Comment les fidèles musulmans de Jérusalem savourent l'essence du ramadan

Des fidèles palestiniens prient devant le dôme du Rocher dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem le troisième vendredi du ramadan, le 30 avril 2021. (Photo: Ahmad Gharabli / AFP)
Des fidèles palestiniens prient devant le dôme du Rocher dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem le troisième vendredi du ramadan, le 30 avril 2021. (Photo: Ahmad Gharabli / AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 13 mai 2021

Comment les fidèles musulmans de Jérusalem savourent l'essence du ramadan

  • Les dix derniers jours du ramadan sont toujours spéciaux, mais dans la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, ils sont uniques
  • Les fidèles et les étudiants se posent souvent des questions sur la vie et cherchent des solutions aux problèmes quotidiens

JÉRUSALEM: Les dix derniers jours du mois sacré du ramadan sont toujours spéciaux. Dans la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, ils sont uniques… et chargés d’émotion.

Le 10 mai, la police israélienne a pris d'assaut le Haram al-Sharif, qui abrite à la fois la mosquée Al-Aqsa et le dôme du Rocher, en lançant des gaz lacrymogènes et en tirant des balles en caoutchouc. Plus de 300 personnes ont été blessées dans les violences qui ont suivi.

Avant que les troubles n'y éclatent, Arab News a passé quatre jours à Jérusalem et s’est entretenu avec les fidèles dans l’attente de Laylat al-Qadr, la nuit du destin qui tombe le 28e jour du ramadan et marque la date, selon les érudits musulmans, de la révélation du Saint Coran.

La plupart des fidèles soulignent la dimension spirituelle de leurs visites.

Mohammed Abdo, un ouvrier du quartier de Sour Baher à Jérusalem, déclare qu'il aime aller à la mosquée aussi souvent que possible. En raison de son travail, il s’y rend habituellement pour les prières de l'après-midi et du soir. «Mais ma préférée est la prière de l'aube. C’est une sensation très spirituelle et céleste», ajoute-t-il.

Mustafa Abu Sway, professeur d'études islamiques à l'université Al-Qods et titulaire de la chaire Ghazali, déclare qu'il est presque toujours à la mosquée Al-Aqsa pour les prières de midi. «Je donne des conférences quotidiennes et le meilleur moment pour ces entretiens spirituels est juste avant les prières de midi.»

Il note que les fidèles et les étudiants se posent souvent des questions sur la vie et cherchent des solutions aux problèmes quotidiens.

pal
Des fidèles palestiniens arrivent pour prier devant le dôme du Rocher dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, le 30 avril 2021. (Photo: Ahmad Gharabli / AFP)

 

«Nous essayons de comprendre comment la foi islamique influence notre comportement. Que ce soit dans les relations personnelles, l'éthique du travail ou les questions d'environnement, nous discutons de toutes ces questions», explique-t-il.

Il souligne que les cercles universitaires internationaux s'intéressent beaucoup aux doctrines et à la pensée d'Al-Ghazali, un théologien islamique influent et un prédicateur célèbre.

Se rendre à Al-Aqsa n'est pas simple. Le parking le plus proche pour ceux qui viennent de l'extérieur de la vieille ville se trouve à plusieurs kilomètres. Une flotte de voiturettes électriques transporte les personnes âgées et handicapées, mais la majorité d’entre elles doivent faire une longue marche dans des rues pavées.

Certains entrent par la porte de Damas au nord et remontent le Khan Al-Zayt et le Suq Al-Wad, deux anciennes artères, vers les hauteurs de Haram Al-Sharif.

pal
Les forces de sécurité israéliennes montent la garde le 25 septembre 2020 devant la porte du Lion à Jérusalem afin d’empêcher les fidèles d'atteindre l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa en raison des mesures de restrictions liées à la pandémie de Covid-19. (AFP)

 

D'autres passent par la porte du Lion dans le mur Est de la ville. Une fois à l'intérieur de l'enceinte, il existe des entrées séparées pour les hommes et les femmes dans la mosquée du dôme du Rocher. À l'intérieur, une petite barrière en bois sépare les hommes des femmes.

