Le Liban, en position de faiblesse, reprend les pourparlers sur les frontières maritimes avec Israël

Une corvette de la marine israélienne au bord de la ville frontalière du sud du Liban de Naqura pendant qu'elle patrouille dans les eaux. (Photo, AFP / Archives)
Une corvette de la marine israélienne au bord de la ville frontalière du sud du Liban de Naqura pendant qu'elle patrouille dans les eaux. (Photo, AFP / Archives)
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Publié le Dimanche 02 mai 2021

Le Liban, en position de faiblesse, reprend les pourparlers sur les frontières maritimes avec Israël

  • Ces négociations sont les premières entre les deux parties sous la nouvelle administration américaine
  • Le Liban et Israël sont officiellement toujours en guerre et il n'y a pas de démarcation de frontières terrestres ou maritimes entre eux

BEYROUTH: Le Liban et Israël reprendront les négociations techniques sur la délimitation de leur frontière maritime, sous les auspices des États-Unis, au siège de l'ONU à Ras Al-Naqoura dans le sud du Liban ce week-end.

Les deux parties se sont engagées dans quatre séries de négociations du 14 octobre au 11 novembre, mais les pourparlers ont été interrompus en raison de l’attachement du Liban à sa demande d’étendre la zone litigieuse avec Israël pour atteindre 2290 km2 au lieu de 860 km2. Cette zone contestée est située dans une région potentiellement riche en gaz.

Le département d'État américain a annoncé que la délégation américaine chargée de la médiation dans les négociations se rendra à Beyrouth le 3 mai pour reprendre les pourparlers. Ces négociations sont les premières entre les deux parties sous la nouvelle administration américaine.

Le Liban et Israël sont officiellement toujours en guerre et il n'y a pas de démarcation de frontières terrestres ou maritimes entre eux. Le Département d'État a ainsi renouvelé «son engagement à jouer un rôle de médiateur entre le Liban et Israël afin de faciliter les pourparlers maritimes». On s'attend à ce que John Deruscher soit le médiateur américain.

Le Liban a montré une certaine confusion sur la question de la démarcation de sa frontière maritime, car il a tracé une frontière de Ras Al-Naqoura à la ligne 23 et l'a portée à la connaissance de l'ONU en 2011.

Cependant, le Liban a indiqué plus tard que cela était basé sur de fausses estimations et que la bonne était la ligne 29 au lieu de la ligne 23.

Le Liban a en outre exigé lors des séances de négociation une zone supplémentaire de 1 430 km2 qui comprend une partie du champ de gaz israélien Karish dans lequel opère la société grecque Energean PLC.

Néanmoins, la demande libanaise de modification de la frontière maritime n'a pas encore été transmise à l'ONU car le décret n ° 6433 relatif à la démarcation de la frontière, qui prolonge la frontière jusqu'à la ligne 29, n'a pas été corrigé car le président Michel Aoun ne l'a pas encore signé.

Aoun a appelé à une session de son conseil de ministres pour approuver l'amendement avant de le renvoyer au Parlement, mais le Premier ministre par intérim Hassan Diab s'abstient de tenir une session du gouvernement intérimaire parce que selon lui, la question reste en dehors des pouvoirs de son gouvernement.

De son côté, Israël a accusé le Liban de changer sa position par rapport à la démarcation des frontières maritimes, le ministre israélien de l'Énergie Yuval Steinitz a mis en garde contre «l'obstruction aux projets d'exploration pétrolière et gazière offshore».

Michel Najjar, ministre des travaux publics et des transports dans le gouvernement intérimaire, a souligné que l'amendement à la frontière maritime était basé sur «des règlements de coordonnées des points géographiques indiqués sur la carte maritime internationale émise par l'Amirauté britannique».

mise en contexte

Le Liban et Israël sont officiellement toujours en guerre et il n'y a pas de démarcation de frontières terrestres ou maritimes entre eux.

Le commandement de l'armée libanaise, qui a délimité la frontière maritime, a révélé que la délégation de négociation continuait d'accomplir sa tâche dans les négociations techniques indirectes sur la base de l'étude préparée par le commandement de l'armée ainsi que sur la base «de fondements scientifiques et juridiques conformément aux preuves et aux études préparées par le service hydrographique du commandement de l’armée».

De façon remarquable, il y a une semaine, le leader du Mouvement patriotique libre (MPL), le député Gebran Bassil, a proposé dans un discours, «un nouvel accord basé sur une ligne qui s'étend entre la ligne Hof  et la ligne libanaise 29, qui donne au Liban environ 500 km2 et à Israël environ 360 km2 sur toute la superficie de 860 km2».

