L'essor du marché du travail saoudien : Un nouveau moteur économique mondial

Les femmes occupent des postes dans divers secteurs, contribuant ainsi à la réalisation des objectifs de transformation économique du Royaume (SPA).
Les femmes occupent des postes dans divers secteurs, contribuant ainsi à la réalisation des objectifs de transformation économique du Royaume (SPA).
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Publié le Dimanche 09 mars 2025

L'essor du marché du travail saoudien : Un nouveau moteur économique mondial

  • Le Royaume est prêt à atteindre les objectifs ambitieux de son plan Vision 2030 et à promouvoir une main-d'œuvre dynamique et diversifiée.
  • Ces initiatives permettent à la main-d'œuvre locale d'acquérir les compétences nécessaires pour prospérer dans des secteurs tels que la fabrication de pointe, les soins de santé et les services financiers

RIYAD : De l'innovation technologique au boom touristique, le marché du travail saoudien est en pleine transformation, visant à réduire sa dépendance au pétrole tout en créant des emplois dans la construction, les énergies vertes et bien d'autres secteurs.

Des initiatives gouvernementales telles que le plan de nationalisation saoudien et l'initiative Nitaqat ont joué un rôle essentiel dans le façonnement du marché du travail.

Ces politiques ont encouragé les employeurs du secteur privé à embaucher davantage de ressortissants du Royaume dans diverses industries, ce qui a entraîné une réduction significative des taux de chômage.

L'engagement à renforcer la participation de la main-d'œuvre a également contribué à un marché du travail plus inclusif, tandis que l'accent stratégique mis sur le développement d'une économie fondée sur la connaissance a conduit à des investissements accrus dans les programmes d'éducation et de formation professionnelle.

Ces initiatives permettent à la main-d'œuvre locale d'acquérir les compétences nécessaires pour prospérer dans des secteurs tels que la fabrication de pointe, les soins de santé et les services financiers, ce qui accélère encore la croissance de l'emploi.

Le boom de la construction stimule la création d'emplois

Le secteur de la construction et des infrastructures a connu une croissance exponentielle ces dernières années, soutenant l'expansion économique du Royaume, avec des attributions de contrats en 2024 atteignant 146,8 milliards de dollars, un record, dépassant le chiffre de 118,7 milliards de dollars en 2023, selon une mise à jour du marché des projets GCC de Kamco Invest.

L'Arabie saoudite représentait plus de 53,8% du total des attributions de projets dans l'ensemble du Conseil de coopération du Golfe en 2024, selon le rapport. 

Sachin Kerur, associé directeur du Moyen-Orient chez Reed Smith, a déclaré à Arab News que ce boom entraîne une augmentation des opportunités pour les chefs de projet, les concepteurs, les architectes et de nombreux autres professionnels de la construction.

"Toute personne étudiant le plan Vision 2030 ou visitant les villes importantes du Royaume sera très consciente de la construction de logements à grande échelle, de réseaux ferroviaires et routiers, de nouveaux aéroports, d'infrastructures pour les grands événements sportifs et d'usines de production industrielle", a déclaré M. Kerur. La construction liée au tourisme a également connu un essor, les nouveaux hôtels et centres de villégiature embauchant davantage de ressortissants saoudiens. "Toute personne visitant les hôtels du Royaume ces derniers temps aura remarqué le nombre de ressortissants saoudiens employés", a ajouté M. Kerur.

De grands projets tels que Rua Al-Madinah et Qiddiya alimentent la demande de main-d'œuvre qualifiée dans le secteur.

Les efforts déployés par le Royaume pour attirer les investissements étrangers ont non seulement créé des opportunités d'emploi, mais ont également favorisé le transfert de connaissances et le développement de compétences au sein de la main-d'œuvre locale (Shutterstock).
Les efforts déployés par le Royaume pour attirer les investissements étrangers ont non seulement créé des opportunités d'emploi, mais ont également favorisé le transfert de connaissances et le développement de compétences au sein de la main-d'œuvre locale (Shutterstock).

Le tourisme : un moteur pour l'économie

Le secteur du tourisme continue de jouer un rôle essentiel dans la formation du marché du travail en Arabie saoudite, et il est appelé à se développer à mesure que le Royaume poursuit son objectif d'attirer 150 millions de visiteurs par an d'ici à 2030. Par conséquent, la demande d'emplois dans l'hôtellerie, les transports et les services culturels augmente rapidement.