Dans la structure séparée d'Al-Aqsa, le sud d'Al-Qably est réservé aux hommes tandis que la partie proche du Bab Al-Rahmeh, une autre section de prière, est divisée entre les hommes du côté droit et les femmes du côté gauche.

L'ensemble du complexe forme une esplanade qui domine la vieille ville, et il est entretenu par le ministère jordanien du Waqf (biens religieux). La Jordanie a détenu la vieille ville et la Cisjordanie jusqu'en 1967.

Pendant le ramadan, le Waqf aménage des zones spéciales afin de permettre à des centaines de fidèles de rompre le jeûne. Beaucoup viennent de l'extérieur de la ville, soit de l'intérieur des frontières d'Israël de 1948, soit de diverses parties de la Cisjordanie.

pal
Les forces de sécurité israéliennes surveillent les fidèles palestiniens pendant les prières de l'Aïd al-Fitr devant le complexe fermé de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, le 24 mai 2020. (photo AFP)

 

Cette année comme l’année dernière, l'entrée dans Israël depuis la Cisjordanie a été encore compliquée par la pandémie de Covid-19. Seules les personnes vaccinées ont pu obtenir un permis pour voyager depuis la Cisjordanie.

Avant l'incursion du 10 mai de la police israélienne dans le Haram al-Sharif, les commandants israéliens avaient ordonné aux gardes-frontières et aux agents de sécurité en civil d'adopter un profil bas.

Au début du mois sacré, les forces de sécurité israéliennes ont coupé l'électricité de quatre minarets et bloqué une place devant la porte de Damas, une entrée majeure de la vieille ville au nord-ouest d'Al-Aqsa.

Les commandants essayaient de faire taire l'appel à la prière le même soir qu'un événement commémoratif juif pour les soldats israéliens tombés au combat. À une autre date, ils ont tenté de prévenir les affrontements entre Palestiniens et manifestants juifs extrémistes qui criaient «mort aux Arabes».

L'atmosphère s’est encore dégradée avec les tentatives d'expulsion des familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah, à l'extérieur de la vieille ville, des bâtiments revendiqués par les colons juifs. Les États-Unis et l'Union européenne (UE) ont appelé au calme.

pal
Les forces de sécurité israéliennes arrêtent un Palestinien qui a tenté de franchir une barrière de sécurité pour entrer dans le complexe fermé de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, le 24 mai 2020. (photo AFP)

 

Les gardes de la mosquée, qui sont employés par le gouvernement jordanien, sont également restés discrets lorsque les fidèles se déplaçaient à l’intérieur et autour du complexe.

Les gardes palestiniens surveillaient les visiteurs afin de s'assurer qu'ils ne violaient pas un accord conclu en 2014 à Amman entre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou; le secrétaire d'État américain, John Kerry; et le roi Abdallah de Jordanie.

L'accord non écrit stipule que seuls les musulmans peuvent prier à Al-Aqsa et au dôme du Rocher tandis que tous les autres peuvent s’y rendre pour une visite. Les juifs prétendent toutefois que l'esplanade est le site des premier et deuxième temples, qui sont sacrés dans la tradition juive. Israël revendique la totalité de Jérusalem comme sa capitale indivisible.

pal
Dans la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, les dix derniers jours du mois sacré du ramadan sont toujours spéciaux. (Crédit photo: We One Agency, Jérusalem, Palestine)

 

Les gardes du Waqf cherchent à contrer les tentatives de groupes juifs extrémistes, tels que le Temple Mount Faithful, qui veulent reconstruire le troisième temple sur le site. Ils pourraient tenter de réciter des prières juives en signe de revendication de souveraineté.

