L'essor du marché du travail saoudien : Un nouveau moteur économique mondial

Les femmes occupent des postes dans divers secteurs, contribuant ainsi à la réalisation des objectifs de transformation économique du Royaume (SPA).
Les femmes occupent des postes dans divers secteurs, contribuant ainsi à la réalisation des objectifs de transformation économique du Royaume (SPA).
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Publié le Dimanche 09 mars 2025

L'essor du marché du travail saoudien : Un nouveau moteur économique mondial

  • Le Royaume est prêt à atteindre les objectifs ambitieux de son plan Vision 2030 et à promouvoir une main-d'œuvre dynamique et diversifiée.
  • Ces initiatives permettent à la main-d'œuvre locale d'acquérir les compétences nécessaires pour prospérer dans des secteurs tels que la fabrication de pointe, les soins de santé et les services financiers

RIYAD : De l'innovation technologique au boom touristique, le marché du travail saoudien est en pleine transformation, visant à réduire sa dépendance au pétrole tout en créant des emplois dans la construction, les énergies vertes et bien d'autres secteurs.

Des initiatives gouvernementales telles que le plan de nationalisation saoudien et l'initiative Nitaqat ont joué un rôle essentiel dans le façonnement du marché du travail.

Ces politiques ont encouragé les employeurs du secteur privé à embaucher davantage de ressortissants du Royaume dans diverses industries, ce qui a entraîné une réduction significative des taux de chômage.

L'engagement à renforcer la participation de la main-d'œuvre a également contribué à un marché du travail plus inclusif, tandis que l'accent stratégique mis sur le développement d'une économie fondée sur la connaissance a conduit à des investissements accrus dans les programmes d'éducation et de formation professionnelle.

Ces initiatives permettent à la main-d'œuvre locale d'acquérir les compétences nécessaires pour prospérer dans des secteurs tels que la fabrication de pointe, les soins de santé et les services financiers, ce qui accélère encore la croissance de l'emploi.

Le boom de la construction stimule la création d'emplois

Le secteur de la construction et des infrastructures a connu une croissance exponentielle ces dernières années, soutenant l'expansion économique du Royaume, avec des attributions de contrats en 2024 atteignant 146,8 milliards de dollars, un record, dépassant le chiffre de 118,7 milliards de dollars en 2023, selon une mise à jour du marché des projets GCC de Kamco Invest.

L'Arabie saoudite représentait plus de 53,8% du total des attributions de projets dans l'ensemble du Conseil de coopération du Golfe en 2024, selon le rapport. 

Sachin Kerur, associé directeur du Moyen-Orient chez Reed Smith, a déclaré à Arab News que ce boom entraîne une augmentation des opportunités pour les chefs de projet, les concepteurs, les architectes et de nombreux autres professionnels de la construction.

"Toute personne étudiant le plan Vision 2030 ou visitant les villes importantes du Royaume sera très consciente de la construction de logements à grande échelle, de réseaux ferroviaires et routiers, de nouveaux aéroports, d'infrastructures pour les grands événements sportifs et d'usines de production industrielle", a déclaré M. Kerur. La construction liée au tourisme a également connu un essor, les nouveaux hôtels et centres de villégiature embauchant davantage de ressortissants saoudiens. "Toute personne visitant les hôtels du Royaume ces derniers temps aura remarqué le nombre de ressortissants saoudiens employés", a ajouté M. Kerur.

De grands projets tels que Rua Al-Madinah et Qiddiya alimentent la demande de main-d'œuvre qualifiée dans le secteur.

Les efforts déployés par le Royaume pour attirer les investissements étrangers ont non seulement créé des opportunités d'emploi, mais ont également favorisé le transfert de connaissances et le développement de compétences au sein de la main-d'œuvre locale (Shutterstock).
Les efforts déployés par le Royaume pour attirer les investissements étrangers ont non seulement créé des opportunités d'emploi, mais ont également favorisé le transfert de connaissances et le développement de compétences au sein de la main-d'œuvre locale (Shutterstock).

