Le gouvernement libanais accuse Israël de vouloir prolonger la guerre et d'en étendre la portée

L'armée israélienne a intensifié ses hostilités, samedi, contre des villages frontaliers du Liban-Sud, détruisant et rasant plusieurs quartiers. (AFP/File)
L'armée israélienne a intensifié ses hostilités, samedi, contre des villages frontaliers du Liban-Sud, détruisant et rasant plusieurs quartiers. (AFP/File)
Short Url
Publié le Dimanche 11 août 2024

Le gouvernement libanais accuse Israël de vouloir prolonger la guerre et d'en étendre la portée

  • Le ministère libanais des Affaires étrangères a condamné « l’atteinte portée par Israël au droit international et aux normes humanitaires », dans un communiqué publié samedi
  • Des tirs d'artillerie israéliens ont pris Houla pour cible, tandis que des avions de guerre israéliens ont bombardé plusieurs maisons à Teir Harfa, à Tyr

BEYROUTH : L'armée israélienne a intensifié ses hostilités, samedi, contre des villages frontaliers du Liban-Sud, détruisant et rasant plusieurs quartiers.

Le ministère libanais des Affaires étrangères a condamné « l’atteinte portée par Israël au droit international et aux normes humanitaires », dans un communiqué publié samedi.

Il déclare que « le meurtre délibéré d'un grand nombre de civils palestiniens non armés lors de l'attaque contre l'école Al-Taba'een dans la bande de Gaza est une preuve évidente de l'intention d'Israël de prolonger la guerre et d'en étendre la portée, en particulier au moment où les médiateurs internationaux intensifient leurs efforts pour parvenir à un cessez-le-feu ».

Le ministère a déclaré que « les bombardements systématiques et aveugles de l'armée d'occupation israélienne, ainsi que le meurtre d'enfants et de civils, démontrent clairement que le gouvernement israélien fait fi du droit international et des normes humanitaires ».

Il a exhorté « la communauté internationale et les pays concernés à adopter une position unifiée, sérieuse et efficace pour protéger le peuple palestinien dans la bande de Gaza et mettre fin à cette catastrophe humanitaire ».

« La première étape qui permettrait d’éviter l’escalade et un conflit plus large dans la région est de mettre fin à l'agression contre Gaza et de recourir à une voie diplomatique pacifique en adoptant des mesures fermes pour contraindre Israël à accepter une solution à deux États conformément aux résolutions internationales pertinentes », ajoute le ministère.

Il a par ailleurs transféré un document du gouvernement libanais à ses missions diplomatiques à l'étranger. Celui-ci contient « les principes visant à atteindre une stabilité à long terme au Liban-Sud ».

Le ministère a demandé à ses missions de « diffuser les informations nécessaires dans leurs pays respectifs, tant au niveau bilatéral qu'au sein des conseils des ambassadeurs arabes, afin de faire part de la position libanaise exposée dans le document ».

Le document précise que « le gouvernement libanais estime qu'une guerre totale peut encore être évitée et qu'il s'engage à protéger la sécurité de ses citoyens, en conservant son droit à l'autodéfense en vertu du droit international ».

« Par ailleurs, le gouvernement estime que la désescalade est la voie la plus appropriée pour éviter un cycle destructeur de violence, qui serait plus difficile à contenir. »

Le document précise que « le gouvernement ne peut agir seul. La communauté internationale doit jouer un rôle décisif et immédiat pour apaiser les tensions et freiner l'agression israélienne en cours contre le Liban ».

Le texte ajoute : « Pour parvenir à une désescalade, le gouvernement libanais propose une approche systématique et organisée qui offrirait une alternative au chaos actuel. Cette approche serait ciblée et aurait pour objectif principal de restaurer la stabilité. »

La déclaration du gouvernement exige également « la mise en œuvre intégrale et équitable de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies. Il est nécessaire de procéder à une désescalade immédiate et de mettre fin aux actions provocatrices afin de réduire les risques et de protéger les civils ».

« Toute activité menée dans ce cadre ne doit pas entraver le réengagement total en faveur de la résolution 1701 ni accroître le risque d'un conflit à grande échelle », précise le document.

Le document indique également que « le gouvernement libanais estime qu'un cessez-le-feu à Gaza apaiserait immédiatement les tensions dans le sud du Liban, ouvrant la voie à une stabilité durable à long terme. Dans ce contexte, le gouvernement libanais soutient l'accord de cessez-le-feu à Gaza conclu par le président Biden et appelle à sa mise en œuvre immédiate conformément à la résolution 2735 ».

La réaction libanaise est intervenue alors qu'une équipe de télévision locale a survécu à un raid israélien sur le village de Majdal Selm ce matin.

Des tirs d'artillerie israéliens ont pris Houla pour cible, tandis que des avions de guerre israéliens ont bombardé plusieurs maisons à Teir Harfa, à Tyr.

