Le Premier ministre israélien à Washington pour un numéro d'équilibriste

Lors de sa visite, d'une durée encore incertaine, le Premier ministre israélien pourrait également rencontrer le président Joe Biden. (AFP)
Lors de sa visite, d'une durée encore incertaine, le Premier ministre israélien pourrait également rencontrer le président Joe Biden. (AFP)
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Publié le Dimanche 21 juillet 2024

Le Premier ministre israélien à Washington pour un numéro d'équilibriste

  • Avec le Qatar et l'Egypte, Washington tente également de relancer ces derniers jours les négociations pour un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas
  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se rend en début de semaine à Washington, où il doit prononcer mercredi un discours devant le Congrès

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se rend en début de semaine à Washington, où il doit prononcer mercredi un discours devant le Congrès et tenter de resserrer les liens entre Israël et les Etats-Unis, mis à mal par les hostilités à Gaza.

La visite intervient après plus de neuf mois d'une guerre entre Israël et les Palestiniens de Gaza qui ont crispé les relations entre l'Etat hébreu et les Etats-Unis, son premier allié et soutien indéfectible.

Washington s'est agacé ces derniers mois des conséquences de la riposte d'Israël à l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre sur son sol, insistant régulièrement sur la protection des civils à Gaza et l'entrée de l'aide humanitaire.

Avec le Qatar et l'Egypte, Washington tente également de relancer ces derniers jours les négociations pour un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas.

"Il est essentiel de s'assurer qu'on a un plan en place, ce sur quoi on travaille chaque jour, avec les partenaires arabes, avec Israël, (...) pour la gouvernance, la sécurité, l'aide humanitaire, la reconstruction" de Gaza, a expliqué vendredi le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.

"Et j'imagine que les discussions avec le Premier ministre (israélien) vont se concentrer autour de ça", a-t-il ajouté lors d'un forum sur la sécurité à Aspen, aux Etats-Unis.

Lors de sa visite, d'une durée encore incertaine, le Premier ministre israélien pourrait également rencontrer le président Joe Biden.

"L'atmosphère n'a jamais été aussi tendue (...) en particulier entre la Maison Blanche et le Premier ministre israélien", commente Steven Cook, spécialiste du Moyen-Orient au cercle de réflexion américain Council on Foreign Relations.

« Nous sommes avec Israël »

Ce n'est d'ailleurs pas à l'invitation de la Maison Blanche mais à celle des chefs parlementaires républicains et démocrates que M. Netanyahu se rend à Washington, où il doit s'exprimer devant les élus du Congrès le 24 juillet.

"Je suis ravi du privilège de représenter Israël devant les deux chambres du Congrès et de leur dire la vérité sur notre guerre juste contre ceux qui cherchent à nous tuer", avait-il déclaré début juin après avoir été convié.

Dans leur invitation, les quatre chefs de la Chambre des Représentants et du Sénat ont écrit: "Nous sommes avec l'Etat d'Israël dans sa lutte contre le terrorisme, notamment en ce moment où le Hamas retient toujours captifs des citoyens américains et israéliens et que ses chefs mettent en danger la stabilité régionale".

En pleine campagne présidentielle aux Etats-Unis, "les Républicains tentent de gagner des points à peu de frais auprès des électeurs en montrant qu'ils sont plus favorables à Israël que M. Biden", observe pour l'AFP Yossi Mekelberg, spécialiste des relations israélo-américaines et membre du cercle de réflexion londonien Chatham House.

Le déplacement intervient alors que la pression internationale s'accentue sur Israël, en raison du bilan humain de la guerre (plus de 38.900 morts dans la bande de Gaza, dont une majorité de civils, selon des chiffres du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza), mais aussi sur la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée.

Vendredi, la Cour internationale de justice (CIJ), plus haute juridiction de l'ONU, a jugé "illicite" la présence continue d'Israël dans le Territoire palestinien occupé (Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est), estimant que celle-ci devait cesser "dans les plus brefs délais".

Le 20 mai, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) avait demandé des mandats d'arrêt, notamment contre M. Netanyahu, pour des crimes de guerre et crimes contre l'humanité présumés dans la bande de Gaza.

« Pas de voyage sans accord »

Sur le conflit à Gaza, Washington met l'accent sur l'après-guerre.

"Ce qui sera important lorsqu'on l'aura (un cessez-le-feu), ce sera de s'assurer qu'il y a un plan clair pour l'après", a encore déclaré M. Blinken vendredi.

"Ce dont on ne veut pas, c'est un accord suivi d'une sorte de vide", qui finira par être rempli "soit par un retour du Hamas, ce qui est inacceptable, soit par la prolongation par Israël de l'occupation ce qui (...) est inacceptable" aussi, a-t-il ajouté.

