La croissance du marché halal : L'innovation au cœur des discussions lors du Forum de La Mecque

Le Makkah Halal Forum réunit des leaders du secteur venus du monde entier pour discuter des innovations, des meilleures pratiques et de la durabilité. (SPA)
Le Makkah Halal Forum réunit des leaders du secteur venus du monde entier pour discuter des innovations, des meilleures pratiques et de la durabilité. (SPA)
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Publié le Mercredi 26 février 2025

La croissance du marché halal : L'innovation au cœur des discussions lors du Forum de La Mecque

  • Le marché halal est reconnu à l'échelle mondiale, selon un dirigeant d'entreprise alimentaire.
  • La certification normalisée est la clé de la confiance des consommateurs et du maintien des normes.

MAKKAH : Lors du Forum Halal de La Mecque, les participants ont partagé des idées innovantes, en particulier sur les nouvelles technologies, visant à dynamiser le secteur mondial et à consolider la position de l'Arabie saoudite en tant que leader dans ce secteur.

L'événement, qui s'est ouvert le 25 février et se terminera jeudi, se tient au Centre d'exposition et d'événements de la Chambre de commerce de La Mecque et a pour thème "Le développement durable grâce au halal".

L'événement rassemble des leaders du secteur venus du monde entier pour discuter des innovations, des meilleures pratiques et de la durabilité.

L'événement vise à relever les défis et à façonner l'avenir de l'industrie halal, avec des entreprises de 150 pays formant des partenariats stratégiques pour développer le commerce halal et soutenir les entreprises émergentes.

Le marché mondial du halal doit atteindre 7 700 milliards de dollars d'ici à 2025, le secteur de l'alimentation et des boissons halal y contribuant à hauteur de 3 300 milliards de dollars.

D'ici à 2034, le marché halal mondial devrait atteindre 9,45 billions de dollars, à un taux annuel de 12,42%, selon l'agence de presse saoudienne.

Zulfiqar Hamadani, PDG de Tanmiah Food Co, a souligné la croissance rapide de l'industrie alimentaire halal sur les marchés mondiaux, en citant la sensibilisation croissante des consommateurs et la demande d'options alimentaires durables et plus saines.

S'exprimant sur l'évolution de la perception des produits halal, M. Hamadani a mis en évidence les principaux défis et opportunités pour l'industrie.

"Le halal est le type de protéine qui connaît la croissance la plus rapide sur le marché mondial", a-t-il déclaré.

« Il y a des défis à relever, mais les consommateurs occidentaux et ceux des pays à majorité non musulmane reconnaissent déjà que les produits halal sont plus durables et plus sains », a-t-il ajouté. 

L'une des principales raisons, a expliqué M. Hamadani, est le processus d'abattage halal, qui garantit l'évacuation complète du sang de l'animal, réduisant ainsi le risque de maladies, en particulier les zoonoses.

Toutefois, il a souligné que le halal ne se limite pas à la méthode d'abattage.

M. Hamadani a appelé au renforcement du processus de certification afin d'accroître la confiance des consommateurs et de garantir la cohérence des normes halal dans le monde entier.

"La certification est la première chose à laquelle nous devons parvenir", a-t-il déclaré, invitant les chefs d'entreprise à travailler à la normalisation des réglementations.

Il a également souligné l'importance de la recherche et du développement pour moderniser les offres alimentaires halal. Traditionnellement, le halal est surtout associé aux méthodes d'abattage.

Mais il a souligné qu'il s'étendait à tous les aspects de la production alimentaire, de la ferme à l'assiette. Cela inclut le financement conforme à la charia, le traitement éthique des animaux et les pratiques agricoles durables.

Igor Marti, vice-président des marchés halal chez BRF Foods, a fait part de son point de vue sur la manière dont l'industrie halal peut s'adapter à l'évolution des demandes des consommateurs : « Dans le monde rapide d'aujourd'hui, les consommateurs recherchent la commodité sans faire de compromis sur la santé et la transparence ».

« 98% de toute l'énergie consommée par BRF Foods provient de sources renouvelables », a révélé M. Marti.