Le centre d'opérations d'urgence du ministère de la Santé a déclaré que « les tirs d'artillerie israéliens avec des obus au phosphore sur Kfarkila ont provoqué un cas d'asphyxie grave. Le résident en question a dû être hospitalisé ».

Les tirs d'artillerie destructeurs ont rasé plusieurs maisons à Aïtaroun, tandis que les avions de guerre israéliens ont frappé Aïta el-Chaab.

Le Hezbollah a déclaré séparément dans un communiqué avoir détruit « du matériel d'espionnage sur le site militaire israélien de Ramia à l'aide d'un drone d'attaque ».

Le Hezbollah a diffusé des images de son opération visant « une position militaire israélienne nouvellement établie à Khirbet Manot ».

Il a également annoncé avoir visé « un rassemblement de soldats israéliens à Tel Sha'ar avec des roquettes ».

Les avions de guerre israéliens ont continué à survoler à moyenne altitude les villages du sud, jusqu'à Sidon et Beyrouth.
 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien discute de l'escalade militaire régionale avec plusieurs dirigeants

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Short Url
  • Erdogan affirme son soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité
  • Le président du Conseil de souveraineté transitoire du Soudan, le général Al-Burhan, exprime sa solidarité avec le Royaume

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Le prince héritier a tenu des appels téléphoniques distincts avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président du Conseil transitoire de souveraineté du Soudan, le général Abdel Fattah Al-Burhan, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Les responsables ont condamné l'agression iranienne visant le Royaume et leur rejet de tout ce qui porte atteinte à la souveraineté et à la stabilité du Royaume.

Ils ont également affirmé leur soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité et ses citoyens.


A Beyrouth, des partisans du Hezbollah pleurent Khamenei

Short Url
  • "Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem
  • "Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime"

BEYROUTH: Drapeaux iraniens et portrait de l'ayatollah Ali Khamenei en main, des milliers de partisans du Hezbollah se sont rassemblés dimanche à Beyrouth pour pleurer la mort du guide suprême iranien, tué dans l'opération militaire américano-israélienne lancée la veille.

"Mort à l'Amérique", "Mort à Israël", ont-ils scandé à l'unisson, tous habillés de noir et brandissant aussi des drapeaux de leur mouvement, dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth.

Le poing levé, certains étaient en pleurs, a constaté une équipe de l'AFP, sur la grande place où a eu lieu le rassemblement.

"Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem.

"Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime".

"Sa mort est très douloureuse, c'est une tragédie", déplore aussi Zainab al Moussawi, une enseignante de 23 ans, à Beyrouth.

"On se sent comme après la mort du Sayyed, tombé en martyr", poursuit-elle en référence à l'ex-chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Entrer en guerre" 

Les dirigeants libanais redoutent une implication du Hezbollah dans le conflit régional, même si lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, il n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 et l'accuse de se réarmer.

"Je demande à cheikh Naïm (Qassem) d'entrer en guerre", lance à Beyrouth Hassan Jaber, un partisan.

S'il ne s'est pas joint à la riposte iranienne, le mouvement a appelé des mosquées à organiser des cérémonies en mémoire du guide suprême iranien, dans la banlieue sud de la capitale libanaise et dans d'autres zones du pays dans lequel il est ancré.

Mais au Liban, pays très divisé, l'ayatollah Khamenei n'était pas soutenu par tous.

"Il était tout le temps en train de menacer (...) les pays arabes et avait des relais partout", déclare à l'AFP Hassan Harouq, un infirmier de 44 ans.

Lui dit ne vouloir qu'un pays "stable et qui ferait la paix avec le reste de la région", car "il est temps pour le Liban d'être de nouveau sur le droit chemin".

"Le peuple libanais est fatigué", ajoute-t-il.

Dimanche, le président Joseph Aoun, après une réunion d'urgence du Conseil supérieur de la Défense, a souligné que "la décision de guerre et de paix relève exclusivement de l'Etat libanais".

La présidence libanaise a indiqué avoir reçu, par l'entremise des Etats-Unis, l'assurance qu'Israël n'entraînera pas le Liban dans une "escalade" tant que son territoire ne sera pas visé par des attaques depuis le Liban.

Peu de temps avant le début de l'offensive israélo-américaine, Israël avait frappé des positions du Hezbollah dans le sud du Liban.

Beyrouth n'acceptera pas d'être "entraîné" dans le conflit avec l'Iran, a assuré le Premier ministre Nawaf Salam.


Iran: le ministre des Affaires étrangères d'Oman, pays médiateur, appelle à un cessez-le-feu

Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Short Url
  • Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes
  • Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade"

MASCATE: Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens.

Badr al-Busaidi "a réaffirmé l'appel constant du sultanat d'Oman à un cessez-le-feu et à un retour au dialogue (...) de manière à répondre aux revendications légitimes de toutes les parties", a indiqué son ministère dans un compte rendu de son entretien avec Abbas Araghchi.

Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes.

Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade et à rétablir la stabilité".