Le tourisme : un moteur pour l'économie

Le secteur du tourisme continue de jouer un rôle essentiel dans la formation du marché du travail en Arabie saoudite, et il est appelé à se développer à mesure que le Royaume poursuit son objectif d'attirer 150 millions de visiteurs par an d'ici à 2030. Par conséquent, la demande d'emplois dans l'hôtellerie, les transports et les services culturels augmente rapidement.

"Avec des millions de visiteurs attendus chaque année en Arabie saoudite, le tourisme connaît l'une des croissances les plus rapides et les plus élastiques de la demande d'emploi", a souligné M. Kerur.

Compte tenu de l'essor du tourisme religieux à La Mecque et à Médine ainsi que des projets de divertissement comme celui de la mer Rouge, l'expansion du secteur crée des milliers d'emplois pour les Saoudiens.

L'essor des secteurs technologique et énergétique vert

Le secteur technologique saoudien connaît une croissance sans précédent, grâce aux investissements du gouvernement et aux mesures incitatives en faveur des entreprises technologiques internationales.

"Les investissements étrangers sont à l'origine d'une importante création d'emplois dans les secteurs émergents de l'Arabie saoudite, en particulier dans les domaines de la technologie et de l'innovation, conformément aux objectifs de diversification économique et de croissance du secteur privé de Vision 2030", a déclaré Faisal al-Sarraj, associé principal adjoint pour l'Arabie saoudite chez PwC Middle East.

"L'accent mis par le PIF sur la technologie et l'innovation a soutenu l'emploi local, en particulier dans les domaines de l'IA, de la transformation numérique et de l'analyse des données. Son soutien aux startups et ses partenariats avec des entreprises technologiques mondiales renforcent l'expertise locale", a-t-il noté. 

Des initiatives telles que l'initiative de 100 milliards de dollars en matière d'IA et d'analyse de données, connue sous le nom de Projet Transcendance, ainsi que des projets de villes intelligentes, dont NEOM, favorisent l'emploi hautement qualifié dans des domaines de pointe.

Les investissements étrangers sont à l'origine d'une importante création d'emplois dans les industries émergentes d'Arabie saoudite.

« Ce plan de 100 milliards de dollars positionne l'Arabie saoudite comme un centre mondial de l'IA et de l'analyse de données, créant des milliers d'emplois hautement qualifiés et rivalisant avec les leaders régionaux de la technologie », ajoute M. al-Sarraj, citant les médias Bloomberg et CIO.

Le secteur des énergies vertes décolle également en Arabie saoudite, apportant une nouvelle vague d'opportunités d'emploi et soutenant les objectifs de durabilité du Royaume.

Des parcs solaires et éoliens sont en cours de développement dans tout le pays, créant des milliers de nouveaux postes et offrant aux habitants l'opportunité de s'engager dans le secteur de l'énergie propre.

M. Kerur a également cité les sciences de la vie et l'industrie alimentaire comme d'autres secteurs ayant connu une croissance de l'emploi.

L'Arabie saoudite ouvre ses portes au monde

Les initiatives de Saudisation du gouvernement, en particulier le programme Nitaqat qui a été mis en place en juin 2011, ont joué un rôle crucial dans l'augmentation du nombre de nationaux dans le secteur privé.

"De nombreux commentateurs considèrent que le concept de Saoudisation a été la plus réussie dans les secteurs du commerce de détail, du tourisme et de l'hôtellerie", a déclaré M. Kerur.

"Le succès a peut-être été plus limité dans des domaines tels que les sciences de la vie, la médecine, la conception et la construction, qui nécessitent des ressources plus qualifiées. Cela reste certainement un domaine de développement pour les années à venir", a-t-il ajouté.
En outre, la volonté d'une plus grande inclusion de la main-d'œuvre se reflète également dans l'attention croissante portée au soutien de la participation des femmes au marché du travail.

