Attal, Darmanin et Borne désormais unis contre Barnier

Le nouveau Premier ministre français, Michel Barnier, s'adresse à la presse alors qu'il visite le siège du SAMU de Paris à l'hôpital Necker à Paris, pour sa première visite officielle depuis sa prise de fonction, le 7 septembre 2024. (Photo Ludovic MARIN / AFP)
Le nouveau Premier ministre français, Michel Barnier, s'adresse à la presse alors qu'il visite le siège du SAMU de Paris à l'hôpital Necker à Paris, pour sa première visite officielle depuis sa prise de fonction, le 7 septembre 2024. (Photo Ludovic MARIN / AFP)
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Publié le Mercredi 18 septembre 2024

Attal, Darmanin et Borne désormais unis contre Barnier

  • Les macronistes Gabriel Attal, Gérald Darmanin et Elisabeth Borne affichent leur unité face à Michel Barnier pour peser dans le futur gouvernement.
  • Le trio, prêt à engager le bras de fer, exige une "clarification" de la ligne politique du Premier ministre, notamment en matière fiscale.

PARIS : Alliance de circonstance ou attelage durable ? Les macronistes Gabriel Attal, Gérald Darmanin et Elisabeth Borne affichent leur unité face à Michel Barnier pour peser dans le futur gouvernement, mettant provisoirement de côté leurs divergences et leurs ambitions, notamment pour la direction du parti Renaissance.

"Quand on a un ennemi commun ça soude", résume une ancienne ministre.

En l'occurrence, Gabriel Attal, précédesseur de M. Barnier devenu chef de file des députés EPR (Ensemble pour la République), Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur sortant, et Elisabeth Borne, ex Première ministre, devaient conduire une délégation du groupe macroniste à Matignon mercredi matin pour parler impôts et budget avec le Premier ministre.

Il s'agissait de "montrer l’unité du groupe dans la séquence", soulignait-on dans l'entourage de M. Attal, avec Mme Borne et M. Darmanin "représentant respectivement une sensibilité de gauche et une sensibilité de droite".

Le trio, prêt à engager le bras de fer, exige une "clarification" de la ligne politique du Premier ministre, notamment en matière fiscale. Mais le Premier ministre a préféré reporter le rendez-vous, affirmant avoir découvert "une situation budgétaire très grave" qui méritait "mieux que des petites phrases".

- "Paradoxe" -

"Ce n'est pas une unité de façade", assure un cadre du parti Renaissance, pointant que Michel Barnier jusqu’à présent recevait le camp présidentiel "en ordre dispersé", au risque de ne pas dire la même chose à ses interlocuteurs et de "créer de la division".

"Sur les grandes lignes politiques, on appartient à la même famille politique, on veut être reçus ensemble", insiste le même.

"La situation produit un paradoxe, elle soude le bloc central" jusqu'aux alliés d'Horizons et du MoDem, abonde un conseiller de l'exécutif sortant.

Pourtant ces trois figures du camp présidentiel étaient à couteaux tirés il y a peu.

Outre des appréciations divergentes sur le fond de sujets comme l'immigration, ils se sont disputés la tête du groupe à l'Assemblée nationale, alors que le parti reste à prendre.

Fort de sa popularité auprès des députés, avec lesquels il a fait activement campagne aux législatives, émancipé d'Emmanuel Macron, Gabriel Attal a été élu rapidement président du groupe. Un poste que lorgnaient M. Darmanin et Mme Borne sur l'idée --soutenue par Emmanuel Macron-- d'une direction collégiale.

Quant au parti Renaissance, dirigé par Stéphane Séjourné en passe de devenir commissaire européen, il est brigué par Elisabeth Borne, convoité par Gabriel Attal, tandis que Gérald Darmanin y a officiellement renoncé.

- "Rapprochement" -

Mais MM. Darmanin et Attal ont semblé se réconcilier aux journées parlementaires EPR, selon plusieurs sources. "Manifestement il y a eu un rapprochement", rapporte un parlementaire macroniste.

Sans dire s'il s'agit d'une nouvelle répartition des rôles, avec Gabriel Attal au parti qui laisserait finalement le groupe à Gérald Darmanin, un cadre Renaissance glisse que "tous les scénarios sont envisageables".

