La poursuite israélienne incessante des commandants du Hamas à Gaza: à quel prix?

Des enfants réagissent après un bombardement israélien en prenant refuge à l’école de Jaouni, gérée par l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), à Nuseirat dans le centre de la bande de Gaza, le 6 juillet 2024, dans le contexte du conflit en cours dans le territoire palestinien entre Israël et Hamas (AFP)
Des enfants réagissent après un bombardement israélien en prenant refuge à l’école de Jaouni, gérée par l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), à Nuseirat dans le centre de la bande de Gaza, le 6 juillet 2024, dans le contexte du conflit en cours dans le territoire palestinien entre Israël et Hamas (AFP)
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Publié le Mercredi 24 juillet 2024

La poursuite israélienne incessante des commandants du Hamas à Gaza: à quel prix?

  • Des centaines de palestiniens sont morts dans des attaques qui, selon les forces israéliennes, visaient les combattants du Hamas ou visaient à libérer des otages
  • Le total des civils morts dans le bombardement récent d’Israël d’Al-Mawasi et Khan Younis a suscité une condamnation internationale

LONDRES : L’armée israélienne a tué des douzaines de civils palestiniens et blessé des centaines d’autres, dont des enfants, dans sa poursuite incessante des commandants du Hamas à Gaza, bien qu’elle ait marqué un grand nombre de ses zones d’opération comme “zones de sécurité”.

Les responsables palestiniens de la santé ont déclaré lundi que 16 civils ont été tués dans l’est de Khan Younis, sous les bombardements israéliens, même après qu’Israël ait donné de nouveaux ordres d’évacuation de certains quarties, dans le but de maintenir la population civile à l’écart des zones de combat.

Ce dernier carnage est venu suite à la frappe aérienne israélienne le 13 juillet sur le camp d’Al-Mawasi, une autre zone de sécurité désignée dans le sud de Gaza. Cette frappe a tué au moins 90 palestiniens et en a blessé 300 autres, selon le ministère de la Santé de Gaza.

Israël a déclaré que la cible de cette frappe était Mohammed Deif, chef de la branche militaire du Hamas, les brigades Al-Qassam, ainsi que Rafa Salama, commandant de la Brigade Khan Younis du groupe, qu’Israël considère être l’un des grands cerveaux des attentats du 7 octobre 2023, attaque menée par le Hamas.

En niant les informations faisant état de sa mort, un responsable de Hamas a déclaré à l’AFP suite à la frappe, que Deif “supervisait bien et directement” les opérations, mais n’a cependant pas fourni de preuve pour soutenir cette information.

Entre-temps, Daniel Hagari, porte-parole de l’armée israélienne, a déclaré “qu’il y a de plus en plus de signes qui indiquent notre réussite à éliminer Mohammed Deif”.


Des femmes réagissent après les bombardements israéliens alors qu'elles se réfugient à l'école de Jaouni. (AFP)

L’attaque meurtrière d’Al-Mawasi n’est pas le premier incident depuis le début du conflit le 7 octobre au cours duquel l’armée israélienne a été accusée de ne pas tenir compte de la sécurité des civils et de violer le droit international humanitaire en poursuivant les commandants du Hamas.

Selon le Bureau des droits de l'homme des Nations unies, au moins 38900 Palestiniens, dont plus de 13000 enfants, ont été tués dans les combats qui se sont déroulés depuis l'attaque du 7 octobre menée par le Hamas. La proportion des morts qui étaient des combattants est controversée.

La campagne de bombardements de l'armée israélienne, dont les responsables israéliens affirment qu'elle vise le Hamas et non des cibles civiles, a également détruit des infrastructures médicales, sanitaires et éducatives dans toute l'enclave palestinienne.

Le mois dernier, lors d'une opération de sauvetage de quatre otages, l'armée israélienne a tué et blessé des centaines de palestiniens dans le camp de réfugiés de Nuseirat, densément peuplé et situé au centre de la bande de Gaza.

