Les leaders mondiaux du climat se réunissent à Riyad pour faire face à la pénurie d'eau et aux conditions météorologiques extrêmes

Osama Faqeeha, vice-ministre saoudien de l'environnement, ainsi que des responsables de la CCD et d'autres experts lors d'une conférence de presse au premier jour de la COP 16 à Riyad. (AN photo Huda Bashatah)
Osama Faqeeha, vice-ministre saoudien de l'environnement, ainsi que des responsables de la CCD et d'autres experts lors d'une conférence de presse au premier jour de la COP 16 à Riyad. (AN photo Huda Bashatah)
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Publié le Dimanche 08 décembre 2024

Les leaders mondiaux du climat se réunissent à Riyad pour faire face à la pénurie d'eau et aux conditions météorologiques extrêmes

  • En 2020, le prince héritier Mohammed ben Salmane a lancé le Centre régional pour le changement climatique, qui fournit des recherches sur les conditions climatiques en Arabie saoudite et dans le Conseil de coopération du Golfe.
  • Andrew Robertson, a déclaré que le changement climatique avait un impact plus important que la moyenne mondiale sur cette région, qui connaît certaines des augmentations de température les plus élevées au monde.

RIYAD : Des experts internationaux se sont réunis à Riyad pour la 16^e session de la Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, qui a lieu du 2 au 13 décembre. L'objectif était d'examiner la prévalence croissante des inondations et des sécheresses, ainsi que les moyens d'en atténuer l'impact.

En Arabie saoudite, pays connu pour son climat aride et ses vastes déserts, ces phénomènes météorologiques extrêmes pourraient avoir de lourdes conséquences sur les ressources en eau.

Andrew Robertson, chercheur principal au Centre de recherche sur le système climatique de l'université de Columbia et à l'Institut international de recherche sur le climat et la société, a déclaré que le changement climatique avait un impact plus important que la moyenne mondiale sur cette région, qui connaît certaines des augmentations de température les plus élevées au monde.

Robertson a souligné les progrès qui pourraient aider l'Arabie saoudite à atténuer les conditions climatiques difficiles à l'avenir.

« L'alerte précoce en cas de canicule (...) sera importante à l'avenir », a-t-il ajouté.

Les prévisions saisonnières avancées peuvent considérablement aider les populations à s'adapter aux conditions météorologiques extrêmes, a-t-il ajouté.

« Le temps n'est pas constant ; il fluctue chaque jour et même chaque année », a-t-il ajouté.

Bien que le climat de l'Arabie saoudite soit essentiellement sec, le pays n'est pas à l'abri des inondations. Les précipitations intenses, souvent liées aux conditions météorologiques saisonnières, peuvent provoquer des inondations urbaines, en particulier dans les zones où les systèmes de drainage sont inadéquats.

L'inondation dévastatrice de 2009 à Djeddah, par exemple, a entraîné d'importants dégâts matériels, des pertes humaines et des perturbations économiques.

Les inondations n'endommagent pas seulement les infrastructures, elles exacerbent également des problèmes tels que l'érosion des sols et la pollution de l'eau, ce qui met encore plus à l'épreuve les ressources en eau déjà limitées du pays.

En 2020, le prince héritier Mohammed ben Salmane a lancé le Centre régional pour le changement climatique, qui mène des recherches sur les conditions climatiques en Arabie saoudite et dans le Conseil de coopération du Golfe.

Mazen Asiri, directeur exécutif du centre, a déclaré à Arab News que celui-ci visait à développer une base de données à haute résolution sur le changement climatique, avec des projections jusqu'en 2100. Cette base de données permettra d'analyser divers scénarios climatiques afin d'évaluer l'impact du changement climatique et de l'activité humaine sur l'environnement.

La sécheresse constitue un autre défi majeur pour l'Arabie saoudite, car c'est l'un des pays les plus pauvres en eau au monde. Dépourvu de rivières, le pays dépend fortement du dessalement et des eaux souterraines pour subvenir à ses besoins.

Conscient de la menace que représente la sécheresse, le gouvernement saoudien met activement en œuvre des stratégies de conservation et de gestion de l'eau. Des initiatives telles que la collecte des eaux de pluie et l'ensemencement des nuages offrent des solutions prometteuses pour relever les défis liés à l'eau dans le pays.

Asiri a déclaré : « Nous avons vu aujourd'hui des exemples d'utilisation de techniques telles que l'ensemencement du ciel dans les zones montagneuses pendant la saison hivernale pour créer de la neige. Il s'agit d'une étude récente, mais toujours en cours, qui pourrait s'avérer fructueuse dans les régions montagneuses du pays, comme Tabuk. »

Il a ajouté : « Cette méthode peut contribuer à développer le tourisme et à garantir l'approvisionnement en eau. Elle permettra également d'améliorer la couverture végétale et la biodiversité. »

Asiri a souligné l'importance de la sensibilisation du public aux questions environnementales, ainsi que le rôle des médias à cet égard. « Nous devrions mettre l'accent sur l'éducation dès le plus jeune âge pour obtenir des résultats positifs à long terme. Nous proposons également des ateliers dans notre centre et dans d'autres entités similaires, qui permettent de sensibiliser le public à ces questions », a-t-il déclaré.


