En Israël, le réseau sanitaire de proximité au coeur de l'ambitieuse campagne de vaccination

Quelque deux millions d'Israéliens, sur neuf millions d'habitants, ont reçu leur première dose du vaccin Pfizer-BioNTech (Photo, AFP)
Quelque deux millions d'Israéliens, sur neuf millions d'habitants, ont reçu leur première dose du vaccin Pfizer-BioNTech (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 13 janvier 2021

En Israël, le réseau sanitaire de proximité au coeur de l'ambitieuse campagne de vaccination

  • Benjamin Netanyahu, en campagne pour les élections législatives du 23 mars, met en avant son rôle dans cette campagne de vaccination, qu'il a lancée devant les caméras
  • «Nous avons immédiatement établi une base de données identifiant les personnes à appeler en premier, puis les moins prioritaires, puis celles qui pouvaient attendre»

BNEI BRAK: En se levant prudemment de sa chaise, Simcha Barlow, 75 ans, se réjouit de s'être fait vacciner sans aucune difficulté dans une clinique de quartier d'Israël, pays « en avance sur le monde entier » dans la course à l'immunisation contre le coronavirus, selon son Premier ministre. 

Quelque deux millions d'Israéliens, sur neuf millions d'habitants, ont reçu leur première dose du vaccin Pfizer-BioNTech dans le cadre d'une campagne ambitieuse menée tambour battant depuis le 19 décembre. 

Selon plusieurs médias, Israël a déboursé davantage que le prix du marché pour assurer un approvisionnement suffisant de ce vaccin. Le ministère de la Santé n'a pas souhaité commenter. 

Benjamin Netanyahu, en campagne pour les élections législatives du 23 mars et qui doit comparaître prochainement dans son procès pour corruption, met en avant son rôle dans cette campagne de vaccination, qu'il a lancée devant les caméras. 

Il affirme notamment que ses discussions avec les laboratoires Pfizer et Moderna permettront de vacciner toute la population d'Israël de plus de 16 ans d'ici fin mars. 

Mais au-delà des volumes achetés, des observateurs estiment que le succès de la stratégie du gouvernement s'explique par l'implication des caisses d'assurance maladie dans la vaccination. 

Chaque Israélien doit être affilié à l'une des quatre caisses d'assurance maladie du pays qui, grâce aux informations précises dont elles disposent, contactent personnellement les assurés au sujet de la vaccination. 

« Nous avons immédiatement établi une base de données identifiant les personnes à appeler en premier, puis les moins prioritaires, puis celles qui pouvaient attendre. Le tout nous a pris dix minutes », explique Sigal Regev Rosenberg, directrice générale de la caisse Mehuhedet. 

Selon Dov Chernichovsky, directeur du programme de santé publique au centre de recherches Taub, les autorités auraient pu gérer efficacement la crise sanitaire si elles avaient impliqué ces caisses dès le début de la pandémie. 

C'est « absurde » de les avoir écartées, dans le cas des tests de dépistage notamment, dit-il, se réjouissant que l'Etat « se soit finalement réveillé » et qu'il « laisse les caisses faire ce qu'elles savent faire ». 

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« Réveil » 

Ces caisses sont non lucratives. Elles gèrent leurs propres cliniques et emploient leurs propres médecins. 

Elles ont mis en place des stratégies de sensibilisation à la vaccination adaptées à chaque composante de la société, passant notamment par une prise de contact avec d'influents rabbins concernant les juifs ultra-orthodoxes (12% de la population). 

« Si les rabbins approuvent alors je ne me pose aucune question », lance Simcha Barlow, un juif ultra-orthodoxe rencontré à Bnei Brak, près de Tel-Aviv. 

Les Arabes israéliens (20% de la population) se montrent plus sceptiques à l'égard d'un vaccin « qu'ils ne connaissent pas » et donc moins enclins à se faire vacciner, selon Mme Rosenberg. 

« Il faut mieux informer dans cette tranche » arabe-israélienne de la population, souligne-t-elle. « J'espère qu'ils verront dans les semaines à venir que le vaccin est fiable et qu'ils viendront se faire vacciner ». 

A Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville occupé et annexé par Israël, les habitants semblaient « peu intéressés par la vaccination » en raison de la désinformation sur les réseaux sociaux, explique le docteur Ali al-Jibrini. 

« Mais le nombre de personnes qui se font vacciner augmente, il y a eu une sorte de réveil », constate-t-il. 

La morale et l'intérêt 

Des organisations de défense des droits humains ont appelé Israël à garantir l'acheminement de vaccins dans les Territoires palestiniens, en sa qualité de  »puissance occupante ». 

Amnesty International a récemment estimé qu'Israël, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967 et impose un blocus sur la bande Gaza depuis plus de dix ans, devait »agir immédiatement pour s'assurer que des vaccins anticoronavirus soient fournis de manière équitable aux Palestiniens ». 

L'Autorité palestinienne n'a pas indiqué officiellement si elle avait demandé l'aide d'Israël mais elle a annoncé lundi avoir signé des contrats d'approvisionnement avec quatre laboratoires étrangers. 

Pour Nadav Davidovitch, directeur de l'école de santé publique à l'université Ben Gourion de Beersheva, faciliter l'accès des Palestiniens aux vaccins n'est pas seulement une décision « morale »: il en va de l'intérêt d'Israël. 

« Nous vivons les uns à côté des autres et si nous voulons créer une immunité collective, c'est important qu'ils soient vaccinés aussi », relève ce professeur, membre d'un panel conseillant le gouvernement dans sa gestion de la crise sanitaire. 