L'armée israélienne a déclaré qu'il y avait eu “moins de 100” victimes palestiniennes, mais n'a pas précisé combien d'entre elles étaient des “terroristes”.

Mais près d'un quart des 142 personnes tuées lors de l'opération étaient des femmes et des enfants, selon l'hôpital Al-Awda de Nuseirat à l'émission “Gaza Today” de la BBC arabe, ajoutant que 250 autres personnes avaient été blessées.
 

Des enfants passent devant une salle de classe détruite dans la bande de Gaza. (AFP)

Se déclarant “profondément choqué” par l'impact sur les civils à Nuseirat, le porte-parole de l'ONU Jeremy Laurence a déclaré que les actions des forces israéliennes “remettent sérieusement en question le respect des principes de distinction, de proportionnalité et de précaution...”.

En mars, l'armée israélienne a lancé un raid sur le plus grand centre médical de Gaza, l'hôpital Al-Shifa, où se cachaient, selon elle, des combattants du Hamas et d'autres militants palestiniens.

Le ministère de la santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a déclaré que quelque 3000 personnes étaient réfugiées à Al-Shifa au moment du raid israélien. Au moins 1500 palestiniens, dont 13 enfants et 21 patients, ont été tués au cours de ce raid de deux semaines, selon l'Euro-Med Monitor, une organisation non gouvernementale dont le siège se trouve à Genève.

Les autorités israéliennes ont déclaré que “plus de 200 terroristes” avaient été tués à l'intérieur et aux alentours d'Al-Shifa, et que des centaines de personnes avaient été arrêtées, dont plusieurs membres du Hamas et du Jihad islamique palestinien.
Il a été impossible de vérifier de manière indépendante les chiffres annoncés en raison de l'absence d'accès à Gaza.

Entre le 8 et le 12 juillet, Israël a attaqué six écoles gérées par l'Office de secours et de travaux des Nations unies, tuant des dizaines de civils qui s'y réfugiaient, avant de raser le siège de l'agence des Nations unies dans la ville de Gaza le 15 juillet.

Israël a accusé le personnel local de l'UNRWA d'avoir participé à l'attaque du 7 octobre dans le sud d'Israël, ce qui a incité l'agence des Nations unies à lancer une enquête interne et plusieurs donateurs importants, dont les États-Unis, à suspendre le financement de ses opérations à Gaza et dans l'ensemble de la région.

Le commissaire général de l'UNRWA, Philippe Lazzarini, a qualifié l'attaque israélienne contre le siège de son agence à Gaza de “nouvel épisode du mépris flagrant du droit humanitaire international”.

Dans un message posté sur X, il a déclaré : “Les installations de l'ONU doivent être protégées en permanence. Elles ne doivent jamais être utilisées à des fins militaires ou de combat. Chaque guerre a ses règles. Gaza ne fait pas exception”.

Dans un autre billet, Lazzarini a souligné que “les écoles ne doivent jamais être utilisées à des fins militaires ou de combat par l'une ou l'autre des parties au conflit”.

Quelques chiffres LES VICTIMES CIVILES


- 7 octobre 2023 : 1200 Israéliens et autres ressortissants sont tués dans le sud d'Israël, des centaines sont pris en otage lors d'une attaque menée par le Hamas.
- 31 octobre 2023 : plus de 110 palestiniens sont tués lors d'une frappe israélienne visant un “haut commandant du Hamas” dans le camp de réfugiés de Jabalya, dans le nord de la bande de Gaza.
- 29 février 2024 : 112 palestiniens attendant de l'aide sont tués, 760 autres sont blessés à l'extérieur de la ville de Gaza au milieu des tirs israéliens et de la panique.
- 1er avril : 7 travailleurs de la World Central Kitchen sont tués par des frappes israéliennes en violation des procédures militaires sur un convoi acheminant de l'aide à Gaza.
- 27 mai : plus de 45 palestiniens sont tués lors d'une frappe israélienne visant “deux hauts commandants du Hamas” à Rafah.
- 9 juin : 274 palestiniens sont tués lors d'un raid militaire israélien qui a permis de libérer 4 otages détenus dans le camp de réfugiés de Nuseirat.
- 13 juillet : plus de 90 palestiniens tués et 300 blessés dans une frappe aérienne israélienne visant le chef militaire du Hamas, Mohammed Deif, à Al-Mawasi.
Source : Ministère de la santé de Gaza, gouvernement israélien 

Avertissant que “toutes les règles de la guerre ont été violées à Gaza”, il a déclaré : “Le mépris flagrant et constant du droit humanitaire international se poursuit sans relâche”.

