Liban: Un émissaire russe appelle toutes les parties à la retenue, Israël lance de nouvelles frappes

Le diplomate russe Vladimir Safronkov s'est entretenu vendredi avec des responsables libanais à Beyrouth, où il a souligné "la nécessité pour toutes les parties de faire preuve de retenue en vue de relancer le processus de paix".  (AFP)
Le diplomate russe Vladimir Safronkov s'est entretenu vendredi avec des responsables libanais à Beyrouth, où il a souligné "la nécessité pour toutes les parties de faire preuve de retenue en vue de relancer le processus de paix". (AFP)
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Publié le Samedi 20 juillet 2024

Liban: Un émissaire russe appelle toutes les parties à la retenue, Israël lance de nouvelles frappes

  • Le Hezbollah cible 3 colonies israéliennes "pour la première fois" avec des dizaines de drones en réponse à des "attaques contre des civils", et promet que d'autres suivront
  • Le Premier ministre Najib Mikati s'inquiète de la détérioration de la situation malgré les "assurances extérieures" qu'elle est sous contrôle, selon une source gouvernementale.

BEYROUTH : Le diplomate russe Vladimir Safronkov s'est entretenu vendredi avec des responsables libanais à Beyrouth, où il a souligné "la nécessité pour toutes les parties de faire preuve de retenue en vue de relancer le processus de paix".

Après une rencontre avec le Premier ministre par intérim Najib Mikati, Safronkov, envoyé spécial du ministre russe des Affaires étrangères au Liban, a souligné l'importance de renforcer les relations entre les deux pays.

Il a également rencontré le président du Parlement libanais, Nabih Berri, dont le bureau a déclaré : "Les discussions ont porté sur l'évolution de la situation au Liban et dans la région à la vue de l'agression continue d'Israël contre le Liban et la bande de Gaza.

La visite de Safronkov s'inscrit dans le cadre d'une tournée régionale. Selon une source gouvernementale au Liban, cette visite a été précédée d'une étape en Arabie Saoudite et suivie d'un voyage en Israël.

Le Premier ministre Mikati s'inquiète de la "détérioration de la situation sur le front sud, comme d'autres responsables libanais, malgré les assurances extérieures selon lesquelles la situation est sous contrôle", a ajouté la source.

La visite de Safronkov intervient dans un contexte d'escalade du conflit entre le Hezbollah et l'armée israélienne le long de leur frontière commune, le Hezbollah déployant de nouveaux types de missiles lourds sur le champ de bataille.

La source gouvernementale a déclaré que l'attaque israélienne contre le village de Jmaijmeh, dans le district de Bint Jbeil, au sud du Liban, dans la nuit de jeudi à vendredi, ne signifiait rien de bon pour les perspectives de paix. Une frappe aérienne a détruit un bâtiment de trois étages, tuant quatre personnes et blessant 14. Parmi les morts figure Ali Ahmed Maatouk, originaire du village de Sir El-Gharbiyeh, qui serait un dirigeant de la force Radwan du Hezbollah.

Le Hezbollah a répondu jeudi soir et vendredi matin par une attaque aérienne menée par "un escadron de drones d'assaut contre la base de Filon (le quartier général de la brigade 210) et ses entrepôts dans la région nord au sud-est de la ville occupée de Safad, ciblant les positions et les logements de ses officiers et de ses soldats".

Le groupe a déclaré avoir mené une autre attaque aérienne "avec un escadron de drones d'assaut sur le nouveau quartier général de la brigade occidentale ... au sud de la colonie de Ya'ara, et ciblé les positions et les logements de ses officiers et de ses soldats”.

Les médias israéliens ont rapporté que des douzaines de roquettes ont été lancées depuis le Liban vers la Galilée occidentale alors que Safronkov était en pourparlers à Beyrouth.

Le Hezbollah a déclaré avoir ciblé les colonies de Neve Ziv, Abirim et Manot avec des dizaines de roquettes Katioucha "pour la première fois" depuis le début des hostilités il y a neuf mois. Le Hezbollah a déclaré que ces attaques étaient une réponse aux "attaques perpétrées contre des civils jeudi dans des villes du sud du Liban" et a promis que "toute attaque contre des civils sera réprimée par une riposte contre les nouvelles colonies israéliennes".

Face à ces menaces, les forces israéliennes ont mené des attaques sur plusieurs sites le long de la frontière. Des avions de guerre ont pris pour cible le village de Houla et, peu après l'arrivée des secours sur les lieux, une deuxième attaque a eu lieu à proximité, blessant certains membres des équipes de secours et en manquant d'autres de peu.

Le Hezbollah a notamment attaqué vendredi le "site de Ruwaisat Al-Alam dans les collines libanaises occupées de Kfarchouba avec une roquette lourde Wabel, fabriquée par les combattants de la Résistance islamique, qui a touché directement le site, le détruisant partiellement et provoquant des incendies". Le groupe a également utilisé un missile Burkan et des missiles antichars lors de ses assauts.