Durant les quelques heures séparant les prières de l'après-midi des prières du soir qui suivent la rupture du jeûne ou de l'iftar, Al-Aqsa était plus calme. Les habitants de la vieille ville rentraient chez eux pour rompre le jeûne avec leurs familles, tandis que les personnes extérieures étaient invitées dans un espace dédié de la mosquée par divers organismes de bienfaisance afin de partager un repas chaud, des boissons et des sucreries.

Des zones pour se laver étaient disponibles ainsi que de l'eau potable pour ceux qui jeûnent toute la journée sans boire ni manger.

Dans la soirée, les habitants de la vieille ville sortaient de leur maison pour organiser des prières communes de Tarawih avec ceux qui étaient restés dans la mosquée. Les fins de la soirée étaient consacrées à des discussions en petits et grands groupes et à des études religieuses.

pal
Des fidèles palestiniens se rassemblent devant l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem avant la troisième prière du vendredi du mois sacré du Ramadan, le 30 avril 2021. (photo AFP)

Certains restaient debout toute la nuit pour le petit déjeuner du sahur. Beaucoup dormaient avant d'être réveillés pour prendre un repas léger avant l'imsak (le moment de s'abstenir) au lever du soleil. Les lève-tôt retournaient à la mosquée pour le moment spécial des prières de l'aube. Certains n'ont pas le luxe de passer une nuit au Haram al-Sharif, le troisième site le plus sacré de l'Islam.

Nemeh Quteneh, de Beit Safafa, un autre quartier de Jérusalem-Est, marche avec sa mère et sa tante vers le dôme du Rocher, qui abrite la pointe du mont Moriah, pour les prières de l'après-midi.

Elle explique: «Ma mère, Sufiana, ne peut venir que l’après-midi, mais je préfère les prières tôt le matin. L'air est calme et le calme permet d'avoir cette connexion spirituelle que ce Lieu saint induit.»


L'Arabie saoudite abat plusieurs drones alors que les attaques iraniennes se poursuivent

Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit 26 drones depuis le début de la journée de vendredi, a confirmé le ministère de la Défense du pays, alors que les attaques aériennes contre les pays du Golfe se poursuivent. (AFP)
Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit 26 drones depuis le début de la journée de vendredi, a confirmé le ministère de la Défense du pays, alors que les attaques aériennes contre les pays du Golfe se poursuivent. (AFP)
Short Url
  • Le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont également signalé qu'ils étaient confrontés à des tirs de missiles et à des menaces de drones
  • La raffinerie du port de Mina Al-Ahmadi de la Kuwait Petroleum Corporation a de nouveau fait l'objet d'attaques iraniennes

RIYAD: Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit 26 drones depuis le début de la journée de vendredi, a confirmé le ministère de la Défense du pays, alors que les attaques aériennes contre les pays du Golfe se poursuivent.

Les autorités du Koweït et des Émirats arabes unis ont déclaré qu'elles étaient également confrontées à des tirs de missiles et à des menaces de drones.

La raffinerie portuaire Mina Al-Ahmadi de la Kuwait Petroleum Corporation a de nouveau été la cible d'attaques de drones iraniens, qui ont provoqué un incendie dans plusieurs de ses unités. Aucun blessé n'a été signalé.

Les pompiers tentent de maîtriser l'incendie dans l'installation, et certaines unités ont été fermées par précaution, a rapporté l'agence de presse nationale UNA.

Le ministère de l'intérieur de Bahreïn a déclaré que des éclats d'obus provenant de ce qu'il a décrit comme une "agression iranienne" ont déclenché un incendie dans un entrepôt, qui a été maîtrisé sans qu'aucun blessé ne soit à déplorer.

Selon le ministère saoudien de la défense, la majorité des drones ont été abattus au-dessus de la province orientale, où se trouvent les principales raffineries de pétrole du royaume, tandis qu'un autre a été intercepté au-dessus de la province septentrionale d'Al Jouf.

Cette nouvelle vague d'attaques survient un jour après qu'un drone a frappé une raffinerie de pétrole saoudienne sur la mer Rouge et provoqué des incendies dans deux autres installations au Koweït, alors que l'Iran intensifie sa campagne contre les infrastructures énergétiques du Golfe.