Israël a toujours nié les accusations selon lesquelles il prendrait pour cible les infrastructures civiles, accusant le Hamas et d'autres groupes militants palestiniens d'utiliser des tunnels sous les hôpitaux de Gaza pour organiser des attaques et dissimuler des armes, utilisant ainsi la population comme bouclier humain.

Commentant la conduite d'Israël, un avocat international basé à New York, qui a demandé à rester anonyme, a déclaré à Arab News que dans la guerre de Gaza, “le droit international reste pertinent en tant que cadre de responsabilisation et de justice en fournissant des mécanismes permettant de tenir les auteurs responsables de crimes de guerre, de génocides et d'autres atrocités”.

Des palestiniens marchent dans une rue inondée par les eaux usées à Deir El-Balah. (AFP)

La Cour pénale internationale, qui poursuit les personnes accusées de crimes de guerre, a tenté de tenir “les deux parties au conflit” responsables des crimes de guerre présumés.

Des responsables israéliens estiment que la CPI va probablement délivrer des mandats d'arrêt à l'encontre du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et du ministre de la Défense Yoav Gallant dans les deux prochaines semaines, ont rapporté les médias israéliens le 17 juillet.

Karim Khan, procureur général de la CPI, a déposé en mai une demande de mandats d'arrêt à l'encontre de deux Israéliens et de trois palestiniens soupçonnés de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

Deif, commandant du Hamas, figure parmi les palestiniens visés par le mandat d'arrêt de la CPI, aux côtés d'Ismail Haniyeh, chef du bureau politique du Hamas, et de Yahya Sinwar, chef du mouvement islamiste à Gaza.

Les mandats d'arrêt contre Netanyahu et Gallant les accusent d'avoir utilisé la famine comme arme de guerre, d'extermination et d'attaque délibérée contre des populations civiles, ainsi que d'autres crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Khan a déclaré qu'il avait des “motifs raisonnables” de croire que les cinq hommes portaient une “responsabilité pénale” pour les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité qui auraient été commis pendant la guerre à Gaza.

Cette décision a suscité la colère des dirigeants du Hamas, d'Israël et même des États-Unis. Le président américain Joe Biden a qualifié cette décision de “scandaleuse”, affirmant qu'il n'y avait “aucune équivalence - aucune - entre Israël et le Hamas”.

Le Hamas a déclaré que le procureur de la CPI “mettait sur un pied d'égalité la victime et le bourreau” et a exigé le retrait des accusations portées contre ses dirigeants.

Israël a toujours nié les accusations selon lesquelles il prendrait pour cible des infrastructures civiles. (AFP)

L'avocat international basé à New York a déclaré que bien que le droit international et les développements en cours “créent une base pour traiter les atrocités et favoriser un monde plus juste et plus pacifique”, son application “peut être incohérente et sujette à l'influence politique”.

Le 19 juillet, la Cour internationale de justice des Nations unies à La Haye a déclaré que l'occupation et l'annexion par Israël des territoires palestiniens, y compris la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est, étaient “illégales” dans un arrêt historique.

Affirmant que les lois et politiques discriminatoires d'Israël à l'égard des palestiniens violent l'interdiction de la ségrégation raciale et de l'apartheid, la CIJ a également ordonné à Israël de mettre fin à son occupation des territoires palestiniens “le plus rapidement possible”.

Depuis le 7 octobre, Israël a également organisé des dizaines de raids en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, tuant au moins 500 palestiniens, dont 143 enfants, selon les chiffres de l'ONU.

