La réunion surprise entre Erdogan et Hariri irrite l'opposition turque

Le principal parti d'opposition appelle le gouvernement turc à être tenu pour responsable des allégations de corruption et a blâmé l'AKP pour la bande passante Internet la plus lente du pays en raison de l'allocation inefficace des ressources de l'État. (AFP PHOTO / Service de presse présidentielle turque)
Le principal parti d'opposition appelle le gouvernement turc à être tenu pour responsable des allégations de corruption et a blâmé l'AKP pour la bande passante Internet la plus lente du pays en raison de l'allocation inefficace des ressources de l'État. (AFP PHOTO / Service de presse présidentielle turque)
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Publié le Mardi 12 janvier 2021

La réunion surprise entre Erdogan et Hariri irrite l'opposition turque

  • La visite du Premier ministre libanais en Turquie a suscité des remous au sein de l’opposition turque, son nom était souvent associé à des affaires de corruption dans le pays
  • La famille Hariri est présumée être impliquée dans un scandale de corruption lié à Türk Telekom, première société du pays dans le domaine des technologies de l'information et de la communication

DJEDDAH : Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a rencontré en tête-à-tête le Premier ministre libanais, Saad Hariri, lundi 8 janvier à Istanbul, lors d’une rencontre inattendue.

Les possibilités de coopération entre les deux pays, notamment le renforcement des relations économiques et commerciales, ont été discutées lors de la réunion amicale entre les deux hommes, durant laquelle Saad Hariri a remercié Erdogan pour son soutien aux investissements turcs réalisés au Liban.

Cependant, la visite du Premier ministre libanais a suscité des remous, son nom était souvent associé à des affaires de corruption en Turquie, notamment en ce qui concerne l'implication présumée de la famille Hariri dans Türk Telekom, première société du pays dans le domaine des technologies de l'information et de la communication, société autrefois lucrative.

Au cours de son discours parlementaire lundi, Faik Oztrak, porte-parole du principal parti d'opposition (CHP), a condamné l'accueil chaleureux de Saad Hariri par Recep Tayyip Erdogan. «Comment pouvez-vous vous asseoir à la même table que cet homme qui a gagné des milliards de dollars sans payer un centime pour Telekom ?», a-t-il demandé. 

Le conseiller principal du président turc, Yigit Bulut, et le vice-président turc, Fuat Oktay, ont été membres du conseil d’administration de Türk Telekom, et ont bénéficié de salaires élevés lors du processus de privatisation de la société. Oktay a longtemps travaillé comme vice-président de la compagnie.

«Cette famille a emprunté de l'argent aux banques turques et a payé au Trésor le prix de la privatisation de Telekom. Elle a ensuite pillé des millions de dollars de revenus de dividendes de la Turquie transférés vers le Liban. Au total, cet homme a placé 3,5 milliards de dollars (un dollar = 0,82 euros) de prêts auprès de nos banques», a affirmé Oztrak.

Scandale caché

Les critiques du parlementaire de l'opposition ont à nouveau mis la lumière sur ce scandale longtemps caché, qui avait impliqué l'entreprise de télécommunications. Celle-ci avait été mise sous le feu des projecteurs en mars 2013, lorsque le quotidien pro-gouvernemental Sabah a révélé que Turk Telekom avait secrètement et illégalement mis en vente ses câbles en cuivre, pour les transformer en câbles à fibre optique moins chers.

Mais cette vente qui portait sur des milliers de tonnes de câbles éraflés — d'une valeur de près de 10 millions de dollars — n'a pas été communiquée officiellement à la Bourse, malgré l'existence de deux décisions de justice ayant empêché le groupe libanais possédé par Saad Hariri, détenteur de 55% des actions de l’entreprise, de réaliser cette vente, n’ayant pas reçu l’approbation officielle du Trésor turc.

Cet acte de corruption est passé inaperçu pendant des années et aucune enquête approfondie n’a été menée sur la quantité de cuivre vendu ou sur ses acheteurs. Türk Telekom a été privatisée en 2005, trois ans seulement après l'arrivée au pouvoir du Parti de la justice et du développement (AKP). Oger Telecommunications, propriété de la famille Hariri, a acquis une participation d’une valeur de 6,5 milliards de dollars en recevant des prêts de dizaines de prêteurs turcs et internationaux.