Liban: neuf blessés dans une frappes israélienne sur un hôpital

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.  Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh. Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
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  • Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement
  • Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux

BEYROUTH: Neuf personnes ont été blessées jeudi dans une frappe israélienne qui a endommagé un hôpital du sud du Liban, selon le ministère de la Santé, l'armée israélienne poursuivant ses raids malgré une trêve fragile avec le Hezbollah pro-iranien.

Dans un communiqué, le ministère a "vivement dénoncé" la frappe qui a "infligé de graves dégâts à l'hôpital gouvernemental de Tebnine".

Il a précisé que la frappe a fait "neuf blessés, parmi lesquels sept membres du personnel de l'hôpital dont cinq femmes".

Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement.

Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux.

Le ministère avait indiqué mercredi que trois hôpitaux dans le sud avaient été fermés et 16 autres endommagés depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Les frappes israéliennes ont coûté la vie à 3.089 personnes au Liban, dont 116 secouristes et personnels de la santé, depuis le début des hostilités, selon le ministère de la Santé libanais.

Par ailleurs, ce même ministère a révisé jeudi à la hausse un bilan concernant une frappe sur la localité de Deir Qanun al-Nahr mardi qui a fait 14 morts, dont trois femmes et quatre enfants, contre 10 indiqué précédemment.

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.

Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban.

Il a dit avoir mené "une vaste attaque contre différentes positions" israéliennes dans trois localités au moyen de "drones d'attaques et de roquettes en salves répétées", selon un communiqué.

Un cessez-le-feu qui devait expirer le 17 mai a été prolongé de 45 jours à l'issue de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, sous médiation américaine.

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

 


Washington annonce des sanctions visant des personnes considérées proches du Hezbollah

Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. (AFP)
Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. (AFP)
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  • Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth
  • La décision du gouvernement avait été vivement critiquée par le Hezbollah

WASHINGTON: Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien.

Parmi les cibles des sanctions du département américain du Trésor se trouvent l'ambassadeur désigné de l'Iran au Liban, Mohammad Reza Raouf Sheibani, des responsables des services de renseignement libanais, des alliés politiques du Hezbollah et quatre responsables du groupe.

L'un d'entre eux, Hassan Fadlallah, est un député du Hezbollah qui a également dirigé la radio (Al-Nour) et la télévision (Al-Manar) du mouvement.

Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth.

La décision du gouvernement avait été vivement critiquée par le Hezbollah.

"Le Hezbollah est une organisation terroriste qui doit être totalement désarmée. Le département du Trésor continuera de s'en prendre aux responsables ayant infiltré le gouvernement libanais et permettant au Hezbollah de mener sa campagne de violence sans but contre le peuple libanais et d'entraver la paix", a déclaré le secrétaire du Trésor, Scott Bessent, cité dans le communiqué.

En réaction, le Hezbollah a dénoncé dans un communiqué "une tentative d'intimidation américaine contre le peuple libanais (...) en soutien à l'agression" israélienne contre le Liban.

"Ces sanctions (...) nous confortent dans nos choix (...) et n'auront aucun impact concret sur nos choix (...) ni sur l'action entreprise pour défendre la souveraineté" du peuple libanais, a ajouté le mouvement.

Les sanctions impliquent le gel de l'ensemble des avoirs détenus directement et indirectement par les personnes ciblées ainsi que l'interdiction pour les citoyens et entreprises américains de mener des échanges avec elles.

Cette interdiction s'applique également aux entreprises étrangères si elles disposent d'une filière aux Etats-Unis ou réalisent une partie de leurs échanges en dollars.

Les sanctions visent aussi deux responsables du mouvement chiite Amal, allié du Hezbollah, qui a dénoncé une mesure "inacceptable et injustifiée", visant "en premier lieu le mouvement Amal et son rôle politique, attaché aux causes nationales ainsi qu'à la protection de l'Etat et de ses institutions".

Le Hezbollah estime par ailleurs que "le fait de cibler les officiers libanais à la veille des rencontres au Pentagone est une tentative évidente d'intimider nos institutions sécuritaires officielles et de soumettre l'Etat aux conditions de la tutelle américaine".

Des négociations, inédites depuis des décennies, sont en cours entre le Liban et Israël sous médiation américaine. Le Hezbollah s'y oppose. Le Pentagone doit accueillir une session de discussions le 29 mai en présence d'une délégation de l'armée libanaise.

Le Liban a été plongé début mars dans la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei. Des troupes israéliennes sont ensuite entrées dans le sud du Liban.

Bien qu'une trêve soit actuellement en cours, Israël et le Hezbollah poursuivent leurs affrontements.


Maroc: au moins quatre morts dans l'effondrement d'un immeuble à Fès

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  • Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur
  • Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales

RABAT: Au moins quatre personnes sont décédées jeudi dans l'effondrement d'un immeuble à Fès, dans le nord du Maroc, selon un bilan provisoire des autorités locales qui poursuivent leurs opérations à la recherche d'éventuelles autres victimes coincées sous les décombres.

Six autres personnes ont été blessées à des degrés divers dans l'effondrement de cet immeuble résidentiel de quatre étages, situé dans un quartier périphérique de cette ville, selon les mêmes sources, citées par l'agence officielle MAP.

Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur.

Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales.

Le périmètre de l'accident a été sécurisé et les habitants des immeubles mitoyens ont été évacués à titre préventif.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances et les causes du sinistre.

Début décembre, 22 personnes avaient été tuées dans l'effondrement de deux immeubles mitoyens déjà à Fès, le pire accident de ce type ces dernières années dans le pays.

Toujours à Fès, neuf personnes avaient péri en mai 2025 dans l'effondrement d'un immeuble d'habitation. En février 2024, cinq personnes étaient aussi mortes dans l'effondrement d'une maison dans la vieille ville.