Les restaurants rouvriront «dès que possible», promet Macron

Emmanuel Macron, président de la République française. (AFP)
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Publié le Mercredi 13 janvier 2021

Les restaurants rouvriront «dès que possible», promet Macron

  • «Le virus va continuer à beaucoup peser dans les prochaines semaines», a prévenu le chef de l'Etat en s'adressant à des boulangers, pâtissiers et meilleurs ouvriers de France rassemblés devant une galette de 1,20 m d'envergure
  • «Sans aide du gouvernement, beaucoup d'entre nous auraient baissé le rideau», a souligné le président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française (CNPBF), Dominique Anract

PARIS : Les restaurants et bars rouvriront »dès que cela sera possible», a promis mercredi Emmanuel Macron, en saluant «le courage» des professionnels de l'alimentation depuis le début de la crise du Covid-19, à l'occasion de la traditionnelle galette des rois de l'Elysée.

«Le virus va continuer à beaucoup peser dans les prochaines semaines», a prévenu le chef de l'Etat en s'adressant à des boulangers, pâtissiers et meilleurs ouvriers de France rassemblés devant une galette de 1,20 m d'envergure.

Il a promis de «donner de la visibilité» au secteur des métiers de bouche, notamment sur la fermeture des bars et restaurants, qui a été étendue jusqu'à la mi-février. «2020 a été très dure pour l'ensemble de vos métiers (...) Vous avez beaucoup souffert», a-t-il ajouté.

La France «est l'un des pays qui a le plus protégé ceux qui travaillent» en apportant «un soutien massif et rapide», et «on doit continuer à le faire, en s'améliorant», a-t-il assuré. Le dispositif d'aide sera maintenu lorsque la situation sanitaire s'améliorera et il faudra «accompagner les trésoreries (des entreprises) les plus fragiles» lors de la phase de reprise économique, selon lui.

«Sans aide du gouvernement, beaucoup d'entre nous auraient baissé le rideau», a souligné le président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française (CNPBF), Dominique Anract.

Malgré la crise, Emmanuel Macron avait tenu à maintenir la tradition de l'Epiphanie, qui se tient chaque année depuis 1975 à l'Elysée, où la galette des rois n'est jamais garnie d'une fève. Par précaution sanitaire, le gâteau n'a pas été partagé et dégusté au cours de la réception.

Le chef de l'Etat s'est félicité du succès de la réforme de l'apprentissage, avec 440 000 contrats signés l'an dernier, dont 72 000 dans les métiers de bouche et 24 000 dans les seules boulangeries.

Emmanuel Macron s'est par ailleurs engagé à défendre à l'Unesco l'inscription de la baguette française - «250 grammes de magie et de perfection» - au patrimoine mondial de l'humanité. Elle «est l'image de la France dans le monde», a souligné le président de la CNPBF, à l'origine de la demande en 2018.

 


Dialogue de sourds entre la cour et François Léotard au procès d'Edouard Balladur

Jugés depuis mardi devant la CJR, composé de magistrats et de parlementaires, les deux anciens responsables politiques ont tous les deux fermement nié toute culpabilité dans cette affaire (Photo, AFP).
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  • L'ancien ministre de la Défense et l'ex-Premier ministre sont soupçonnés d'avoir mis en place dans les années 90 un système de rétrocommissions illégales liées à d'importants contrats d'armement
  • «Et, si c'était à refaire, je le referai», ajoute à plusieurs reprises celui qui a décidé de défendre son «honneur» lui-même, sans avocat

PARIS: «Mais quel est le rapport?» Entre digressions et pantalon de mémoire, la Cour de justice de la République (CJR) a poursuivi jeudi le difficile interrogatoire de François Léotard, jugé à Paris avec Edouard Balladur pour le financement de la campagne de ce dernier à la présidentielle de 1995.

L'ancien ministre de la Défense et l'ex-Premier ministre sont soupçonnés d'avoir mis en place dans les années 90 un système de rétrocommissions illégales liées à d'importants contrats d'armement avec l'Arabie saoudite et le Pakistan, qui aurait servi à nourrir les comptes de la campagne de M. Balladur.

Ce système de commissions «exorbitantes» réglées à des intermédiaires «inutiles», selon l'accusation, une valeur aux collaborateurs de MM. Balladur et Léotard de lourdes condamnations en juin dernier, dans le volet non ministériel de cette partie de la tentaculaire «affaire Karachi». Jugés depuis mardi devant la CJR, composé de magistrats et de parlementaires, les deux anciens responsables politiques ont tous les deux fermement nié toute culpabilité dans cette affaire.
Jean noir et pull marine, planté devant le pupitre au centre de la salle d'audience, M. Léotard, 78 ans, écoute patiemment le président Dominique Pauthe décrire les complexes négociations qui ont entouré les contrats de vente de sous-marins au Pakistan.
La cour veut des précisions sur une note des services du ministère de la Défense mais se heurte à l'une des difficultés de ce procès: juger des faits un quart de siècle après.
«Alors là, vous me posez une colle M. le président, ça doit avoir vingt-cinq ans», souffle l'ancien ministre. «Je ne me souviens pas», ajoute-t-il, comme il le répètera encore une dizaine de fois lors de son interrogatoire. 
«Si on m'avait signalé quelque chose d'irrégulier, naturellement, je n'aurais pas accepté que ça se poursuive», s'empresse de préciser François Léotard. «J'ai toujours pensé que tout ça était légal, régulier, et dans notre intérêt».