Le journal israélien Yedioth Ahronoth a rapporté vendredi qu'environ 70 roquettes avaient été lancées par le Hezbollah sur Israël depuis ce matin-là.

Le Hezbollah aurait tiré des dizaines de roquettes Falaq et Katioucha sur des bunkers d'artillerie israéliens à Khirbet Ma'ar et sur des soldats se trouvant à proximité. Le groupe a également visé le site militaire de Metula avec des obus d'artillerie, et les soldats israéliens à proximité de la caserne de Ramim ont été attaqués avec un missile Burkan, a déclaré le Hezbollah.

Les Brigades de la Résistance libanaise ont déclaré avoir participé à des opérations militaires contre des positions israéliennes et avoir pris pour cible "le site d'Al-Raheb avec des missiles guidés et des obus d'artillerie, le frappant directement".

Vendredi, le Hezbollah a déploré la mort d'un de ses membres, Mohammed Hassan Mostapha, 37 ans, originaire du village d'Aitaroun, dans le sud du Liban.

L'armée israélienne a déclaré jeudi soir qu'un officier de 25 ans servant à la base de Ma'aleh était décédé à la suite de blessures causées par l'explosion d'un drone dans le Golan.


Une frappe vise la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement israélien

Des personnes déplacées sont assises devant leurs tentes dans un campement informel installé le long du front de mer de Beyrouth, le 6 avril 2026. (AFP)
Des personnes déplacées sont assises devant leurs tentes dans un campement informel installé le long du front de mer de Beyrouth, le 6 avril 2026. (AFP)
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  • Plusieurs immeubles visés par de récentes frappes sont totalement détruits
  • Des employés municipaux balayent les débris de verre sur les trottoirs et d'autres fragments jonchent certaines rues

BEYROUTH: Israël a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth, au lendemain de raids meurtriers sur la capitale et ses environs, alors que le bilan humain de la guerre avec le Hezbollah approche des 1.500 morts.

Un épais panache de fumée s'est élevé de la banlieue sud, sous contrôle du Hezbollah et vidée de la quasi-totalité de ses habitants depuis le 2 mars.

L'armée israélienne a affirmé avoir visé "des cibles terroristes du Hezbollah à Beyrouth".

Dans la banlieue sud, seuls quelques commerces restent ouverts, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Plusieurs immeubles visés par de récentes frappes sont totalement détruits. Des employés municipaux balayent les débris de verre sur les trottoirs et d'autres fragments jonchent certaines rues.

Une station-service de la compagnie al-Amana, accusée par Israël d'être contrôlée par le Hezbollah, est calcinée.

Des portraits de l'ayatollah Ali Khamenei, tué au début de la guerre dans une frappe américano-israélienne en Iran et présenté comme le "martyr de la nation", ornent les principales artères.

Le long de la route menant à la banlieue sud, des habitants ont installé des tentes où ils dorment, allant inspecter leurs maisons entre deux avertissements israéliens.

Dimanche, Israël avait intensifié ses bombardements sur la banlieue sud et la capitale elle-même. Une frappe en face du principal hôpital public du Liban avait fait cinq morts, selon le ministère de la Santé.

"Force al-Qods" 

Une autre frappe sur un appartement dans une zone à l'est de la capitale, jusque-là épargnée par les violences, a tué trois personnes, dont un responsable local des Forces libanaises (FL), un parti chrétien opposé au Hezbollah, et sa femme.

Le chef des FL Samir Geagea a affirmé que "les Israéliens visaient un membre de la force al-Qods", chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens, qui semble avoir échappé à la frappe.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam avait déclaré que les Gardiens de la Révolution dirigeaient les opérations du Hezbollah dans sa guerre contre Israël.

L'armée israélienne a affirmé lundi qu'elle avait frappé une "cible terroriste" à l'est de Beyrouth et ajouté qu'elle examinait l'incident "après des informations sur des victimes parmi des civils libanais non impliqués dans les combats".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles à la mort d'Ali Khamenei.

Depuis, Israël mène des frappes massives sur le pays ayant fait 1.497 morts et plus de 4.600 blessées, selon les autorités, et déplacé plus d'un million de personnes.

"Maisons inhabitables" 

Des frappes israéliennes ont également visé le sud et l'est du Liban. Dans le sud, quatre personnes ont été tuées dans un raid sur une voiture à Kfar Roummane, près de Nabatiyeh, a indiqué le ministère de la Santé.

Dans la localité de Bourj Rahal, près de Tyr, un correspondant de l'AFP a vu des immeubles détruits et des débris jonchant les rues.

"Le premier bilan est de 15 maisons endommagées, qui ne sont plus habitables", a dit à l'AFP le maire de la ville Daoud Ezzedine.

