L'Iran appelle à ne pas politiser la saisie du navire sud-coréen

Le vice-ministre des Affaires étrangères sud-coréen Choi Jong-kun est arrivé dimanche à Téhéran pour une visite prévue de longue date (Photo, AFP/ Ministère des Affaires étrangères de l'Iran)
Le vice-ministre des Affaires étrangères sud-coréen Choi Jong-kun est arrivé dimanche à Téhéran pour une visite prévue de longue date (Photo, AFP/ Ministère des Affaires étrangères de l'Iran)
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Publié le Lundi 11 janvier 2021

L'Iran appelle à ne pas politiser la saisie du navire sud-coréen

  • Paris a exigé le 6 janvier «la libération immédiate» du pétrolier sud-coréen «Hankuk Chemi»
  • Condamnant «l'arraisonnement» du bateau, le Quai d'Orsay avait alors reproché à l'Iran d'alimenter «les tensions dans la région»

TÉHÉRAN: Téhéran a appelé lundi à ne pas politiser l'affaire du navire-citerne sud-coréen saisi par l'Iran dans le Golfe après que Paris et Washington ont appelé la République islamique à libérer immédiatement ce bateau. 

« Nous avons déclaré à plusieurs reprises (...) aux parties qui sont intervenues, qu'il s'agisse des États-Unis ou de la France, que l'affaire ne les concerne pas du tout et qu'ils ne contribueront pas à résoudre un problème technique s'ils le politisent », a dit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh, lors d'une conférence de presse à Téhéran. 

Paris a exigé le 6 janvier « la libération immédiate » du pétrolier sud-coréen « Hankuk Chemi », deux jours après que les forces armées iraniennes eurent saisi ce navire en l'accusant de provoquer une pollution maritime dans le Golfe. 

Condamnant « l'arraisonnement » du bateau, le Quai d'Orsay avait alors reproché à l'Iran d'alimenter « les tensions dans la région ». 

À Washington, le département d'Etat avait lancé dès le 4 janvier un appel similaire, voyant dans la saisie du navire »une tentative d'extorsion (visant) la communauté internationale dans le but d'alléger la pression des sanctions » américaines contre l'Iran. 

Le vice-ministre des Affaires étrangères sud-coréen Choi Jong-kun est arrivé dimanche à Téhéran pour une visite prévue de longue date. 

Selon l'agence sud-coréenne Yonhap, il entend »négocier la libération rapide » du bateau et de son équipage. 

Mais selon les Affaires étrangères iraniennes, l'« objet principal » de la visite de M. Choi est de « discuter de la manière d'accéder aux ressources financières de l'Iran en Corée ». 

L'arraisonnement du pétrolier est survenu au moment où Téhéran presse les Sud-Coréens de débloquer des sommes de plusieurs milliards d'euros gelées en raison des sanctions américaines. 

M. Choi Jong-kun a rencontré dimanche le vice-ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi et devait s'entretenir lundi avec le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. 

Aucune information n'a filtré sur les discussions. 

Les Sud-Coréens « avaient des questions sur des problèmes techniques liés au navire auxquelles nous avons répondu », a déclaré M. Khatibzadeh lundi, sans autre précision. 


Le président libanais se déchaîne contre le Hezbollah, veut des négociations avec Israël

Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
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  • Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël
  • "Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du Hezbollah

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre.

Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

"Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du groupe pro-iranien.

Il a tenu ces propos lors d'une rencontre par visioconférence avec les chefs des institutions européennes Ursula von der Leyen et Antonio Costa.

Joseph Aoun a qualifié le Hezbollah "de faction armée échappant à l'autorité de l'Etat au Liban, qui n'accorde aucun poids aux intérêts du Liban, ni à la vie de son peuple".

Il a assuré que la décision, lundi, du gouvernement d'interdire toute activité militaire ou sécuritaire du Hezbollah était "claire et irrévocable". "C'est ce que nous voulons mettre en oeuvre avec fermeté et clarté", a déclaré Joseph Aoun.

Le chef de l'Etat a proposé, pour mettre un terme à la guerre, "une trêve" avec Israël, suivie par une aide logistique à l'armée libanaise pour qu'elle puisse se déployer dans les zones de conflit et "désarmer le Hezbollah".

Dans le même temps, il s'est déclaré pour "que le Liban et Israël entament des négociations directes sous parrainage international" entre les deux pays toujours en état de guerre.

Les frappes israéliennes ont fait depuis le 2 mars près de 400 morts et un demi-million de déplacés.

 


Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud

Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud
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  • Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani
  • Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média

BEYROUTH: Un prêtre a été tué lundi par des tirs d'artillerie de l'armée israélienne dans un village du sud du Liban, particulièrement touché par la reprise du conflit entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), des habitants et une source médicale à l'AFP.

La victime, Pierre Raï, était le curé de la paroisse de Qlayaa, qui fait partie des villages chrétiens frontaliers du sud du Liban ayant décidé de se tenir à l'écart du conflit et de ne pas suivre les ordres d'évacuation israéliens.

Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani.

Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média.

Un second tir sur la maison a blessé le prêtre et trois autres habitants, selon des résidents du village, qui ont raconté à l'AFP être accourus sur place avec des secouristes de la Croix rouge libanaise.

Le prêtre a plus tard succombé à ses blessures, a affirmé une source médicale.

Les motivations de l'attaque israélienne contre cette maison située en bordure du village restent pour l'instant inconnues.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël qui mène depuis des représailles massives.

L'armée israélienne a ordonné à plusieurs reprises aux habitants d'une vaste partie du sud du Liban de partir, provoquant un exode massif.

Le curé avait pris part vendredi à un rassemblement devant une église de Marjeyoun, localité avoisinante, où plusieurs dizaines d'habitants se sont dit résolus à rester sur leurs terres.

"Lorsque nous défendons nos terres, nous le faisons en tant que pacifistes qui ne portent que des armes de paix", avait alors déclaré Pierre Raï.

Il avait appelé à considérer Marjeyoun comme "une zone rouge", c'est-à-dire qui ne devrait pas abriter des déplacés de la zone partisans du Hezbollah.

 


Liban: nouvelle frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth

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  • L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth
  • Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan

BEYROUTH: L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle) et les images de l'AFPTV.

Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan, liée au Hezbollah, implantée notamment dans les fiefs de la formation.