La récente décision de la CIJ est toutefois un avis consultatif non contraignant demandé par l'Assemblée générale des Nations unies en 2022, avant l'assaut israélien sur Gaza et sans lien direct avec celui-ci.

En réponse à cette décision, le bureau de Netanyahu a publié un communiqué dans lequel il déclare : “Le peuple juif n'est pas un occupant sur sa propre terre - ni dans notre capitale éternelle, Jérusalem, ni dans notre héritage ancestral de Judée et de Samarie” (la Cisjordanie occupée).

“Aucune décision mensongère de La Haye ne pourra déformer cette vérité historique et, de la même manière, la légalité des colonies israéliennes dans toutes les parties de notre patrie ne peut être contestée”.

En décembre dernier, l'Afrique du Sud a porté plainte contre Israël devant la CIJ, alléguant qu'il avait commis un génocide à l'encontre des palestiniens de la bande de Gaza.


Les fidèles musulmans sur le mont Arafat, étape phare du hajj

Le site offrant peu ou pas d'ombre, des bénévoles distribuaient de l'eau, des parasols et des collations aux pèlerins, tandis que des hélicoptères survolaient régulièrement la zone. (AN Photo/Loai Elkelawy)
Le site offrant peu ou pas d'ombre, des bénévoles distribuaient de l'eau, des parasols et des collations aux pèlerins, tandis que des hélicoptères survolaient régulièrement la zone. (AN Photo/Loai Elkelawy)
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  • Plus de 1,5 million de personnes participent au hajj cette année, à l'ombre de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre l'Iran
  • Téhéran avait riposté en visant des bases militaires et infrastructures énergétiques chez ses voisins du Golfe, notamment en Arabie saoudite. Un fragile cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril

LA MECQUE: Une foule de musulmans a prié mardi sur le mont Arafat, pour l'étape phare du grand pèlerinage à La Mecque, bravant la chaleur brûlante du désert pour accomplir le rêve d'une vie.

Dès l'aube, les fidèles se sont rassemblés pour réciter le Coran sur et autour de cette colline de 70 mètres de haut, située à environ 20 kilomètres de La Mecque, où le prophète Mahomet a prononcé, selon la tradition musulmane, son dernier sermon.

Le site offrant peu ou pas d'ombre, des bénévoles distribuaient de l'eau, des parasols et des collations aux pèlerins, tandis que des hélicoptères survolaient régulièrement la zone.

"C'est un sentiment indescriptible", a affirmé Ahmed Abou al-Ezz, un ingénieur égyptien de 35 ans, en marchant vers le mont Arafat pour la première fois de sa vie.

Plus de 1,5 million de personnes participent au hajj cette année, à l'ombre de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Téhéran avait riposté en visant des bases militaires et infrastructures énergétiques chez ses voisins du Golfe, notamment en Arabie saoudite. Un fragile cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril.

Quelque 30.000 pèlerins iraniens ont fait le voyage à La Mecque, soit beaucoup moins que les 86.000 initialement annoncés, en raison des tensions, selon la compagnie Iran Air, citée par l'agence de presse officielle Irna.

Malgré la situation régionale, la ville sainte a accueilli plus de fidèles étrangers que l'année dernière, selon les autorités saoudiennes.

Pour Karim Hazem, un pèlerin tunisien de 40 ans, "cet endroit est celui où le Seigneur rassemble la communauté des croyants, et nous rappelle que nous pouvons être réunis en tant que peuples".

Chaleur intense 

Le pèlerinage, l'un des cinq piliers de l'islam, est censé être accompli par tout musulman au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens. Il consiste en une série de rites codifiés sur plusieurs jours au cœur de La Mecque et dans ses environs.

Avec des températures atteignant les 44 degrés ces derniers jours, les autorités saoudiennes ont exhorté les pèlerins à boire beaucoup d'eau et à se protéger du soleil pendant les rites qui se déroulent principalement en plein air.

Les scientifiques affirment que le changement climatique causé par l'activité humaine amplifient les phénomènes météorologiques extrêmes, notamment les vagues de chaleur intenses.

