BEYROUTH: Le gouvernement provisoire libanais subit une pression croissante pour organiser des élections partielles afin d’occuper 10 postes vacants au parlement du pays en raison des démissions et du décès récent de deux députés de la Covid-19.
Ces derniers mois, le parlement a perdu 10 de ses 128 membres, soulevant des doutes sur des questions juridiques dans le calcul du quorum, notamment concernant les sessions critiques du fait du déséquilibre du pacte.
Huit députés ont présenté leur démission collective afin de protester contre la corruption de l'autorité au pouvoir après l'explosion au port de Beyrouth.
Trois d’entre eux étaient des membres d’Al-Katā'ib (Phalanges), les cinq autres étant indépendants ou ayant quitté leurs blocs parlementaires.
Deux députés, Michel Murr et Jean Obeid, sont récemment décédés des complications de la Covid-19.
La majorité des députés qui ont quitté le parlement sont chrétiens, l’un d’entre eux est druze. Sur les 118 parlementaires restants, 63 sont musulmans et 55 sont chrétiens.
Des élections partielles devaient avoir lieu dans les deux mois suivant l'acceptation du Parlement de la démission de Marwan Hamadeh, Henri Helou, Paula Yacoubian, Nadim Gemayel, Samy Gemayel, Elias Hankach, Nehmeh Afram et Michel Moawad à la suite de l'explosion du port de Beyrouth.
Toutefois, les élections partielles n'ont pas eu lieu malgré la signature par le ministre de l'Intérieur par intérim, Mohammed Fahmi, d'un décret invitant les organes électoraux à organiser les élections.
Le gouvernement intérimaire n'a pas signé le décret, ce qui a conduit à une violation de la Constitution.
Cependant, avec la mort des deux députés, la nécessité de tenir des élections partielles dans le but de pourvoir les sièges vacants apparait de nouveau.
Le président du Parlement Nabih Berri a déclaré cette semaine qu'il espérait que les élections partielles pourraient avoir lieu au printemps.
Le Liban fait face à deux échéances dans l'année à venir, la première en mai 2022 pour élire un nouveau parlement afin de mener à terme la seconde, qui consiste à élire un président.
Le mandat du président Michel Aoun prendra fin en octobre 2022.
Fahmi a répondu à la demande de Berri de soumettre une lettre au Premier ministre, fixant la fin du mois de mars comme date limite pour la tenue des élections.
La question intervient au fait d'un différend croissant entre le président Aoun et le Mouvement patriotique libre (MPL) d'une part et le Premier ministre désigné Saad Hariri et ses partisans d'autre part, sur la formation du gouvernement.
L’impasse politique est une source de préoccupation et de colère grandissantes à mesure que la crise économique et sanitaire du pays s’aggrave.
L'expert juridique Antoine Sfeir a souligné que si des élections partielles ne sont pas organisées, il est peu probable que des élections législatives aient lieu l’année prochaine.





