« Honte à nous » si la souffrance des Syriens continue, s'insurge Blinken

Organisée par l'ONU et l'Union européenne, la 5e édition de la conférence visant à aider les Syriens réunit virtuellement quelque 80 délégations de 50 pays participants, auxquelles s'ajoutent des ONG et des institutions financières internationales (Photo, AFP)
Organisée par l'ONU et l'Union européenne, la 5e édition de la conférence visant à aider les Syriens réunit virtuellement quelque 80 délégations de 50 pays participants, auxquelles s'ajoutent des ONG et des institutions financières internationales (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 30 mars 2021

« Honte à nous » si la souffrance des Syriens continue, s'insurge Blinken

  • Le chef de la diplomatie américaine présidait une session mensuelle du Conseil de sécurité sur le volet humanitaire du dossier syrien
  • Les Etats-Unis réclament la réouverture de points d'accès humanitaires aux frontières syriennes, fermés en 2020 sous pression russe

NATIONS UNIES: Les Etats-Unis ont réclamé lundi la réouverture de points d'accès humanitaires aux frontières syriennes, fermés en 2020 sous pression russe, sur fond de nouvel appel à Bruxelles à la générosité internationale après dix ans de guerre. 

« Comment est-il possible que nous ne puissions pas trouver dans nos coeurs l'humanité commune pour réellement prendre des mesures significatives ? », s'est insurgé le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, qui présidait une session mensuelle du Conseil de sécurité sur le volet humanitaire du dossier syrien. 

« Regardez dans vos coeurs », a-t-il imploré les membres du Conseil de sécurité, en faisant appel à leur fibre familiale pour obtenir une amélioration de la situation humanitaire en Syrie, objet d'une réunion de donateurs à Bruxelles lundi et mardi. « Nous devons trouver un moyen de faire quelque chose - d'agir pour aider les gens. C'est notre responsabilité. Et honte à nous si nous ne le faisons pas », a ajouté Antony Blinken alors que le dossier oppose depuis dix ans les Occidentaux à la Russie, premier soutien de Damas. 

En juillet, la Russie et la Chine, utilisant leur droit de veto, avaient imposé au Conseil de sécurité de réduire à un seul le nombre de points d'entrée pour acheminer de l'aide humanitaire en Syrie ne nécessitant pas l'aval de Damas. 

Ce point d'accès restant est situé à la frontière turque, à Bab al-Hawa, et il permet d'alimenter le nord-ouest de la Syrie et sa province d'Idleb toujours hors du contrôle du régime syrien. L'autorisation onusienne permettant son utilisation arrive à expiration en juillet. 

Le secrétaire d'Etat américain a réclamé la réouverture des points d'accès fermés en 2020 de Bab al-Salam, également sur la frontière turque, et de Al-Yarubiyah sur la frontière irakienne. Selon lui, ces accès permettraient respectivement d'aider 4 millions et 1,3 million de Syriens. 

Dix milliards recherchés 

« Donnons-nous plus de voies d'accès, plutôt que moins, pour fournir de la nourriture et des médicaments au peuple syrien », a plaidé Antony Blinken. 

Lors de la visioconférence du Conseil de sécurité, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Vershinin, a vivement critiqué le fait que la Syrie n'ait pas été invitée à la conférence de donateurs de Bruxelles, y voyant une attaque de plus contre sa souveraineté. 

Organisée lundi et mardi par l'ONU et l'Union européenne, la 5e édition de la conférence visant à aider les Syriens et les réfugiés syriens dans les pays voisins, notamment au Liban, en Turquie, en Irak ou en Jordanie, réunit virtuellement quelque 80 délégations de 50 pays participants, auxquelles s'ajoutent des ONG et des institutions financières internationales. 

L'objectif est de collecter plus de 10 milliards de dollars, dont au moins 4,2 milliards pour la réponse humanitaire en Syrie et 5,8 milliards pour soutenir les réfugiés et les communautés d'accueil dans la région.  

Pour Sergey Vershinin, il y a une « politisation croissante de l'aide humanitaire ». Devant le Conseil de sécurité, il a estimé que l'aide transfrontalière « violait les principes du droit international », et cela, a-t-il précisé, « parce que le gouvernement en place ne convient pas » aux Occidentaux. 

« La souveraineté n'a jamais été conçue pour garantir le droit d'un gouvernement à affamer les gens, les priver de médicaments vitaux, à bombarder les hôpitaux ou à commettre toute autre violation des droits humains contre les citoyens », avait martelé au préalable Antony Blinken. 

Déclenché en mars 2011 par la répression d'une révolte populaire, le conflit en Syrie s'est transformé en guerre dévastatrice qui a fait plus de 387 000 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). La guerre a aussi poussé à l'exode des millions de personnes. 


