L'ONU dénonce une dévastation économique "stupéfiante" à Gaza et en Cisjordanie

Un jeune Palestinien passe devant les décombres de bâtiments dans la ville de Gaza le 1er septembre 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le mouvement palestinien Hamas. (Photo  AFP)
Un jeune Palestinien passe devant les décombres de bâtiments dans la ville de Gaza le 1er septembre 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le mouvement palestinien Hamas. (Photo AFP)
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Publié le Jeudi 12 septembre 2024

L'ONU dénonce une dévastation économique "stupéfiante" à Gaza et en Cisjordanie

  • A Gaza, "les processus de production ont été interrompus ou détruits, les sources de revenus ont disparu, la pauvreté s'est intensifiée et étendue.
  • Le bilan économique est catastrophique. Le produit intérieur brut (PIB) de Gaza "a chuté de 81% au cours du dernier trimestre 2023, entraînant une contraction de 22% sur l'ensemble de l'année".

GENEVE : La guerre menée par Israël contre le Hamas depuis plus de 11 mois provoque une "dévastation" économique d'une "ampleur stupéfiante" à Gaza et la reconstruction se chiffrera en dizaines de milliards de dollars, avertit l'ONU jeudi.

A Gaza, "les processus de production ont été interrompus ou détruits, les sources de revenus ont disparu, la pauvreté s'est intensifiée et étendue, des quartiers ont été éradiqués et des communautés et des villes ont été ruinées", souligne un rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) publié jeudi.

L'opération militaire "a provoqué des crises humanitaire, environnementale et sociale sans précédent et a transformé la région, qui est passée d'une situation de sous-développement à une situation de dévastation".

"Nous ne savons pas quelle sera l'ampleur des destructions avant que cela ne s'arrête. Mais les données dont nous disposons actuellement indiquent qu'elles se chiffreront en dizaines de milliards, voire plus", a souligné le responsable de la coordination de l'assistance aux peuple palestinien pour la CNUCED, Mutasim Elagraa, et un des auteurs du rapport lors d'un point de presse.

"Il faudra des dizaines d'années pour arriver au niveau d'avant octobre 2023", a-t-il ajouté, estimant que  la communauté internationale devrait aider au "développement durable" de Gaza.

La guerre a éclaté après l'attaque sans précédent du Hamas du 7 octobre en Israël, suivie d'une opération de représailles militaires intense et ininterrompue depuis octobre 2023.

L'attaque du Hamas en Israël a entraîné la mort de 1.205 personnes, principalement des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels israéliens, qui incluent les otages tués en captivité.

L'opération militaire israélienne a tué plus de 41.000 personnes à Gaza, selon le ministère de la Santé du territoire contrôlé par le Hamas. Le bureau des droits humains de l'ONU indique que la plupart des morts sont des femmes et des enfants.

- Bilan économique catastrophique -

Le bilan économique est catastrophique. Le produit intérieur brut (PIB) de Gaza "a chuté de 81% au cours du dernier trimestre 2023, entraînant une contraction de 22% sur l'ensemble de l'année".

"À la mi-2024, l'économie de Gaza est tombée à moins d'un sixième de son niveau de 2022", souligne le rapport de la Cnuced, qui a basé ses calculs sur les chiffres trimestriels du bureau central palestinien de statistiques.

Au début de l'année 2024, entre 80 et 96% des biens agricoles de Gaza - y compris les systèmes d'irrigation, les fermes d'élevage, les vergers, les machines et les installations de stockage - "ont été décimés", souligne la Cnuced, ce qui a aggravé "les niveaux déjà élevés d'insécurité alimentaire".

"Les destructions ont également touché de plein fouet le secteur privé, 82% des entreprises, moteur essentiel de l'économie de Gaza, ayant été endommagées ou détruites", ajoute le rapport.

- La Cisjordanie aussi -

L'attaque du Hamas et les représailles israéliennes ont aussi exacerbé les tensions en Cisjordanie voisine et provoqué un déclin économique "aussi rapide qu'alarmant".

Depuis le 7 octobre, les forces israéliennes et les colons israéliens ont tué au moins 662 Palestiniens sur ce territoire, selon le ministère palestinien de la Santé.