Irwandi Jaswir, doyen adjoint de l'Institut international de recherche et de formation halal de l'Université islamique internationale de Malaisie, a souligné le rôle essentiel de l'innovation et de la recherche dans l'unification des normes halal, la promotion de la durabilité et la garantie du respect de l'éthique sur le marché mondial.

S'exprimant lors de la première session du panel, "Industry Innovation for Sustainable Halal Food and Beverage", Irwandi a souligné la nécessité d'efforts de collaboration et de solutions de pointe pour relever les défis en constante évolution du secteur de l'alimentation et des boissons halal.

Yousef Khalawi, Secrétaire Général de la Chambre Islamique de Commerce et de Développement, a souligné la nécessité de mettre en place des mécanismes de contrôle et d'accréditation solides pour garantir la sécurité et la qualité des produits halal.

Il a souligné que si tout est considéré comme halal dans les pays musulmans par défaut, les complexités de la vie moderne - en particulier l'importation de produits alimentaires - exigent une vérification approfondie des ingrédients tels que les arômes, les colorants et les stabilisants utilisés dans la fabrication des aliments.

Au cours de la deuxième table ronde, Dino Selimovic, conseiller du ministre des Affaires étrangères de Bosnie-et-Herzégovine, a mis l'accent sur la diversité culturelle, ethnique et religieuse de l'Europe et a souligné le rôle de la nation dans l'introduction du mode de vie halal dans la région.

Il a noté la présence croissante de produits et de services certifiés halal, indiquant que le pays en compte désormais plus de 10 000.

Iqbal Sacranie, président du Muslim Trade Forum UK, a souligné la croissance rapide de l'économie halal au Royaume-Uni et dans toute l'Europe.

Bien que les musulmans ne représentent qu'environ 6% de la population britannique - soit 4 à 5 millions de personnes -, M. Sacranie a expliqué que cette expansion est également motivée par des considérations éthiques, de nombreux non-musulmans s'engageant de plus en plus dans des secteurs tels que la finance conforme à la charia.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com  


Le prince héritier saoudien et le président ukrainien tiennent des pourparlers à Djeddah

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  • Zelensky s’est rendu à Djeddah et a rencontré le prince héritier saoudien pour renforcer les relations bilatérales
  • Les discussions portent sur la coopération en sécurité, énergie et infrastructures, après un soutien financier européen

DJEDDAH : Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est arrivé à Djeddah vendredi pour sa deuxième visite en Arabie saoudite en un mois.

Au cours de cette visite, Zelensky a rencontré le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, où les deux dirigeants ont discuté des moyens de renforcer les liens entre Kyiv et Riyad et d’élargir la coopération dans des secteurs clés, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

« Hier, lors d’une réunion avec des dirigeants européens, nous avons obtenu des garanties financières pour notre résilience. Aujourd’hui, nous faisons avancer nos accords avec l’Arabie saoudite dans les domaines de la sécurité, de l’énergie et des infrastructures », a déclaré Zelensky dans un message publié sur X à son arrivée dans le Royaume. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Washington sanctionne Bagdad pour l'obliger à démanteler les milices pro-Iran

 Les Etats-Unis ont suspendu la livraison de dollars à Bagdad, ainsi que des programmes de coopération militaire, espérant forcer l'Irak à démanteler les milices pro-iraniennes qu'ils accusent d'attaques récentes contre des intérêts américains, selon des médias. (AFP)
 Les Etats-Unis ont suspendu la livraison de dollars à Bagdad, ainsi que des programmes de coopération militaire, espérant forcer l'Irak à démanteler les milices pro-iraniennes qu'ils accusent d'attaques récentes contre des intérêts américains, selon des médias. (AFP)
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  • Un responsable de la Banque centrale irakienne a de son côté indiqué à l'AFP que les livraisons de dollars avaient cessé pendant la guerre régionale "en raison de la suspension des vols et de la situation sécuritaire"
  • Il a ajouté que la Banque centrale n'avait pas demandé plus de dollars, car elle dispose de réserves suffisantes et qu'il n'y a "actuellement aucun besoin de les augmenter"

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont suspendu la livraison de dollars à Bagdad, ainsi que des programmes de coopération militaire, espérant forcer l'Irak à démanteler les milices pro-iraniennes qu'ils accusent d'attaques récentes contre des intérêts américains, selon des médias.

