Après une récession en 2020, le Maroc devrait enfin souffler

Des ouvriers marocains récoltent des clémentines dans des champs de Foleli, sur l'île méditerranéenne française de Corse, le 29 octobre 2020. (Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP)
Des ouvriers marocains récoltent des clémentines dans des champs de Foleli, sur l'île méditerranéenne française de Corse, le 29 octobre 2020. (Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP)
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Publié le Jeudi 25 mars 2021

Après une récession en 2020, le Maroc devrait enfin souffler

  • La Banque africaine de développement (BAD) indique dans un rapport que la plupart des indicateurs économiques du Maroc sont en berne, dans un contexte de récession sévère
  • La BAD se veut optimiste pour le Maroc en 2021. Le pays devrait réaliser une croissance de 4,5% notamment grâce à la reprise de la demande mondiale sur les phosphates et les pièces automobiles

CASABLANCA: Mieux vaut oublier l’année 2020 pour l’économie marocaine. Subissant les conséquences désastreuses de la pandémie de Covid-19, l’économie du pays a connu sa première récession depuis plus de deux décennies. Le produit intérieur brut (PIB) réel a diminué de 5,9% en 2020, après avoir augmenté de 2,5% en 2019. En plus des effets néfastes d’un confinement strict de trois mois pour contenir la propagation de la Covid-19, une sécheresse a également pesé sur les revenus du monde rural, ce qui a encore réduit la demande intérieure, rappelle la Banque africaine de développement (BAD) dans son rapport sur les perspectives économiques en Afrique en 2021. 

La crise du tourisme a réduit les recettes fiscales

«La croissance économique dépend des précipitations qui affectent le secteur agricole. Le taux de chômage est passé de 9,2% fin 2019 à 12,7% fin septembre 2020. Les perturbations des chaînes de valeur mondiales et le ralentissement soudain de la  demande des  principaux  partenaires commerciaux du Maroc, à savoir l’Espagne, la France, l’Italie et l’Allemagne, ont également réduit les exportations marocaines, qui ont chuté de 10,1% au cours des dix premiers mois de 2020», relève le rapport de la BAD. Sur la même période, la baisse de la production intérieure et de la demande des consommateurs a fait chuter les importations de 16,6%. Les envois de fonds des Marocains résidant à l’étranger (MRE) ont, en revanche, augmenté de 1,7% au cours des dix premiers mois de 2020. Toutefois, le déficit de la balance courante devrait se creuser, passant de 4,1% en 2019 à 7,6% en 2020, principalement en raison de la baisse des recettes touristiques. En effet, les arrivées de touristes ont chuté de 78% sur les neuf premiers mois de l’année. La baisse des recettes touristiques, conjuguée à une demande intérieure modérée, a réduit les recettes fiscales, alors que le gouvernement a engagé des dépenses élevées pour faire face à la pandémie, souligne la BAD. 

Une dette publique galopante, une inflation maîtrisée

Le déficit budgétaire a, de son côté, presque doublé, passant de 4,1% du PIB en 2019 à environ 8% en 2020. La nécessité de financer le déficit a accru les emprunts, faisant passer la dette publique de 65,8% du PIB en 2019 à 76,9% en 2020. La dette publique était déjà élevée avant la pandémie, principalement en raison des emprunts contractés pour financer  l’ambitieux programme gouvernemental d’investissement dans les infrastructures au cours de la dernière décennie. 

En ce qui concerne l’inflation, elle devrait rester faible, estime la BAD. Le 9 mars 2020, les autorités marocaines ont élargi la fourchette de fluctuation du dirham afin d’accroître la capacité de l’économie à absorber les chocs extérieurs et à améliorer sa compétitivité. La Banque centrale, Bank al-Maghrib, n’est pratiquement pas intervenue sur le marché des changes malgré une baisse de son taux d’intérêt directeur de 25 points de base en mars 2020 et de 50 points de base supplémentaires pour atteindre 1,5% en juin 2020. «Au cours de la dernière décennie, le Maroc a progressé de plus de 50 places dans le classement Doing Business de la Banque mondiale. En 2020, le Maroc se classait ainsi 53ᵉ sur 190 pays», indique le rapport.

Regain d’optimisme en 2021

Si 2020 a été catastrophique pour l’économie marocaine, l’optimisme est de mise pour cette année. La croissance du PIB réel devrait rebondir à 4,5% en 2021, prévoit l’institution financière africaine, «à mesure que l’économie se remettra d’une importante récession et que l’agriculture retrouvera une bonne croissance». Ce regain de croissance a d’ailleurs été observé au cours du troisième trimestre de 2020, où les exportations de pièces automobiles ainsi que de phosphate et dérivés ont rebondi. Il devrait se renforcer davantage à court terme avec l’augmentation de la demande mondiale. «Cela compensera probablement la morosité des secteurs du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration qui devrait perdurer. Par conséquent, le déficit de la balance courante et le déficit budgétaire devraient se resserrer, et les pressions inflationnistes devraient rester modérées», souligne le rapport. Néanmoins, les principaux défis pour le Maroc, selon la BAD, demeurent les importantes inégalités sociales, les disparités régionales en matière de développement économique ainsi que le chômage des jeunes. 


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.