«Le cadet de mes soucis»

Lorsque l'ex-ministre rappelle que la pratique des commissions pour faciliter l'obtention d'un contrat étaient à son époque légale, le président lui précise: «Il ne s'agit pas de critiquer la vente de sous-marins ou de frégates mais (...) des accords passés en marge de ces contrats».
«Si c'est légal, j'assume tout. Si c'est pas légal, je n'assume rien», lui rétorque M. Léotard. «Et, si c'était à refaire, je le referai», ajoute à plusieurs reprises celui qui a décidé de défendre son «honneur» lui-même, sans avocat.
«Ces affaires de contrats, excusez-moi d'avoir l'air désinvolte, mais c'était le cadet de mes soucis», insiste-t-il en évoquant le «nucléaire français», les guerres en «Bosnie et au Rwanda» ou les «soldats blessés» qu'il devait accueillir. 
- «D'autres que vous s'en chargeaient ?», coupe le président, revenant sur les contrats. 
- «Bien sûr».
- «Notamment Renaud Donnedieu de Vabres ?»
Plus proche conseiller de M. Léotard à l'époque - il était connu comme «son double» - M. Donnedieu de Vabres a été condamné en juin à cinq ans de prison dont trois ferme pour avoir imposé le réseau d'intermédiaires aux industriels et reçu de l'argent du sulfureux intermédiaire libanais Ziad Takkiedine pour des »services» rendus en marge des contrats.
Il a fait appel de ce jugement, tout comme ses coprévenus.
Le procureur général François Molins aimerait bien savoir à quelle fréquence M. Donnedieu de Vabres rendait des comptes à son ministre, et s'agace quand M. Léotard se lance en réponse dans un commentaire sur les pratiques financières au Liban.
«Est-ce qu'il est possible d'avoir une réponse à ma question»?, s'impatiente le magistrat. «Les conversations étaient quotidiennes», finit par lui répondre M. Léotard. Avant dans se lancer dans une nouvelle digression, cette fois sur son long mandat de maire à Fréjus, où il réside.
Le président est interloqué. «Mais quel est le rapport ?»
L'audience reprend mercredi prochain avec l'interrogatoire d'Edouard Balladur. 


Affaire Duhamel: le frère de Camille Kouchner entendu par les enquêteurs

Dans ce récit autobiographique de 200 pages, à la parution duquel «Victor» ne s'est pas opposé, Camille Kouchner accuse M. Duhamel d'avoir agressé sexuellement son jumeau à la fin des années 80 (Photo, AFP).
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  • A la fin des années 1980 la loi prévoyait qu'une victime mineure pouvait porter plainte pour «viol par ascendant» pendant dix ans à compter de sa majorité
  • La nouvelle enquête ouverte à la parution de livre vise à vérifier que les faits sont bien prescrits depuis 2003 et à «identifier toute autre victime potentielle»

PARIS: L'enquête judiciaire sur l'affaire Olivier Duhamel avance à grand pas, avec l'audition jeudi de «Victor», dont la sœur jumelle Camille Kouchner a affirmé dans un livre qu'il avait été violé à l'adolescence par leur beau-père.

Une semaine après sa sœur, «Victor» a été entendu par les policiers de la Brigade de protection des mineurs (BPM) chargés depuis le 5 janvier de l'enquête ouverte pour «viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur mineur de 15 ans», selon une source proche du dossier et le parquet de Paris, confirmant une information du Parisien.

Selon une source proche du dossier, cet homme aujourd'hui âgé de 45 ans est revenu longuement sur les faits révélés par sa sœur dans «La Familia Grande», paru le 7 janvier.

Dans ce récit autobiographique de 200 pages, à la parution duquel «Victor» ne s'est pas opposé, Camille Kouchner accuse M. Duhamel, politologue de renom et influent, ancien eurodéputé et habitué des médias, d'avoir agressé sexuellement son jumeau à la fin des années 80.

Selon son récit, les agressions auraient duré «un an» ou «des années». «Deux ou trois. Je ne sais pas», écrit la fille de l'ancien ministre Bernard Kouchner et de la professeure de droit Evelyne Pisier (morte en 2017), qui s'était remariée avec Olivier Duhamel.

«Victor» avait été interrogé dans une première procédure ouverte en 2011, mais avait alors refusé de déposer plainte pour ces faits, probablement prescrits. L'enquête avait été «classée sans suite», a indiqué le 5 janvier dans un communiqué le procureur de Paris Rémy Heitz, sans motiver cette décision.

La nouvelle enquête ouverte à la parution de livre vise à vérifier que les faits sont bien prescrits depuis 2003, «à faire la lumière» sur cette affaire et à «identifier toute autre victime potentielle», selon M. Heitz.