À mesure que les possibilités de travail flexible et à distance se multiplient, les femmes accèdent à des postes dans divers secteurs, contribuant ainsi à la réalisation des objectifs plus larges de transformation économique du Royaume.

Les chiffres publiés par l'Autorité générale des statistiques montrent qu'à la fin du troisième trimestre 2024, le taux de participation des femmes saoudiennes à la population active atteindra 36,2%, soit bien plus que l'objectif initial de 30% de la Vision 2030, qui est désormais porté à 40% d'ici à la fin de la décennie.

"Les réformes et les initiatives du marché du travail en Arabie saoudite réduisent avec succès les niveaux de chômage et le mérite en revient en grande partie à la Vision 2030, alors que la diversification économique se développe à un rythme soutenu. Cependant, il ne s'agit pas seulement d'économie du travail," a détaillé M. Kerur.

"Comme dans d'autres pays du CCG tels que les Émirats arabes unis, il faut évaluer les normes sociales et culturelles pour s'assurer qu'elles sont maintenues tout en veillant à réduire le taux de chômage et à ce que la main-d'œuvre nationale soit équipée pour relever les défis des trois prochaines décennies," a-t-il précisé. 

L'initiative des sièges régionaux et l'IDE

L'une des plus grandes victoires de l'Arabie saoudite en 2024 a été le succès de son initiative de siège régional, qui a attiré plus de 540 entreprises multinationales pour s'installer dans le Royaume.

Cette augmentation de la présence des entreprises n'est pas qu'une question de chiffres - il s'agit de faire de l'Arabie saoudite un centre d'affaires prospère, bouillonnant d'idées et d'opportunités nouvelles.

Des entreprises telles qu'Amazon, Google, PwC et Deloitte ont transféré leur siège régional, ce qui a entraîné la création d'emplois dans les domaines des services professionnels, du conseil et de l'administration.

"Cette réussite a un impact sur l'emploi, car de plus en plus d'entreprises emploient des Saoudiens, conformément au statut du Royaume en tant que centre d'affaires en développement", s’est félicité M. Kerur.

Les efforts déployés par le Royaume pour attirer les investissements étrangers ont non seulement créé des opportunités d'emploi, mais ont également favorisé le transfert de connaissances et le développement de compétences au sein de la main-d'œuvre locale.

Grâce aux entreprises multinationales qui apportent les meilleures pratiques et l'expertise mondiales, les Saoudiens acquièrent une expérience inestimable des opérations commerciales internationales, ce qui leur permet d'être compétitifs sur le marché de l'emploi.

Une autre initiative clé a été le Golden Visa, qui permet aux ressortissants étrangers de vivre, de travailler et d’acquérir des biens dans le Royaume sans garant.

Pour en bénéficier, les candidats doivent répondre à des critères spécifiques, tels que des investissements importants dans l'immobilier ou dans des entreprises commerciales.

M. al-Sarraj a également mentionné que le visa "encourage" les professionnels et les entrepreneurs hautement qualifiés à s'installer en Arabie saoudite, et qu’ils ont permis de développer l'emploi dans des secteurs tels que la santé, l'éducation et la technologie, et de favoriser une économie fondée sur la connaissance.

« Des réformes telles que l'initiative de réforme du travail ont amélioré la mobilité et la flexibilité des expatriés, faisant de l'Arabie saoudite un marché de l'emploi plus attractif. Cette politique a également encouragé le concept de Saoudisation, favorisant l'embauche de nationaux qualifiés », a-t-il expliqué. 

Les défis et le chemin à parcourir

Malgré les progrès accomplis, il reste des défis à relever pour combler les lacunes en matière de compétences et positionner le travail manuel ou les métiers spécialisés comme un parcours professionnel viable pour les Saoudiens.