"Avec des millions de visiteurs attendus chaque année en Arabie saoudite, le tourisme connaît l'une des croissances les plus rapides et les plus élastiques de la demande d'emploi", a souligné M. Kerur.

Compte tenu de l'essor du tourisme religieux à La Mecque et à Médine ainsi que des projets de divertissement comme celui de la mer Rouge, l'expansion du secteur crée des milliers d'emplois pour les Saoudiens.

L'essor des secteurs technologique et énergétique vert

Le secteur technologique saoudien connaît une croissance sans précédent, grâce aux investissements du gouvernement et aux mesures incitatives en faveur des entreprises technologiques internationales.

"Les investissements étrangers sont à l'origine d'une importante création d'emplois dans les secteurs émergents de l'Arabie saoudite, en particulier dans les domaines de la technologie et de l'innovation, conformément aux objectifs de diversification économique et de croissance du secteur privé de Vision 2030", a déclaré Faisal al-Sarraj, associé principal adjoint pour l'Arabie saoudite chez PwC Middle East.

"L'accent mis par le PIF sur la technologie et l'innovation a soutenu l'emploi local, en particulier dans les domaines de l'IA, de la transformation numérique et de l'analyse des données. Son soutien aux startups et ses partenariats avec des entreprises technologiques mondiales renforcent l'expertise locale", a-t-il noté. 

Des initiatives telles que l'initiative de 100 milliards de dollars en matière d'IA et d'analyse de données, connue sous le nom de Projet Transcendance, ainsi que des projets de villes intelligentes, dont NEOM, favorisent l'emploi hautement qualifié dans des domaines de pointe.

Les investissements étrangers sont à l'origine d'une importante création d'emplois dans les industries émergentes d'Arabie saoudite.

« Ce plan de 100 milliards de dollars positionne l'Arabie saoudite comme un centre mondial de l'IA et de l'analyse de données, créant des milliers d'emplois hautement qualifiés et rivalisant avec les leaders régionaux de la technologie », ajoute M. al-Sarraj, citant les médias Bloomberg et CIO.

Le secteur des énergies vertes décolle également en Arabie saoudite, apportant une nouvelle vague d'opportunités d'emploi et soutenant les objectifs de durabilité du Royaume.

Des parcs solaires et éoliens sont en cours de développement dans tout le pays, créant des milliers de nouveaux postes et offrant aux habitants l'opportunité de s'engager dans le secteur de l'énergie propre.

M. Kerur a également cité les sciences de la vie et l'industrie alimentaire comme d'autres secteurs ayant connu une croissance de l'emploi.

L'Arabie saoudite ouvre ses portes au monde

Les initiatives de Saudisation du gouvernement, en particulier le programme Nitaqat qui a été mis en place en juin 2011, ont joué un rôle crucial dans l'augmentation du nombre de nationaux dans le secteur privé.

"De nombreux commentateurs considèrent que le concept de Saoudisation a été la plus réussie dans les secteurs du commerce de détail, du tourisme et de l'hôtellerie", a déclaré M. Kerur.

"Le succès a peut-être été plus limité dans des domaines tels que les sciences de la vie, la médecine, la conception et la construction, qui nécessitent des ressources plus qualifiées. Cela reste certainement un domaine de développement pour les années à venir", a-t-il ajouté.
En outre, la volonté d'une plus grande inclusion de la main-d'œuvre se reflète également dans l'attention croissante portée au soutien de la participation des femmes au marché du travail.

À mesure que les possibilités de travail flexible et à distance se multiplient, les femmes accèdent à des postes dans divers secteurs, contribuant ainsi à la réalisation des objectifs plus larges de transformation économique du Royaume.

Les chiffres publiés par l'Autorité générale des statistiques montrent qu'à la fin du troisième trimestre 2024, le taux de participation des femmes saoudiennes à la population active atteindra 36,2%, soit bien plus que l'objectif initial de 30% de la Vision 2030, qui est désormais porté à 40% d'ici à la fin de la décennie.

"Les réformes et les initiatives du marché du travail en Arabie saoudite réduisent avec succès les niveaux de chômage et le mérite en revient en grande partie à la Vision 2030, alors que la diversification économique se développe à un rythme soutenu. Cependant, il ne s'agit pas seulement d'économie du travail," a détaillé M. Kerur.