En 2018, la famille Hariri a omis de payer un versement sur ce qui représentait le plus grand crédit aux entreprises de la Turquie, d’un montant de 4,75 milliards de dollars, et ses avoirs ont été repris par une vingtaine de prêteurs, dont plusieurs banques turques.

Le principal parti d'opposition appelle le gouvernement turc à rendre des comptes sur les allégations de corruption, et blâme l'AKP, car en raison de l’allocation inefficace des ressources de l’État, la bande passante Internet est très lente. 

Le porte-parole du principal parti d'opposition a critiqué la gestion par le gouvernement de Türk Telekom depuis 2017. Lors d’une précédente question parlementaire posée en juillet 2017, Oztrak avait déclaré que les ressources publiques étaient utilisées pour compenser l'échec du paiement de la famille Hariri à Türk Telekom, accusant les autorités publiques  de fermer les yeux sur une corruption continue.

À la suite de l’enquête parlementaire menée par Faik Oztrak, le vice-Premier ministre de l’époque, Nurettin Canikli, avait déclaré que Türk Telekom avait transféré environ 3,1 milliards de dollars à l’étranger, sous forme de parts de bénéfices.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Le premier ministre libanais dit qu'il ne laissera pas son pays être entrainé dans un nouveau conflit

Salam a déclaré que l’objectif du Liban était de renforcer sa souveraineté et d’attirer les investissements internationaux. (WGS)
Salam a déclaré que l’objectif du Liban était de renforcer sa souveraineté et d’attirer les investissements internationaux. (WGS)
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  • Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a affirmé que le Liban ne serait pas entraîné dans un nouveau conflit, après des déclarations du Hezbollah liées à une éventuelle attaque américaine contre l’Iran
  • Il a souligné le contrôle de l’État sur le sud du Liban et appelé au soutien arabe pour renforcer l’armée libanaise, en amont d’une conférence internationale prévue le 5 mars à Paris

DUBAI: Le premier ministre libanais a affirmé mardi qu'il "ne permettra(it)" pas que son pays soit entrainé dans un nouveau conflit, après que le Hezbollah a dit qu'il se sentirait visé par toute éventuelle attaque américaine contre l'Iran.

"Nous ne permettrons jamais à quiconque d'entrainer le pays dans une nouvelle aventure", a dit Nawaf Salam lors d'une conférence à Dubai, en réponse à une question sur les déclarations récentes du chef du Hezbollah pro-iranien.

La guerre menée par le Hezbollah contre Israël en soutien au Hamas a couté "très cher" au Liban et "personne n'est prêt à exposer le pays à des aventures de ce genre", a-t-il ajouté.

Le chef du groupe islamiste, Naïm Qassem, a dit la semaine dernière que sa formation se sentirait "visé" par une éventuelle attaque américaine contre l'Iran, et "choisira(it) en temps voulu comment agir".

Ce mouvement chiite est sorti affaibli d'un conflit meurtrier avec Israël qui a pris fin en novembre 2024. Il n'est pas intervenu pendant la guerre de 12 jours entre l'Iran et Israël en juin 2025.

Malgré un cessez-le-feu, Israël poursuit ses frappes régulières contre ses bastions et ses militants, l'accusant de tenter de se réarmer.

M.Salam a affirmé que son gouvernement avait "aujourd'hui un contrôle opérationnel du sud du pays", où l'armée avait annoncé avoir mené à bien le désarmement du Hezbollah au sud du fleuve Litani, à quelque 30 km de la frontière avec Israël.

Il a appelé les pays arabes à le soutenir, à l'occasion de la conférence internationale prévue le 5 mars à Paris et destinée à lever des fonds pour l'armée libanaise, confrontée à un manque de moyens financiers et d'équipements face au Hezbollah, qu'elle cherche à désarmer sur l'ensemble du pays.

"J'espère que tous nos frères arabes y participeront activement, car c'est la clé de la sécurité", a-t-il déclaré.