"L'éducation et la formation seront vitales pour le marché du travail. En effet, la mise en œuvre des projets de la Vision 2030 nécessite une plus grande capacité de travail, ce qui offre aux Saoudiens une occasion importante de développer des compétences de cols bleus", a révélé M. Kerur.

"Bien entendu, le secteur privé, tant national qu'international, aura un rôle clé à jouer dans la formation, le développement et l'emploi des ressortissants saoudiens. Le véritable enjeu sera de savoir s'il faut privilégier les avantages ou les contraintes", a-t-il averti.  

M. Kerur a également expliqué que le secteur privé en Arabie saoudite aura besoin de soutien et d'assistance, en particulier dans les domaines où sa capacité à opérer ou à se développer est actuellement limitée, et où des investissements financiers importants sont nécessaires.

"L'Arabie saoudite a montré sa volonté de permettre un partenariat public-privé sur son marché du travail et l'on attendra davantage à cet égard", a-t-il déclaré.

Selon M. al-Sarraj, l'un des principaux problèmes réside dans le fait que de nombreux travailleurs n'ont pas reçu la formation nécessaire ou ne possèdent pas les qualifications requises par les employeurs.

"Malgré des progrès significatifs, des défis subsistent, notamment le manque de compétences de la main-d'œuvre, la nécessité d'améliorer les programmes d'éducation et de formation professionnelle, et la garantie d'opportunités d'emploi durables pour la population locale croissante", a-t-il regretté.

"Les employeurs invoquent souvent le manque de compétences et les attentes salariales plus élevées pour justifier leur refus d'embaucher des Saoudiens, ce qui souligne la nécessité d'améliorer les programmes d'éducation et de formation professionnelle," a-t-il conclu. 

Alors que le marché du travail saoudien continue d'évoluer, l'impact combiné des initiatives stratégiques du gouvernement, des investissements étrangers et des efforts de développement de la main-d'œuvre sera essentiel pour maintenir l'élan.

Avec des réalisations significatives en 2023 qui marquent un tournant, le Royaume est bien positionné pour atteindre les objectifs ambitieux de Vision 2030 et créer une main-d'œuvre dynamique et diversifiée qui répondra aux futures demandes économiques.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com  


La guerre au Moyen-Orient, nouvel obstacle pour la «réindustrialisation» française

Le ministre français du Commerce, Serge Papin (à gauche), la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Énergie et à l'Économie numérique, Maud Bregeon, le ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, et le ministre des Transports, Philippe Tabarot, arrivent pour une présentation d'un plan de soutien aux secteurs économiques les plus touchés par la crise énergétique au ministère des Finances (Bercy) à Paris, le 27 mars 2026. (AFP)
Le ministre français du Commerce, Serge Papin (à gauche), la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Énergie et à l'Économie numérique, Maud Bregeon, le ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, et le ministre des Transports, Philippe Tabarot, arrivent pour une présentation d'un plan de soutien aux secteurs économiques les plus touchés par la crise énergétique au ministère des Finances (Bercy) à Paris, le 27 mars 2026. (AFP)
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  • La hausse des prix de l'énergie est un handicap de plus pour la "réindustrialisation", que se sont efforcés de mener les gouvernements, alors que le secteur est en déclin depuis les années 1970
  • Selon les chiffres du ministère de l'Economie publiés dimanche, la réindustrialisation a ralenti en 2025 avec un solde net d'ouvertures et d'extensions d'usines positif mais en baisse "notable" par rapport à 2024

PARIS: La guerre au Moyen-Orient et son impact sur les prix de l'énergie sont un écueil de plus pour la volonté française de se réindustrialiser, handicapant un secteur d'activité déjà soumis à une forte pression concurrentielle internationale.

Le salon Global Industrie, présidé par le patron de la banque publique d'investissement Bpifrance Nicolas Dufourcq, rassemble de lundi à jeudi 60.000 industriels de plus de 50 filières au Parc des expositions de Villepinte, en Seine-Saint-Denis.