Le déplacement sera scruté en Israël, où les familles des otages toujours détenus à Gaza lui réclament un accord en vue de leur retour lors de manifestations quasi-quotidiennes.

"Pas de voyage (à Washington) sans accord préalable", ont encore crié des centaines de proches lors d'un rassemblement mercredi à Tel-Aviv.

"C’est une visite que Netanyahu voit avant tout comme un moyen de redorer son blason auprès des Israéliens, en se montrant comme le seul leader capable de s'adresser au Congrès américain", estime Michael Horowitz, expert en géopolitique pour la société de conseil en sécurité Le Beck.


Trump dit mener les "derniers efforts" en vue d'un accord avec l'Iran

US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
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  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran
  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran

TEHERAN: Le président américain Donald Trump a affirmé mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue de la conclusion d'un accord avec l'Iran, au lendemain de la cessation de frappes réciproques inédites depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Nous sommes dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord", a-t-il affirmé, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour que cet accord soit conclu.

Après 100 jours de guerre et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les explosions et alertes avaient de nouveau retenti à Téhéran ou Tel-Aviv dimanche et lundi. Les attaques ont fait 15 blessés en Iran, selon le chef de l'organisation nationale des urgences.

Donald Trump, qui cherche une sortie à ce conflit impopulaire aux Etats-Unis à l'approche des élections de mi-mandat, avait exhorté l'Iran et Israël à cesser "immédiatement" les hostilités.

Téhéran a d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'a ensuite imité. "A l'heure actuelle, les hostilités sur ce front ont cessé", a confirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Signe d'accalmie, le principal aéroport international de Téhéran a annoncé tôt mardi un "retour à la normale" de ses conditions d'exploitation, au lendemain de la réouverture de l'espace aérien du pays, partiellement fermé entre dimanche et lundi.

En moins de 24 heures, l'Iran a tiré une trentaine de missiles contre Israël selon un responsable militaire israélien, en réponse à une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, dans laquelle deux personnes sont mortes et 20 ont été blessées.

Lundi à la mi-journée, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", qualifiée de "sévère riposte" à Israël. Mais, a-t-il prévenu, "en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant seront entreprises".

- 14 tués au Liban -

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, avait affirmé que l'Iran avait "rompu l'équation qui consiste à conclure un cessez-le-feu sur le papier et à le violer systématiquement sur le terrain."

Sur le même ton, Benjamin Netanyahu a assuré qu'Israël riposterait "avec force" à toute nouvelle attaque iranienne.

Lui qui avait ordonné des frappes contre l'Iran malgré l'objection du président américain a aussi dit, "avec respect", qu'Israël exercerait son droit à se défendre "chaque fois que nécessaire".

Plus tôt, le ministre de la Défense Israël Katz a affirmé que son pays  "continuera(it) d'agir" contre le Hezbollah.

Téhéran exige un traitement simultané du conflit entre Israël et le Hezbollah, et celui plus large déclenché par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, tandis que Washington souhaite conclure le dossier libanais dans un second temps.

Les frappes israéliennes se sont poursuivies lundi dans le sud du Liban, contre une quinzaine de localités dont la ville de Tyr, faisant 14 tués et plus d'une vingtaine de blessés, selon le gouvernement et la Croix-Rouge.

Le Hezbollah a lui revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, mais pas sur le territoire israélien.

L'armée israélienne a de son côté affirmé que trois projectiles avaient été tirés "en direction de soldats israéliens en opération dans le sud du Liban", et qu'un projectile supplémentaire était "tombé à proximité des troupes" sans faire de blessé.

Le chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, a lui rencontré mardi au Pakistan son homologue pakistanais, Asim Munir. Le Pakistan fait figure de principal médiateur dans les pourparlers visant à mettre fin durablement à la guerre.

Le Pakistan a "souligné l'engagement de son armée à renforcer sa collaboration en matière de défense avec les forces armées libanaises" et à prendre en compte "l'évolution du contexte sécuritaire régional", selon un communiqué militaire.

Alimentant les craintes d'une nouvelle extension du conflit, l'armée israélienne a annoncé tôt mardi avoir intercepté une "cible aérienne suspecte en provenance du Yémen", moins de 24 heures après que les rebelles houthis installés dans ce pays et alliés de l'Iran ont revendiqué une attaque contre Israël et décrété une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, autre voie maritime stratégique.

Dans ce contexte, les prix du pétrole, qui ont flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d'Ormuz, ont légèrement reculé mardi matin, le prix du baril de Brent de la Mer du Nord perdant 0,90% à 93,40 dollars, tandis que le West Texas Intermediate se repliait de 1,16% à 90,24 dollars.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.