Nouvel épisode de crispation entre la Maison Blanche et Netanyahu

Une photo prise par un drone montre des personnes participant à une manifestation contre le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 17 juin 2024. (Reuters)
Une photo prise par un drone montre des personnes participant à une manifestation contre le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 17 juin 2024. (Reuters)
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Publié le Vendredi 21 juin 2024

Nouvel épisode de crispation entre la Maison Blanche et Netanyahu

  • Netanyahu a dit être «prêt à subir des attaques personnelles à condition qu'Israël reçoive des Etats-Unis les armes dont il a besoin dans la guerre pour son existence»
  • Le Secrétaire d'Etat américain a aussi souligné «l'importance d'éviter une nouvelle escalade au Liban» par le biais d'une «solution diplomatique permettant aux familles israéliennes et libanaises»

WASHINGTON: La relation souvent compliquée entre la Maison Blanche et Benjamin Netanyahu connaît un nouvel épisode de crispation, après que le Premier ministre israélien a critiqué le rythme des livraisons d'aide militaire américaine.

Les commentaires en question sont "profondément décevants et certainement offensants pour nous, étant donné l'ampleur du soutien que nous avons fourni et que nous continuerons à fournir", a dit John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale.

En cause, une vidéo en anglais publiée mardi par Benjamin Netanyahu sur le réseau social X (ex-Twitter), dans laquelle il accuse les Etats-Unis, premier soutien militaire d'Israël, de "retenir" des livraisons d'armement.

Le Premier ministre israélien a réagi aux propos venus de Washington jeudi, en déclarant: "Je suis prêt à subir des attaques personnelles à condition qu'Israël reçoive des Etats-Unis les armes dont il a besoin dans la guerre pour son existence".

Benjamin Netanyahu est attendu à Washington le 24 juillet, en pleine campagne pour les élections présidentielle et législatives, pour prononcer un discours devant le Congrès.

"Aucun autre pays ne fait plus pour aider Israël à se défendre contre la menace du Hamas et contre les autres menaces régionales", a encore dit John Kirby.

"Nous ne savons vraiment pas de quoi il parle", avait déjà lâché mardi la porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre.

Plus mesuré, le porte-parole du département d'Etat Matthew Miller a lui déclaré jeudi: "Notre engagement pour la sécurité d'Israël est sacro-saint. Nous l'avons prouvé pas seulement en paroles mais en actes, et je ne crois pas qu'il soit productif de se lancer dans un va-et-vient public à ce sujet".

Bombes 

Washington a indiqué qu'une seule livraison de bombes de 2 000 livres (907 kg) à Israël était en cours d'examen en raison de préoccupations concernant leur utilisation dans des zones densément peuplées dans la bande de Gaza.

John Kirby a indiqué par ailleurs que le conseiller à la sécurité nationale américain Jake Sullivan rencontrerait jeudi à Washington son homologue israélien Tzachi Hanegbi ainsi que Ron Dermer, ministre israélien des Affaires stratégiques.

Les deux émissaires israéliens se sont aussi entretenu dans la journée avec Antony Blinken.

Le chef de la diplomatie américaine "a réitéré l'engagement sans faille des Etats-Unis pour la sécurité d'Israël", a affirmé Matthew Miller dans un communiqué après la rencontre.

Le Secrétaire d'Etat américain a aussi souligné "l'importance d'éviter une nouvelle escalade au Liban" par le biais d'une "solution diplomatique permettant aux familles israéliennes et libanaises", déplacées par les échanges de tirs à la frontière, "de rentrer chez elles", a ajouté M. Miller.

La réaction sèche de la Maison Blanche jeudi n'est pas le premier épisode de tensions avec le chef du gouvernement israélien depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza le 7 octobre dernier, déclenchée par une attaque inédite du mouvement palestinien Hamas.

Le président américain Joe Biden ne fait pas mystère de sa relation heurtée avec le chef du gouvernement israélien.

Il a en particulier dit publiquement son opposition à une offensive terrestre de grande ampleur à Rafah où plus d'un million de civils sont piégés, et a menacé de cesser certaines livraisons d'armes à Israël si son avertissement n'était pas entendu.

La guerre dans la bande de Gaza est un sujet politiquement épineux pour le démocrate de 81 ans, qui briguera en novembre un second mandat face à son rival républicain Donald Trump.

La catastrophe humanitaire en cours dans le territoire palestinien assiégé et le bilan humain qui ne cessent de s'alourdir valent au président américain de vives critiques dans le camp progressiste, et de la part des électeurs d'origine arabe.

Les Etats-Unis restent toutefois, dans les faits, le premier soutien diplomatique et militaire d'Israël, confronté à de plus en plus de pressions internationales après un peu plus de huit mois de conflit.


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

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  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.


Israël affirme avoir frappé le «bunker» du guide suprême

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
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  • Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée
  • L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran.

"Le bunker militaire souterrain, situé sous le complexe abritant la direction du régime au centre de Téhéran, était destiné à être utilisé par le guide suprême comme centre de commandement d'urgence sécurisé", a déclaré l'armée dans un communiqué.

Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée.

L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran, comprenait de nombreuses entrées et salles de réunion pour de hauts responsables du régime terroriste iranien".

Le guide suprême a été tué dans son complexe par une frappe attribuée par le Pentagone à l'aviation israélienne. Le président américain Donald Trump a souligné que l'opération avait été menée en partie sur la base d'informations fournies par les services de renseignement américains.

Jeudi, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré qu'en "40 secondes, environ 40 hauts responsables du régime de terreur iranien ont été éliminés" y compris le guide suprême, lors de cette frappe.


Violentes frappes israéliennes sur le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah

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  • D'après l'Agence nationale d'information, ces frappes, conduites par des avions de guerre israéliens, ont visé les localités de Srifa, Aita Alshaab, Touline, Alsawana, et Majdal Selm
  • Une autre frappe a ciblé tôt vendredi le village de Dours, en périphérie de Baalbek (est), selon la même source

BEYROUTH: De violentes frappes ont visé jeudi soir la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), plusieurs heures après un appel inédit d'Israël à évacuer ce bastion du Hezbollah pro-iranien.

Presque simultanément, l'armée israélienne a annoncé vers 20h55 GMT avoir commencé à frapper "des infrastructures du Hezbollah dans le secteur de la banlieue [sud] de Beyrouth".

Des images de l'AFPTV ont montré plusieurs panaches de fumée se dégager de ce secteur et former un brouillard au-dessus de la banlieue.