Y sont annoncés plusieurs ministres, notamment Roland Lescure (Economie), Maud Bregeon (Energie), Serge Papin (PME et Commerce), Jean-Pierre Farandou (Travail) ou Sébastien Martin (Industrie), ou le vice-président de la Commission européenne, Stéphane Séjourné.

L'ambition affichée du salon est d'être "durant quatre jours le coeur battant de l'industrie française", qui pèse environ 322.000 entreprises employant 3,3 millions de salariés et représente plus de 1.500 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

C'est un coeur qui bat la chamade: déjà pénalisée par une énergie plus chère que chez ses concurrents asiatiques ou nord-américains, l'industrie européenne a vu avec inquiétude la crise au Moyen-Orient faire remonter le prix du pétrole, du gaz, et de l'électricité européenne.

Difficulté de plus 

"Le prix du gaz s'est accru de 30 euros le MW/h à 55 aujourd'hui", témoignait jeudi Axel Eggert, le directeur général d'Eurofer qui défend les intérêts des sidérurgistes européens.

"Et plus la crise (au Moyen-Orient) durera, plus les impacts se feront sentir, y compris pour nos clients en aval", notamment les fabricants de voiture et les spécialistes de la construction, gros consommateurs d'acier.

La hausse des prix de l'énergie est un handicap de plus pour la "réindustrialisation", que se sont efforcés de mener les gouvernements, alors que le secteur est en déclin depuis les années 1970.

Selon les chiffres du ministère de l'Economie publiés dimanche, la réindustrialisation a ralenti en 2025 avec un solde net d'ouvertures et d'extensions d'usines positif mais en baisse "notable" par rapport à 2024.

"La réindustrialisation est consensuelle politiquement" et dans l'opinion, explique à l'AFP le spécialiste du secteur Olivier Lluansi, professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM).

"Il y a une attente très forte" après des décennies de détricotage du tissu industriel, poursuit-il. La désindustrialisation a "paupérisé des territoires" et créé "une vraie fracture territoriale" en les excluant "du récit économique de la nation", davantage tournée vers les services.

Mais reconstruire ce qui a été détruit n'est pas tâche aisée.

"Même si des solutions existent", un "questionnement monte sur la capacité du pays à y arriver", dit encore M. Lluansi. "Pourtant, nous n'avons pas d'autre choix si nous voulons rester souverains".

Concurrence asiatique 

Nicolas Dufourcq expliquait début mars que de "plus en plus d'efforts" sont nécessaires pour mener le combat de la réindustrialisation, et que sans soutien à la création d'entreprises ou de sites industriels, "ce serait de nouveau le toboggan" des fermetures en Europe et en France.

En outre, des représentants du patronat français ont mis en garde lundi dans Les Echos, contre "l'incertitude juridique" comme frein potentiel à la réindustrialisation, après une décision du Conseil d'Etat en décembre, interdisant l'exploitation des gaz de couche dans le sous-sol lorrain en raison de risques pour l'environnement.

Les situations sont différentes en fonction des secteurs, et ce sont surtout la chimie, la mécanique ou les sous-traitants automobiles qui souffrent. L'aéronautique ou la défense, a contrario, se portent plutôt bien.

Mais au-delà des prix de l'énergie, l'industrie européenne fait face à une concurrence de plus en plus perceptible de la Chine, capable de rivaliser voire de dépasser le savoir-faire industriel européen dans certains secteurs, disait fin 2025 Anaïs Voy-Gillis, chercheuse associée à l'IAE de Poitiers.

Les industriels chinois bénéficient de plusieurs avantages comparatifs, expliquait en février le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP). "Coûts de production durablement plus faibles", chaînes de valeur "toujours plus intégrées", "moindres contrôles réglementaires", "sous-évaluation persistante du taux de change".

En face, "il faut s'assurer que l'industrie européenne soit performante", disait Mme Voy-Gillis.

Début mars, M. Dufourcq se montrait optimiste, estimant que la "mobilisation générale de tous les acteurs" français permettait de "limiter les dégâts" et que, pour l'instant, "le loup n'arrive pas à rattraper les petits cochons de l'industrie française".


Les guerres au Moyen-Orient n’affectent pas les investissements saoudiens, selon le PIF

Yasir Al-Rumayyan, président de Saudi Aramco et gouverneur du Fonds d’investissement public du Royaume. (Photo fournie par la diffusion vidéo du FII)
Yasir Al-Rumayyan, président de Saudi Aramco et gouverneur du Fonds d’investissement public du Royaume. (Photo fournie par la diffusion vidéo du FII)
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  • Yasir Al-Rumayyan : la position microéconomique du Royaume est « forte, stable et résiliente »
  • Le pays est « très bien positionné » pour tirer parti de l’IA, déclare-t-il lors du sommet du FII

MIAMI : Le président de Saudi Aramco et gouverneur du Fonds d’investissement public (PIF) du Royaume a assuré, lors du sommet Priorité de la Future Investment Initiative (FII), que les guerres actuelles au Moyen-Orient n’ont pas affecté la vision du pays en matière de croissance et d’engagement.

« La position microéconomique et structurelle de l’Arabie saoudite reste forte, stable et résiliente, et le portefeuille du PIF est bien diversifié et structurellement robuste », a déclaré Yasir Al-Rumayyan devant un public de près de 2 000 personnes.

« Nous sommes des investisseurs de long terme, patients. Nous mesurons nos rendements non pas en trimestres mais en décennies. Et le PIF reste engagé dans ses investissements à travers le monde. »

Al-Rumayyan a indiqué que le PIF avait été créé en 1971 pour renforcer la « construction nationale » de l’Arabie saoudite et soutenir son économie.

Cette croissance se poursuit aujourd’hui, avec l’annonce d’une nouvelle stratégie quinquennale prévue dans les prochaines semaines, a-t-il ajouté.

« Nous avons posé les bases de nombreux investissements. Dans la stratégie précédente, nous voulions réaliser la plupart des investissements nous-mêmes, en fonds propres », a-t-il expliqué.

« Aujourd’hui, nous cherchons davantage à inviter des partenaires à travailler avec nous. Et je ne parle pas uniquement d’investisseurs locaux, mais aussi d’investisseurs internationaux. »

Le PIF a déjà vu de grands gestionnaires d’actifs, tels que BlackRock et Franklin Templeton, créer de nouveaux fonds et investir dans l’économie saoudienne.

« Notre objectif principal était de faire connaître l’Arabie saoudite au monde, de permettre aux investisseurs internationaux de comprendre ce qu’est le PIF et à quoi ressemblent les opportunités d’investissement dans le Royaume. Aujourd’hui, nous voulons attirer le monde entier à investir en Arabie saoudite », a-t-il déclaré, ajoutant que la stratégie a été très efficace.

« Au cours des dix dernières années, nous avons construit les bases nécessaires — un environnement et des écosystèmes adaptés — pour attirer les investisseurs.

« Les investissements peuvent prendre différentes formes. Il ne s’agit pas nécessairement uniquement de coentreprises (JV) ou d’investissements directs dans nos entreprises, mais aussi de venir travailler avec nous et sur les projets dans lesquels nous sommes déjà engagés. »

Al-Rumayyan a indiqué que les investissements s’étendent désormais du développement urbain et immobilier à la création de centres de données, aux secteurs pharmaceutiques et aux énergies renouvelables.

Il a ajouté que le PIF met en œuvre une nouvelle stratégie de croissance visant à attirer de nouveaux investisseurs, citant en exemple les « développements remarquables » de Red Sea Global, qui se décrit comme « un promoteur immobilier verticalement intégré disposant d’un portefeuille diversifié couvrant le tourisme, le résidentiel, les expériences, les infrastructures, les transports, la santé et les services ».