"Comme dans d'autres pays du CCG tels que les Émirats arabes unis, il faut évaluer les normes sociales et culturelles pour s'assurer qu'elles sont maintenues tout en veillant à réduire le taux de chômage et à ce que la main-d'œuvre nationale soit équipée pour relever les défis des trois prochaines décennies," a-t-il précisé. 

L'initiative des sièges régionaux et l'IDE

L'une des plus grandes victoires de l'Arabie saoudite en 2024 a été le succès de son initiative de siège régional, qui a attiré plus de 540 entreprises multinationales pour s'installer dans le Royaume.

Cette augmentation de la présence des entreprises n'est pas qu'une question de chiffres - il s'agit de faire de l'Arabie saoudite un centre d'affaires prospère, bouillonnant d'idées et d'opportunités nouvelles.

Des entreprises telles qu'Amazon, Google, PwC et Deloitte ont transféré leur siège régional, ce qui a entraîné la création d'emplois dans les domaines des services professionnels, du conseil et de l'administration.

"Cette réussite a un impact sur l'emploi, car de plus en plus d'entreprises emploient des Saoudiens, conformément au statut du Royaume en tant que centre d'affaires en développement", s’est félicité M. Kerur.

Les efforts déployés par le Royaume pour attirer les investissements étrangers ont non seulement créé des opportunités d'emploi, mais ont également favorisé le transfert de connaissances et le développement de compétences au sein de la main-d'œuvre locale.

Grâce aux entreprises multinationales qui apportent les meilleures pratiques et l'expertise mondiales, les Saoudiens acquièrent une expérience inestimable des opérations commerciales internationales, ce qui leur permet d'être compétitifs sur le marché de l'emploi.

Une autre initiative clé a été le Golden Visa, qui permet aux ressortissants étrangers de vivre, de travailler et d’acquérir des biens dans le Royaume sans garant.

Pour en bénéficier, les candidats doivent répondre à des critères spécifiques, tels que des investissements importants dans l'immobilier ou dans des entreprises commerciales.

M. al-Sarraj a également mentionné que le visa "encourage" les professionnels et les entrepreneurs hautement qualifiés à s'installer en Arabie saoudite, et qu’ils ont permis de développer l'emploi dans des secteurs tels que la santé, l'éducation et la technologie, et de favoriser une économie fondée sur la connaissance.

« Des réformes telles que l'initiative de réforme du travail ont amélioré la mobilité et la flexibilité des expatriés, faisant de l'Arabie saoudite un marché de l'emploi plus attractif. Cette politique a également encouragé le concept de Saoudisation, favorisant l'embauche de nationaux qualifiés », a-t-il expliqué. 

Les défis et le chemin à parcourir

Malgré les progrès accomplis, il reste des défis à relever pour combler les lacunes en matière de compétences et positionner le travail manuel ou les métiers spécialisés comme un parcours professionnel viable pour les Saoudiens.

"L'éducation et la formation seront vitales pour le marché du travail. En effet, la mise en œuvre des projets de la Vision 2030 nécessite une plus grande capacité de travail, ce qui offre aux Saoudiens une occasion importante de développer des compétences de cols bleus", a révélé M. Kerur.

"Bien entendu, le secteur privé, tant national qu'international, aura un rôle clé à jouer dans la formation, le développement et l'emploi des ressortissants saoudiens. Le véritable enjeu sera de savoir s'il faut privilégier les avantages ou les contraintes", a-t-il averti.  

M. Kerur a également expliqué que le secteur privé en Arabie saoudite aura besoin de soutien et d'assistance, en particulier dans les domaines où sa capacité à opérer ou à se développer est actuellement limitée, et où des investissements financiers importants sont nécessaires.

"L'Arabie saoudite a montré sa volonté de permettre un partenariat public-privé sur son marché du travail et l'on attendra davantage à cet égard", a-t-il déclaré.

Selon M. al-Sarraj, l'un des principaux problèmes réside dans le fait que de nombreux travailleurs n'ont pas reçu la formation nécessaire ou ne possèdent pas les qualifications requises par les employeurs.

"Malgré des progrès significatifs, des défis subsistent, notamment le manque de compétences de la main-d'œuvre, la nécessité d'améliorer les programmes d'éducation et de formation professionnelle, et la garantie d'opportunités d'emploi durables pour la population locale croissante", a-t-il regretté.

"Les employeurs invoquent souvent le manque de compétences et les attentes salariales plus élevées pour justifier leur refus d'embaucher des Saoudiens, ce qui souligne la nécessité d'améliorer les programmes d'éducation et de formation professionnelle," a-t-il conclu. 