Le port de chapeaux étant interdit pour les hommes durant le hajj, de nombreux pèlerins utilisent des parasols pour se protéger du soleil.

Après la mort de plus de 1.300 personnes en 2024, sous des températures dépassant les 50 degrés, les autorités saoudiennes ont mis en place des mesures visant à limiter les effets de la chaleur, notamment davantage de zones ombragées.

Plus de 50.000 agents de santé et 3.000 ambulances ont également été déployés pour aider les pèlerins dans le besoin, a indiqué le ministère saoudien de la Santé.

Après le mont Arafat, les fidèles se rendent à Muzdalifah, où ils ramassent des cailloux afin de procéder à la symbolique "lapidation du diable" mercredi.

L'Arabie saoudite, qui abrite les sanctuaires les plus sacrés de l'islam à La Mecque et à Médine, génère des milliards de dollars chaque année grâce au hajj et à la Omra, le petit pèlerinage entrepris à d'autres moments de l'année.


Liban: frappes sur la ville de Nabatiyé dans le sud, 11 morts dans un raid sur l'est

Des frappes ont visé mardi la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban après un ordre israélien d'évacuation inédit, au lendemain de la mort d'au moins 11 personnes dans un raid israélien sur l'est du pays, selon les autorités. (AFP)
Des frappes ont visé mardi la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban après un ordre israélien d'évacuation inédit, au lendemain de la mort d'au moins 11 personnes dans un raid israélien sur l'est du pays, selon les autorités. (AFP)
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  • A Nabatiyé, un correspondant de l'AFP a fait état de plusieurs frappes après l'avertissement d'Israël, et a pu voir de la fumée s'élever de plusieurs endroits
  • "Vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous déplacer au nord de la rivière Zahrani", avait indiqué plus tôt sur X un porte-parole militaire arabophone, Avichay Adraee, en s'adressant aux habitants de cette grande ville du sud

BEYROUTH: Des frappes ont visé mardi la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban après un ordre israélien d'évacuation inédit, au lendemain de la mort d'au moins 11 personnes dans un raid israélien sur l'est du pays, selon les autorités.

Dans le même temps, l'armée israélienne a annoncé étendre ses opérations terrestres contre le Hezbollah au-delà de la "ligne jaune" qu'elle a établie dans le sud du Liban.

Cette pression accrue intervient au lendemain de la menace du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'intensifier les frappes pour "écraser" le mouvement pro-iranien.

A Nabatiyé, un correspondant de l'AFP a fait état de plusieurs frappes après l'avertissement d'Israël, et a pu voir de la fumée s'élever de plusieurs endroits.

"Vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous déplacer au nord de la rivière Zahrani", avait indiqué plus tôt sur X un porte-parole militaire arabophone, Avichay Adraee, en s'adressant aux habitants de cette grande ville du sud.

Désertée par une grande partie de ses habitants depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, Nabatiyé continue d'être pilonnée malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril.

D'autres frappes dans le sud ont fait au moins un mort et deux blessés parmi des secouristes affiliés au mouvement Amal, allié du Hezbollah, à Srifa, selon le ministère de la Santé, ce qui porte à 120 le nombre de secouristes tués dans le conflit.

Plusieurs localités du sud, notamment dans la région de Tyr, ont aussi été ciblées, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

La veille, des ordres d'évacuation pour Tyr avaient provoqué la panique et un mouvement d'exode parmi les habitants encore présents dans la ville millénaire, d'après un correspondant de l'AFP.

Un barrage menacé 

L'armée israélienne a également émis mardi un ordre d'évacuation pour Machghara et Sohmor, deux localités dans l'est du Liban, où elle a en outre visé les environs du barrage de Qaraoun, selon l'Ani.

L'organisme chargé du barrage a appelé les autorités libanaises à faire pression sur la communauté internationale pour empêcher toute attaque aux "risques catastrophiques pour les habitants".

Des bombardements avaient eu lieu lundi soir dans cette région du pays, faisant au moins 11 morts à Machghara, dont deux enfants et une femme, et 15 blessés, a annoncé mardi le ministère de la Santé.