Liban: des frappes israéliennes tuent deux personnes dans le sud du Liban

Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. (AFP)
Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. (AFP)
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  • Selon l'agence de presse libanaise Ani, le véhicule a été pris pour cible à Zahrani, une localité au sud de Saïda, éloignée de la frontière avec Israël
  • Un photographe de l'AFP a vu sur une route principale la voiture détruite et carbonisée, et ses pièces éparpillées autour. Des pompiers tentaient de maîtriser l'incendie

SAIDA: Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024.

La première frappe a visé une voiture près de Saïda, principale ville de la zone, tuant un homme, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon l'agence de presse libanaise Ani, le véhicule a été pris pour cible à Zahrani, une localité au sud de Saïda, éloignée de la frontière avec Israël.

Un photographe de l'AFP a vu sur une route principale la voiture détruite et carbonisée, et ses pièces éparpillées autour. Des pompiers tentaient de maîtriser l'incendie.

Une deuxième frappe a également visé une voiture à Bazourieh près de la ville de Tyr, faisant un mort, selon le ministère.

Dans deux communiqués séparés, l'armée israélienne a affirmé avoir "visé des terroristes du Hezbollah".

Malgré un cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre avec le Hezbollah, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, affirmant viser la formation pro-iranienne qu'Israël accuse de se réarmer.

L'aviation israélienne avait visé lundi "des structures militaires du Hezbollah", dont des tunnels, dans une série de raids sur le sud du pays.

Ces frappes interviennent alors que l'armée libanaise a indiqué début janvier avoir achevé le désarmement du Hezbollah dans la partie du sud située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Zahrani se situe au nord du Litani et Bazourieh au sud du fleuve.

Israël a jugé que les efforts de l'armée libanaise pour désarmer le Hezbollah constituaient "un début encourageant" mais étaient "loin d'être suffisants".


Le président syrien « ne participera finalement pas » au Forum de Davos, selon des sources

La participation du président syrien Ahmed Al-Chareh à des réunions diplomatiques et économiques de haut niveau aurait constitué une étape importante, marquant la première participation d'un chef d'État syrien au Forum économique mondial. (AFP)
La participation du président syrien Ahmed Al-Chareh à des réunions diplomatiques et économiques de haut niveau aurait constitué une étape importante, marquant la première participation d'un chef d'État syrien au Forum économique mondial. (AFP)
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  • Les participants souhaitaient entendre Ahmed Al-Chareh, mais comprennent les défis internes auxquels le pays est confronté

DAVOS : Le président syrien Ahmed Al-Chareh a annulé sa participation à la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos cette semaine, selon un haut responsable de l’organisation.

Arab News s’est entretenu avec de nombreux participants au Centre des congrès, qui ont exprimé leur déception face à cette décision. La présence du président dans des sessions de haut niveau consacrées à la diplomatie et à l’économie aurait marqué la première participation d’un chef d’État syrien au forum.

Beaucoup espéraient entendre Al-Chareh s’exprimer sur les réformes jugées impressionnantes et sur les opportunités d’investissement en Syrie, tout en comprenant les défis internes auxquels Damas est actuellement confrontée.

« Avec tout ce qui s’est passé ces dernières semaines au Moyen-Orient, on s’attendait à ce qu’Al-Chareh ne puisse probablement pas venir », a confié un participant à Arab News.

Les forces gouvernementales syriennes ont intensifié leurs opérations contre les Forces démocratiques syriennes dans plusieurs gouvernorats — notamment Alep, Raqqa et Hassaké — avec des échanges de tirs fréquents signalés, même lorsque des trêves temporaires sont négociées.

L’an dernier, le ministre syrien des Affaires étrangères récemment nommé, Asaad Al-Shibani, s’était rendu à Davos dans le cadre des efforts du forum visant à réintégrer la Syrie dans les discussions politiques et économiques mondiales après des années d’isolement sous le régime d’Assad.

L’annulation du déplacement d’Al-Chareh à Davos intervient après plusieurs semaines de pressions diplomatiques et militaires. Son gouvernement de transition, arrivé au pouvoir après le renversement de l’ancien dirigeant Bashar al-Assad fin 2024, cherche activement une reconnaissance internationale, obtenant un allègement progressif des sanctions et renforçant son dialogue avec les partenaires occidentaux.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre saoudien des Affaires étrangères et le Premier ministre palestinien évoquent Gaza à Davos

(Photo: SPA)
(Photo: SPA)
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  • Le prince Faisal ben Farhane et Mohammed Mustafa se sont entretenus en marge du Forum économique mondial

LONDRES: Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, et le Premier ministre palestinien, Mohammed Mustafa, ont discuté mardi des derniers développements de la situation à Gaza.

La rencontre s’est tenue en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial, à Davos, en Suisse. Les deux responsables ont également passé en revue les relations bilatérales ainsi que les perspectives de coopération, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Plusieurs responsables saoudiens ont assisté à cet entretien, parmi lesquels l’ambassadeur du Royaume en Suisse, Abdulrahman Al-Dawood, le directeur général du bureau du ministre des Affaires étrangères, Waleed Al-Ismail, ainsi que Mohammed Alyahya, conseiller du ministre des Affaires étrangères.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com