Basil a déclaré à l'époque: «Il n'est pas sage de rester sur la ligne 23 tant que l'ennemi ne nous la donne pas. Par conséquent, la ligne 29 doit être placée sur la table des négociations».

La proposition de Bassil a suscité des réactions de la part des personnalités politiques qui considéraient sa proposition comme «non souveraine et ayant des antécédents d’un marchandage politique avec la partie américaine, qui lui a imposé des sanctions».

Christina Abi Haidar, une experte juridique du pétrole et du gaz, a expliqué que l’aspect le plus dangereux de la proposition de Bassil était qu’il appelait à la formation d’une nouvelle délégation libanaise. «Cette proposition donne une fausse impression sur la délégation libanaise auprès de l'ONU et du côté israélien, et cela n'est pas du tout permis dans de telles circonstances».

Le commandement de l'armée libanaise a rapidement démenti les informations publiées dans les médias selon lesquelles l'armée «avait introduit un nouvel amendement à sa proposition comme solution de compromis donnant au Liban seulement près de 1300 km au lieu de 2290 km2 en adoptant une nouvelle frontière appelée la ligne de Qana».

Le commandement de l’armée a en outre souligné son engagement et celui de la délégation de négociation et «son adhésion à la proposition annoncée, qui est la ligne 29 et qui est scientifiquement prouvée avec des preuves concrètes».

Abi Haidar a déclaré à Arab News: «La prochaine étape de négociation n'est pas encore claire. Le refus du président Aoun de signer le décret avec les modifications de la frontière maritime signifie que l’affaire est derrière nous, et que nous allons entamer des négociations avec une position faible.

Abi Haidar a de plus ajouté: «Si le Liban acceptait de modifier le décret et que nous le portions à l'ONU, nous pourrions obtenir une partie du champ karish. À présent, la décision d’Aoun revient à dire aux côtés américain et israélien: nous acceptons des compromis. C'est peut-être cette étape même qui a incité la reprise des négociations entre le Liban et Israël».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Guerre au Moyen-Orient: l'Iran accuse Netanyahu d'avoir manipulé l'administration américaine

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'avoir manipulé l'administration américaine pour l'entraîner à faire la guerre à l'Iran. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'avoir manipulé l'administration américaine pour l'entraîner à faire la guerre à l'Iran. (AFP)
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  • "Quand il parle en hébreu, Netanyahu se vante ouvertement d'avoir manipulé l'administration américaine pour la pousser à entrer en guerre contre l'Iran au nom d'Israël", a déclaré M. Araghchi dans un message publié sur X
  • "Netanyahu rit explicitement de la manière dont il a influencé l'Amérique grâce à 1.000 heures d'antenne sur les chaînes américaines", a-t-il ajouté

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'avoir manipulé l'administration américaine pour l'entraîner à faire la guerre à l'Iran.

Israël et les Etats-Unis ont mené une attaque conjointe le 28 février contre Téhéran, déclenchant la guerre au Moyen-Orient qui a fait des milliers de morts et ébranlé l'économie mondiale.

"Quand il parle en hébreu, Netanyahu se vante ouvertement d'avoir manipulé l'administration américaine pour la pousser à entrer en guerre contre l'Iran au nom d'Israël", a déclaré M. Araghchi dans un message publié sur X.

"Netanyahu rit explicitement de la manière dont il a influencé l'Amérique grâce à 1.000 heures d'antenne sur les chaînes américaines", a-t-il ajouté.

Et "quand il parle en anglais, il fait l'éloge du leadership du président américain", a-t-il indiqué, qualifiant M. Netanyahu de "serpent".

Au premier jour de la guerre, les frappes israélo-américaines ont tué le guide suprême iranien et de hauts responsables militaires. L'Iran a riposté par des attaques contre Israël et dans les pays du Golfe, alliés de Washington.

Un cessez-le-feu en avril a mis fin à près de 40 jours de bombardements intenses et un protocole d'accord visant à mettre définitivement fin au conflit a été conclu en juin.

Mais celui-ci a volé en éclats en juillet après une reprise des hostilités, et les négociations sont depuis dans l'impasse.

Délaissant le volet militaire, les Etats-Unis disent vouloir accentuer la pression économique sur Téhéran.

L'Iran et les Etats-Unis ont cependant échangé des frappes dans la nuit de dimanche à lundi, après un mois d'accalmie.