Les accusations portées par Camille Kouchner ont provoqué la démission d'Olivier Duhamel de la présidence de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), qui chapeaute Sciences Po, de celle du club d'influence «Le Siècle» et la fin de ses collaborations avec LCI ou Europe 1.

L'avocate du politologue, Me Frédérique Baulieu, a démenti jeudi que son client était parti en Suisse comme l'a affirmé le Parisien. «Cette information est inexacte», a-t-elle indiqué dans un communiqué. «Il est et reste à Paris depuis le 4 janvier 2021 à la disposition des enquêteurs

Débat de société

Plusieurs proches de M. Duhamel ont été éclaboussés par ces révélations.

Le préfet Marc Guillaume, membre du conseil d'administration du «Siècle» et ex-secrétaire général du gouvernement, a quitté les fonctions dans lesquelles il avait travaillé avec Olivier Duhamel. L'ancienne ministre Elisabeth Guigou a, elle, quitté la présidence de la Commission sur l'inceste et les violences sexuelles subies pendant l'enfance.

L'actuel directeur de Science Po, Frédéric Mion, a lui aussi été mis en difficulté par des informations de presse selon lesquelles il connaissait depuis 2019 les accusations portées contre M. Duhamel.

Plus généralement, le livre de Mme Kouchner a rouvert le débat sur l'inceste, un sujet profondément tabou et encore minimisé alors qu'il serait massif en France avec près d'une personne sur dix potentiellement touchée.

Le mot-dièse #Metooinceste suscite depuis samedi «des centaines» de témoignages sur Twitter, selon le mouvement féministe #Noustoutes .

Plusieurs voix se sont élevées pour demander un durcissement de la loi contre l'inceste, et certaines plaident pour rendre ce crime imprescriptible.

Au moment où se sont déroulées les agressions que «Victor» dit avoir subies à la fin des années 1980, la loi prévoyait qu'une victime mineure pouvait porter plainte pour «viol par ascendant» pendant dix ans à compter de sa majorité. Deux lois, depuis, ont allongé ce délai de prescription, à vingt ans en 2004 puis trente ans en 2018, mais elles ne sont pas applicables aux faits déjà prescrits.

Jeudi, le Sénat a voté une proposition de loi visant à créer un nouveau crime sexuel pour protéger les mineurs de moins de 13 ans, enrichie en dernière minute par des mesures spécifiques à la lutte contre l'inceste.


France: des milliers de personnels de santé manifestent

Un manifestant tient une pancarte indiquant "pas de mesures placebo pour l'hôpital public", lors d'une grève nationale des travailleurs de la santé, devant le ministère de la Santé à Paris. (AFP)
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  • Ces milliers de professionnels de la santé et de l'action sociale défilent  pour dénoncer leurs conditions de travail et réclamer des revalorisations salariales
  • «Nous dénonçons aussi que malgré la pandémie, malgré les difficultés pour accueillir les populations, ce gouvernement restructure encore des établissements et supprime des emplois»

PARIS : À Paris, des centaines de personnes manifestaient devant le ministère de la Santé, brandissant des pancartes: «Notre combat, votre santé», «Augmentez nos salaires !», «De l'argent pour l'hôpital, pas pour le capital», «Mal payés, pas reconnus, mais toujours sur le front».

 Ces milliers de professionnels de la santé et de l'action sociale défilent  pour dénoncer leurs conditions de travail et réclamer des revalorisations salariales.

«Dans nos établissements, nous manquons cruellement de professionnels. Nous lions la question de l'emploi à l'attractivité de nos métiers et donc à la question salariale, il est important qu'il y ait une revalorisation plus importante que celle accordée dans le cadre du Ségur», a estimé Mireille Stivala, secrétaire générale du syndicat CGT Santé et action sociale.

«Nous dénonçons aussi que malgré la pandémie, malgré les difficultés pour accueillir les populations, ce gouvernement restructure encore des établissements et supprime des emplois», a-t-elle ajouté. 

Il y a la «nécessité» d'offrir des conditions de travail «dignes» à «l'ensemble des travailleurs du social, du médico-social, de la santé, et de l'animation», «on nous appâte avec 183 euros (de hausse salariale promise) mais, quand on gratte un peu, on a l'impression de lire un contrat d'assurance avec tout un tas de choses qui font que nous n'y avons pas le droit», a déploré Ramon Vila, secrétaire fédéral du syndicat Sud santé sociaux, éducateur spécialisé de formation. 

À Marseille, plusieurs milliers de manifestants, selon la CGT, ont également manifesté, brandissant des pancartes «pas d'euros, pas de boulot» ou encore «qui sème la misère récolte la colère». 

«Il y a trois urgences pour nous: les salaires, le nombre de lits et les embauches (...) Il faut 400 000 créations d'emplois, 100 000 à l'hôpital, 200 000 en (maisons de retraite) Ehpad et le reste dans le médico-social et le social. Il y a une souffrance grandissante», a regretté auprès de l'AFP Cédrid Volait, coordinateur régional de la CGT Santé.


En partenariat avec AFP