Élections partielles: Les leaders politiques libanais sévèrement critiqués

Les forces de sécurité libanaises se rassemblent lors d'une manifestation en août de l'année dernière à proximité du parlement dans le centre de Beyrouth à la suite d'une énorme explosion chimique (Photo, AFP).
Les forces de sécurité libanaises se rassemblent lors d'une manifestation en août de l'année dernière à proximité du parlement dans le centre de Beyrouth à la suite d'une énorme explosion chimique (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 21 février 2021

Élections partielles: Les leaders politiques libanais sévèrement critiqués

  • La pression concernant le scrutin monte autour du gouvernement intérimaire pendant que les sièges parlementaires vacants suscitent des doutes d’ordre juridiques
  • Huit députés ont présenté leur démission collective afin de protester contre la corruption de l'autorité au pouvoir après l'explosion au port de Beyrouth

BEYROUTH: Le gouvernement provisoire libanais subit une pression croissante pour organiser des élections partielles afin d’occuper 10 postes vacants au parlement du pays en raison des démissions et du décès récent de deux députés de la Covid-19.

Ces derniers mois, le parlement a perdu 10 de ses 128 membres, soulevant des doutes sur des questions juridiques dans le calcul du quorum, notamment concernant les sessions critiques du fait du déséquilibre du pacte.

Huit députés ont présenté leur démission collective afin de protester contre la corruption de l'autorité au pouvoir après l'explosion au port de Beyrouth.

Trois d’entre eux étaient des membres d’Al-Katā'ib (Phalanges), les cinq autres étant indépendants ou ayant quitté leurs blocs parlementaires.

Deux députés, Michel Murr et Jean Obeid, sont récemment décédés des complications de la Covid-19.

La majorité des députés qui ont quitté le parlement sont chrétiens, l’un d’entre eux est druze. Sur les 118 parlementaires restants, 63 sont musulmans et 55 sont chrétiens.

Des élections partielles devaient avoir lieu dans les deux mois suivant l'acceptation du Parlement de la démission de Marwan Hamadeh, Henri Helou, Paula Yacoubian, Nadim Gemayel, Samy Gemayel, Elias Hankach, Nehmeh Afram et Michel Moawad à la suite de l'explosion du port de Beyrouth.

Toutefois, les élections partielles n'ont pas eu lieu malgré la signature par le ministre de l'Intérieur par intérim, Mohammed Fahmi, d'un décret invitant les organes électoraux à organiser les élections.

Le gouvernement intérimaire n'a pas signé le décret, ce qui a conduit à une violation de la Constitution.

Cependant, avec la mort des deux députés, la nécessité de tenir des élections partielles dans le but de pourvoir les sièges vacants apparait de nouveau.

Le président du Parlement Nabih Berri a déclaré cette semaine qu'il espérait que les élections partielles pourraient avoir lieu au printemps.

Le Liban fait face à deux échéances dans l'année à venir, la première en mai 2022 pour élire un nouveau parlement afin de mener à terme la seconde, qui consiste à élire un président.

Le mandat du président Michel Aoun prendra fin en octobre 2022.

Fahmi a répondu à la demande de Berri de soumettre une lettre au Premier ministre, fixant la fin du mois de mars comme date limite pour la tenue des élections.

La question intervient au fait d'un différend croissant entre le président Aoun et le Mouvement patriotique libre (MPL) d'une part et le Premier ministre désigné Saad Hariri et ses partisans d'autre part, sur la formation du gouvernement.

L’impasse politique est une source de préoccupation et de colère grandissantes à mesure que la crise économique et sanitaire du pays s’aggrave.

L'expert juridique Antoine Sfeir a souligné que si des élections partielles ne sont pas                      organisées, il est peu probable que des élections législatives aient lieu l’année prochaine.

FAITS MARQUANTS

Des élections partielles devaient avoir lieu dans les deux mois suivant l'acceptation du Parlement de la démission de Marwan Hamadeh, Henri Helou, Paula Yacoubian, Nadim Gemayel, Samy Gemayel, Elias Hankach, Nehmeh Afram et Michel Moawad à la suite de l'explosion du port de Beyrouth.

 

Toutefois, les élections partielles n'ont pas eu lieu malgré la signature par le ministre de l'Intérieur par intérim, Mohammed Fahmi, d'un décret invitant les organes électoraux à organiser les élections.

Selon Sfeir, « on craint que le parlement actuel, avec ses 118 membres - s'il n'y a pas de nouveaux décès - élira le prochain président de la république à la fin du mandat d'Aoun ».

Si une décision concernant la tenue des élections partielles, est prise, le scrutin se déroulera selon la loi électorale en vigueur et selon le système majoritaire à Achrafieh à Beyrouth ainsi qu'à Tripoli, Zgharta, Keserwan, Chouf et Alyeh.

Néanmoins, les élections se tiendront également selon le système proportionnel au Matn (trois sièges), où se trouvent divers partis chrétiens, dont le parti d’Al-Katā'ib (Phalanges), la Fédération révolutionnaire arménienne (Dasgnaks), le Mouvement patriotique libre (MPL), les Forces libanaises et le Parti social nationaliste syrien (PSNS), ainsi que la société civile.

Les batailles électorales se limiteront principalement à Matn, ce qui signifie un test de la popularité des partis dans cet environnement chrétien. Tandis que dans les autres circonscriptions électorales, les résultats seront presque certains, du fait de l'absence de compétition entre les partis et de l'absence d'un bloc ou d'une coalition de groupes civils indépendants, à l'exception d'Achrafieh, où les élections sont liées à des alliances.

Les analystes politiques indiquent que le député Marwan Hamadeh sera certainement remplacé par son fils Karim. Le député décédé Jean Obeid sera lui aussi remplacé par son fils Suleiman.

Le porte-parole médiatique du Parti des Forces libanaises, Charles Jabbour, a déclaré que : «Si l’autorité au pouvoir actuelle est capable de tenir des élections partielles maintenant, alors elle est capable de tenir des élections générales, donc pourquoi ne pas les tenir dès maintenant de manière à réduire la simultanéité des élections qui auront lieu l'année prochaine ?

«Je crois que l’autorité au pouvoir a peur des élections anticipées à venir car le ressentiment du peuple se verra dans les urnes, et cela ne convient pas à ce pouvoir qui veut étendre le parlement actuel afin qu’il puisse se reproduire encore et encore».

Jabbour a soutenu que « les élections partielles sont imposées par la constitution, auront-elles donc lieu ? En tout cas, il est interdit de prolonger le parlement actuel, et nous sommes tous à l'affût ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.