Alors que le marché du travail saoudien continue d'évoluer, l'impact combiné des initiatives stratégiques du gouvernement, des investissements étrangers et des efforts de développement de la main-d'œuvre sera essentiel pour maintenir l'élan.

Avec des réalisations significatives en 2023 qui marquent un tournant, le Royaume est bien positionné pour atteindre les objectifs ambitieux de Vision 2030 et créer une main-d'œuvre dynamique et diversifiée qui répondra aux futures demandes économiques.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com  


À Djeddah, L’Oréal inaugure une nouvelle phase stratégique en Arabie saoudite

L’Oréal a inauguré son nouveau bureau à Djeddah en amont de la deuxième édition du L’Oréal For The Future Summit, marquant une nouvelle étape dans l’engagement de long terme du groupe en Arabie saoudite. (Photo fournie)
L’Oréal a inauguré son nouveau bureau à Djeddah en amont de la deuxième édition du L’Oréal For The Future Summit, marquant une nouvelle étape dans l’engagement de long terme du groupe en Arabie saoudite. (Photo fournie)
Le L’Oréal For The Future Summit a mis en avant les initiatives du groupe en Arabie saoudite autour des produits rechargeables, de la formation professionnelle et de l’autonomisation des femmes. (Photo fournie)
Le L’Oréal For The Future Summit a mis en avant les initiatives du groupe en Arabie saoudite autour des produits rechargeables, de la formation professionnelle et de l’autonomisation des femmes. (Photo fournie)
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  • L’Oréal inaugure son nouveau siège à Djeddah et confirme l’Arabie saoudite comme un moteur stratégique de croissance et d’impact
  • Le groupe allie performance économique, autonomisation des femmes et stratégie durable afin de croître plus vite que le marché

DUBAÏ: À l’occasion de la deuxième édition du L’Oréal For The Future Summit en Arabie saoudite, à Djeddah, L’Oréal Middle East confirme ses ambitions de long terme dans le Royaume. Entre l’inauguration d’un nouveau bureau, le développement de programmes de formation pour les femmes saoudiennes et l’accélération des produits rechargeables, le groupe renforce sa présence sur l’un de ses marchés les plus stratégiques au Moyen-Orient.

« L’organisation du Summit à Djeddah démontre notre engagement envers le Royaume », explique Laurent Duffier, directeur général de L’Oréal Moyen-Orient et Arabie saoudite, en entretien accordé à Arab News en français.

Présent sur le marché saoudien depuis les années 1960 et implanté localement via une filiale depuis 2012, L’Oréal vient d’inaugurer ses nouveaux bureaux à Djeddah. « Nous allons bientôt accueillir deux fois plus d’employés qu’il y a un an. Nous allons doubler nos effectifs en Arabie saoudite d’ici fin 2026 », précise-t-il.

Pour le groupe, l’Arabie saoudite représente aujourd’hui le premier marché de la beauté du Golfe et un moteur de croissance régionale. « La région du Moyen-Orient était le cinquième contributeur à la croissance mondiale de L’Oréal, portée en grande partie par l’Arabie saoudite », souligne Laurent Duffier.

Le dirigeant met en avant plusieurs facteurs structurels : la croissance économique, l’essor de la classe moyenne, la progression de l’emploi féminin et une forte consommation de produits de beauté. « L’Arabie saoudite est un pays de rêve pour l’industrie de la beauté », affirme-t-il. Selon les études internes du groupe, les consommatrices saoudiennes possèdent en moyenne 23 produits de maquillage.

Le Summit est également l’occasion pour L’Oréal de présenter une étude réalisée avec ASTERÈS afin de mesurer son impact dans le Royaume. Selon cette étude, la chaîne de valeur du groupe génère 3,2 milliards de riyals saoudiens pour l’économie locale et soutient près de 8 765 emplois. Les initiatives sociales et éducatives du groupe auraient par ailleurs bénéficié à plus de 35 000 personnes.

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Laurent Duffier, directeur général de L’Oréal Moyen-Orient et Arabie saoudite. (Photo fournie)

« Nous voulions mettre des chiffres précis derrière notre impact économique et sociétal », explique Laurent Duffier.

L’un des axes majeurs de la stratégie ESG de L’Oréal dans le Royaume reste l’autonomisation économique des femmes. Le groupe annonce l’ouverture de sa cinquième académie de coiffure professionnelle, installée au sein de ses nouveaux bureaux de Djeddah. 

