Algérie: le pouvoir hausse le ton contre les manifestants du Hirak

Une capture vidéo de la chaîne publique Algérie 3 montre le président algérien Abdelmadjid Tebboune lors d'un discours télévisé dans lequel il a appelé à la dissolution du parlement et à des élections anticipées, le 18 février 2021 à Alger (Photo, AFP)
Une capture vidéo de la chaîne publique Algérie 3 montre le président algérien Abdelmadjid Tebboune lors d'un discours télévisé dans lequel il a appelé à la dissolution du parlement et à des élections anticipées, le 18 février 2021 à Alger (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 07 avril 2021

Algérie: le pouvoir hausse le ton contre les manifestants du Hirak

  • Le président algérien a mis en garde mardi contre les «activités non innocentes» qui «tentent d'entraver le processus démocratique en Algérie»
  • Abdelmadjid Tebboune a décidé d'organiser des élections législatives anticipées le 12 juin pour tenter de répondre à la grave crise politique et socio-économique

ALGER: Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a mis en garde les manifestants du mouvement pro-démocratie du Hirak contre tout « dérapage », alors qu'une foule d'étudiants, d'enseignants et de sympathisants défilaient à Alger, comme chaque mardi, pour réclamer davantage de libertés. 

La marche, qui rassemble chaque mardi en majorité des étudiants, s'est déroulée sans incident. 

Le président algérien a toutefois mis en garde mardi contre les « activités non innocentes » qui « tentent d'entraver le processus démocratique en Algérie », à l'issue d'une réunion du Haut conseil de sécurité (HCS).  

M. Tebboune a décidé d'organiser des élections législatives anticipées le 12 juin pour tenter de répondre à la grave crise politique et socio-économique qui ébranle le pays le plus peuplé du Maghreb.  

Mais les hirakistes dénoncent à chaque rassemblement un scrutin qualifié de « mascarade ».    

« Libérez les détenus », ont scandé des manifestants dont les pancartes affichaient des portraits de prisonniers. 

Vingt-quatre manifestants ont été écroués lundi pour « atteinte à l'unité nationale », après avoir été interpellés lors d'une marche du Hirak samedi à Alger, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD). 

D'autres militants arrêtés dimanche et lundi, dont le « poète du Hirak » Mohamed Tadjadit, doivent être présentés jeudi devant le procureur du tribunal de Sidi M'hamed à Alger, a précisé le CNLD. 

Plus nombreux que la semaine passée, les étudiants ont également manifesté pour les droits à la liberté d'expression et à manifester, jurant de « rester debout face aux corrompus », et lançant les habituels refrains anti-régime. 

« Actes subversifs » 

Né en février 2019 du rejet massif d'un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, impotent et reclus, le Hirak réclame un changement radical du « système » politique en place depuis l'indépendance du pays en 1962. 

Ce mouvement populaire inédit en Algérie est pluriel --des laïcs aux islamistes-- et sans véritable leadership ni structure politique à ce jour, ce qui l'expose à des risques grandissants de divisions. 

Il est aujourd'hui accusé par le pouvoir d'être infiltré par des activistes islamistes, héritiers du Front islamique de salut (FIS, dissous en mars 1992), qui chercheraient à entraîner ce mouvement pacifique dans la confrontation violente. 

Face aux marches du Hirak qui ont repris avec vigueur fin février, le président Tebboune, régulièrement conspué par les manifestants, a dénoncé les « dérapages qui sortent du cadre de la démocratie et des droits de l'Homme », avertissant qu'à l'avenir « l'Etat sera intransigeant ». 

Le chef de l'Etat s'exprimait lors d'une réunion du Haut conseil de sécurité, qui regroupe les principaux hauts responsables de l'Etat, notamment le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères, son collègue de l'Intérieur et le chef d'état-major de l'armée et le patron de la gendarmerie.  

Lors de cette réunion le HCS « s'est penché sur les actes subversifs et les graves dérapages émanant de milieux séparatistes et de mouvances illégales proches du terrorisme, qui exploitent les marches hebdomadaires », du Hirak, selon un communiqué. 

Le texte vise spécifiquement le Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK, indépendantiste), interdit, et le mouvement islamo-conservateur Rachad, qui n'a pas d'existence légale en Algérie. 

« L'Etat sera intransigeant face à ces dérapages, qui sortent du cadre de la démocratie et des droits de l'Homme », a averti M. Tebboune. 

Le président algérien a ordonné « l'application immédiate et rigoureuse de la loi en vue de mettre un terme à ces activités (...) sans précédent, notamment à l'égard des institutions et symboles de l'Etat ». 

Les protestataires s'en prennent régulièrement aux généraux en place en reprenant un slogan phare du Hirak -- « Etat civil et non militaire » -- pour dénoncer le rôle prépondérant à leurs yeux de l'armée, le pilier du régime, dans le mécanisme de décision politique. 