Ces frappes font suite aux dommages importants subis mercredi à Ras Laffan - la vaste plate-forme de gaz naturel du Qatar et la plus grande au monde - après que l'Iran a riposté aux frappes aériennes israéliennes sur son champ gazier de South Pars.

Ces derniers chiffres portent le nombre total de frappes de drones visant l'Arabie saoudite à au moins 503 depuis le 28 février, selon un décompte basé sur les rapports du ministère de la défense. Outre les drones, les défenses aériennes saoudiennes ont intercepté 42 missiles balistiques et sept missiles de croisière au cours de la même période, ce qui souligne la nature soutenue et variée de la campagne aérienne menée contre le royaume.


L'Iran en passe d'être «décimé», assure Netanyahu

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré jeudi que l'Iran était en passe d'être "décimé", près de trois semaines après le début d'une guerre qui a fait flamber les prix des hydrocarbures. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré jeudi que l'Iran était en passe d'être "décimé", près de trois semaines après le début d'une guerre qui a fait flamber les prix des hydrocarbures. (AFP)
Short Url
  • L'Iran est "en train d'être décimé" et Israël "gagne la guerre", a lancé Benjamin Netanyahu
  • "Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent", a-t-il ajouté, sans préciser les délais envisagés

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré jeudi que l'Iran était en passe d'être "décimé", près de trois semaines après le début d'une guerre qui a fait flamber les prix des hydrocarbures.

"Après 20 jours, je peux vous annoncer que l'Iran n'a aujourd'hui plus la capacité d'enrichir de l'uranium et qu'il n'a plus la capacité de produire des missiles balistiques", a déclaré M. Netanyahu, lors d'une conférence de presse télévisée.

En lançant une offensive contre Téhéran avec Israël le 28 février, Donald Trump avait d'abord dit que son objectif était d'éliminer la menace nucléaire iranienne, bien qu'il ait affirmé avoir détruit ce programme dans des frappes de juin 2025.

D'après le Premier ministre israélien, l'arsenal de missiles, drones et lanceurs de Téhéran est aujourd'hui fortement amoindri.

L'Iran est "en train d'être décimé" et Israël "gagne la guerre", a lancé Benjamin Netanyahu. "Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent", a-t-il ajouté, sans préciser les délais envisagés.

Si Washington n'a pas non plus fixé d'échéance à ses opérations militaires, le président Trump a assuré jeudi qu'il ne déployait "pas de troupes".

Raffineries touchées 

Conséquence des frappes massives jeudi sur des sites de production d'hydrocarbures dans le Golfe, le baril américain WTI, en hausse de plus de 5% jeudi, est brièvement repassé au-dessus de 100 dollars.

Le gaz européen s'est lui envolé (jusqu'à +35%), tandis que les Bourses européennes terminaient en forte baisse tout comme le Dow Jones et le Nasdaq à New York.

Parmi les installations visées: Ras Laffan, premier site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar, où une attaque iranienne a fait des "dommages considérables", selon Doha.

Le Qatar juge que les attaques vont réduire sa capacité d'exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) de 17%.

Deux raffineries au Koweït ont par ailleurs été ciblées par des drones, tout comme une raffinerie saoudienne à Yanbu, sur la mer Rouge.

Ces attaques répondent à celles, la veille, du site de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par Téhéran et Doha.

L'Iran, qui dit viser le Golfe parce qu'il abrite des intérêts américains, ne fera preuve d'"aucune retenue" si ses infrastructures énergétiques sont à nouveau visées, a prévenu le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

"Moratoire" 

Donald Trump a indiqué qu'Israël avait frappé la partie iranienne du site offshore, "sous le coup de la colère".

Israël a "agi seul", a confirmé Benjamin Netanyahu. "Le président Trump nous a demandé de suspendre toute nouvelle attaque et nous nous y conformons", a déclaré le Premier ministre.