Développé avec Princess Nourah bint Abdulrahman University, Imam Abdulrahman Bin Faisal University et Effat University, le programme vise à répondre au besoin de main-d’œuvre qualifiée dans les salons saoudiens.

« Nous avons déjà certifié 150 femmes en deux ans et 70 % d’entre elles ont trouvé un emploi immédiatement », indique Laurent Duffier. « Certaines ont ouvert leur propre salon et recrutent à leur tour. »

Accrédité par la Technical and Vocational Training Corporation (TVTC) et subventionné par le Human Resources Development Fund (HADAF), le programme ambitionne désormais de certifier plus de 1 000 femmes d’ici 2029.

En parallèle, L’Oréal développe son initiative « Beauty for a Better Life », menée avec l’ONG Education for Employment. Ce programme, principalement digital, vise à former des femmes aux métiers de conseillères beauté.

La Fondation L’Oréal a consacré plus de SAR 600 000 au développement du programme en Arabie saoudite, avec une centaine de diplômées attendues en 2026.

Le groupe poursuit également ses investissements dans la formation des professionnels déjà présents sur le marché. En 2025, plus de 800 coiffeurs et coiffeuses issus des salons partenaires de L’Oréal en Arabie saoudite ont bénéficié de plus de 10 000 heures de formation dispensées par les instituts L’Oréal Professionnel.

Sur le volet environnemental, L’Oréal mise fortement sur le développement des produits rechargeables. « Les refills sont ‘good for the wallet and good for the planet’ (bons pour le portefeuille et pour la planète) », résume Laurent Duffier.

Le groupe déploie des campagnes multi-marques autour de son initiative « Join the Refill Movement » afin d’accélérer l’adoption de ces nouveaux usages dans le Royaume.

Le dirigeant reconnaît néanmoins que le principal défi reste comportemental. « Les consommateurs veulent adopter des comportements plus durables, mais il faut transformer cette intention en action », estime-t-il.

Les objectifs environnementaux sont désormais intégrés à la gouvernance du groupe et aux indicateurs clés de performance des managers, notamment à travers les performances liées au programme « L’Oréal For the Future ».

« L’Oréal est reconnu depuis des années AAA par le CDP (Carbon Disclosure Project). Nous sommes l’une des seules entreprises, si ce n’est la seule, à avoir obtenu cette notation pendant dix années consécutives », rappelle Laurent Duffier. « Cela prouve le sérieux de nos engagements, avec des objectifs fondés sur la science, mesurés très précisément sur les scopes 1, 2 et 3. »

Malgré un contexte régional marqué par certaines tensions économiques et logistiques, le groupe se dit confiant dans ses perspectives.

« Notre modèle nous aide à amortir les chocs », explique Laurent Duffier. « Nous sommes présents dans plusieurs pays, sur toutes les catégories de beauté et sur tous les canaux de distribution. »

Le groupe mise notamment sur la diversification de ses activités et sur la croissance du e-commerce pour absorber les cycles économiques. « On optimise tout ce qu’on peut faire en Arabie saoudite pour profiter au maximum de la croissance du marché et, en parallèle, nous continuons à investir aux Émirats arabes unis », ajoute-t-il.

Le dirigeant évoque également le « lipstick effect », souvent observé dans les périodes d’incertitude économique. « Dans les moments difficiles, les consommateurs continuent à se faire plaisir avec un parfum ou un rouge à lèvres », explique-t-il.

L’Oréal insiste enfin sur l’alignement de ses investissements avec les objectifs de Vision 2030, notamment en matière d’emploi des femmes, de diversification économique et de développement technologique.

« Le nouveau bureau de Djeddah marque le début d’une nouvelle ère pour L’Oréal en Arabie saoudite », conclut Laurent Duffier. 
 


Carburant: le gouvernement ne doit pas céder au «chantage» de TotalEnergies, dit Olivier Faure

TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.
TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.
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  • "Je ne dis pas que Total ne paie pas d'impôts, je ne dis pas que Total est un groupe qui mérite d'être mis d'être mis au ban de la société française", a-t-il poursuivi
  • "Ce que je dis simplement au gouvernement, c'est qu'il ne peut pas céder au chantage. On ne peut pas avoir un chef d'entreprise qui dit au gouvernement ce qu'il doit faire et ce qu'il ne peut pas faire, ce n'est pas admissible"

PARIS: TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.

