HRW critique Téhéran pour sa «répression acharnée de la contestation»

Les gens arrêtent leurs voitures sur une autoroute pour protester contre l'augmentation des prix de l'essence à Téhéran, Iran, le 16 novembre 2019 (Reuters)
Les gens arrêtent leurs voitures sur une autoroute pour protester contre l'augmentation des prix de l'essence à Téhéran, Iran, le 16 novembre 2019 (Reuters)
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Publié le Mercredi 13 janvier 2021

HRW critique Téhéran pour sa «répression acharnée de la contestation»

  • «Les autorités iraniennes traitent la société civile comme leur principale menace et ne sont toujours pas tenues de rendre des comptes pour leurs exactions», dénonce HRW dans son rapport annuel 2021
  • HRW dénonce l’exécution par les autorités iraniennes de deux personnes déclarées coupables de meurtre lors des manifestations, dont Navid Afkari, 27 ans, un champion de lutte

LONDRES: L’organisation Human Rights Watch (HRW) critique dans son rapport annuel 2021, publié mercredi 13 janvier, les nombreuses violations des droits humains du régime iranien en 2020, mettant en évidence la mainmise impitoyable de l’État sur la société civile.

Accordant une attention particulière à l'activisme pacifique et aux manifestations antirégime, qui ont attiré l'attention de l’opinion publique mondiale ces dernières années, HRW accuse Téhéran d'«emprisonner des avocats, des défenseurs des droits humains et ceux qui protestent contre la corruption, la mauvaise gestion et la répression du gouvernement».

Le rapport met également l’accent sur la gestion par l'Iran de la pandémie du coronavirus, indiquant que si certains prisonniers se sont vu offrir une libération temporaire alors que l'État luttait pour contenir la propagation de la Covid-19, beaucoup n’ont pas bénéficié de cette mesure. Les prisonniers politiques ont été contraints de rester derrière les barreaux, alors que le virus se propageait à travers les cellules.

«Malgré les nombreuses crises géopolitiques, sanitaires et économiques auxquelles le pays est confronté, les autorités iraniennes traitent la société civile comme leur principale menace et ne sont toujours pas tenues de rendre des comptes pour leurs exactions», explique Michael Page, directeur adjoint de HRW pour le Moyen-Orient. «En réprimant les défenseurs des droits humains et d'autres militants, les autorités ne font qu'alimenter davantage la contestation et la frustration», affirme-t-il également. 

Le rapport souligne la répression brutale de Téhéran contre les manifestants pacifiques, affirmant que depuis janvier 2018, les autorités iraniennes ont répondu aux manifestations ordinaires dans tout le pays par une violence extrême et des arrestations de milliers de manifestants pacifiques sans fondement.

Au plus fort des manifestations de novembre 2019, lorsque l’Iran était au cœur de l’actualité internationale, HRW soutient que le régime a lancé une «répression brutale» en ordonnant la fermeture quasi totale des services Internet.

Condamnations à mort

HRW cite des chiffres publiés par Amnesty International, qui affirment que la répression par l’État des manifestations a entraîné la mort de 304 personnes. Téhéran avance lui le chiffre de 230 personnes tuées.

Le rapport critique également le régime pour son application systématique de la peine de mort. L’ONG précise ainsi que le 21 septembre 2020, les autorités ont exécuté deux personnes déclarées coupables de meurtre lors des manifestations, dont Navid Afkari, 27 ans, champion de lutte, «sans enquêter sur les graves accusations de torture qu'il a dit avoir subies lors de sa détention».

Ali Safavi, responsable de la Commission des Affaires étrangères du Conseil national de la résistance iranienne basé à Paris, affirme à Arab News que «les mesures répressives draconiennes de la théocratie au pouvoir, en particulier l'intensification des exécutions, des arrestations et des tortures de contestataires, doivent être considérées dans le contexte de plus en plus précaire du régime face à une énorme colère publique».

Il ajoute que la répression brutale des contestataires pourrait conduire à «l'explosion d'un autre soulèvement national, d'une ampleur et d'une intensité bien plus grandes que celui qui a embrasé près de 200 villes du pays en novembre 2019».

Safavi a déclaré que les conclusions du rapport de HRW ne constituaient pas une surprise, alors que «l'économie est sur le point de s'effondrer, la monnaie nationale iranienne est en chute libre, la corruption du gouvernement est endémique, et les querelles entre factions à un haut niveau ont atteint de nouveaux sommets».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com


Deux militaires des Émirats arabes unis tués, l'Iran poursuit ses frappes dans le Golfe

Le 8 mars 2026, des immeubles de grande hauteur se dressent sous un ciel couvert le long de la corniche de Doha. (File/AFP)
Le 8 mars 2026, des immeubles de grande hauteur se dressent sous un ciel couvert le long de la corniche de Doha. (File/AFP)
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  • De fortes explosions ont été entendues à Doha
  • Les défenses aériennes des Émirats arabes unis ont déclaré avoir détecté 15 missiles balistiques.

