Tensions en Méditerranée: la France "verse de l'huile sur le feu", accuse un ex-amiral turc

Le navire de recherche sismique turc Oruc Reis se dirigeant à l'ouest d'Antalya sur la mer Méditerranée. (Ministère de la défense turque/AFP)
Le navire de recherche sismique turc Oruc Reis se dirigeant à l'ouest d'Antalya sur la mer Méditerranée. (Ministère de la défense turque/AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 23 août 2020

Tensions en Méditerranée: la France "verse de l'huile sur le feu", accuse un ex-amiral turc

  • La découverte d'importants gisements gaziers en Méditerranée orientale a suscité des tensions entre Ankara et Athènes
  • "Ce conflit ne prendra fin que lorsque la Grèce et la Turquie prendront place à la même table et se parleront. Sans l'intervention de l'UE ou des Etats-Unis"

ISTANBUL : En affichant militairement son soutien à la Grèce face à la Turquie dans la dispute territoriale entre ces deux pays voisins, la France "verse de l'huile sur le feu", déclare à l'AFP un ancien amiral artisan des ambitions maritimes d'Ankara.

Le contre-amiral Cem Gürdeniz, âgé de 62 ans, est à la retraite. Mais sa vision est au pouvoir, notamment sa doctrine de "patrie bleue" qui prévoit l'établissement d'une souveraineté turque sur de larges pans de la Méditerranée orientale. 

Francophone et francophile, il ne peut retenir sa colère contre Paris, qui a déployé la semaine dernière deux navires de guerre et deux avions Rafale pour soutenir la Grèce qui dénonce des recherches turques d'hydrocarbures "illégales" dans ses eaux.

"Ils menacent la Turquie, vous vous rendez compte ? (...) J'en ai assez des attaques verbales quotidiennes du (président français Emmanuel) Macron", s'étrangle M. Gürdeniz, qui reçoit l'AFP dans une belle demeure en bois sur l'île de Heybeliada, au large d'Istanbul.

"Si la France continue les provocations (...), cela ne servira en rien la paix et la stabilité. Cela ne fera que verser davantage d'huile sur le feu", met-il en garde.

La découverte d'importants gisements gaziers en Méditerranée orientale ces dernières années a aiguisé l'appétit des pays riverains et suscité des tensions entre Ankara et Athènes, deux pays de l'Otan aux contentieux territoriaux anciens.

Signe de la volatilité de la situation, un navire grec et un navire turc sont entrés en collision la semaine dernière dans une zone revendiquée par Athènes où Ankara a déployé des bâtiments de guerre, selon une source militaire grecque.

"Si la Grèce appuie sur la détente, ce sera la fin de l'Otan (...) Les pays européens devraient faire pression sur la Grèce pour qu'elle abandonne" certaines revendications maritimes, déclare M. Gürdeniz.

"Puissance montante"

Dans ce contexte de tensions, il appelle cependant au dialogue, à "réfléchir avec sang-froid" et non "avec le sang chaud caractéristique des Méditerranéens". 

"Ce conflit ne prendra fin que lorsque la Grèce et la Turquie prendront place à la même table et se parleront. Sans l'intervention de l'UE ou des Etats-Unis", ajoute-t-il.

Se décrivant comme un "serviteur de l'Etat sans affiliation politique", M. Gürdeniz salue plusieurs décisions prises par le président Recep Tayyip Erdogan, mais regrette l'isolement quasi-total d'Ankara en Méditerranée orientale.

Il qualifie ainsi d'"erreur" la rupture des relations avec l'Egypte en 2013, après le renversement du président issu des Frères musulmans Mohamed Morsi. Et estime que des "progrès" auraient dû être faits dans les relations, glaciales, avec Israël.

En dépit de ces difficultés, ce militaire au sourire facile se dit "optimiste", notant un "intérêt croissant des jeunes" pour les questions maritimes en Turquie.

"J'accorde beaucoup d'interviews à des youtubeurs", dit-il fièrement.

Estimant que la marine militaire turque est "numéro 1" en Méditerranée orientale, M. Gürdeniz estime que la Turquie devrait être plus ambitieuse.

"La Méditerranée, ce n'est que 1% des océans et mers dans le monde. La Turquie doit aller au-delà de ces 1%", dit-il. "Mer Rouge, mer d'Arabie, Atlantique: la Turquie devrait y avoir une présence, comme symbole d'une puissance montante".


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Short Url
  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Short Url
  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Short Url
  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.