Alors que le PDG du groupe TotalEnergies Patrick Pouyanné a menacé mardi d'arrêter son plafonnement du prix des carburants dans ses stations-service françaises en cas de taxe sur les "superprofits", le patron du PS Olivier Faure a jugé que TotalEnergies était "un profiteur de crise comme d'autres".

Un profiteur de guerre? "Bien sûr", mais "à l'insu de son plein gré. Je ne dis pas que c'est lui qui est à l'origine de cette guerre illégale", a poursuivi le patron du PS, qui a déposé la semaine dernière une proposition de loi pour taxer ce type de superprofits, visant les entreprises réalisant plus de 750 millions (d'euros) de chiffre d'affaires.

"Je ne dis pas que Total ne paie pas d'impôts, je ne dis pas que Total est un groupe qui mérite d'être mis d'être mis au ban de la société française", a-t-il poursuivi.

"Ce que je dis simplement au gouvernement, c'est qu'il ne peut pas céder au chantage. On ne peut pas avoir un chef d'entreprise qui dit au gouvernement ce qu'il doit faire et ce qu'il ne peut pas faire, ce n'est pas admissible", a martelé le chef des socialistes.

"Total dit qu'il plafonne les prix, ce qui est vrai", a reconnu M. Faure, mais le groupe "vient de faire 6 milliards de dollars de bénéfices supplémentaires" et "a augmenté son profit de 51%". "Ce n'est pas normal", a-t-il insisté.

Quand Total et d'autres font des superprofits, "ils ne font pas des profits parce qu'ils ont un génie particulier", a-t-il ajouté, jugeant "normal que celles et ceux qui font des profits qui sont des profits indus soient amenés aussi à contribuer".

Olivier Faure a dit maintenir sa proposition de loi. "Le patriotisme, c'est ça".

Pour sa part, David Lisnard, candidat libéral à la présidentielle, a jugé sur FranceInfo que les marges de Total semblaient être "tout à fait dans la norme", c'est-à-dire "celle du marché".

Le président de l’Association des maires de France (AMF) a réitéré sa proposition de "suspension provisoire des certificats d'économie d'énergie" qui à ses yeux constitue "la seule mesure générale qui est possible sans dégrader les comptes publics".


Le fonds de garantie des dépôts français quasi stable, à 7,7 milliards d'euros

Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel. (AFP)
Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel. (AFP)
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  • Cette couverture est largement théorique puisque le FGDR n'a en banque que 0,5% du montant couvert, estimé à près de 1.500 milliards d'euros
  • Les ressources du FGDR "sont proportionnées au risque réel d’intervention", rappelle-t-il sur son site internet

PARIS: Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel.

"Nous consolidons ces réserves financières", s'est félicité le président du directoire du FGDR Anthony Requin lors d'un entretien avec l'AFP.

Le FGDR est chargé d'intervenir en cas de défaillance d'un établissement financier: chaque Français est couvert à hauteur de 100.000 euros par ce fonds.

Sont éligibles les comptes courants, comptes à terme, livrets jeunes, comptes épargne logement, plan d'épargne logement ou encore les comptes espèces attachés à un compte titres ou à un plan épargne en actions (PEA).

Cette couverture est largement théorique puisque le FGDR n'a en banque que 0,5% du montant couvert, estimé à près de 1.500 milliards d'euros.

Les ressources du FGDR "sont proportionnées au risque réel d’intervention", rappelle-t-il sur son site internet.

La concentration du système bancaire, autour de six grands établissements (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE, Crédit Mutuel et la Banque postale) confère à la France ce ratio si faible.

D'autres digues, positionnées en amont, sont là pour éviter les faillites bancaires: un contrôle régulier et poussé par le superviseur, des exigences réglementaires fortes en matière de fonds propres notamment, un mécanisme de résolution et un fonds européen de près de 80 milliards d'euros.

Au sein de chaque banque existent "des réserves qui sont là pour absorber des chocs", souligne M. Requin.

Le FGDR, créé en 1999, disposait fin 2024 d'un montant à peine plus faible, de 7,732 milliards d'euros.

La différence s'explique notamment par de nouvelles contributions au titre de la garantie des services de gestion ainsi que le produit d'amendes prononcées par l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Le FGDR compte 1.134 établissements adhérents, au titre de sa garantie des dépôts, mais aussi des titres ou des cautions.