L'armée israélienne avait indiqué avoir frappé dans la nuit plus de 100 cibles du Hezbollah.

De son côté, le Hezbollah a annoncé que ses combattants avaient fait barrage mardi à l'aube à "une force israélienne (...) qui avançait en direction de Zaoutar", village surplombant Nabatiyé, situé à une dizaine de kilomètres de la frontière.

Le groupe a dit avoir eu recours notamment à "des obus et drones d'attaques", ajoutant que les "combats directs" se poursuivaient dans la zone.

"Nous allons intensifier les coups, en intensifier la puissance et nous allons écraser" le Hezbollah, a averti lundi soir Benjamin Netanyahu.

"Pour chaque drone explosif, dix immeubles doivent tomber à Beyrouth", a estimé pour sa part le ministre des Finances d'extrême droite, Bezalel Smotrich.

Malgré la trêve, Israël poursuit ses frappes et opérations au Liban en disant viser le Hezbollah et son infrastructure, alors que les chances d'un accord rapide entre les Etats-Unis et l'Iran semblent s'amenuiser.

Les frappes israéliennes ont fait au moins 3.213 morts depuis le début du conflit début mars, selon le dernier bilan du ministère de la Santé publié mardi, soit 28 morts de plus par rapport au bilan de la veille.


Les pays du Golfe «ne serviront plus de bouclier aux bases américaines», affirme le guide suprême iranien

Les bases américaines ne sont désormais plus protégées par les pays du Golfe, a estimé mardi le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, dans une déclaration écrite diffusée par la télévision d'Etat. (AFP)
Les bases américaines ne sont désormais plus protégées par les pays du Golfe, a estimé mardi le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, dans une déclaration écrite diffusée par la télévision d'Etat. (AFP)
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  • L'Iran avait fait état de progrès lundi tout en prévenant qu'un accord n'était pas imminent, les positions des deux parties restant éloignées
  • Dans le même temps, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir frappé des sites de lancement de missiles dans le sud de l'Iran, portant un coup au processus diplomatique

TEHERAN: Les bases américaines ne sont désormais plus protégées par les pays du Golfe, a estimé mardi le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, dans une déclaration écrite diffusée par la télévision d'Etat.

"Il est certain qu'il n'y aura pas de retour en arrière et que les nations et territoires de la région ne serviront plus de boucliers aux bases américaines", a déclaré Mojtaba Khamenei, qui n'est pas apparu en public depuis sa prise de fonction début mars.

"Les Etats-Unis, qui ne disposent plus d'aucun lieu sûr dans la région pour mener une agression et établir des bases militaires, s'éloignent chaque jour davantage de leur ancien statut", a-t-il ajouté dans ce message publié à l'occasion de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha.

Ces déclarations surviennent alors que l'Iran et les Etats-Unis tentent de parvenir à un accord pour mettre fin à la guerre qui a débuté le 28 février et s'est étendue à toute la région, avant l'entrée en vigueur d'un fragile cessez-le-feu le 8 avril.

L'Iran avait fait état de progrès lundi tout en prévenant qu'un accord n'était pas imminent, les positions des deux parties restant éloignées.

Dans le même temps, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir frappé des sites de lancement de missiles dans le sud de l'Iran, portant un coup au processus diplomatique.

L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'attaque américaine, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas, et annoncé qu'une enquête était en cours pour en déterminer l'origine.

Et mardi, les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé avoir abattu un drone américain et tiré sur d'autres aéronefs tentant de pénétrer dans l'espace aérien du pays, sans préciser la date de ces incidents.

Dans un communiqué, ils ont mis en garde "contre toute violation du cessez-le-feu par l'armée américaine", affirmant disposer d'un "droit légitime et certain à riposter".

Mojtaba Khamenei, 56 ans, a succédé à son père Ali Khamenei, tué au premier jour des frappes américano-israéliennes le 28 février, ce qui a déclenché des représailles de Téhéran dans toute la région.