L’ONU dénonce l’inaction face à la menace grandissante de Daech

L’avertissement ponctue le briefing de Vladimir Voronkov devant le Conseil de sécurité au sujet des derniers efforts de l'ONU pour contrer les dangers de Daech et d'autres groupes terroristes (Photo, AFP).
L’avertissement ponctue le briefing de Vladimir Voronkov devant le Conseil de sécurité au sujet des derniers efforts de l'ONU pour contrer les dangers de Daech et d'autres groupes terroristes (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 11 février 2021

L’ONU dénonce l’inaction face à la menace grandissante de Daech

  • Daech continue de mener des attaques en Irak et en Syrie, et maintient sa capacité d'opérer à travers des frontières non protégées
  • Les terroristes maîtrisent et exploitent à présent les opportunités offertes par le cyberespace et les nouvelles technologies

NEW YORK: La menace de Daech à l’encontre de la paix et la sécurité dans le monde ne cesse croître, et le groupe tente de se reconstituer et de renouveler ses activités, a révélé mercredi le Conseil de sécurité de l'ONU.

Vladimir Voronkov, chef du Bureau de lutte contre le terrorisme des Nations Unies, affirme que le groupe terroriste fait appel à la technologie comme moyen d’atteindre les jeunes dans le but de les radicaliser. Ses activités ont pris de l'ampleur au second semestre de l'année dernière, au cours de laquelle de nombreuses personnes se sont retrouvées coincées chez elles lors des confinements relatifs à la pandémie, a-t-il ajouté.

L’avertissement ponctue son briefing devant le Conseil de sécurité au sujet des derniers efforts de l'ONU pour contrer les dangers de Daech et d'autres groupes terroristes. Conformément à la résolution 2368, le Conseil doit s'adapter à l'évolution des menaces terroristes, et les États membres doivent renforcer les mesures qui font obstacle au financement du terrorisme, limiter les déplacements des terroristes et les empêcher d'obtenir des armes.

Voronkov explique que Daech continue de mener des attaques en Irak et en Syrie, et maintient sa capacité d'opérer à travers des frontières non protégées, bien qu’il ait perdu son califat auto-proclamé dans les deux pays. Le groupe terroriste pourrait retrouver sa capacité d'orchestrer des attaques dans le monde entier cette année, a-t-il ajouté.

Les terroristes maîtrisent et exploitent à présent les opportunités offertes par le cyberespace et les nouvelles technologies, dit-il. Les jeunes en particulier dans de nombreux pays passent plus de temps chez eux, donc en ligne, en raison des restrictions imposées par la Covid-19, et Voronkov avertit que le risque de les voir exposés à la propagande et à l'incitation de Daech a augmenté, surtout que le groupe terroriste tente de reconstruire et de faire progresser son projet destructeur.

«Cela pourrait conduire à une vague soudaine d'attaques dans certains pays lorsque les restrictions de mouvement liées à la Covid-19 s'allègent», ajoute-t-il.

Près de 10 000 combattants de Daech, en Irak pour la plupart, sont activement engagés dans une insurrection prolongée qui constitue «une menace majeure, à long terme et à l’échelle internationale», a souligné Voronkov. «Ces groupes sont organisés en petites cellules qui se cachent dans le désert et les zones rurales et traversent la frontière entre l'Irak et la Syrie, afin de mener des attaques», poursuit-il.

Voronkov décrit la situation sécuritaire et humanitaire à Al-Hol et Roj, dans le nord-est de la Syrie, comme désastreuse pour les quelques 90 000 individus, issus de 57 pays, et quoi pour la plupart sont des femmes et des enfants ayant des liens familiaux avec des membres de Daech. Ils sont détenus dans les deux camps depuis que les terroristes ont été expulsés des territoires qu'ils contrôlaient auparavant en Irak et en Syrie.

Voronkov a réitéré l'appel du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à tous les États membres de respecter leur responsabilité morale et leur obligation légale et de rapatrier leurs citoyens qui vivent dans les camps.

L'ambassadeur américain Jeffrey DeLaurentis a déclaré au conseil que la menace mondiale de Daech continuera de croître tant que les autorités de nombreux pays refusent de procéder au rapatriement. Les experts ont averti que ces camps sont un terrain propice à l'extrémisme et à la radicalisation.

«En plus d'être la meilleure option du point de vue de la sécurité, le rapatriement est tout simplement la bonne chose à faire», a-t-il déclaré. «On estime que 90% des enfants des camps ont moins de 12 ans et 50% moins de cinq ans».

«Ces enfants ont un accès limité à la nourriture, aux soins médicaux, à l'eau potable et à d'autres services de base. L'éducation est presque inexistante. Ils ne peuvent jamais être à la hauteur de leur potentiel dans ces conditions».

Vassily Nebenzya, représentant permanent de la Russie auprès de l’ONU, a déclaré: «Malheureusement, plusieurs pays d’origine de ces personnes préfèrent fermer les yeux sur cette question. La Russie coopère étroitement avec la Syrie et l’Iraq afin de déterminer où se trouvent leurs mineurs pour les renvoyer dans leurs pays».

Nebenzya a exhorté les autres pays à faire de même et à collaborer avec «les autorités légitimes en Syrie».

Cette année marque le 20e anniversaire de la résolution 1373 fondamentale de l’ONU contre le terrorisme, qui a été adoptée après les attentats du 11 septembre contre les États-Unis. Voronkov a sommé les États membres de commémorer l'occasion en s'engageant à nouveau à «une action multilatérale contre le terrorisme». La résolution demande à tous les pays de criminaliser le financement du terrorisme, de prévenir le recrutement de terroristes, de les empêcher de voyager et de veiller à ce qu'ils ne bénéficient pas de refuges sûrs.

L’ONU a également créé un comité contre le terrorisme pour suivre l’application mondiale de la résolution. La Direction exécutive du comité (CTED) a été créée en 2004 dans le but d’évaluer dans quelle mesure les 193 pays membres des Nations Unies ont réussi à atteindre cet objectif et recommander des moyens de remédier aux lacunes, de faciliter l'assistance technique et d'analyser les tendances de la lutte contre le terrorisme.

La CTED est dirigée par Michele Coninsx, qui a déclaré au Conseil de sécurité que la pandémie de la Covid-19 représente «le défi le plus urgent», car elle a aggravé et alimenté des menaces qui étaient cachées.

Les niveaux de violence terroriste ont tendance à fluctuer et continueront probablement de le faire, a affirmé Coninsx. Elle note «une baisse constante et d’ailleurs bienvenue au cours des cinq dernières années». «La réponse des Nations Unies évolue parallèlement à menace terroriste», ajoute-t-elle.

La Syrie et l’Irak restent la cible principale de Daech, et la CTED prévoit donc une visite en Irak et dans les pays voisins afin d’évaluer la situation, a souligné Coninsx. «Ceci nous permettra d'identifier les défis qui doivent encore être relevés pour freiner efficacement l'évolution de la menace dans la région», a-t-elle ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.