Liban: des frappes israéliennes tuent deux personnes dans le sud du Liban

Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. (AFP)
Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. (AFP)
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  • Selon l'agence de presse libanaise Ani, le véhicule a été pris pour cible à Zahrani, une localité au sud de Saïda, éloignée de la frontière avec Israël
  • Un photographe de l'AFP a vu sur une route principale la voiture détruite et carbonisée, et ses pièces éparpillées autour. Des pompiers tentaient de maîtriser l'incendie

SAIDA: Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024.

La première frappe a visé une voiture près de Saïda, principale ville de la zone, tuant un homme, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon l'agence de presse libanaise Ani, le véhicule a été pris pour cible à Zahrani, une localité au sud de Saïda, éloignée de la frontière avec Israël.

Un photographe de l'AFP a vu sur une route principale la voiture détruite et carbonisée, et ses pièces éparpillées autour. Des pompiers tentaient de maîtriser l'incendie.

Une deuxième frappe a également visé une voiture à Bazourieh près de la ville de Tyr, faisant un mort, selon le ministère.

Dans deux communiqués séparés, l'armée israélienne a affirmé avoir "visé des terroristes du Hezbollah".

Malgré un cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre avec le Hezbollah, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, affirmant viser la formation pro-iranienne qu'Israël accuse de se réarmer.

L'aviation israélienne avait visé lundi "des structures militaires du Hezbollah", dont des tunnels, dans une série de raids sur le sud du pays.

Ces frappes interviennent alors que l'armée libanaise a indiqué début janvier avoir achevé le désarmement du Hezbollah dans la partie du sud située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Zahrani se situe au nord du Litani et Bazourieh au sud du fleuve.

Israël a jugé que les efforts de l'armée libanaise pour désarmer le Hezbollah constituaient "un début encourageant" mais étaient "loin d'être suffisants".


Le président syrien « ne participera finalement pas » au Forum de Davos, selon des sources

La participation du président syrien Ahmed Al-Chareh à des réunions diplomatiques et économiques de haut niveau aurait constitué une étape importante, marquant la première participation d'un chef d'État syrien au Forum économique mondial. (AFP)
La participation du président syrien Ahmed Al-Chareh à des réunions diplomatiques et économiques de haut niveau aurait constitué une étape importante, marquant la première participation d'un chef d'État syrien au Forum économique mondial. (AFP)
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  • Les participants souhaitaient entendre Ahmed Al-Chareh, mais comprennent les défis internes auxquels le pays est confronté

DAVOS : Le président syrien Ahmed Al-Chareh a annulé sa participation à la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos cette semaine, selon un haut responsable de l’organisation.

Arab News s’est entretenu avec de nombreux participants au Centre des congrès, qui ont exprimé leur déception face à cette décision. La présence du président dans des sessions de haut niveau consacrées à la diplomatie et à l’économie aurait marqué la première participation d’un chef d’État syrien au forum.

Beaucoup espéraient entendre Al-Chareh s’exprimer sur les réformes jugées impressionnantes et sur les opportunités d’investissement en Syrie, tout en comprenant les défis internes auxquels Damas est actuellement confrontée.

« Avec tout ce qui s’est passé ces dernières semaines au Moyen-Orient, on s’attendait à ce qu’Al-Chareh ne puisse probablement pas venir », a confié un participant à Arab News.

Les forces gouvernementales syriennes ont intensifié leurs opérations contre les Forces démocratiques syriennes dans plusieurs gouvernorats — notamment Alep, Raqqa et Hassaké — avec des échanges de tirs fréquents signalés, même lorsque des trêves temporaires sont négociées.

L’an dernier, le ministre syrien des Affaires étrangères récemment nommé, Asaad Al-Shibani, s’était rendu à Davos dans le cadre des efforts du forum visant à réintégrer la Syrie dans les discussions politiques et économiques mondiales après des années d’isolement sous le régime d’Assad.

L’annulation du déplacement d’Al-Chareh à Davos intervient après plusieurs semaines de pressions diplomatiques et militaires. Son gouvernement de transition, arrivé au pouvoir après le renversement de l’ancien dirigeant Bashar al-Assad fin 2024, cherche activement une reconnaissance internationale, obtenant un allègement progressif des sanctions et renforçant son dialogue avec les partenaires occidentaux.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre saoudien des Affaires étrangères et le Premier ministre palestinien évoquent Gaza à Davos

(Photo: SPA)
(Photo: SPA)
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  • Le prince Faisal ben Farhane et Mohammed Mustafa se sont entretenus en marge du Forum économique mondial

LONDRES: Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, et le Premier ministre palestinien, Mohammed Mustafa, ont discuté mardi des derniers développements de la situation à Gaza.

La rencontre s’est tenue en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial, à Davos, en Suisse. Les deux responsables ont également passé en revue les relations bilatérales ainsi que les perspectives de coopération, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Plusieurs responsables saoudiens ont assisté à cet entretien, parmi lesquels l’ambassadeur du Royaume en Suisse, Abdulrahman Al-Dawood, le directeur général du bureau du ministre des Affaires étrangères, Waleed Al-Ismail, ainsi que Mohammed Alyahya, conseiller du ministre des Affaires étrangères.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com