Pour grandir, Bordeaux doit pousser les murs vers le haut

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Publié le Jeudi 20 juin 2024

Pour grandir, Bordeaux doit pousser les murs vers le haut

  • "Bordeaux est une ville basse, une ville d'échoppes, à la fois pour des raisons historiques, géographiques et géologiques (sols marécageux), avec, avant les années 1950, des émergences constituées par les clochers"
  • Certains riverains des premiers immeubles d'Euratlantique, comme le collectif d'habitants Amédée Sacré-Cœur, dénoncent néanmoins une "bétonisation à outrance"

BORDEAUX: Quand une ville basse prend de la hauteur: à Bordeaux, célèbre pour ses petites maisons en rez-de-chaussée, les nouveaux quartiers poussent à la verticale pour accueillir le flux incessant de nouveaux habitants dans la métropole, à l'image de l'immense projet Euratlantique.

L'AFP a réalisé un reportage photographique dans ces nouveaux quartiers en amont de l'inauguration, début juillet, du pont Simone-Veil, qui sera le huitième à enjamber la Garonne dans l'agglomération girondine. Symboliquement, il unira les trois villes de ce projet d'aménagement urbain, le plus vaste en dehors de la région parisienne: Bordeaux, Bègles et Floirac.

Bassins à flots, Ginko, Bastide-Niel, Brazza: d'autres nouveaux quartiers sont sortis de terre pour accompagner l'objectif d'une métropole à un million d'habitants porté dans les années 2000 par l'ancien maire de Bordeaux Alain Juppé et l'ex-président socialiste de l'intercommunalité Vincent Feltesse.

Mais Euratlantique, opération déclarée d'intérêt national en 2009 pour accompagner l'arrivée de la ligne ferroviaire à grande vitesse Paris-Bordeaux, inaugurée en 2017, est d'une autre ampleur.

Prolongé fin 2023 jusqu'à 2040, le projet vise à accueillir 50.000 habitants et 30.000 emplois sur 738 hectares de friches ferroviaires et industrielles.

La pression démographique est forte dans la métropole, qui regroupe Bordeaux et 27 autres communes: la population gagne 10.000 habitants par an et a franchi la barre des 800.000.

Les tours fleurissent, avec des innovations, comme l'ossature bois symbolisée par Hyperion, plus haut bâtiment de France de ce type, ou le futur Tebio, premier immeuble réversible de France qui pourra être affecté à du logement ou des bureaux. Ce nouveau paysage contraste avec les quartiers de petites maisons basses, ou "échoppes", qui encadrent le coeur historique de la ville, lui-même limité à trois ou quatre étages.

Mixité 

"Bordeaux est une ville basse, une ville d'échoppes, à la fois pour des raisons historiques, géographiques et géologiques (sols marécageux), avec, avant les années 1950, des émergences constituées par les clochers", explique le maire Pierre Hurmic.

"Si on veut davantage d'habitants, densifier davantage, on peut utilement passer par des surélévations d'immeubles, j'y suis très favorable, mais on ne le fera pas n'importe où", ajoute-t-il.

Certains riverains des premiers immeubles d'Euratlantique, comme le collectif d'habitants Amédée Sacré-Cœur, dénoncent néanmoins une "bétonisation à outrance".

Dans les nouveaux quartiers, le mot d'ordre affiché est mixité, avec un quota de logements sociaux de 35%, qui sera même porté à 40% dans les futurs chantiers à Bordeaux pour rattraper le retard de la ville (19% au lieu des 25% requis par la loi Solidarité et renouvellement urbain/SRU), mais aussi des prix de vente encadrés pour les logements libres, inférieurs à la moyenne de la métropole.

Des commerces d'un nouveau genre, tels un hôtel-auberge de jeunesse avec son "rooftop" ou une halle mêlant bars et restaurants branchés, visent une nouvelle population venue s'installer dans les quartiers proches de la gare, rendus attractifs par la LGV et l'essor du télétravail.

Les nouveaux bureaux, eux, portent encore la marque de l'ambition initiale d'Euratlantique, qui était de créer un quartier d'affaires, tels l'imposant siège de la Caisse des dépôts et consignations.

Aujourd'hui, cet objectif est officiellement enterré. La nouvelle feuille de route adoptée l'an dernier parle de végétalisation, de désimperméabilisation ou encore de concertation des habitants, pour bâtir "une ville sur la trajectoire de la neutralité carbone", selon la directrice générale d'Euratlantique, Valérie Lasek.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.