les cibles hostiles en mer Rouge, en mer d'Oman et dans l'océan Indien».

Les Etats-Unis ont d'ailleurs annoncé vendredi avoir abattu deux drones des Houthis après un tir de missile balistique dans le golfe d'Aden.

Et les Houthis ont affirmé avoir abattu un drone américain MQ-9 qui menait des «missions hostiles» au-dessus de la région de Saada, fief de ces rebelles dans le nord du Yémen.


Le Pavillon saoudien à l’Expo 2025 d’Osaka présentera le parcours de transformation du Royaume et sa vision pour l’avenir

Le Pavillon saoudien présentera le passé de l’Arabie saoudite, son parcours de transformation et sa vision d’un avenir durable et prospère. (SPA)
Le Pavillon saoudien présentera le passé de l’Arabie saoudite, son parcours de transformation et sa vision d’un avenir durable et prospère. (SPA)
Le Pavillon saoudien présentera le passé de l’Arabie saoudite, son parcours de transformation et sa vision d’un avenir durable et prospère. (SPA)
Le Pavillon saoudien présentera le passé de l’Arabie saoudite, son parcours de transformation et sa vision d’un avenir durable et prospère. (SPA)
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  • Des chefs saoudiens présenteront un mélange de saveurs inspirées des différentes régions du Royaume
  • Plus de deux cents souvenirs seront exposés dans la boutique, chacun témoignant de l’authenticité de l’artisanat saoudien

OSAKA: Le Pavillon saoudien participant à l’Expo 2025 d’Osaka au Japon a annoncé un programme culturel et artistique sans précédent, avec plus de 700 événements qui ont pour objectif de présenter aux visiteurs le riche patrimoine de l’Arabie saoudite, ses mégaprojets et ses diverses opportunités économiques.

Le Pavillon présentera le passé de l’Arabie saoudite, son parcours de transformation et sa vision d’un avenir durable et prospère. Il proposera un large éventail d’événements, avec des performances artistiques traditionnelles, des concerts de musique classique et des défilés de mode.

Des chefs saoudiens proposeront un mélange de saveurs inspirées des différentes régions du Royaume; des musiciens et des artistes saoudiens se produiront chaque jour afin de mettre en lumière le riche patrimoine culturel du Royaume.

Dans un espace réservé aux personnalités, diverses tables rondes seront organisées et une série de présentations permettra d’informer les entreprises et les investisseurs de toutes les opportunités économiques dans le Royaume.

Plus de deux cents souvenirs seront exposés dans la boutique; chacun d’eux témoignera de l’authenticité de l’artisanat saoudien.

Les visiteurs venus du monde entier en apprendront davantage sur la ville d’AlUla, située dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, qui abrite des paysages désertiques saisissants, des formations rocheuses spectaculaires et des sites antiques qui comptent parmi les plus importants du Moyen-Orient.

Les grands projets saoudiens seront aussi présentés, notamment Neom, la cité du futur; The Line, une ville longue de 170 kilomètres annoncée comme l’avenir de la vie urbaine; Oxagon, qui redéfinit le modèle industriel traditionnel; et Trojena, la station de ski de Neom.

Le pavillon montrera également des aspects de Green Riyadh, un projet révolutionnaire qui a pour objectif de transformer la capitale de l’Arabie saoudite en une oasis verte avec la plantation de 7,5 millions d’arbres d’ici à 2030. Ce projet vise à faire de Riyad l’une des cent villes les plus agréables à vivre au monde.

Il présentera en outre l’initiative de restauration corallienne, lancée par l’université des sciences et technologies du roi Abdallah (Kaust). Ce projet a pour but de conserver, d’améliorer et de restaurer 100 hectares de récifs coralliens dans la mer Rouge ainsi que de concevoir la plus grande pépinière de coraux au monde sur la plage de Djeddah, avec une production prévue de 400 000 coraux par an.

«Nous sommes impatients de permettre aux visiteurs du Pavillon saoudien de découvrir le Royaume, ses traditions, son parcours de transformation et sa vision d’un avenir durable», a confié le commissaire général du pavillon saoudien, Othman Almazyad.

Les relations entre l’Arabie saoudite et le Japon se renforcent continuellement grâce à la Vision 2030 saoudo-japonaise. La présence du Pavillon saoudien à l’Expo 2025 d’Osaka permettra aux entreprises et aux investisseurs du Japon et du monde entier de s’informer sur les diverses opportunités offertes par le Royaume dans le but d’établir de nouveaux partenariats et de développer les accords existants.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Nouvelle aide de 68 millions d'euros de l'UE pour Gaza

Des gens achètent des sacs de pain à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 26 avril 2024, dans le contexte du conflit en cours entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. (Photo, AFP)
Des gens achètent des sacs de pain à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 26 avril 2024, dans le contexte du conflit en cours entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. (Photo, AFP)
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  • Le territoire a été dévasté par plus de six mois de bombardements israéliens
  • L'UE a déclaré que la nouvelle aide se concentrerait sur les livraisons de nourriture, l'eau potable, l'assainissement et les abris, et qu'elle serait acheminée par l'intermédiaire de partenaires locaux sur le terrain

BRUXELLES: L'Union européenne a annoncé vendredi une nouvelle aide humanitaire de 68 millions d'euros (73 millions de dollars) aux Palestiniens de Gaza.

Le territoire a été dévasté par plus de six mois de bombardements israéliens et d'opérations terrestres après l'attaque meurtrière du Hamas sur Israël le 7 octobre, laissant la population civile de deux millions de personnes dépendante de l'aide humanitaire pour survivre.

"Compte tenu de la détérioration continue de la grave crise humanitaire à Gaza et de l'augmentation constante des besoins sur le terrain, la Commission (européenne) augmente son financement pour soutenir les Palestiniens", souligne un communiqué de l'UE.

"Ce soutien porte le total de l'aide humanitaire de l'UE à 193 millions d'euros pour les Palestiniens dans le besoin à l'intérieur de Gaza et dans toute la région en 2024", selon la même source.

L'UE a déclaré que la nouvelle aide se concentrerait sur les livraisons de nourriture, l'eau potable, l'assainissement et les abris, et qu'elle serait acheminée par l'intermédiaire de partenaires locaux sur le terrain.

Les Nations unies ont déclaré que l'opération israélienne avait transformé Gaza en un "enfer humanitaire", faisant craindre une famine imminente.

L'Union européenne et les Etats-Unis ont demandé à Israël de laisser entrer davantage d'aide dans la bande de Gaza.

L'armée américaine a déclaré jeudi qu'elle avait entamé la construction d'une jetée destinée à accroître les livraisons dans le territoire.

La guerre à Gaza a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent menée contre Israël par des commandos du Hamas, qui a entraîné la mort de 1.170 personnes, essentiellement des civils, selon un bilan de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.

En représailles, Israël a promis de détruire le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007 et qu'il considère comme une organisation terroriste, de même que les Etats-Unis et l'Union européenne. Son armée a déclenché une offensive qui a fait jusqu'à présent 34.356 morts, majoritairement des civils, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste.