Une lettre de Donald Trump met l'Iran au pied au mur

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a reçu mercredi cette lettre, remise à Téhéran par un haut diplomate émirati, Anwar Gargash, selon les médias iraniens. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a reçu mercredi cette lettre, remise à Téhéran par un haut diplomate émirati, Anwar Gargash, selon les médias iraniens. (AFP)
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Publié le Jeudi 13 mars 2025

Une lettre de Donald Trump met l'Iran au pied au mur

  • Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a reçu mercredi cette lettre, remise à Téhéran par un haut diplomate émirati, Anwar Gargash, selon les médias iraniens
  • Dans le même temps, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a qualifié d'"imprudentes" les menaces américaines, et affirmé que des discussions avec Washington "ne lèver(aint) pas les sanctions"

TEHERAN: Faire fi d'une main tendue de Trump ou négocier? Et si oui, avec quelles lignes rouges? L'Iran est confronté à un choix cornélien, au moment où le pays cherche une levée des sanctions pour relancer son économie, mais pas à n'importe quel prix.

Depuis son retour à la Maison Blanche, le président américain se dit prêt au dialogue avec Téhéran pour un "deal" sur le nucléaire, et a révélé avoir écrit une lettre en ce sens aux dirigeants iraniens, avertissant de possibles actions militaires en cas de refus de l'Iran.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a reçu mercredi cette lettre, remise à Téhéran par un haut diplomate émirati, Anwar Gargash, selon les médias iraniens.

Dans le même temps, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a qualifié d'"imprudentes" les menaces américaines, et affirmé que des discussions avec Washington "ne lèver(aint) pas les sanctions".

Il a réitéré que l'Iran "ne cherchait pas" à se doter de l'arme nucléaire, et jugé que l'invitation américaine à des pourparlers visait à "tromper l'opinion publique mondiale" en prétendant montrer que les Etats-Unis "veulent négocier (...) mais que l'Iran n'est pas disposé à le faire".

Donald Trump a rétabli sa politique dite de "pression maximale" à l'encontre de l'Iran, avec de nouvelles sanctions contre son secteur pétrolier, et menacé d'un recours à la force.

Le président américain est perçu avec une profonde méfiance par le pouvoir iranien depuis son retrait avec fracas en 2018 d'un accord international sur le nucléaire conclu avec l'Iran - "le pire accord jamais négocié" par son prédécesseur Barack Obama, selon M. Trump.

Le texte, conclu trois ans plus tôt et duquel la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Russie et la Chine sont parties prenantes, prévoyait une levée de certaines sanctions et le retour en Iran d'investissements occidentaux en échange d'un contrôle accru des activités nucléaires du pays.

"Position de force" 

L'Iran respectait ses engagements selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) mais l'accord a volé en éclats, les sanctions américaines ont été rétablies et l'économie iranienne ne s'en est jamais remise, avec depuis une hyperinflation à deux chiffres et une dépréciation continue de la monnaie nationale face au dollar.

Selon le Centre iranien des statistiques, un organisme officiel, les prix en février ont ainsi augmenté de plus de 36% sur un an, tandis qu'un dollar s'échange au marché noir à près de 930.000 rials, proche d'un record.

"Il est impossible de sortir de ces difficultés économiques sans négocier avec l'Occident une levée des sanctions", indique à l'AFP Ali Bigdeli, professeur en relations internationales à l'Université Shahid Beheshti de Téhéran.

L'ayatollah Ali Khamenei, qui a le dernier mot sur toutes les décisions stratégiques, avait exhorté en février le gouvernement à "ne pas négocier" avec l'administration Trump, après l'amère expérience de l'accord non respecté.

Pour Rahman Ghahremanpour, expert en politique étrangère, les dirigeants des deux camps entendent surtout afficher leur volonté de négocier "en position de force" auprès de leur opinion publique. "L'Iran semble prêt à des négociations limitées" mais uniquement sur son programme nucléaire, estime cet expert.

Les pays occidentaux soupçonnent depuis des décennies l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran conteste vigoureusement.

L'Iran défend un droit au nucléaire à des fins civiles, notamment pour l'énergie.

"A feu et à sang" 

En revanche, pas question d'élargir les négociations à ses missiles balistiques, perçus comme une menace directe à Israël, ni son soutien militaire à "l'axe de la résistance", une alliance informelle de groupes armés dont le Hezbollah au Liban fait partie.

"Qui peut accepter ça?", a feint de s'interroger samedi dans un discours Ali Khamenei.

"On ne sait pas si l'administration Trump est prête à un accord limité avec l'Iran ou plus complet" qui pourrait comprendre une normalisation des relations, souligne M. Ghahremanpour.

Les Etats-Unis et l'Iran, autrefois de proches alliés, ont rompu en 1980 leurs relations diplomatiques, peu après la Révolution islamique qui a renversé la dynastie Pahlavi soutenue par Washington et la prise en otage de diplomates américains dans leur ambassade à Téhéran.

En cas d'échec de la diplomatie, "la possibilité d'une attaque militaire d'Israël ou des Etats-Unis contre l'Iran est quasiment nulle", estime Ali Bigdeli. Car "cette guerre mettrait le Moyen-Orient à feu et à sang".

Une attaque contre des sites nucléaires en Iran contaminerait et priverait d'eau les pays voisins du Golfe, a récemment mis en garde le Premier ministre qatari, cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, dont le pays abrite la plus grande base militaire des Etats-Unis au Moyen-Orient.

 


Une délégation saoudienne à Damas pour signer plusieurs accords économiques

Une délégation économique saoudienne est arrivée à Damas pour signer plusieurs accords visant à soutenir l’économie syrienne. (SANA)
Une délégation économique saoudienne est arrivée à Damas pour signer plusieurs accords visant à soutenir l’économie syrienne. (SANA)
Une délégation économique saoudienne est arrivée à Damas pour signer plusieurs accords visant à soutenir l’économie syrienne. (SANA)
Une délégation économique saoudienne est arrivée à Damas pour signer plusieurs accords visant à soutenir l’économie syrienne. (SANA)
La délégation économique saoudienne est dirigée par le ministre saoudien de l’Investissement, Khalid Al-Falih. (SANA)
La délégation économique saoudienne est dirigée par le ministre saoudien de l’Investissement, Khalid Al-Falih. (SANA)
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  • Une délégation économique saoudienne est arrivée à Damas pour signer plusieurs accords afin de soutenir l’économie syrienne et renforcer le partenariat bilatéral
  • Les contrats couvriront l’aviation, les télécommunications, les infrastructures et le développement immobilier, avec des ministres et hauts responsables saoudiens présents

DAMAS : Une délégation économique saoudienne est arrivée au Secrétariat général de la Présidence de la République à Damas pour signer plusieurs accords destinés à soutenir l’économie syrienne et inaugurer une nouvelle phase de partenariat global entre les deux pays.

Les contrats, qui devraient être signés entre les parties syrienne et saoudienne, porteront sur les secteurs de l’aviation, des télécommunications, des services d’infrastructure et du développement immobilier.

La délégation économique saoudienne est dirigée par le ministre saoudien de l’Investissement Khalid Al-Falih et comprend le ministre des Communications et des Technologies de l’Information Abdullah Al-Swaha, le président de l’Autorité générale de l’aviation civile Abdulaziz Al-Duailej, ainsi que plusieurs représentants de ministères saoudiens.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les États-Unis dénoncent une attaque des FSR contre un convoi humanitaire au Soudan

Le conflit entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé 11 millions de personnes et a été qualifié par l’ONU comme l’une des pires crises humanitaires au monde. (Photo d’archives AFP)
Le conflit entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé 11 millions de personnes et a été qualifié par l’ONU comme l’une des pires crises humanitaires au monde. (Photo d’archives AFP)
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  • « Détruire de la nourriture destinée aux personnes dans le besoin et tuer des travailleurs humanitaires est révoltant »

WASHINGTON : Les États-Unis ont condamné vendredi une attaque de drone menée par les Forces de soutien rapide (FSR) contre un convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) dans l’État du Kordofan du Nord, au Soudan, qui a fait un mort et trois blessés.

« Les États-Unis condamnent la récente attaque de drone contre un convoi du Programme alimentaire mondial dans le Kordofan du Nord, qui transportait de la nourriture destinée à des populations menacées par la famine et qui a tué une personne et blessé plusieurs autres », a écrit sur X Massad Boulos, conseiller principal américain pour les affaires arabes et africaines.

« Détruire de la nourriture destinée aux personnes dans le besoin et tuer des travailleurs humanitaires est révoltant », a-t-il ajouté.

« L’administration Trump a une tolérance zéro pour cette destruction de vies humaines et de l’aide financée par les États-Unis ; nous exigeons des comptes et présentons nos condoléances à toutes les personnes affectées par ces événements inexcusables et cette guerre terrible », a-t-il poursuivi.

Le Réseau des médecins soudanais a indiqué que le convoi avait été frappé par des drones des FSR dans la zone d’Allah Karim alors qu’il se dirigeait vers des personnes déplacées à El Obeid, capitale de l’État.

Le réseau a qualifié l’attaque de « violation flagrante du droit international humanitaire », avertissant qu’elle compromet les efforts visant à acheminer une aide vitale aux civils dans un contexte de détérioration rapide de la situation humanitaire à travers le pays.

Aucun commentaire immédiat n’a été émis par le groupe rebelle.

Sur les 18 États que compte le Soudan, les FSR contrôlent l’ensemble des cinq États de la région occidentale du Darfour, à l’exception de certaines parties du Darfour du Nord qui restent sous contrôle de l’armée. L’armée contrôle la majorité des zones des 13 autres États du sud, du nord, de l’est et du centre du pays, y compris la capitale, Khartoum.

Le conflit entre l’armée et les FSR, qui a éclaté en avril 2023, a fait des milliers de morts et déplacé des millions de personnes.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Chef de la diplomatie française : il faut donner à l’armée libanaise les « moyens » de désarmer le Hezbollah

Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, tient un point presse à la résidence de l’ambassadeur de France (résidence des Pins) à Beyrouth, le 6 février 2026. (AFP)
Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, tient un point presse à la résidence de l’ambassadeur de France (résidence des Pins) à Beyrouth, le 6 février 2026. (AFP)
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  • La France appelle à renforcer l’armée libanaise pour lui permettre de désarmer le Hezbollah et restaurer le monopole de l’État sur les armes
  • Paris prépare une conférence de soutien à l’armée libanaise le 5 mars, alors que la deuxième phase du désarmement doit débuter au sud du pays

BEYROUTH: Il faut donner à l'armée libanaise les moyens de désarmer le Hezbollah pro-iranien, a affirmé à l'AFP le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, attendu vendredi à Beyrouth dans le cadre d'une tournée régionale.

"La vision de la France au Liban, c'est celle d'un État fort, souverain, disposant du monopole des armes (...). La première étape pour accomplir cette mission, c'est de donner aux forces armées libanaises les moyens de poursuivre le travail de désarmement du Hezbollah", a déclaré le ministre.

Jean-Noël Barrot a indiqué se rendre à Beyrouth "pour préparer la conférence consacrée au soutien aux forces armées libanaises" que Paris accueille le 5 mars.

Seul groupe libanais armé, le Hezbollah est sorti affaibli de sa dernière guerre avec Israël, qui a pris fin en novembre 2024.

Conformément à l'accord de cessez-le-feu, l'armée libanaise a annoncé début janvier avoir achevé la première phase de son plan de désarmement du Hezbollah, qui couvre la région entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, une trentaine de kilomètres plus au nord.

"Le gouvernement libanais a pris ses responsabilités en engageant et en menant jusqu'à son terme la première phase de ce plan de désarmement", a souligné Jean-Noël Barrot.

"C'est la deuxième phase qui doit désormais s'ouvrir et le plan associé à cette deuxième phase doit être présenté dans les prochains jours, et en tout état de cause avant que la conférence ne se tienne", a-t-il poursuivi.

La deuxième phase du plan concerne le secteur entre le Litani et le fleuve Awali, à une quarantaine de km au sud de Beyrouth. Le Hezbollah affirme refuser de remettre ses armes au nord du Litani.

Le ministre français des Affaires étrangères doit rencontrer vendredi les principaux responsables libanais à Beyrouth, dernière étape d'une tournée qui l'a mené en Syrie et en Irak.