Le Wall Street Journal, citant des sources officielles irakiennes et américaines, a affirmé mardi soir que Washington avait, pour la deuxième fois depuis le début de la guerre, suspendu la livraison par avion-cargo de près de 500 millions de dollars en cash, provenant des ventes de pétrole irakien.

Un responsable du gouvernement irakien a affirmé à l'AFP que seul un envoi n'était pas arrivé, invoquant "des raisons logistiques liées à la guerre" et la fermeture de l'espace aérien.

Un responsable de la Banque centrale irakienne a de son côté indiqué à l'AFP que les livraisons de dollars avaient cessé pendant la guerre régionale "en raison de la suspension des vols et de la situation sécuritaire".

Il a ajouté que la Banque centrale n'avait pas demandé plus de dollars, car elle dispose de réserves suffisantes et qu'il n'y a "actuellement aucun besoin de les augmenter".

Les revenus des exportations de pétrole irakiennes sont en grande partie déposés à la Réserve fédérale de New York, en vertu d'un arrangement conclu après l'invasion américaine de 2003, qui avait renversé Saddam Hussein.

Un accord qui donne à Washington un levier majeur sur les autorités de Bagdad.

En parallèle, les Etats-Unis ont suspendu le financement de formations des forces armées irakiennes et de programmes de lutte contre les jihadistes, au premier rang desquels le groupe Etat islamique.

Un responsable de la sécurité irakien a confirmé à l'AFP l'arrêt de cette coopération bilatérale, en raison "des milices et des (...) bombardements".

Il n'a fourni aucun détail mais les deux pays coopèrent depuis plusieurs années, en particulier dans la lutte antijihadiste.

L'Irak, voisin de l'Iran, a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient par des frappes imputées aux Etats-Unis ou à Israël visant des groupes pro-iraniens. Ces derniers ont revendiqué des attaques contre les intérêts américains dans le pays.

L'équilibre précaire de l'Irak 

Au début de la guerre régionale déclenchée par les frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février, Washington et Bagdad avaient déclaré vouloir "intensifier la coopération" pour prévenir les attaques contre les intérêts américains et garantir que le territoire irakien ne serait pas utilisé pour ces opérations.

Mais Washington s'est plaint d'efforts insuffisants de la part de l'Irak, qui tente depuis des années de conserver un équilibre précaire entre ses liens avec les Etats-Unis et sa proximité avec Téhéran.

Le 9 avril, le département d'Etat américain avait déclaré avoir "convoqué" l'ambassadeur irakien à Washington, pour condamner ces attaques.

Sollicitée mercredi par l'AFP, la diplomatie américaine n'a pas confirmé la suspension des livraisons de dollars mais affirmé que "l'incapacité du gouvernement irakien à prévenir ces attaques (...) nuit aux relations entre les Etats-Unis et l'Irak".

"Les Etats-Unis ne toléreront pas les attaques contre leurs intérêts et attendent du gouvernement irakien qu'il prenne immédiatement toutes les mesures nécessaires pour démanteler les milices alignées sur l'Iran en Irak", a déclaré le porte-parole par intérim du département d'Etat, Tommy Pigott.

Plusieurs de ces factions ont cessé leurs attaques contre les "bases ennemies" dans le pays et la région après le cessez-le-feu irano-américain.

Avant la fin des combats, l'ambassade des Etats-Unis en Irak avait rapporté "de nombreuses attaques de drones" lancées selon elle par des milices pro-iraniennes contre des installations diplomatiques et l'aéroport international de Bagdad.

En janvier, Donald Trump avait menacé de retirer tout soutien à Bagdad si l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, 75 ans, perçu comme proche de l'Iran, revenait au pouvoir.

L'Iran, pour autant, n'entend pas lâcher ses leviers sur son voisin.

Le général Esmaïl Qaani, un haut responsable militaire iranien, s'est rendu samedi à Bagdad pour rencontrer des responsables politiques et des groupes armés pro-iraniens, a indiqué à l'AFP un haut responsable irakien.