Au moins 23 Israéliens, dont des membres des forces de sécurité, ont été tués dans des attaques palestiniennes au cours de la même période, selon des responsables israéliens.

Si la Cisjordanie affichait une croissance de 4% sur les neuf premiers mois de l'année dernière, l'optimisme a été "brusquement anéanti par une contraction sans précédent de 19% au quatrième trimestre", entraînant "une baisse substantielle du niveau de vie et des revenus des ménages".

L'expansion des colonies illégales, la confiscation des terres, la démolition des structures palestiniennes, l'augmentation de la violence des colons et un nombre croissant de points de contrôle ont eu un effet délétère sur les activités économiques.

Même Jérusalem-Est est durement touchée. "80% des entreprises de la vieille ville" ont cessé partiellement ou complètement leurs activités, précise le rapport.

Sur tout le territoire, la quasi-totalité des entreprises font état d'une baisse d'activité et 42,1% d'une réduction de leurs effectifs.

Le taux de chômage a bondi de 12,9% avant le conflit à 32%, "érodant gravement la résistance économique des ménages palestiniens et exacerbant les difficultés sociales".

A Gaza, ce sont deux tiers des emplois d'avant-guerre qui ont disparu.

Même avant la guerre, la pauvreté était déjà généralisée, mais aujourd'hui elle "touche presque toute la population de Gaza et augmente rapidement en Cisjordanie", selon la Cnuced.


L'Iran jure de continuer à riposter aux frappes américaines

Cette capture d'écran, réalisée le 23 juillet 2026 à partir d'une séquence vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) le 22 juillet 2026, montre les forces américaines en train de lancer ce que l'armée qualifie de frappes de précision contre l'Iran pour la douzième nuit consécutive. (AFP)
Cette capture d'écran, réalisée le 23 juillet 2026 à partir d'une séquence vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) le 22 juillet 2026, montre les forces américaines en train de lancer ce que l'armée qualifie de frappes de précision contre l'Iran pour la douzième nuit consécutive. (AFP)
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  • Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront"
  • Téhéran continuera "à payer un prix très lourd", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de l'Asean à Manille, affirmant que l'Iran n'était "clairement pas prêt à passer un accord"

TEHERAN: L'Iran a juré jeudi de poursuivre ses représailles contre l'ennemi américain tant qu'il serait attaqué, tandis que ses alliés houthis yéménites ont ouvert un deuxième front dans la guerre régionale en revendiquant des attaques en mer Rouge contre deux pétroliers saoudiens.

Les affrontements entre Téhéran et Washington, qui ont repris le 7 juillet, font craindre un blocage durable des exportations d'hydrocarbures alors que le détroit d'Ormuz est verrouillé par l'Iran et que les rebelles yéménites ont annoncé un blocus de la flotte d'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.

Avec pour conséquence une flambée des cours du pétrole: vers 06H15 GMT, le Brent, référence internationale, se rapprochait des 100 dollars à 96,31 dollars le baril (+2,38%), loin de l'accalmie qui avait suivi la signature d'un protocole d'accord irano-américain mi-juin.

Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront".

Téhéran continuera "à payer un prix très lourd", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de l'Asean à Manille, affirmant que l'Iran n'était "clairement pas prêt à passer un accord".

Téhéran a dit avoir notamment frappé, au Koweït, des dépôts de munitions et des réservoirs de carburant, et en Jordanie, un radar américain du système antimissile THAAD et un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques.

L'armée jordanienne a fait état de dix missiles et drones tirés vers le royaume ces 24H, dont neuf interceptés, et l'armée du Koweït a annoncé dans la nuit répondre à des attaques de "drones hostiles".

Voies maritimes paralysées 

Côté américain, l'armée a dit avoir visé des cibles militaires iraniennes, pour "réduire davantage la capacité de l'Iran à menacer les marins civils et les navires commerciaux" transitant dans le détroit d'Ormuz, au coeur des tensions.

Des médias iraniens ont rapporté des frappes à deux reprises sur Bouchehr, ville où se trouve la seule centrale nucléaire en fonctionnement, et à Chalamcheh, à proximité d'un poste-frontière avec l'Irak, où deux personnes ont été tuées.

D'autres bombardements ont été signalés à Ahvaz, près du Golfe et sur la ville de Konarak, non loin du port de Chabahar sur le golfe d'Oman, ainsi que des explosions à Sirik, près du détroit d'Ormuz.