Selon lui, l’Arabie saoudite est « très bien positionnée » pour tirer parti de l’intelligence artificielle.

« L’IA n’est pas une course… Nous devons y réfléchir et poser les bonnes bases », a-t-il ajouté. « Nous avons un accès facilité aux approvisionnements… Nous disposons de l’énergie nécessaire pour la déployer, ce qui est essentiel pour alimenter tous ces centres de données. De plus, nous avons l’écosystème adéquat, les bonnes réglementations et un cadre favorable de la part du gouvernement pour les utilisateurs de l’IA. »

L’IA n’est pas le « produit final », a déclaré Al-Rumayyan. « Le résultat final, c’est ce que font nos entreprises : comment elles peuvent réduire leurs coûts, gagner en efficacité et tenir leurs engagements plus rapidement que prévu. C’est ainsi que nous souhaitons utiliser l’IA comme un outil majeur. »

Il a ajouté : « Nous avons invité la plupart de nos partenaires américains — Microsoft, Google, Oracle — à venir travailler avec nous, et ils l’ont fait.

Et je pense que les progrès de l’Arabie saoudite comptent parmi les meilleurs, y compris à l’échelle mondiale, en matière d’utilisation de l’IA. »

Saudi Aramco a utilisé l’IA pour réduire les coûts de forage d’environ 20 % et améliorer la livraison de ses produits finaux d’environ 30 %, a-t-il indiqué.

Al-Rumayyan a qualifié les sommets du FII de « meilleures plateformes pour permettre un véritable réseautage ».

Les investissements du PIF aux États-Unis sont crédités d’avoir stimulé la croissance des entreprises américaines, créé des opportunités et des emplois, et contribué à hauteur de 205 milliards de dollars au produit intérieur brut.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ameublement: Roche Bobois souffre d'un marché morose

 La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée. (AFP)
La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée. (AFP)
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  • Roche Bobois explique avoir été fortement pénalisé l'an dernier par la faiblesse du dollar et les taxes douanières mises en place par Donald Trump aux Etats-Unis, premier marché de l'enseigne
  • La zone États-Unis/Canada affiche ainsi un Ebitda en repli de 13,3%, à 30 millions d'euros, par rapport à 2024.

PARIS: La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée.

Le chiffre d'affaires de l'enseigne d'ameublement haut de gamme résiste mieux mais s'affiche en repli de 2,8%, à 402,5 millions d'euros, selon un communiqué publié jeudi.

L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) - un indicateur de la rentabilité - diminue de 4,3%, à 71,2 millions d'euros, dans la fourchette annoncée par le groupe.

Roche Bobois explique avoir été fortement pénalisé l'an dernier par la faiblesse du dollar et les taxes douanières mises en place par Donald Trump aux Etats-Unis, premier marché de l'enseigne.

La zone États-Unis/Canada affiche ainsi un Ebitda en repli de 13,3%, à 30 millions d'euros, par rapport à 2024.

La France a également beaucoup souffert avec un Ebitda en baisse de 9,3%, à 16,8 millions d'euros, "en lien avec la baisse des volumes" des ventes.

Ces résultats en baisse sont compensés par la bonne tenue de la marque de canapés Cuir Center, également propriété du groupe, qui affiche une croissance de son Ebitda de 25%, à 7,7 millions d'euros, "grâce à sa bonne performance commerciale et à la fermeture de magasins non rentables en 2024".

Après ce nouvel exercice difficile, Roche Bobois proposera de verser un dividende de 0,80 euro par action lors de sa prochaine assemblée générale, contre 1,25 euros l'an dernier.

Le groupe dit aborder 2026 avec "prudence compte tenu du contexte géopolitique actuel qui pèse sur la vigueur de la consommation et des effets de change toujours peu favorables".

Roche Bobois détient actuellement un réseau de 339 magasins en propre ou franchisé dans 54 pays, ses principaux marchés étant l'Amérique du Nord, la France et le reste de l'Europe.