Donald Trump a toutefois menacé de détruire "massivement l'intégralité du gisement" si Téhéran continuait ses attaques.

Réunis en sommet à Bruxelles, les dirigeants européens ont appelé jeudi à un "moratoire" sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et hydrauliques, exhortant également toutes les parties à une "retenue maximale".

Si d'autres infrastructures sont visées, le baril "dépassera probablement 120 dollars dans l'immédiat, avec un potentiel de hausse supplémentaire", estime Aditya Saraswat, analyste à Rystad Energy.

Pour ajouter au marché pétrolier des millions de barils, Washington pourrait lever certaines sanctions sur le pétrole iranien, mais uniquement celui qui est déjà stocké en mer sur des navires, selon le ministre des Finances Scott Bessent.

Dans la même optique, les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont commencé à libérer des stocks de pétrole, comme annoncé mi-mars.

"Tensions" 

Au 20e jour de la guerre, l'Iran démontre conserver une importante capacité de frappe.

"Nous voyons apparaître des fissures et nous essayons de les creuser aussi vite que possible, non seulement au sein du haut commandement mais aussi sur le terrain", a toutefois assuré Benjamin Netanyahu, qui a dit en outre ne pas vraiment savoir "qui dirige l'Iran en ce moment".

"Ce que nous constatons, c'est qu'il y a beaucoup de tensions parmi ceux qui se disputent le pouvoir", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse.

Peu après ses déclarations, plusieurs explosions ont été entendues au-dessus de Jérusalem à la suite du signalement d'une nouvelle salve de missiles iraniens, ont rapporté des journalistes de l'AFP.

Dans le Golfe, le stratégique détroit d'Ormuz reste bloqué quasi totalement par Téhéran.

Un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux circule d'ordinaire par ce passage.

Après un appel américain qui était d'abord resté lettre morte, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon se sont dits "prêts à contribuer" aux efforts pour sécuriser la navigation dans le détroit, le moment venu.

Le président français Emmanuel Macron a évoqué en ce sens la possibilité d'un "cadre onusien" pour une future mission, après les hostilités.

Dans la capitale iranienne, rien ou presque ne suggérait jeudi un pays enlisé dans la guerre.

A la veille de Norouz, le Nouvel an persan habituellement célébré avec faste, le centre-ville était comme à l'accoutumée embouteillé, mais avec une présence des forces de sécurité plus importante que d'ordinaire.

 


Israël poursuit ses frappes sur l'Iran

Israël a lancé vendredi de nouvelles frappes sur l'Iran, que le Premier ministre Benjamin Netanyahu estime en passe d'être "décimé", alors que des attaques de missiles et de drones continuent à cibler les pays du Golfe. (AFP)
Israël a lancé vendredi de nouvelles frappes sur l'Iran, que le Premier ministre Benjamin Netanyahu estime en passe d'être "décimé", alors que des attaques de missiles et de drones continuent à cibler les pays du Golfe. (AFP)
Short Url
  • Au 21e jour de guerre, ces propos perçus comme rassurants ont calmé les marchés. Wall Street a terminé en baisse modérée et les prix du pétrole sont repartis en légère baisse, le baril de Brent, référence internationale, tournant autour de 107 dollars
  • Sur le front de ce conflit devenu régional, les frappes se poursuivent néanmoins vendredi, jour de Norouz, le Nouvel an persan, et de l'Aïd el-Fitr en Arabie saoudite et dans la plupart des pays musulmans

JERUSALEM: Israël a lancé vendredi de nouvelles frappes sur l'Iran, que le Premier ministre Benjamin Netanyahu estime en passe d'être "décimé", alors que des attaques de missiles et de drones continuent à cibler les pays du Golfe.

"Nous gagnons et l'Iran est en train d'être décimé", a affirmé jeudi M. Netanyahu, lors d'une conférence de presse télévisée, assurant que Téhéran n'a plus "la capacité d'enrichir de l'uranium" ni "de produire des missiles balistiques".

"Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent", a-t-il ajouté, sans donner de calendrier.

