Tunisie: 8 mois de prison pour Sonia Dahmani, un "harcèlement judiciaire" dénoncé

Sonia Dahmani avait été « soumise à une fouille corporelle honteuse » en détention. (Instagram : @soniadahmani)
Sonia Dahmani avait été « soumise à une fouille corporelle honteuse » en détention. (Instagram : @soniadahmani)
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Publié le Mercredi 11 septembre 2024

Tunisie: 8 mois de prison pour Sonia Dahmani, un "harcèlement judiciaire" dénoncé

  • Dans un communiqué reçu par l'AFP, le comité de défense de Mme Dahmani dont fait partie Me Feltesse a dénoncé "un véritable harcèlement judiciaire.
  • L'arrestation et la condamnation de Mme Dahmani ont eu lieu en vertu du décret présidentiel 54 sur la "diffusion de fausses nouvelles".

TUNIS : L'avocate et chroniqueuse tunisienne Sonia Dahmani a été condamnée en appel à huit mois de prison ferme pour des propos jugés critiques à l'encontre du président Kais Saied, ont annoncé mercredi ses avocats qui ont dénoncé "un harcèlement judiciaire".

Connue pour son franc parler, Mme Dahmani avait été arrêtée, en direct devant des télévisions, le 11 mai, par des policiers masqués qui avaient fait irruption au siège de l'Ordre des avocats à Tunis où elle s'était réfugiée.

Mme Dahmani, condamnée à un an en première instance, a vu sa peine réduite à 8 mois mais ses avocats "n'ont même pas pu plaider" pour sa remise en liberté, a déclaré à l'AFP l'avocat français Pierre-François Feltesse. L'audience avait été suspendue mardi et le nouveau jugement a été prononcé tard dans la soirée.

Me Feltesse a annoncé une saisine prochaine du Groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire.

Dans un communiqué reçu par l'AFP, le comité de défense de Mme Dahmani dont fait partie Me Feltesse a dénoncé "un véritable harcèlement judiciaire depuis des mois" contre l'avocate, estimant que "ses droits les plus fondamentaux sont quotidiennement bafoués".

Ils ont mentionné "une fouille à corps indigne et humiliante lors d'une audience le 20 août" et l'obligation de porter un "long voile blanc imposé aux femmes poursuivies pour des affaires de moeurs, alors qu'aucun texte ne prévoit une exigence aussi dégradante".

L'arrestation et la condamnation de Mme Dahmani ont eu lieu en vertu du décret présidentiel 54 sur la "diffusion de fausses nouvelles", critiqué par les défenseurs des droits pour une interprétation trop large. Depuis son entrée en vigueur, plus de 60 journalistes, avocats et figures de l'opposition ont été poursuivis ou condamnés sur cette base, selon le Syndicat national des journalistes tunisiens.

Il était reproché à l'avocate d'avoir ironisé sur un plateau de télévision en mai sur la possibilité que les migrants subsahariens veuillent s'installer durablement en Tunisie malgré une grave crise économique. "De quel pays extraordinaire parle-t-on?", avait-elle lancé à un autre chroniqueur qui venait de l'affirmer.

En février 2023, M. Saied a fustigé l'arrivée de "hordes de migrants subsahariens illégaux" et un "complot" pour "changer la composition démographique" de la Tunisie, un discours qui avait déclenché une violente campagne anti-migrants dans le pays.

Elu démocratiquement en 2019, M. Saied est accusé de dérive autoritaire depuis un coup de force en juillet 2021.


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.