L'Iran poursuit son chantage sur le nucléaire, affirme le prince Abdallah ben Khalid ben Sultan

Le prince Abdallah ben Khalid ben Sultan, l’ambassadeur saoudien en Autriche et le représentant permanent du Royaume auprès de l’ONU et des organisations internationales à Vienne (AN Photo)
Le prince Abdallah ben Khalid ben Sultan, l’ambassadeur saoudien en Autriche et le représentant permanent du Royaume auprès de l’ONU et des organisations internationales à Vienne (AN Photo)
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Publié le Vendredi 05 mars 2021

L'Iran poursuit son chantage sur le nucléaire, affirme le prince Abdallah ben Khalid ben Sultan

  • Le prince Abdallah ben Khalid ben Sultan a appelé l’Iran à coopérer pleinement avec l’AIEA afin de satisfaire ses requêtes et répondre sans plus tarder aux demandes qui lui sont soumises
  • L’ambassadeur a condamné les violations continues par l’Iran des termes du plan d’action global conjoint (JCPOA), qui lui ont permis d’étendre et de développer ses capacités nucléaires

DJEDDAH: L’Arabie saoudite a condamné l’intransigeance de Téhéran depuis un an et demi face aux demandes répétées de l’Agence internationale de l’énergie Atomique (AIEA) d’explorer ses sites non déclarés. 

Le prince Abdallah ben Khalid ben Sultan, ambassadeur saoudien en Autriche et représentant permanent du Royaume auprès de l'ONU et des organisations internationales à Vienne, a fait part de ses observations lors de sa participation à la réunion du conseil des gouverneurs de l'AIEA qui s’est tenue début mars, soulignant que les réponses fournies par les responsables iraniens étaient «insuffisantes» et manquaient de crédibilité technique. 

«Les réponses de l'Iran reflètent le manque de volonté de coopérer avec l'agence, malgré les préoccupations du directeur général, qui a déclaré qu’il n’y avait pas eu de progrès sur diverses questions en suspens. L’AIEA a souhaité faire participer activement l'Iran à des mesures visant à clarifier et résoudre ces problèmes sans plus tarder, sans obtenir de réponse», a déploré le prince. 

Il a indiqué que le projet de résolution adopté lors de la réunion de juin 2020 expliquait pourquoi l’Iran ne fournissait pas de réponses. Le conseil des gouverneurs de l’AIEA a en effet adopté une résolution appelant l’Iran à coopérer pleinement avec l’organisation afin de mettre en œuvre son protocole additionnel TNP (Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires), et pour qu’elle apporte des réponses sans plus de délais à ses questions. 

«Cela confirme la poursuite par l’Iran de sa politique de désinformation et renforce les doutes sur les véritables objectifs de son programme nucléaire», a déclaré l’ambassadeur. 

Au nom du Royaume, il a appelé l’Iran «à coopérer pleinement avec l’AIEA pour satisfaire ses requêtes», s’estimant très préoccupé par «ses violations répétées, sa suspension du protocole additionnel, sa tentative d'échapper à la mise en application du protocole additionnel et du code 3.1 modifié des arrangements subsidiaires de l'accord de garanties». 

L'ambassadeur a condamné les transgressions continues de l'Iran et les violations des termes du plan d'action global conjoint (JCPOA), qui ont permis à Téhéran d’étendre et de développer ses capacités nucléaires, ainsi que de reprendre la production d’uranium enrichi à 20%.  

 «L'Iran continue de mettre en application sa politique de menace et de chantage envers la communauté internationale, après avoir découvert des lacunes dans l'accord nucléaire pour mieux les exploiter», a affirmé le prince Abdallah. Il a souligné l’importance d’un accord nucléaire global qui comble les lacunes de l’accord actuel, afin d’empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires. 

Le représentant permanent du Royaume auprès de l’ONU a ajouté que l’Iran semblait croire en une politique de «chantage nucléaire», clairement reflétée dans ses déclarations publiques. 

«Si les efforts de l'Iran pour acquérir l’arme nucléaire ne sont pas contenus – ce qui est son but avec cet accord depuis le départ – il existe un risque réel de prolifération nucléaire dans la région, qui conduira à l'instabilité dans cette partie du globe et dans le monde en général. Cela ne fera que promouvoir le parrainage du terrorisme par l’Iran», a-t-il ajouté. 

Le prince Abdallah a enfin appelé la communauté internationale à adopter une position ferme pour mettre fin à la pratique du chantage et de la provocation, affirmant qu’il était de la responsabilité des États membres du conseil des gouverneurs de maintenir le système de garanties qui est désormais «en jeu». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com 


ONG interdites à Gaza: MSF pourrait mettre fin à ses activités en mars

L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
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  • Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité"
  • MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires"

PARIS: L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny.