L'ONU contrainte de réduire "considérablement" son aide alimentaire en Syrie

Des employés du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies distribuent des colis d’aide aux Syriens déplacés avant l’arrêt des livraisons d’assistance, dans le camp d’Atmé, en périphérie d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, le 6 décembre 2023. (Archive/AFP)
Des employés du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies distribuent des colis d’aide aux Syriens déplacés avant l’arrêt des livraisons d’assistance, dans le camp d’Atmé, en périphérie d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, le 6 décembre 2023. (Archive/AFP)
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  • Le PAM réduit fortement son aide alimentaire en Syrie et dans les pays voisins à cause d’un manque critique de financement, touchant des millions de personnes vulnérables
  • L’assistance passe de 1,3 million à 650 000 bénéficiaires, avec une baisse de couverture de 14 à 7 gouvernorats, alors que 7,2 millions de Syriens restent en insécurité alimentaire aiguë

ROME: Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU a annoncé mercredi avoir dû "réduire considérablement" ses opérations d'aide en Syrie et auprès des réfugiés syriens dans les pays voisins en raison de "pénuries critiques de financement".

"Le PAM a réduit de 50% son assistance alimentaire d’urgence, passant de 1,3 million de personnes à 650.000 en mai, et a mis fin à un programme national de subvention du pain qui soutenait quotidiennement des millions de personnes", souligne l'agence de l'ONU, basée à Rome, dans un communiqué.

"La réduction de l’assistance du PAM est uniquement dictée par les contraintes de financement, et non par une diminution des besoins", a déclaré Marianne Ward, directrice du Programme alimentaire mondial pour la Syrie, citée dans le communiqué.

L'agence de l'ONU rappelle que même s'il y a "des signes de stabilisation dans certaines parties du pays, 7,2 millions de personnes en Syrie restent en insécurité alimentaire aiguë, dont 1,6 million confrontées à des conditions sévères".

Alors qu'en 2025, le PAM a pu aider 5,8 millions de personnes dans les 14 gouvernorats de Syrie via différents programmes, "les contraintes de financement persistantes obligent désormais à réduire davantage la couverture, qui passe de quatorze à seulement sept gouvernorats", ajoute le communiqué.

Les pénuries de financement touchent également les réfugiés syriens se trouvant dans les pays voisins tels que le Liban, la Jordanie ou encore l'Egypte, "où la hausse des coûts, l’instabilité persistante et le manque d’opportunités de revenus accentuent la vulnérabilité", note le PAM.

L'agence de l'ONU dit avoir besoin de "189 millions de dollars pour les six prochains mois (juin–novembre 2026) afin de maintenir et de rétablir une assistance vitale à l’intérieur de la Syrie".

"Un financement rapide permettra au PAM d’atteindre 1,6 million des personnes les plus vulnérables, de maintenir un soutien nutritionnel essentiel, de garantir l’accès à du pain abordable pour des millions d’autres et de contribuer à prévenir une nouvelle détérioration à un moment qui demeure déterminant pour le relèvement de la Syrie", souligne le communiqué. 


Le Koweït dit avoir déjoué une tentative d'«infiltration» de Gardiens de la Révolution iraniens

Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran. (AFP)
Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran. (AFP)
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  • Les quatre hommes, deux colonels de la marine, un capitaine et un lieutenant de vaisseau, ont avoué avoir été chargés par l'armée idéologique de la République islamique d'Iran "d'infiltrer l'île de Bubiyan"
  • Lors d'échanges de tirs avec les forces armées koweïtiennes stationnées sur l'île, un militaire koweïtien "a été blessé" et deux membres du groupe des Gardiens de la Révolution sont parvenus à "prendre la fuite", selon la même source

KOWEIT: Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran.

Les quatre hommes, deux colonels de la marine, un capitaine et un lieutenant de vaisseau, ont avoué avoir été chargés par l'armée idéologique de la République islamique d'Iran "d'infiltrer l'île de Bubiyan", a indiqué le ministère de l'Intérieur du Koweït dans un communiqué publié par l'agence nationale Kuna.

Ils ont tenté d'atteindre cette île, la plus grande du Koweït, proche des côtes iraniennes, "le vendredi 1er mai à bord d'un bateau de pêche spécialement affrété pour mener des actions hostiles contre le Koweït", précise le communiqué.

Lors d'échanges de tirs avec les forces armées koweïtiennes stationnées sur l'île, un militaire koweïtien "a été blessé" et deux membres du groupe des Gardiens de la Révolution sont parvenus à "prendre la fuite", selon la même source.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a jugé de son côté "absolument infondées" les "allégations formulées par le Koweït, selon lesquelles l'Iran planifierait de mener des actions hostiles contre le Koweït". Et il a demandé dans un communiqué à pouvoir s'entretenir avec ses ressortissants détenus ainsi que "leur libération immédiate".