L'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie tiennent leur première réunion dans le cadre de l'Accord de La Mecque

De hauts responsables de l'Arabie saoudite, de la Turquie et du Pakistan posent avant la première réunion du comité prévue dans le cadre de l'Accord de défense conjoint de La Mecque, à Istanbul, le 31 août 2026. (Reuters)
De hauts responsables de l'Arabie saoudite, de la Turquie et du Pakistan posent avant la première réunion du comité prévue dans le cadre de l'Accord de défense conjoint de La Mecque, à Istanbul, le 31 août 2026. (Reuters)
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  • Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré que les responsables réunis à Istanbul avaient commencé à mettre en place la structure fondamentale de l’alliance de défense de La Mecque
  • M. Fidan a également précisé que cette alliance, inspirée de l’OTAN, reposait sur le principe selon lequel d’autres pays pourraient y adhérer sous certaines conditions.=

DUBAÏ : Des hauts responsables d’Arabie saoudite, de Turquie et du Pakistan sont arrivés à Istanbul pour participer à leur première réunion dans le cadre de l’Accord de défense conjoint de La Mecque.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré que les responsables réunis à Istanbul avaient commencé à mettre en place la structure fondamentale de l’alliance de défense de La Mecque, ajoutant que la création de ce bloc n’était dirigée contre aucun pays en particulier.

M. Fidan a également précisé que cette alliance, inspirée de l’OTAN, reposait sur le principe selon lequel d’autres pays pourraient y adhérer sous certaines conditions. 

Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, dirigeait la délégation saoudienne, accompagnée du ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, et d’autres hauts responsables, selon l’Agence de presse saoudienne.

Le prince Faisal a ensuite rencontré son homologue turc, Hakan Fidan, en marge de la réunion. 

Les deux responsables ont fait le point sur les relations saoudo-turques et sur les moyens de les renforcer et de les développer au service de leurs intérêts mutuels. 

Ils ont également discuté des derniers développements régionaux et de la nécessité de déployer des efforts pour renforcer la sécurité et la stabilité régionales.


Accord Liban-Israël: Beyrouth demande l'aide d'Athènes pour son application

Le président libanais Joseph Aoun a demandé lundi l'aide de la Grèce "autant que possible" pour l'application de l'accord cadre conclu entre Israël et le Liban fin juin, sous l'égide des Etats-Unis.  "Cet accord doit être mis en oeuvre dans son intégralité et non de manière sélective", a souligné le président Aoun, lors d'un point-presse avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, à Athènes. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a demandé lundi l'aide de la Grèce "autant que possible" pour l'application de l'accord cadre conclu entre Israël et le Liban fin juin, sous l'égide des Etats-Unis. "Cet accord doit être mis en oeuvre dans son intégralité et non de manière sélective", a souligné le président Aoun, lors d'un point-presse avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, à Athènes. (AFP)
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  • Le président Aoun a particulièrement insisté sur "le retrait total de l'occupation (israélienne: ndrl) et le contrôle complet de notre territoire par nos seules forces armées"
  • Pour sa part, Kyriakos Mitsotakis a assuré que la Grèce soutenait "sans aucune réserve la souveraineté, l'indépendance, mais aussi l'unité du Liban".

ATHENES: Le président libanais Joseph Aoun a demandé lundi l'aide de la Grèce "autant que possible" pour l'application de l'accord cadre conclu entre Israël et le Liban fin juin, sous l'égide des Etats-Unis.

"Cet accord doit être mis en oeuvre dans son intégralité et non de manière sélective", a souligné le président Aoun, lors d'un point-presse avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, à Athènes.

"Nous demandons autant que possible l'assistance de la Grèce pour aider le Liban à le mettre en oeuvre" et "l'aide de la Grèce dans toutes les instances internationales", y compris "aux Nations unies", a-t-il ajouté.

L'accord conclu le 26 juin entre Israël et le Liban, sous l'égide des Etats-Unis, prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, à commencer par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en menant des frappes sur Israël en soutien à Téhéran, le 2 mars, déclenchant des bombardements aériens israéliens massifs et une offensive terrestre, qui ont fait plus de 4.300 morts, selon les autorités libanaises.

Le président Aoun a particulièrement insisté sur "le retrait total de l'occupation (israélienne: ndrl) et le contrôle complet de notre territoire par nos seules forces armées".

Pour sa part, Kyriakos Mitsotakis a assuré que la Grèce soutenait "sans aucune réserve la souveraineté, l'indépendance, mais aussi l'unité du Liban".

"La Grèce, en tant qu'ami traditionnel à la fois du Liban et du monde arabe, et en même temps partenaire stratégique d'Israël, est prête à soutenir tout effort de désescalade et de compréhension mutuelle", a-t-il insisté, rappelant que son pays a envoyé de l'aide militaire et humanitaire au Liban.

La Grèce entretient historiquement de bonnes relations avec les pays arabes, en développant parallèlement ces dernières années une coopération étroite avec l'Israël en matière de sécurité et de défense.

Lundi, Athènes s'est félicité d'avoir signé un accord majeur avec Israël pour l'achat d'un système de défense antiaérienne d'environ trois milliards d'euros.