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires".

"Pour travailler en Palestine, dans les territoires palestiniens occupés, nous devons être enregistrés (...) Cet enregistrement a pris fin le 31 décembre 2025", a expliqué sur France Inter Isabelle Defourny, médecin et présidente de MSF France.

"Depuis le mois de juillet 2025, nous étions impliqués dans un processus de réenregistrement et à ce jour, nous n'avons pas reçu de réponse. (...) On a encore 60 jours pendant lesquels on pourrait travailler sans être réenregistrés, et donc nous devrions mettre fin à nos activités en mars", si Israël maintenait sa décision de sanction, a-t-elle ajouté.

L'ONG dispose d'une quarantaine de personnels internationaux dans la bande de Gaza et travaille avec 800 personnels palestiniens dans huit hôpitaux.

"On a encore du +staff+ international qui, très récemment, ces derniers jours, a pu rentrer dans Gaza", a néanmoins précisé Mme Defourny.

"On est le second distributeur d'eau (dans la bande de Gaza). L'année dernière, en 2025, on a pris en charge un peu plus de 100.000 personnes blessées, brûlées, victimes de différents traumatismes. On est les deuxièmes en nombre d'accouchements effectués", a encore souligné la présidente de MSF France.

S'appuyant notamment sur une note du Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, Isabelle Defourny a estimé que la décision de sanction israélienne s'expliquait par le fait que les ONG "témoignent sur les violences commises par l'armée israélienne" à Gaza.

"Les journalistes internationaux n'ont jamais été autorisés à Gaza, les journalistes nationaux sont (...) ciblés les uns après les autres, tués par l'armée israélienne", a-t-elle ajouté.

Et de rappeler que "plus de 500 humanitaires ont été tués, dont 15 membres de MSF" dans des bombardements de l'armée israélienne depuis octobre 2023.


Le Conseil de transition du Sud salue l'invitation saoudienne au dialogue sur le Yémen

Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
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  • L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel yéménite
  • Le royaume a exhorté toutes les factions à participer "pour développer une vision globale"

RIYAD: Le Conseil de transition du Sud (CTS) au Yémen a salué samedi l'invitation de l'Arabie saoudite à participer à un dialogue inclusif entre les factions du sud du Yémen à Riyad.

Dans un communiqué, le groupe a déclaré que cette initiative reflétait l'engagement du Royaume à résoudre les questions politiques par le dialogue, notamment en ce qui concerne le droit du peuple du sud à restaurer son État.

Le STC a souligné que tout dialogue sérieux doit reconnaître la volonté du peuple du sud, inclure des garanties internationales complètes et envisager un référendum libre dans le cadre de toute proposition ou solution politique future.

Le Conseil a déclaré avoir pris part à toutes les étapes du dialogue parrainé par l'Arabie saoudite et le Conseil de coopération du Golfe, en commençant par l'accord de Riyad en 2019, suivi par les consultations de Riyad en 2022, et culminant dans le dialogue global avec le Sud qui a conduit à l'adoption de la Charte nationale du Sud en 2023 - soulignant son engagement constant en faveur du dialogue et de la responsabilité politique.

L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel de direction du Yémen.

Le Royaume a exhorté toutes les factions à participer "à l'élaboration d'une vision globale" qui répondrait aux aspirations du peuple du Sud.

L'initiative a reçu un large soutien régional et international.


L’Arabie saoudite accueillera un « dialogue » entre les factions du sud du Yémen

L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
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  • La conférence vise à « élaborer une vision globale » afin de répondre aux aspirations des Yéménites

RIYAD : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a invité les factions du sud du Yémen à tenir un dialogue à Riyad afin de « discuter de solutions justes à la question du Sud ».

Dans un communiqué, le ministère a précisé que la conférence, prévue dans la capitale saoudienne, avait été demandée par Rachad Al-Alimi, président du Conseil de direction présidentielle yéménite. Le Royaume a exhorté l’ensemble des factions à y participer « pour élaborer une vision globale » à même de répondre aux aspirations de la population du Sud.

Le Conseil de transition du Sud (STC), mouvement séparatiste, s’est récemment emparé de territoires dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra.

L’Arabie saoudite a estimé que l’action du STC constituait une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume et pour la stabilité régionale.

Plus tôt cette semaine, la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite a mené des frappes aériennes visant un chargement d’armes et de véhicules destiné aux forces séparatistes du Sud. Cette cargaison était arrivée au port d’al-Mukalla à bord de deux navires.

L’Arabie saoudite a réitéré que la seule voie permettant de résoudre la question du Sud passe par le dialogue.

Mardi, des pays du Golfe et d’autres pays arabes ont exprimé leur soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com