La discorde irano-américaine sur cette voie stratégique, par laquelle transitait d'ordinaire un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, a déclenché la reprise des hostilités le 7 juillet.

La République islamique veut y instaurer des frais de passage et n'autorise qu'un itinéraire, le long de ses côtes, menaçant de s'en prendre à tout navire contrevenant.

Les Gardiens de la Révolution, son armée idéologique, ont affirmé jeudi avoir stoppé trois pétroliers qui tentaient de le franchir.

En réaction, les Etats-Unis imposent un blocus maritime à l'Iran. Le Commandement pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que ses forces "ont dérouté neuf navires commerciaux et en a immobilisé un", pour les empêcher "d'entrer dans ou de quitter les ports iraniens".

De l'autre côté de la péninsule arabique, en mer Rouge, les rebelles yéménites houthis, soutenus par l'Iran, ont revendiqué "une opération militaire" contre "deux pétroliers saoudiens qui ont violé le blocus", identifiés comme l'Encelia et le Layla.

Après avoir lundi annoncé cette mesure, ils avaient menacé de viser les navires tentant de se frayer un passage.

Une source officielle saoudienne a confirmé que l'Encelia, "appartenant à une société saoudienne", avait été "pris pour cible", provoquant un incendie, selon l'agence officielle SPA.

Coût exorbitant 

En ciblant l'Arabie saoudite, les Houthis "ont l'air de s'être laissés entraîner", a estimé M. Rubio, jugeant qu'ils "s'étaient fait avoir par les Iraniens".

Selon des données analysées par l'AFP, au moins neuf bateaux ont fait demi-tour en mer Rouge ou dans les environs du détroit de Bab el-Mandeb, à l'extrême sud du Yémen, depuis la menace houthie.

La guerre a un prix, estimé par la Défense américaine jusqu'à présent à 37,5 milliards de dollars. Mercredi, la Chambre des représentants a approuvé un cadre budgétaire de 95 milliards de dollars, qui se dirige désormais vers le Sénat, et est  prévu en grande partie pour le Pentagone afin de financer le conflit.

Aucun signe d'apaisement n'apparaît, mais le Pakistan, pays médiateur, veut rester optimiste. "Nous n'avions pas perdu espoir même durant les heures les plus sombres. Nous ne sommes pas découragés", a déclaré le porte-parole de la diplomatie.

Sur le front yéménite, où une trêve négociée en 2022 entre les rebelles et le gouvernement soutenu par Ryad, était toujours active malgré son expiration, le sultanat d'Oman a dit vouloir oeuvrer pour reprendre des discussions en vue d'une désescalade.


Iran: les Gardiens de la Révolution disent avoir détruit en Jordanie des équipements militaires américains

La forteresse d'Aqaba s'illumine en rouge pour célébrer la semaine de l'inclusion en Jordanie, à Amman, le 20 juillet 2026. (Photo : George SAIF / Special Olympics / FACTSTORY)
La forteresse d'Aqaba s'illumine en rouge pour célébrer la semaine de l'inclusion en Jordanie, à Amman, le 20 juillet 2026. (Photo : George SAIF / Special Olympics / FACTSTORY)
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  • Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé jeudi avoir détruit en Jordanie un radar américain du système antimissile THAAD
  • Les Gardiens font également état de la destruction d'un système Patriot

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé jeudi avoir détruit en Jordanie un radar américain du système antimissile THAAD, en représailles aux frappes des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, les Gardiens font également état de la destruction d'un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques, ainsi que de l'incendie d'un hangar présenté comme servant à la maintenance d'hélicoptères.

 

 


L'armée iranienne revendique des frappes au Koweït contre des sites militaires américains

L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis. (AFP)
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  • L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis
  • Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, l'armée iranienne a indiqué avoir ciblé au moyen de drones "les dépôts de munitions et de logistique de l'armée américaine à camp Doha"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis.

Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, l'armée iranienne a indiqué avoir ciblé au moyen de drones "les dépôts de munitions et de logistique de l'armée américaine à camp Doha, les réservoirs de carburant de la base Ali al-Salem, ainsi que le dépôt de munitions du camp Arifjan", tous situés au Koweït.