DUBAI : Les défenses aériennes du Qatar et des Émirats arabes unis ont intercepté des missiles et des drones lundi, alors que le conflit avec l'Iran continue de se propager dans le Golfe, les autorités des deux pays faisant état d'explosions et d'interceptions aériennes.

Les Émirats arabes unis ont déclaré que deux membres des forces armées ont été tués à la suite du crash d'un hélicoptère dû à une défaillance technique alors qu'ils exerçaient leurs fonctions dans le pays lundi.

Le ministère de la défense a présenté "ses plus sincères condoléances et sa sympathie aux familles".

Le ministère de la défense du Qatar a indiqué que les forces armées avaient intercepté une attaque au missile.

Des témoins de l'agence Reuters et des journalistes de l'AFP ont également rapporté avoir entendu de fortes explosions à Doha.

Les défenses aériennes des Émirats arabes unis ont déclaré avoir détecté 15 missiles balistiques, dont 12 ont été détruits, tandis que 3 missiles sont tombés en mer.

Au total, 18 drones ont également été détectés, dont 17 ont été interceptés, tandis qu'un autre est tombé à l'intérieur du territoire national.

Depuis le début de la guerre, les Émirats arabes unis ont déclaré avoir intercepté 233 des 253 missiles balistiques, 1 359 des 1 440 drones et détruit 8 missiles de croisière.

Ces attaques ont fait 4 morts parmi les ressortissants pakistanais, népalais et bangladais, et 117 personnes ont été légèrement blessées.


Un mort après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël

 Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave. (AFP)
Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave. (AFP)
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  • Des images tournées par l'AFP ont montré des équipes de secouristes et forces de sécurité déployées dans une rue de la localité de Yehud, dans le centre d'Israël, allant ensuite inspecter un bâtiment voisin
  • Sur place, un journaliste de l'AFP a vu un monte-charge explosé sous l'effet d'un impact, qui a touché selon les secouristes une structure bétonnée encore en construction

YEHUD: Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave.

Des images tournées par l'AFP ont montré des équipes de secouristes et forces de sécurité déployées dans une rue de la localité de Yehud, dans le centre d'Israël, allant ensuite inspecter un bâtiment voisin.

Sur place, un journaliste de l'AFP a vu un monte-charge explosé sous l'effet d'un impact, qui a touché selon les secouristes une structure bétonnée encore en construction.

"Immédiatement après l'activation des sirènes", des équipes de secours ont été dépêchées "sur plusieurs sites du centre d'Israël", parmi lesquels le chantier de Yehud, a déclaré le Magen David Adom (MDA), l'équivalent israélien de la Croix-Rouge.

Deux hommes "souffrant de blessures graves provoquées par des débris" ont été dégagés des décombres, et l'un est décédé peu après, a ajouté le MDA.

"La situation était difficile. Les deux victimes gisaient inconscientes et souffraient de graves blessures dues à des débris", a témoigné Liz Goral, une ambulancière paramédicale du MDA, citée dans un communiqué.

Le chef de l'opposition israélienne, Yaïr Lapid, qui s'est rendu sur les lieux, a affirmé aux journalistes que "l'Iran visait des civils de manière délibérée".

"Voyez-vous des installations militaires autour de vous?", a-t-il dit, "ce qu'ils essaient de faire, c'est de transformer cette guerre, d'une guerre entre armées en une guerre contre les civils".

Dans une rue de Bat Yam, une autre localité frappée au sud de Tel-Aviv, un photographe de l'AFP a vu une voiture écrasée alors que les forces de sécurité inspectaient les lieux.

L'armée a indiqué que des soldats menaient des recherches sur plusieurs sites touchés dans le centre d'Israël.

Selon les services de secours, 11 personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées, dont trois grièvement, après des tirs de missiles en Israël depuis le début de la guerre avec l'Iran, le 28 février, déclenchée par une offensive israélo-américaine massive contre la République islamique.

 

 


L'émir du Koweït condamne l'attaque «brutale» de l'Iran contre son pays

L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
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  • "Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien"
  • Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février

KOWEIT: L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes.

"Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien, ni de nos côtes pour aucune action militaire contre lui, et que nous le leur avons répété à maintes reprises par nos canaux diplomatiques", a déclaré l'émir, Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, dans un discours télévisé.

Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février.