Le Liban convoque l'ambassadeur iranien après un reportage sur le leader maronite

Le cardinal libanais Mar Bechara Boutros Al-Rahi accueille ses partisans avant un discours prononcé le 27 février 2021 au Patriarcat maronite dans le village de montagne de Bkerki, au nord-est de Beyrouth. (Photo, AFP)
Le cardinal libanais Mar Bechara Boutros Al-Rahi accueille ses partisans avant un discours prononcé le 27 février 2021 au Patriarcat maronite dans le village de montagne de Bkerki, au nord-est de Beyrouth. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 07 mars 2021

Le Liban convoque l'ambassadeur iranien après un reportage sur le leader maronite

  • L'allié du Hezbollah, le Mouvement patriotique libre (MPL), a fait une déclaration samedi annonçant son « rejet catégorique » du reportage et affirmant que cela constituait « une attaque » contre la position du patriarche
  • Le patriarche maronite libanais Mar Béchara Boutros Al-Rahi a fait l'objet d'un reportage qui l'a accusé de soutenir la normalisation avec Israël

BEYROUTH: Le Liban a convoqué l’ambassadeur d’Iran pour un reportage d’un média sur le leader maronite du pays.

Le patriarche maronite libanais Mar Béchara Boutros Al-Rahi a fait l'objet d'un reportage sur le site Web iranien du réseau de nouvelles d'Al-Alam qui l'a accusé de soutenir la normalisation avec Israël.

Le ministre des Affaires étrangères Charbel Wehbe a annoncé samedi que l'ambassadeur Ghazanfar Roknabadi avait été convoqué pour une rencontre lundi.

Le ministre a révélé que la discussion avec l'ambassadeur sera « franche et sincère, basée sur l'amitié existante entre les deux pays ».

Des excuses du côté iranien sont parvenues au patriarche, a-t-il ajouté, et l’ambassadeur du Liban à Téhéran a été appelé à fournir des détails sur ce qui a été diffusé par Al-Alam.

« L'ambassadeur m'a informé que des excuses et des condamnations de la part du gouvernement iranien seront formulées », a déclaré le ministre.

Plus tôt ce mois-ci, lors d’un rassemblement à Bkerke, au nord de Beyrouth, le patriarche avait appelé à une conférence internationale parrainée par l’ONU afin de faire face à l’effondrement économique et à l’impasse politique du Liban.

Le patriarche a également appelé à la neutralité afin que le pays ne soit plus victime de conflits régionaux. Mais ses commentaires ont attiré la colère du Hezbollah, ainsi que le reportage critique sur le site Web d’Al-Alam.

Le reportage allègue qu'Al-Rahi « complotait aujourd'hui contre les armes de la résistance et décrit le Hezbollah comme une milice fidèle à l'Iran. Il prétend être prudent et objectif et parle de neutralité dans la guerre pour l'existence avec le sionisme mondial. Nous le verrons certainement demain dans les bras d'Israël ».

Le patriarcat a condamné le reportage « insultant » en soulignant que, comme il était publié par une agence de presse étrangère, il était considéré comme une « ingérence » dans les affaires intérieures et nationales du Liban ainsi qu’une ingérence dans les affaires de l’Église.

EN BREF

L'appel à la neutralité du patriarche maronite libanais Mar Béchara Boutros Al-Rahi a vraiment embarrassé le Mouvement patriotique libre, dont les partisans n'ont pas participé au rassemblement de Bkerke.

Le patriarcat a exigé que la chaîne « retire son reportage et s’excuse » pour qu’il n’ait pas de répercussions fâcheuses internes et externes, surtout que les propos d’Al-Rahi étaient très clairs.

« La chaîne de télévision tente de fabriquer un titre pour mobiliser les gens contre Bkerke, qui a eu le courage d’appeler un chat un chat, en mettant le doigt sur la plaie et en parlant de la situation de tous les Libanais, sans exception », a-t-il ajouté.

