Liban: le gouverneur de la Banque centrale annonce la fin de l'ancrage de la livre au dollar

Le gouverneur de la Banque centrale libanaise, Riad Salameh, lors d'une conférence de presse à Beyrouth le 11 novembre 2019. (Joseph Eid/AFP)
Le gouverneur de la Banque centrale libanaise, Riad Salameh, lors d'une conférence de presse à Beyrouth le 11 novembre 2019. (Joseph Eid/AFP)
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Liban: le gouverneur de la Banque centrale annonce la fin de l'ancrage de la livre au dollar

  • « L'ère de la fixation de la livre libanaise par rapport au dollar américain est révolue et nous nous dirigeons vers un taux de change flottant déterminé par le marché »
  • Salamé s'est déclaré prêt à fournir toutes les informations nécessaires pour l’audit juricomptable exigé par la communauté internationale

BEYROUTH: Dans un entretien, vendredi soir, sur France24, le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, a annoncé la fin prochaine de l’ancrage de la livre libanaise au dollar, soulignant toutefois que la monnaie locale ne serait appelée à flotter que dans le cadre d’un accord avec le FMI.

« L'ère de la fixation de la livre libanaise par rapport au dollar américain est révolue et nous nous dirigeons vers un taux de change flottant déterminé par le marché » a déclaré Riad Salamé dans le cadre de l’interview, soulignant qu’il n’était pas heureux à son poste mais qu’il n’envisageait pas de démissionner avant d’avoir tenté de mettre en application son plan de sauvetage. "Je suis victime d'une campagne d'attaques personnelles qui a fait de moi un bouc émissaire de la crise", a-t-il souligné.

Bien que le cabinet d’audit Alvarez & Marsal ait jeté l'éponge faute de se voir remettre certains documents de la part de la Banque centrale, Salamé s'est déclaré prêt à fournir toutes les informations nécessaires pour l’audit juricomptable exigé par la communauté internationale, affirmant que "La Banque centrale a soutenu l'économie libanaise, qui était au bord de l'effondrement".

Le Liban a décidé de charger à nouveau Alvarez & Marsal de l'audit juricomptable des comptes de la Banque du Liban, des ministères, des intérêts indépendants, des fonds et des institutions publiques, après que le cabinet d’audit a jeté l’éponge, la Banque du Liban ayant refusé de fournir les documents requis au prétexte du secret bancaire, selon les déclarations de Ghazi Wazni, ministre des Finances du gouvernement démissionnaire.

L'audit juricomptable est une condition exigée par les pays donateurs et le Fonds monétaire international afin de fournir une assistance au Liban qui se débat dans une grave crise économique et financière depuis près d'un an.

Le Parlement libanais a récemment voté la levée pour une période d’un an du secret bancaire des comptes de l'État dans tous ses services en vue de faciliter cet audit.

Le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, s’était déclaré en novembre favorable à un audit, mais que la levée du secret bancaire nécessitait une intervention du législatif.

Certains responsables libanais accusent Salamé d'avoir invoqué le secret bancaire pour justifier la rétention d'informations. Cependant, "la BDL a d'ores et déjà informé le gouvernement que tous les comptes tiers sont à sa disposition", a-t-il affirmé dans le cadre de cet entretien.

A une question sur les rumeurs de fuites de capitaux, Salamé a convenu que certains riches libanais ont pu, sur une certaine période, retirer de grosses sommes d'argent et les envoyer à l'étranger, tandis que les citoyens ne peuvent retirer que des sommes limitées. Il a rappelé en substance qu’aucune économie ne peut résister à des retraits massifs sur une courte période.

Il a ajouté avoir proposé un contrôle des capitaux au début de la crise, mais que sa proposition a été rejetée.

Dans son entretien avec France24, interrogé sur les « sociétés écrans » qui gèrent son patrimoine à l’étranger, il a admis posséder un patrimoine relativement important, fruit d’une carrière de vingt ans dans la finance, mais que les sociétés qui le gèrent sont parfaitement transparentes et connues.

Depuis octobre 2019, après le déclenchement d'une vague de manifestations populaires condamnant les conditions politiques et économiques difficiles dans le pays, les banques libanaises ont imposé des restrictions strictes sur le retrait des dépôts et interdit certains transferts à l'étranger. L’économie libanaise fait face à une série de crises depuis des années, aggravées par l’explosion du port de Beyrouth en août.

 


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com