Au 21e jour de guerre, ces propos perçus comme rassurants ont calmé les marchés. Wall Street a terminé en baisse modérée et les prix du pétrole sont repartis en légère baisse, le baril de Brent, référence internationale, tournant autour de 107 dollars.

Sur le front de ce conflit devenu régional, les frappes se poursuivent néanmoins vendredi, jour de Norouz, le Nouvel an persan, et de l'Aïd el-Fitr en Arabie saoudite et dans la plupart des pays musulmans. Pays à majorité chiite, l'Iran a lui fixé à samedi la fête marquant la fin du mois de jeûne du ramadan.

Raffinerie ciblée au Koweït 

Le Golfe est lui encore ciblé par des tirs de missiles et de drones. Les Emirats arabes unis ont dit répondre à des attaques de missiles, l'Arabie saoudite avoir intercepté plusieurs drones, surtout dans l'est du pays, et le Bahreïn avoir maîtrisé l'incendie d'un entrepôt causé par des éclats provenant d'une "agression iranienne".

Au Koweït, une raffinerie, déjà visée jeudi, a subi une nouvelle attaque de drones, provoquant un incendie et la fermeture de plusieurs de ses unités.

En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël depuis le 28 février, Téhéran vise les intérêts américains dans les pays du Golfe et les infrastructures énergétiques, alimentant les craintes de répercussions majeures sur l'économie mondiale.

Le prix du gaz en Europe s'est emballé jeudi, poussant le cours du TTF néerlandais, référence européenne, à des niveaux jamais vus depuis 2023.

Le Qatar a estimé que sa capacité d'exportation de GNL était réduite de 17%, après les attaques récentes sur son plus important site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) à Ras Laffan. Ces frappes iraniennes ont répondu à celles d'Israël à l'encontre du site offshore de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par Téhéran et Doha.

Donald Trump a demandé à Israël de ne plus attaquer les infrastructures énergétiques d'Iran et Benjamin Netanyahu a dit s'y "conform(er)". Mais le président américain a aussi menacé de détruire "massivement l'intégralité du gisement" si Téhéran continuait ses attaques.

L'Iran ne fera preuve d'"aucune retenue" si ses infrastructures énergétiques sont à nouveau visées, a prévenu le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

"Notre réponse à l'attaque israélienne contre nos infrastructures n'a mobilisé qu'une FRACTION de notre puissance", a-t-il averti.

Ormuz: Macron évoque un "cadre onusien" 

Inquiets des conséquences, les dirigeants européens, réunis en sommet à Bruxelles, ont appelé jeudi soir à un "moratoire" sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et hydrauliques, exhortant les parties à une "retenue maximale".

Après un appel américain d'abord resté lettre morte, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon se sont dits "prêts à contribuer" au moment venu, aux efforts pour sécuriser la navigation dans le détroit d'Ormuz, passage maritime stratégique pour le pétrole et le gaz mondiaux bloqué de facto par l'Iran.

Mais pour Paris, Rome et Berlin, une implication n'est envisageable qu'après un arrêt des combats.

Le président français Emmanuel Macron a évoqué la possibilité d'un "cadre onusien" pour une telle mission.

Pour détendre le marché pétrolier, les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont commencé à libérer des stocks de pétrole comme annoncé mi-mars. Un total de 426 millions de barils, en majorité du brut, doit être mis à disposition.

Liban: pas de proposition de plan français 

Au Liban, entraîné dans la guerre le 2 mars par le mouvement pro-iranien Hezbollah, le président Joseph Aoun a de nouveau appelé à une trêve et à des négociations avec Israël, à l'occasion d'une visite du chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, qui doit se rendre vendredi en Israël.

"Notre rôle n'est absolument pas de proposer un plan pour un pays tiers", mais "d'aider à ce qu'il puisse y avoir des discussions directes entre eux et les Israéliens", a déclaré, depuis Bruxelles, Emmanuel Macron, estimant que cela dépendait d'un feu vert israélien.