Les Gazaouis se délectent de poisson fumé le premier jour de l'Aïd

Le secteur de la pêche représente moins de 5% du PIB de Gaza et fait vivre quelque 50 000 personnes, une partie des 2 millions d’habitants. (Photo, AFP)
Le secteur de la pêche représente moins de 5% du PIB de Gaza et fait vivre quelque 50 000 personnes, une partie des 2 millions d’habitants. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 12 mai 2021

Les Gazaouis se délectent de poisson fumé le premier jour de l'Aïd

  • Les Palestiniens affirment que le hareng et le fésikh ouvrent l'appétit et sont bénéfique pour l'estomac après un mois de jeûne
  • L’industrie locale de la pêche est florissante, car le hareng importé d’Israël, qui était depuis des années le principal fournisseur des besoins de Gaza, a énormément diminué

BANDE DE GAZA: Abed Rabbo Adwan, qui a appris il y a quelques années à préparer le hareng, préfère faire cuire le poisson chez lui dans la ville de Rafah, au sud de la bande de Gaza.

Le hareng et le fésikh constituent le plat principal sur les tables de la majorité des habitants de Gaza pendant le premier jour de l’Aïd Al-Fitr. En plus d’ouvrir l'appétit selon eux, ils seraient également bénéfiques pour l'estomac après un mois de jeûne.

La popularité de ce plat s'est répandue dans toutes les maisons palestiniennes, en particulier dans le sud de la bande de Gaza, à côté de la frontière avec l'Égypte.

Adwan révèle que la préparation du hareng à la maison en garantit la qualité, ainsi qu’un prix beaucoup plus bas que le poisson disponible sur le marché, et qui est généralement préparé localement ou importé d'Israël.

Il raconte que la famille l'aide à préparer le poisson, ce qui crée une atmosphère joyeuse pendant les derniers jours du ramadan et avant l'Aïd.

L’industrie locale de la pêche est en pleine croissance, car le hareng importé d’Israël, principal fournisseur de Gaza depuis des années, a énormément diminué. Le prix d'un kilo de poisson fumé préparé localement est de 20 shekels (6 dollars), soit environ la moitié du prix de son équivalent importé d'Israël.

Pour commencer, Adwan achète un kilo de maquereau ou de thon congelé, le nettoie, puis le sale avec l'aide de sa famille. Après cela, il fume le poisson d'une manière artisanale qui ne coûte pas cher.

La préparation consiste à ôter les entrailles, remplir le poisson nettoyé avec du sel et le laisser pendant 24 heures. Après avoir bien lavé puis séché le poisson, il le suspend verticalement avec des pinces en fer sur des barres de fer à l'intérieur d'un enfumoir. Le feu est démarré avec du charbon de bois et de la sciure.

N’ayant pas d’ enfumoir, Adwan utilise plutôt un récipient en fer et le ferme hermétiquement pour bloquer l'air, afin que le poisson à l'intérieur ne prenne pas feu ou ne s’abîme.

«Le poisson reste exposé à la fumée, pendant environ deux heures», explique-t-il. «Ça donne au poisson le goût de la fumée, et fait passer sa couleur du blanc au jaunâtre au doré. Il est alors prêt à être servi».

Comme certains membres de sa famille préfèrent le fésikh au hareng pour le petit-déjeuner le premier jour de l'Aïd, Adwan en fait une quantité limitée en utilisant une méthode différente. Un kilo de fésikh sur le marché varie entre 10 et 30 shekels et il est stocké dans un endroit à l'abri de l'air pendant environ un mois.

Les commerçants assurent que Gaza produit de grandes quantités de hareng et de fésikh, suffisantes pour la consommation locale. Gaza pourrait même exporter le poisson, si on lui en donne l'occasion.

Ibrahim Hejazi, le propriétaire de l'une des plus grandes usines de hareng de Gaza, confie avoir commencé dans l'industrie il y a environ sept ans avec une quantité limitée destinée à la consommation personnelle. L'idée s'est développée, et il a construit une usine qui a commencé à produire de grandes quantités.

«J'ai été encouragé par un grand nombre de clients pour agrandir l'usine et acheter un enfumoir pour la préparation du hareng», raconte Hejazi. «Aujourd’hui, nous sommes l'usine la plus célèbre de la bande de Gaza, et nous vendons nos produits aux commerçants, aux distributeurs et aux magasins».

Hejazi a acquis d'autres boulangeries et doublé ses effectifs, qui auraient été sinon surchargés pendant le ramadan. Son équipe travaille jour et nuit afin de préparer du poisson fumé et répondre aux besoins du marché.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
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  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.