Bombardements israéliens à Rafah, des chars déployés dans le centre

Des pourparlers de combat de la 401e brigade israélienne entrent du côté palestinien du poste frontière de Rafah entre Gaza et l’Égypte, dans le sud de la bande de Gaza, le 7 mai 2024 (Photo, AFP).
Des pourparlers de combat de la 401e brigade israélienne entrent du côté palestinien du poste frontière de Rafah entre Gaza et l’Égypte, dans le sud de la bande de Gaza, le 7 mai 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 28 mai 2024

Bombardements israéliens à Rafah, des chars déployés dans le centre

  • Des familles palestiniennes paniquées fuyaient mardi le quartier de Tal Al-Sultan, à nouveau bombardé après une frappe, dimanche soir
  • A Rafah, les bombardements aériens et les tirs d'artillerie ont semé la panique mardi

RAFAH: Des chars israéliens sont entrés mardi dans le centre de la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, visée par des bombardements incessants trois semaines après les premières opérations terrestres qui ont déclenché un nouvel exode massif.

Des correspondants de l'AFP à Rafah et des témoins ont fait état de frappes aériennes et de tirs d'artillerie nourris dans l'ouest de cette ville frontalière avec l'Egypte.

Un témoin a affirmé à l'AFP avoir vu des chars israéliens déployés "au rond-point d'Al-Aouda", dans le centre de Rafah. Une source de sécurité a confirmé avoir vu des chars israéliens dans le centre de la ville.

Des familles palestiniennes paniquées fuyaient mardi le quartier de Tal Al-Sultan, à nouveau bombardé après une frappe, dimanche soir, qui a fait 45 morts et 249 blessés, selon le ministère de la Santé à Gaza, et mis le feu à des tentes dans un camp de déplacés.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir mardi en urgence, à la demande de l'Algérie, après cette frappe qui a suscité l'indignation internationale.

A l'heure où les condamnations se multiplient dans le monde face aux opérations militaires israéliennes, l'Espagne, la Norvège et l'Irlande ont reconnu officiellement mardi l'Etat de Palestine, provoquant la fureur d'Israël qui y voit une récompense au Hamas en pleine guerre contre le mouvement islamiste palestinien, au pouvoir depuis 2007 dans la bande de Gaza.

Le chef de la diplomatie israélienne, Israël Katz, a accusé l'Espagne d'être "complice des appels au génocide du peuple juif".

Cette reconnaissance est "une nécessité" pour "parvenir à la paix" entre Israéliens et Palestiniens, en plus d'être "une question de justice historique" pour le peuple palestinien, a affirmé de son côté le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez.

La Norvège a salué une "journée marquante".

L'Etat de Palestine est désormais reconnu par 145 des 193 Etats membres de l'ONU, selon un décompte de l'Autorité palestinienne. La plupart des pays occidentaux sont absents de cette liste et la question divise notamment au sein de l'Union européenne.

«Fuir encore»

A Rafah, les bombardements aériens et les tirs d'artillerie ont semé la panique mardi.

"Nous n'avons pas dormi parce qu'il y avait des bombardements de partout, y compris des tirs d'artillerie et des bombardements aériens", a témoigné à l'AFP Faten Jouda, une femme de 30 ans installée à Tal Al-Sultan, dans le nord-ouest de la ville.

"C'était effrayant. Tout le monde fuyait encore. Nous aussi, nous allons partir, nous craignons pour nos vies", a-t-elle ajouté.

"Les bombardements aériens, à l'artillerie et les tirs sont incessants, et plusieurs véhicules avancent vers l'ouest depuis la ville de Rafah. Nous sommes paniqués", a raconté Ihab Zaarab, un homme de 40 ans qui espérait trouver refuge dans la zone humanitaire d'Al-Mawasi, déjà surpeuplée.

Environ un million de personnes, selon l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), ont fui Rafah en trois semaines, pour la plupart des déplacés qui étaient venus chercher refuge dans cette ville.

Cette fuite se déroule "sans aucun endroit sûr où aller, sous les bombardements, sans eau ni nourriture, parmi des montagnes d'ordures", a ajouté l'agence sur le réseau social X, soulignant que "jour après jour, il devient presque impossible d'apporter assistance et protection" à la population.

Les soldats israéliens mènent depuis début mai une opération terrestre à Rafah, affirmant vouloir y éliminer les derniers bataillons du Hamas, qui a entraîné la fermeture du passage frontalier avec l'Egypte, vital pour l'acheminement de l'aide humanitaire.

Un correspondant de l'AFP a signalé aussi des bombardements et des tirs dans la ville de Gaza, dans le nord du territoire. Le ministère de la Santé du Hamas a dénombré au moins 46 morts en 24 heures à travers la bande de Gaza.

«Enfer sur terre»

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a regretté "un accident tragique" après la frappe de dimanche. Les Etats-Unis se sont dits "bouleversés" et ont appelé leur allié israélien à "prendre toutes les précautions pour protéger les civils".

"Je condamne les actions d'Israël qui ont tué de nombreux civils innocents qui cherchaient seulement à se protéger de ce conflit meurtrier. Il n'y a pas d'endroit sûr à Gaza. Ces horreurs doivent cesser", a déclaré le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

L'ONU a demandé une enquête "complète et transparente" sur ce bombardement.

La Défense civile palestinienne a fait état de nombreux corps "carbonisés et démembrés" dans l'incendie qui a ravagé le camp de déplacés de Barkasat, géré par l'Unrwa.