Le ministère des Affaires étrangères du Koweït a annoncé de son côté avoir convoqué l'ambassadeur iranien dans le pays, Mohammad Toutounji, "à qui une lettre de protestation a été remise à la suite de l'infiltration sur l'île de Bubiyan d'un groupe armé appartenant aux Gardiens de la Révolution et de son engagement dans des affrontements avec les forces armées koweïtiennes".

Le ministère, qui dénonce un "acte hostile" iranien et une "atteinte flagrante" à sa souveraineté, affirme que le Koweït se réserve pleinement "le droit de se défendre".

Il s'agit de la quatrième convocation de M. Toutounji depuis que l'Iran a commencé à viser les pétromonarchies du Golfe alliées des Etats-Unis en représailles à l'attaque israélo-américaine déclenchée le 28 février.

Le 3 mai, le ministère de la Défense du Koweït avait indiqué avoir appréhendé quatre personnes tentant de rejoindre le Koweït par la mer.

Depuis le début de la guerre, les autorités du Koweït ont multiplié les opérations contre des personnes ou organisations soupçonnées d'être liées à la République islamique ou de la soutenir.

Mi-avril, 24 personnes ont été arrêtées au Koweït pour financement d'entités "terroristes", selon le ministère de l'Intérieur de cette monarchie du Golfe, une source de sécurité précisant que cinq anciens parlementaires faisaient partie des mis en cause.

En mars, le Koweït avait arrêté six personnes soupçonnées de liens avec le Hezbollah libanais, dans le cadre d'une enquête sur des projets "d'assassinats" dans le pays.

Le mouvement islamiste pro-iranien a déjà démenti plusieurs fois toute présence au Koweït.


Tunisie: peine de trois ans et demi de prison confirmée contre deux journalistes 

La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire". (AFP)
La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire". (AFP)
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  • La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus
  • En janvier, les deux journalistes avaient été condamnés en première instance à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale"

TUNIS: La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire".

"Nous sommes très déçus de ce verdict" qui confirme la peine de première instance, a réagi à l'AFP l'avocat des deux accusés, Sami Ben Ghazi.

En janvier, les deux journalistes avaient été condamnés en première instance à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale".

En début d'audience mardi, le juge a posé de nombreuses questions à MM. Zeghidi et Bsaies, sur leurs biens, leurs sources de revenus et les impôts versés, selon une journaliste de l'AFP.

"Zéro, niente, je n'ai ni biens immobiliers, ni bijoux, ni grosses voitures", a répondu Mourad Zeghidi.

Le magistrat l'a questionné à propos des rétributions tirées de chaque média et chaque émission (radio et télévision) où il apparaissait, sur la gestion de sa société, sur des virements reçus en Tunisie et depuis l'étranger.

Il a aussi demandé à M. Bsaies pourquoi il avait quitté son métier d'enseignant, la profession de son épouse et avec quels moyens elle avait lancé une école.

Dans sa plaidoirie, l'avocat des deux accusés, Sami Ben Ghazi, s'est demandé pourquoi "des déclarations fiscales (jugées) insuffisantes se sont transformées en (une accusation de) blanchiment d'argent".

Avant l'annonce du verdict, le défenseur et d'autres avocats avaient demandé le non-lieu et la libération des accusés.

Des diplomates représentant la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Union européenne ont assisté à l'audience.

"Acharnement judiciaire" 

Les deux chroniqueurs avaient été emprisonnés en mai 2024 pour des déclarations à la radio et à la télévision considérées comme critiques du président Kais Saied.

Alors qu'ils étaient libérables en janvier 2025 après avoir purgé huit mois de prison, de nouvelles poursuites avaient été lancées pour des malversations financières présumées.

A la veille du procès, le directeur régional de RSF Oussama Bouagila a affirmé dans un communiqué qu'"après 23 mois d'enquête, aucun élément sérieux n'a été établi: ni flux suspect, ni actif caché, ni preuve crédible".

"Cet acharnement judiciaire ne doit pas faire oublier l'essentiel: c'est leur travail journalistique qui est à l'origine de ces poursuites", a-t-il dit.

Un autre journaliste de renom, Zied el-Heni, a été condamné le 7 mai à un an de prison ferme, pour "atteinte à autrui", après de virulentes critiques contre des décisions judiciaires visant des collègues journalistes.

L'ONG Al Khatt, maison-mère du média indépendant d'investigation Inkyfada, risque de disparaître, sous le coup d'une demande de dissolution demandée par le gouvernement à la justice tunisienne.

Les opposants et défenseurs des droits tunisiens ainsi que plusieurs ONG internationales ont dénoncé un recul des droits fondamentaux en Tunisie depuis un coup de force du président Saied à l'été 2021, par lequel il s'est octroyé les pleins pouvoirs.

Dans un communiqué lundi, l'organisation Amnesty International, basée à Londres, a accusé le pouvoir tunisien de "tentatives d'utiliser les moyens judiciaires pour éliminer purement et simplement les ONG".