La Ligue maronite au Liban, dirigée par l’ancien député Naamatallah Abi Nasr, a dénoncé les accusations du reportage concernant Al-Rahi et a signalé qu’elle conservait le droit de « recourir à l’instance judiciaire compétente ».

Elle a également demandé au Ministère des affaires étrangères de convoquer l’ambassadeur et de l’informer du rejet absolu du Liban de telles attitudes.

L'allié du Hezbollah, le Mouvement patriotique libre (MPL), a fait une déclaration samedi annonçant son « rejet catégorique » du reportage et affirmant que cela constituait  « une attaque » contre la position du patriarche.

L'appel à la neutralité d'Al-Rahi a vraiment embarrassé le MPL, dont les partisans n'ont pas participé au rassemblement de Bkerke.

Après une réunion de son conseil politique samedi, le MPL a déclaré que Bkerke « était et reste toujours un phare pour une réflexion ouverte et un édifice de convergence ».

« Le patriarche Al-Rahi a toujours prôné l'adhésion aux racines de cet Orient et la solidarité avec toutes ses composantes face aux dangers et aux ennemis qui le guettent. Cela n’a jamais été un moyen de comploter contre son peuple ».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le président libanais à Rome jeudi pour évoquer l'avenir de la force de l'ONU

Le président libanais Joseph Aoun a déclaré que le Liban privilégiait une prolongation du mandat de la Finul, une option à laquelle Israël s’oppose. (Archives/Agence de presse libanaise)
Le président libanais Joseph Aoun a déclaré que le Liban privilégiait une prolongation du mandat de la Finul, une option à laquelle Israël s’oppose. (Archives/Agence de presse libanaise)
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  • Le président libanais Joseph Aoun se rendra à Rome pour discuter de l’avenir de la Finul, dont le mandat expire fin 2026
  • Beyrouth privilégie une prolongation de la mission de l’ONU, mais envisage une force internationale alternative avec la France et l’Italie pour éviter un vide sécuritaire

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun se rendra à Rome jeudi pour des discussions sur le futur de la force de maintien de la paix dans son pays, dont le mandat expire fin 2026, a affirmé à l'AFP un responsable libanais.

La visite intervient après que la France et l'Italie, qui fournissent d'importants contingents de militaires à cette Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), ont dit en juin vouloir établir une coalition internationale pour lui succéder.

M. Aoun doit rencontrer son homologue Sergio Mattarella et la Première ministre Giorgia Meloni pour discuter de "l'avenir des forces internationales, notamment à la lumière de l'initiative franco-italienne visant à mettre en place une force pour remplacer la Finul", a indiqué le responsable sous couvert d'anonymat.

Selon lui, le président libanais rencontrera également le pape Léon XIV au Vatican et l'informera "des contacts que le Liban a établis depuis le début des négociations" avec Israël.

Le Liban et Israël ont mené au printemps des pourparlers directs, accueillis à Rome à deux reprises, et ont abouti en juin à la conclusion d’un accord-cadre sous l'égide des Etats-Unis, qui prévoit le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région, en commençant par des "zones pilotes".

Le Liban avait été entraîné début mars dans le conflit entre l'Iran d'une part, Israël et les Etats-Unis d'autre part, lorsque le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à Téhéran, avant de subir une riposte aérienne et terrestre.

M. Aoun a déclaré que le choix privilégié du Liban est une prolongation du mandat de la Finul, à laquelle Israël s'oppose. Le Liban et plusieurs autres pays redoutent un vide sécuritaire si la Finul se retire sans alternative.

Lundi, le président libanais a indiqué que "le second choix consiste à adopter une formule qui garantisse la présence continue des forces internationales dans le sud" du pays, aux côtés de l'armée libanaise "et en coordination avec elle".

Début juin, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait estimé "nécessaire" le maintien d'une présence militaire de l'ONU, proposant trois options allant de près de 2.000 à plus de 5.500 personnels en uniforme.