Journaliste tuée: les dirigeants libanais dénoncent un «crime de guerre»

Les proches et les amis d'Amal Khalil, correspondante chevronnée du quotidien Al-Akhbar tuée lors d'une frappe aérienne israélienne qui aurait eu lieu dans le sud du Liban, se recueillent chez elle, dans le village de Bisariyeh, le 23 avril 2026. (AFP)
Les proches et les amis d'Amal Khalil, correspondante chevronnée du quotidien Al-Akhbar tuée lors d'une frappe aérienne israélienne qui aurait eu lieu dans le sud du Liban, se recueillent chez elle, dans le village de Bisariyeh, le 23 avril 2026. (AFP)
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  • "Israël cible délibérément les journalistes dans le but de cacher la vérité sur ses crimes contre le Liban", a affirmé le président Joseph Aoun, dénonçant "des crimes de guerre"
  • Le Premier ministre Nawaf Salam a estimé lui aussi que "cibler des journalistes et entraver l'accès des équipes de secours constitue un crime de guerre", assurant que son pays poursuivra l'affaire devant les instances internationales

BEYROUTH: Les dirigeants libanais ont accusé jeudi Israël d'avoir perpétré un "crime de guerre" après la mort d'une journaliste dans une frappe aérienne israélienne dans le sud du pays.

Amal Khalil, 42 ans, journaliste du quotidien Al-Akhbar, a été tuée mercredi et sa collègue indépendante Zeinab Faraj blessée dans cette frappe dans le sud, où les forces israéliennes occupent plusieurs régions.

"Israël cible délibérément les journalistes dans le but de cacher la vérité sur ses crimes contre le Liban", a affirmé le président Joseph Aoun, dénonçant "des crimes de guerre".

Le Premier ministre Nawaf Salam a estimé lui aussi que "cibler des journalistes et entraver l'accès des équipes de secours constitue un crime de guerre", assurant que son pays poursuivra l'affaire devant les instances internationales.

Les deux journalistes s'étaient réfugiées dans une maison du village d'al-Tiri, après qu'une frappe israélienne a visé une voiture qui les précédait, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Les deux occupants du véhicule, le maire de la ville voisine de Bint Jbeil, occupée par Israël, et un homme qui l'accompagnait, ont été tués, a précisé la même source.

Une frappe israélienne a ensuite visé la maison où s'étaient réfugiées les deux journalistes. Les secours ont évacué dans un premier temps la journaliste blessée, avant que "des tirs israéliens visent l'ambulance", selon le ministère de la Santé.

Les autorités libanaises ont dû mener des contacts avec les Casques bleus déployés dans le sud du Liban et il a fallu plusieurs heures avant que les secouristes puissent à nouveau accéder au secteur pour retirer des décombres le corps de l'autre journaliste.

Le ministère de la Santé a accusé jeudi Israël d'avoir "entravé les opérations de sauvetage" et "visé une ambulance portant clairement le signe de la Croix-Rouge".

L'armée israélienne a de son côté affirmé avoir frappé dans le secteur d' al-Tiri deux véhicules à bord desquels se trouvaient des "terroristes", qui avaient "franchi la ligne de défense avancée" de ses troupes dans le sud du Liban.

Israël dit avoir tracé une "ligne jaune" ou ligne de défense avancée en profondeur dans le sud du Liban où ses troupes sont entrées, et interdit aux habitants d'y retourner.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril, après une guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien qui a fait plus de 2.400 morts au Liban.

L'armée israélienne a démenti avoir "empêché les équipes de secours d'accéder à la zone". Elle a indiqué que "des informations font état de deux journalistes blessés lors des frappes" et affirmé que l'incident était "en cours d'examen".

Correspondante dans le sud du Liban pour le journal al-Akhbar, proche du Hezbollah, Amal Khalil a couvert les différentes guerres dans cette région. Elle était connue pour son courage et était respectée par ses collègues.

Le 28 mars, trois journalistes avaient été tués dans une frappe israélienne dans le sud et des experts de l'ONU avaient réclamé une enquête internationale.