"Les habitants veulent revenir chez eux, mais ils ne pourront pas malheureusement", a-t-il ajouté.

Le ministère de la Santé a aussi annoncé que deux secouristes du Comité islamique de la santé, affilié au Hezbollah, avaient été tués par une frappe israélienne dimanche, portant à 57 le nombre de secouristes tués depuis le début de la guerre.

Le chef de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé sur X que l'OMS avait enregistré "92 attaques contre des établissements de santé, des véhicules médicaux, du personnel soignant et des entrepôts" depuis le début de la guerre.

Par ailleurs, le principal poste-frontière reliant le Liban à la Syrie, point de passage vital entre les deux pays, était toujours fermé lundi, après des menaces israéliennes de le viser samedi soir.

Ce passage "restera fermé, jusqu'à ce qu'on reçoive des garanties qu'il ne sera pas visé", a dit à l'AFP un responsable du ministère libanais des Transports, Ahmad Tamer.

 


Frappes israéliennes sur le plus grand complexe pétrochimique iranien

Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer. (AFP)
Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer. (AFP)
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  • Le complexe gazier d'Assalouyeh, dans le sud de l'Iran, se situe en bordure de l'immense champ gazier de South Pars, partagé par l'Iran avec le Qatar
  • Les frappes lundi sur Assalouyeh font suite à des bombardements israélo-américains samedi sur un site pétrochimique dans le sud-ouest de l'Iran, dans la province de Khouzestan

JERUSALEM: Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer.

L'agence iranienne Fars a par ailleurs affirmé qu'un autre complexe pétrochimique, cette fois près de Chiraz (centre-sud) avait été visé par des frappes, évoquant des "dégâts mineurs".

Israël n'a pas évoqué cette opération à ce stade. Mais le ministre de la Défense Israël Katz a déclaré que l'armée avait lundi "frappé avec force le plus grand complexe pétrochimique en Iran, situé à Assalouyeh, une cible clé qui assure environ la moitié de la production pétrochimique du pays".

Juste avant, Téhéran avait rapporté une série d'explosions sur le site, déjà frappé le 18 mars par Israël.

Le complexe gazier d'Assalouyeh, dans le sud de l'Iran, se situe en bordure de l'immense champ gazier de South Pars, partagé par l'Iran avec le Qatar.

Les frappes lundi sur Assalouyeh font suite à des bombardements israélo-américains samedi sur un site pétrochimique dans le sud-ouest de l'Iran, dans la province de Khouzestan.

"Les deux sites, représentant 85% des exportations pétrochimiques iraniennes, sont désormais hors service", a déclaré Israël Katz. "Cela représente un coup sévère se montant à des dizaines de milliards de dollars pour le régime iranien", a-t-il ajouté.

Quelques heures plus tard, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est également félicité des frappes.

"Aujourd'hui nous avons détruit la plus grande usine pétrochimique en Iran. Ce qui veut dire que nous éliminons systématiquement la machine à financer des Gardiens de la Révolution", l'armée idéologique de la République islamique, a-t-il déclaré dans une vidéo.

"Sous contrôle" 

Les médias officiels iraniens ont affirmé que la situation à Assalouyeh était "sous contrôle".

"L'incendie a été maîtrisé. La situation est actuellement sous contrôle et les aspects techniques ainsi que l'étendue des dégâts font l'objet d'une enquête", a indiqué l'agence Irna, citant un communiqué de la compagnie pétrochimique iranienne, ajoutant qu'aucun blessé n'était à déplorer.

Le champ offshore de South Pars, essentiel pour le secteur énergétique iranien, sert pour l'exploitation commune avec le Qatar du plus grand gisement de gaz naturel au monde.

Ehsan Jahanian, gouverneur adjoint de la province iranienne de Bouchehr (sud-ouest), a indiqué que "deux infrastructures dans le secteur de Pars avaient été touchées par un raid aérien ennemi".

L'agence Tasnim a elle indiqué que "les entreprises Mobin et Damavand, qui fournissent de l'électricité, de l'eau et de l'oxygène" à Assalouyeh "ont été visées".

Il n'y a pas eu de dégâts du côté de l'entreprise pétrochimiques de Pars, selon cette source.

En mars, le président Donald Trump avait demandé à Israël de ne plus attaquer les infrastructures énergétiques iraniennes après les premières frappes contre le champ de South Pars.

Mais le président américain avait aussi menacé de détruire "massivement l'intégralité du gisement" si Téhéran continuait ses attaques dans la région.

 


Iran: le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution tué dans une frappe 

Le commandant général Majid Khademi. (AFP)
Le commandant général Majid Khademi. (AFP)
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  • "Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste à l'aube"
  • Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran

TEHERAN: Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran.

"Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste (...) à l'aube aujourd'hui", ont déclaré les Gardiens dans une publication sur leur chaîne Telegram.