Rafah: douze personnes entrées en Egypte de Gaza au premier jour de la réouverture du passage

Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens. (AFP)
Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens. (AFP)
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  • "Cinq blessés et sept accompagnateurs" ont traversé le poste-frontière, a déclaré mardi la source, alors que le nombre maximum de patients de Gaza autorisés à entrer en Egypte avait été limité lundi à 50 avec deux accompagnants chacun
  • Lundi, un responsable égyptien du ministère de la Santé a confirmé à l'AFP que trois ambulances ont transportés des patients palestiniens, qui "ont "été immédiatement examinés pour déterminer vers quel hôpital ils seraient transférés"

RAFAH: Douze personnes, des blessés et leurs accompagnants, sont entrées en Egypte de la bande de Gaza, au premier jour lundi de la réouverture très limitée du passage de Rafah, a déclaré mardi à l'AFP une source à la frontière.

"Cinq blessés et sept accompagnateurs" ont traversé le poste-frontière, a déclaré mardi la source, alors que le nombre maximum de patients de Gaza autorisés à entrer en Egypte avait été limité lundi à 50 avec deux accompagnants chacun, selon trois sources officielles à la frontière égyptienne.

Lundi, un responsable égyptien du ministère de la Santé a confirmé à l'AFP que trois ambulances ont transportés des patients palestiniens, qui "ont "été immédiatement examinés pour déterminer vers quel hôpital ils seraient transférés."

Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens.

Quelque "20.000 patients, dont 4.500 enfants" ont "un besoin urgent de soins", selon Mohammed Abou Salmiya, directeur du principal hôpital du territoire palestinien, Al-Chifa.

Le nombre de personnes ayant pu rentrer dans la bande de Gaza n'a pas été communiqué officiellement.

Lundi, des bus blancs, qui avaient acheminé plus tôt dans la journée des Palestiniens d'Egypte vers le territoire palestinien ont retraversé le poste-frontière à vide, selon des images de l'AFP.

Fermé depuis mai 2024 par l'armée israélienne, le passage de Rafah a rouvert lundi au compte-gouttes dans les deux sens, avec d'importantes restrictions imposées par Israël, mais sans ouverture à l'entrée d'aide humanitaire internationale.

Ce seul passage entre la bande de Gaza et le monde extérieur sans passer par Israël a été rouvert au surlendemain de frappes israéliennes sur le territoire palestinien qui ont fait des dizaines de morts, selon la Défense civile dans la bande de Gaza, l'armée affirmant avoir riposté à la sortie de combattants palestiniens d'un tunnel dans la zone qu'elle contrôle à Rafah.

La réouverture de Rafah constitue une "fenêtre d'espoir" pour les habitants de Gaza, a estimé lundi Ali Shaath, chef du Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) chargé de gérer le territoire pendant une période transitoire sous l'autorité du "Conseil de paix" présidé par Donald Trump.

La réouverture de la frontière devrait aussi permettre l'entrée à Gaza, à une date encore inconnue, des 15 membres qui constituent le NCAG.

 

 


Le prince héritier saoudien reçoit le président turc à Riyad

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Erdogan a été reçu à l'aéroport international King Khalid par le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz, gouverneur adjoint de la région de Riyad. (SPA)
Erdogan a été reçu à l'aéroport international King Khalid par le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz, gouverneur adjoint de la région de Riyad. (SPA)
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  • Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président turc Recep Tayyip Erdogan ont tenu une séance de pourparlers au palais Al-Yamamah à Riyad, mardi

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu mardi le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais Al-Yamamah, à Riyad.

Une cérémonie officielle d’accueil a été organisée en l’honneur du président Erdogan, à l’issue de laquelle les deux dirigeants ont tenu une séance de discussions.

Le président turc est arrivé plus tôt dans la journée en Arabie saoudite pour une visite officielle.

Il a été accueilli à l’aéroport international King Khalid par le vice-gouverneur de la région de Riyad, le prince Mohammed ben Abdulrahman ben Abdulaziz, ainsi que par plusieurs hauts responsables saoudiens.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com