Des images du Croissant-Rouge palestinien, selon lequel le lieu visé par la frappe avait été désigné par Israël "comme une zone humanitaire", ont montré des scènes de chaos, des ambulances toutes sirènes hurlantes et des secouristes en pleine nuit sur un site en feu, évacuant les blessés parmi lesquels des enfants.

Ces images "témoignent de la transformation de Rafah en enfer sur terre", a déclaré Philippe Lazzarini, chef de l'Unrwa.

La guerre a été déclenchée par une attaque menée le 7 octobre sur le sol israélien par des commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza, entraînant la mort de plus de 1.170 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.

Sur les 252 personnes emmenées comme otages, 121 sont toujours détenues à Gaza, dont 37 sont mortes selon l'armée israélienne.

En représailles, Israël a promis d'anéantir le Hamas et lancé une offensive qui a fait au moins 36.096 morts, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza dirigé par le Hamas.

Le Qatar, au centre avec les Etats-Unis et l'Egypte des tentatives d'imposer un cessez-le-feu, a prévenu que les frappes israéliennes à Rafah pourraient "compliquer les efforts de médiation".


Le chef de la diplomatie iranienne accuse depuis Saint-Pétersbourg les Etats-Unis de l'échec des discussions au Pakistan 

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
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  • "Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives"
  • Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères a accusé lundi les Etats-Unis d'être responsables de l'échec des pourparlers de paix au Pakistan, après son arrivée en Russie où il doit rencontrer le président Vladimir Poutine.

"Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives", a-t-il déclaré, cité par les médias d'Etat iraniens. Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique.

 

 


Liban: le Hezbollah refuse «catégoriquement» les négociations directes avec Israël

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
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  • "Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité"
  • Le président libanais dit au Hezbollah que "la trahison" est d'entraîner le pays dans la guerre

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a réaffirmé lundi son refus des négociations directes entre Beyrouth et Israël, estimant qu'elles risquaient d'entraîner le Liban dans un "cycle d'instabilité".

"Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité", a déclaré le chef du groupe pro-iranien dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, qui lui est affiliée.

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine.

 


Israël: deux anciens chefs de gouvernement s'unissent pour battre Netanyahu

L'ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, qui avait été brièvement chef du gouvernement en 2022, se présenteront aux prochaines élections sur une liste commune, ont annoncé les deux hommes dimanche.
L'ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, qui avait été brièvement chef du gouvernement en 2022, se présenteront aux prochaines élections sur une liste commune, ont annoncé les deux hommes dimanche.
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  • Naftali Bennett (droite) et Yaïr Lapid (centre) avaient formé ensemble un gouvernement en juin 2021 auquel a succédé fin 2022 le gouvernement actuel dirigé par Benjamin Netanyahu
  • Selon les sondages, M. Bennett apparaît comme le candidat le mieux placé pour battre M. Netanyahu aux législatives prévues en octobre

HERZLIYA: L'ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, qui avait été brièvement chef du gouvernement en 2022, se présenteront aux prochaines élections sur une liste commune, ont annoncé les deux hommes dimanche.

"Je suis heureux d'annoncer que ce soir, avec mon ami Yaïr Lapid, je réalise l'acte le plus sioniste et patriotique que nous ayons jamais accompli pour notre pays. Ce soir, nous nous unissons et fondons le parti "Beyahad" ("Ensemble", NDLR) sous ma direction, un parti qui mènera à une grande victoire et à l'ouverture d’une nouvelle ère pour notre beau pays", a déclaré M. Bennett lors d'une conférence de presse.

Naftali Bennett (droite) et Yaïr Lapid (centre) avaient formé ensemble un gouvernement en juin 2021 auquel a succédé fin 2022 le gouvernement actuel dirigé par Benjamin Netanyahu.

Selon les sondages, M. Bennett apparaît comme le candidat le mieux placé pour battre M. Netanyahu aux législatives prévues en octobre.

"Cette initiative conduit à l'unification du bloc du "camp du changement" et permet de concentrer tous les efforts pour conduire Israël vers la réparation nécessaire", a affirmé M. Lapid.

"Bennett est un homme de droite, mais de droite honnête, et il y a de la confiance entre nous", a encore dit M. Lapid.

M. Bennett a promis que si il était élu, il nommerait une commission nationale d'enquête sur les défaillances ayant conduit au massacre du 7 octobre 2023, ce que refuse le gouvernement actuel.

Il a aussi appelé l'ancien ministre Gadi Eizenkot (chef du parti centriste Yashar "Droit") à les rejoindre sur cette liste commune.

Fils d'immigrants américains, Naftali Bennett, 54 ans, ancien entrepreneur high-tech, qui a revendu sa start-up en 2005 pour 145 millions de dollars (110 millions d'euros), joue beaucoup sur son image d'ex-officier commando de l'armée israélienne, un profil lui assurant le soutien d'une partie de la jeunesse, surtout après plus de deux ans de guerre.

Ancien conseiller de Benjamin Netanyahu, M. Bennett s'est transformé au fil des années en farouche adversaire de la politique de son ancien mentor.

Il a dirigé plusieurs formations de droite avant de former un gouvernement d'union large en 2021 avec notamment le soutien d'une formation arabe.

Son nouveau colistier, Yaïr Lapid, 62 ans, est le fils du défunt journaliste et ministre Tommy Lapid, un rescapé de la Shoah, et de l'auteure reconnue Shulamit Lapid.

Journaliste vedette de la télévision, il est entré en politique en 2012 en créant le parti Yesh Atid ("Il y a un avenir"), s'imposant comme la seconde formation politique du pays et devenant depuis le chef de l'opposition, en dehors de la parenthèse de pouvoir et d'une brève participation à un gouvernement Netanyahu en 2014.