Le mois dernier, 86 députés libanais ont signé une lettre exhortant le Conseil de sécurité de l'ONU à maintenir les Casques bleus.

La Finul compte actuellement 7.500 Casques bleus, provenant d'une cinquantaine de pays. Présente au Liban depuis 1978, elle n'a pas empêché la résurgence des conflits.

Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis juin, Israël mène encore des frappes ponctuelles au Liban. Les forces israéliennes ont établi dans le sud du Liban ce qu'elles désignent comme une "zone de sécurité", sur une bande d'environ 10 kilomètres de large, le long de la frontière.


L'Iran offre 30.000 dollars pour tuer ou capturer des soldats américains

L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
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  • "Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans"
  • En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire

TEHERAN: L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme.

Le chef d'état-major de l'armée, Amir Hatami, a affirmé que ce dispositif avait été mis en place à la suite d'un "grand nombre de demandes" de personnes souhaitant contribuer financièrement, selon l'agence officielle Irna.

"Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans", a-t-il déclaré, en utilisant cette unité monétaire informelle équivalant à 10.000 rials iraniens.

En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire.

Aucun déploiement connu de troupes américaines au sol n'a eu lieu en Iran pendant la guerre au Moyen-Orient, à l'exception d'une mission de sauvetage menée en avril pour porter secours à un pilote américain dont l'appareil s'était écrasé.

"Les courageuses femmes iraniennes qui accompliront une telle action recevront le double de cette récompense", a-t-il ajouté.

La guerre entre Téhéran et Washington a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre la République islamique qui a répliqué en lançant des frappes sur les pays du Golfe alliés de Washington.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un accord-cadre en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats.

L'Iran et les Etats-Unis ont depuis échangé sporadiquement des frappes qui se concentrées principalement autour du stratégique détroit d'Ormuz.


L'émissaire de Trump se rendra en Israël pour tenter d'aplanir les divergences sur Gaza

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
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  • M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer
  • Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route"

JERUSALEM: Jared Kushner, l'émissaire et gendre de Donald Trump, se rendra en Israël la semaine prochaine pour tenter d'aplanir les divergences entre les deux alliés sur le plan américain pour la bande de Gaza, a déclaré une source au sein du "Conseil de paix".

Il se rendra avec Nikolaï Mladenov, le haut représentant pour ce territoire palestinien du "Conseil de paix" créé par le président américain, en Israël et en Egypte, un pays médiateur-clé.

Cette visite interviendra après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté publiquement le 9 août la feuille de route américaine en 15 points annoncée fin juillet par M. Mladenov, qui prévoit le désarmement du Hamas et le retrait israélien de la bande de Gaza.

Si ce mouvement islamiste palestinien l'a acceptée, Israël a dit lier tout départ de ses soldats à un "véritable" désarmement du Hamas.

Selon une source au sein du "Conseil de Paix", MM. Kushner et Mladenov espèrent "des discussions constructives" sur le plan de paix global de Donald Trump pour la bande de Gaza, dont le premier jalon a été le cessez-le-feu décrété en octobre 2025. Depuis, les frappes israéliennes ont diminué en intensité, sans s'arrêter pour autant.

"Les Etats-Unis et Israël s'accordent sur l'issue souhaitée à Gaza, c'est-à-dire un Hamas démilitarisé", a précisé la même source, qui a requis l'anonymat.

"Nous allons écouter les préoccupations soulevées et discuter des prochaines étapes", a-t-elle poursuivi.

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien.

Mais M. Mladenov est ensuite revenu sur ses propos et a déclaré qu'Israël n'aurait pas à retirer ses forces tant que le Hamas ne se serait pas entièrement désarmé.

M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer, exigeant que celui-ci détruise ses armes de manière vérifiable.

Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route", a dit à l'AFP Bassem Naim, membre du bureau politique de ce mouvement islamiste.

Il a appelé les Etats-Unis à "empêcher la perturbation du processus (de mise en oeuvre) de l'accord de cessez-le-feu pour des raisons politiques et électorales".