Gérald Darmanin a depuis beaucoup animé la communication du groupe. Mardi, il a mis ses collègues en ébullition en affirmant avoir entendu Michel Barnier évoquer une augmentation d'impôts, ligne rouge du camp présidentiel. Jusqu'à remettre en cause, en s'interrogeant à voix haute, une participation au futur gouvernement.

Mais le ministre de l'Intérieur sortant, qui postule pour le Quai d'Orsay, joue surtout son sort personnel, à dix jours d'une rentrée politique - qu'il a déjà bien entamée! - le 29 septembre, en présence d'Elisabeth Borne, dans son fief de Tourcoing.

En agitant le spectre d'une hausse des prélèvements, un irritant notoire, M. Darmanin a envoyé un message à M. Barnier, décrypte un député LR: mieux vaut l'avoir au gouvernement que libre à l'extérieur.

Gabriel Attal de son côté n'a pas renoncé à des ambitions qui pourraient croiser celles de M. Darmanin à l'approche de la présidentielle de 2027. Il se dit, dans Le Point, pas "insensible" à être considéré comme le mieux placé pour succéder à Emmanuel Macron. "J'ai une histoire à écrire avec les Français", assure-t-il.

Il y a toujours "une opposition larvée" entre les deux hommes, relève un député EPR, qui n'y voit qu'une trêve temporaire.


Le porte-avions français passe le canal de Suez, en route vers la région du Golfe

Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
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  • Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français
  • Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées

PARIS: Le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte franchissent, mercredi, le canal de Suez pour se prépositionner dans la région du Golfe en cas de déclenchement d'une mission, promue par Londres et Paris, pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé le ministère des Armées.

"Le porte-avions Charles-De-Gaulle et ses escorteurs franchissent le canal de Suez mercredi 6 mai 2026, en route vers le sud de la mer Rouge", affirme le ministère dans un communiqué.

Cette décision vise "à réduire les délais de mise en œuvre de cette initiative dès que les circonstances le permettront", ajoute-il.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer sont à l'origine d'une initiative pour sécuriser la navigation dans le détroit, bloqué depuis le début du conflit opposant l'Iran aux Etats-Unis et à Israël le 28 février.

Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français.

Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées.

"Le mouvement du groupe aéronaval est distinct des opérations militaires initiées dans la région et complète le dispositif sécuritaire", a réaffirmé mercredi le ministère.

Sa présence à proximité du Golfe va permettre "d'évaluer l'environnement opérationnel régional par anticipation du déclenchement de l’initiative" et "d'offrir des options supplémentaires de sortie de crise pour renforcer la sécurité de la région", selon lui.

Le groupe aéronaval français doit également permettre d'"intégrer les moyens des pays qui veulent inscrire leur action dans un dispositif défensif et adapté, respectueux de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", ajoute-t-il.

Le porte-avions, qui embarque une vingtaine d'avions de combat Rafale et est escorté de plusieurs frégates, a appareillé fin janvier de Toulon pour un déploiement dans l'Atlantique Nord.

Il a été redirigé le 3 mars vers la Méditerranée orientale, où il se trouvait depuis, pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines.

Le blocage du détroit d'Ormuz a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril. Washington a en retour imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit. Cette opération a été suspendue mercredi.


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".


Pour Glucksmann, «il est bien trop tôt pour se déclarer candidat»

Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
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  • Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé
  • Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure

PARIS: Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat".

"Il est bien trop tôt pour se déclarer candidat. Ce qui m'obsède, c'est que la ligne politique que je porte soit capable de gagner l'élection présidentielle", a déclaré mercredi sur France 2 l'eurodéputé Place publique, le mieux placé selon les sondages pour porter une candidature de centre-gauche.

Il a défendu la démarche de "rassemblement" initiée par une quarantaine d'élus de la gauche et des écologistes, dont le patron des députés PS Boris Vallaud et l'écologiste Yannick Jadot.

Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé.

Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure.

"La malédiction de la gauche, c'est de ne parler qu'à la gauche", a-t-il expliqué. Pendant que la gauche fait une primaire, "Jean-Luc Mélenchon parlera aux Français, Jordan Bardella parlera aux Français".

Il a jugé "parfaitement normale" la candidature du leader insoumis "parce qu'en fait, nous incarnons des lignes totalement différentes".

"Donc il n'y aura pas de cris d'orfraie de ma part. C'est tout à fait logique qu'il y ait deux offres politiques qui s'affrontent quand il y a deux visions du monde qui s'affrontent", a-t-il estimé.