Liban: le gouverneur de la Banque centrale sous le coup d'une nouvelle enquête

Le gouverneur de la Banque centrale libanaise, Riad Salamé, lors d'une conférence de presse au siège de la banque à Beyrouth, le 11 novembre 2019. (AFP)
Le gouverneur de la Banque centrale libanaise, Riad Salamé, lors d'une conférence de presse au siège de la banque à Beyrouth, le 11 novembre 2019. (AFP)
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Publié le Jeudi 28 janvier 2021

Liban: le gouverneur de la Banque centrale sous le coup d'une nouvelle enquête

  • Un juge libanais a ordonné l'ouverture d'une enquête sur le gouverneur de la Banque centrale Riad Salamé
  • Le Liban connaît depuis 2019 sa pire crise économique depuis la guerre civile (1975-1990)

BEYROUTH : Un juge libanais a ordonné l'ouverture d'une enquête sur le gouverneur de la Banque centrale Riad Salamé accusé d'avoir mal géré un mécanisme visant à réduire la flambée des prix des produits alimentaires, selon une source judiciaire.

Le Liban connaît depuis 2019 sa pire crise économique depuis la guerre civile (1975-1990), avec notamment une dégringolade de sa monnaie nationale et des restrictions bancaires interdisant les transferts à l'étranger.

« La procureure générale du Mont Liban, Ghada Aoun, a demandé (l'ouverture d'une) enquête judiciaire sur le gouverneur de la Banque centrale Riad Salamé ainsi que la chef de la commission de contrôle bancaire (rattachée à la Banque centrale, ndlr) Maya Dabbagh, pour négligence professionnelle et atteinte à la confiance du public », a indiqué la source à l'AFP.

Mme Aoun a pris cette décision après avoir constaté des irrégularités dans l'application d'un mécanisme mis en place en mai par la Banque centrale pour fournir des dollars aux importateurs de produits alimentaires et limiter l'inflation, selon cette source.

« Les dollars n'ont pas tous atterri au bon endroit », échouant notamment dans les poches d'agents de change qui les ont revendus au marché noir, a-t-elle ajouté.

La livre libanaise, indexée sur le billet vert depuis 1997 au taux fixe de 1 507 livres pour un dollar, a perdu en 2020 plus de 80% de sa valeur sur le marché noir face au dollar.

Cette dépréciation a entraîné une envolée vertigineuse des prix des produits alimentaires dans un pays où, selon l'ONU, plus de la moitié de la population vit aujourd'hui sous le seuil de pauvreté et près du quart dans l'extrême pauvreté. 

« Le montant qui a fini dans les poches d'agents de change et d'institutions financières dépasse les cinq millions de dollars » (environ 4,1 millions d'euros), selon la source judiciaire. 

À la tête de la Banque centrale depuis 1993, M. Salamé avait déjà été entendu dans le cadre d'une autre affaire la semaine dernière par le procureur général libanais après une demande d'assistance juridique déposée par la Suisse.

Le parquet fédéral suisse a confirmé avoir adressé au Liban « une demande d'entraide judiciaire » concernant une enquête « pour blanchiment d'argent aggravé (...) en lien avec un éventuel détournement de fonds au détriment de la Banque du Liban ».

D'après une source judiciaire libanaise, l'enquête porterait sur 400 millions de dollars (328,9 millions d'euros) qui auraient été transférés à l'étranger par M. Salamé, son frère, son assistante et des institutions liées à la Banque centrale.

Riad Salamé avait été conspué par le mouvement de contestation en 2019 qui lui imputait des politiques monétaires « suspectes » et l'accusait de complicité avec la classe dirigeante, jugée corrompue et incompétente.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
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  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.


«Flottille pour Gaza»: Israël prolonge la détention des militants jusqu'à dimanche 

La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
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  • L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne
  • La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien

ASHKELON: La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah.

L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne. La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien, ce que les deux hommes contestent.

 


Un accord de sécurité avec Israël doit précéder toute rencontre avec Netanyahu déclare Joseph Aoun

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
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  • L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu
  • Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir.

M. Aoun a réitéré que "le moment n'était pas approprié pour une réunion" avec le dirigeant israélien, selon un comuniqué de la présidence.

"Il faut parvenir d'abord à un accord de sécurité" et obtenir "l'arrêt des agressions israéliennes" contre le Liban, a-t-il ajouté.

Il a cependant assuré que la décision d'engager des négociations avec Israël, rejetée par le Hezbollah, était "sans retour", répétant que le processus visait à obtenir "le retrait israélien des territoires libanaise occupés et le retour des prisonniers" libanais.

Une troisième session de "discussions préliminaires" en vue de ces négociations est attendue "ces prochains jours", a indiqué le communiqué de la présidence.

L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu dans la guerre entre Israël et le mouvement Hezbollah pro-iranien.

Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné.

Les ambassadeurs d'Israël et du Liban aux Etats-Unis se sont rencontrés à deux reprises à Washington au cours des dernières semaines, pour la première fois depuis des décennies, en vue de l'ouverture de négociations directes entre les deux pays, en état de guerre depuis 1948.

Le chef du Hezbollah Naïm Qassem a répété lundi son opposition à des négociations directes avec Israël, estimant qu'elles seraient "une concession gratuite, sans résultat".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en lançant une attaque contre Israël, qui poursuit ses frappes sur le pays malgré la trêve.

Cette guerre dévastatrice a fait près de 2.700 morts et plus d'un million de déplacés.