Gaza: le Conseil de sécurité de l'ONU toujours désuni après une troisième réunion d'urgence

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a mis en garde le Conseil de sécurité sur le risque d'«une crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable» dans la région si un cessez-le-feu n'était pas rapidement imposé (Photo, AFP)
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a mis en garde le Conseil de sécurité sur le risque d'«une crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable» dans la région si un cessez-le-feu n'était pas rapidement imposé (Photo, AFP)
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Gaza: le Conseil de sécurité de l'ONU toujours désuni après une troisième réunion d'urgence

  • Les 15 membres du Conseil de sécurité ont poursuivi des négociations sur un texte commun visant à appeler à la fin des hostilités et réaffirmer le projet d'une solution à deux Etats
  • Wang Yi, a regretté «l'obstruction» des Etats-Unis pour faire adopter au Conseil de sécurité de l'ONU une déclaration appelant à la fin des hostilités entre Israéliens et Palestiniens

NATIONS UNIES: Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni dimanche publiquement pour une troisième session d'urgence sur le conflit israélo-palestinien depuis une semaine, sans adoption à ce stade d'une déclaration commune ni de propositions permettant d'aboutir rapidement à une cessation des hostilités.  

La session virtuelle a donné lieu à des diatribes réciproques récurrentes des Palestiniens et des Israéliens.  

Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad Al-Maliki, a accusé Israël de « crimes de guerre », dénonçant « l'agression » de l'Etat hébreu contre « le peuple » palestinien et ses « lieux saints ».  

« Le Hamas a choisi d'accélérer des tensions, utilisées comme prétexte, pour commencer cette guerre » qui a été « préméditée », a rétorqué l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis et à l'ONU, Gilad Erdan. 

Le diplomate israélien a demandé au Conseil de sécurité de condamner les « tirs aveugles de roquettes » tandis que le ministre palestinien réclamait à l'instance « d'agir » pour arrêter l'offensive israélienne, se demandant combien il allait lui falloir de morts palestiniens pour se « scandaliser ». 

Parallèlement à la réunion, les 15 membres du Conseil de sécurité ont poursuivi des négociations sur un texte commun visant à appeler à la fin des hostilités et réaffirmer le projet d'une solution à deux Etats vivant côte à côte, Israël et la Palestine, sur la base des résolutions déjà adoptées par l'ONU. 

Mais selon plusieurs diplomates, les Etats-Unis, à la position jugée incompréhensible pour nombre de ses alliés, continuaient dimanche à refuser toute déclaration conjointe. Depuis une semaine, Washington, isolé, a déjà rejeté deux textes proposés par trois membres du Conseil: la Norvège, la Tunisie et la Chine. 

« Cycle insensé de terreur »  

« C'est un peu étrange si l'on pense à l'attente que nous avions tous d'un retour des Américains dans la diplomatie multilatérale », relève un ambassadeur sous couvert d'anonymat. « Nous avions pensé aussi que les Etats-Unis seraient désireux de montrer la pertinence du Conseil de sécurité dans des situations comme celle-ci », ajoute-t-il. 

 

LA CHINE REGRETTE « L'OBSTRUCTION » DES ETATS-UNIS AU CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L'ONU

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a regretté « l'obstruction » des Etats-Unis pour faire adopter au Conseil de sécurité de l'ONU une déclaration appelant à la fin des hostilités entre Israéliens et Palestiniens, lors d'une session d'urgence de cette instance. 

« Le Conseil de sécurité doit prendre des mesures », a-t-il dit, en rappelant que la Chine était (avec la Norvège et la Tunisie) à l'origine d'un projet de texte depuis une semaine. « A cause de l'obstruction d'un pays, le Conseil de sécurité n'a pas été capable de parler d'une seule voix », a-t-il déploré en demandant à Washington « de prendre ses responsabilités » à l'ONU. 

Les deux premières sessions d'urgence du Conseil de sécurité s'étaient tenues à huis clos et les Etats-Unis, qui préféraient attendre mardi, ne voulaient pas de la réunion de ce dimanche. Leur ambassadrice à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, s'est bornée à réclamer une cessation « du cycle de violences », assurant que son pays « travaillait sans relâche pour une fin des hostilités » et « une paix durable ». 

En ouverture de la session, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a mis en garde le Conseil de sécurité sur le risque d'« une crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable » dans la région si un cessez-le-feu n'était pas rapidement imposé. « Ce cycle insensé d'effusion de sang, de terreur et de destruction doit cesser immédiatement », a-t-il martelé. 

Un appel largement repris à leur compte par nombre de pays ayant choisi de faire participer un ministre à la session dimanche, de la Russie à la Tunisie, en passant par la Norvège ou l'Irlande, afin de marquer leur engagement diplomatique dans le conflit. 

Le Niger, par la voix de son ambassadeur Abdou Abarry, a réclamé de faire « reconnaître aux Palestiniens les mêmes droits » que ceux qui sont accordés à Israël, notamment celui « de se défendre ». 


Liban: l'armée israélienne dit frapper le Hezbollah à Beyrouth

Des personnes se tiennent à l’intérieur d’une université publique transformée en refuge pour des déplacés par les frappes aériennes israéliennes à Beyrouth, au Liban, le 20 mars 2026. (AP)
Des personnes se tiennent à l’intérieur d’une université publique transformée en refuge pour des déplacés par les frappes aériennes israéliennes à Beyrouth, au Liban, le 20 mars 2026. (AP)
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  • L’armée israélienne a lancé des frappes à Beyrouth contre le Hezbollah après avoir appelé à l’évacuation de quartiers du sud, bastion du mouvement
  • Le conflit s’intensifie au Liban (plus de 1 000 morts et 1 million de déplacés), tandis que des appels à des négociations directes avec Israël émergent malgré la poursuite des combats

Jérusalem: L'armée israélienne a annoncé avoir lancé samedi matin des frappes sur Beyrouth visant le mouvement Hezbollah, soutenu par l'Iran, après avoir ordonné aux habitants de plusieurs quartiers de la banlieue sud d'évacuer.

Les forces armées israéliennes "frappent actuellement des cibles de l'organisation terroriste Hezbollah à Beyrouth", ont-elles indiqué dans un bref communiqué.

Auparavant, un porte-parole de l'armée avait enjoint les habitants de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, à évacuer avant le lancement de frappes.

Le Liban a été entraîné dans le conflit régional début mars après des frappes sur Israël du mouvement pro-iranien Hezbollah en réprésailles à la mort du guide suprême Ali Khamenei tué au premier jour de l'offensive américano-israélienne le 28 février

Dans le sud du Liban, zone principale des affrontements entre Israël et le Hezbollah, au moins une personne a été tuée et deux autres blessées samedi à l'aube dans une "lourde frappe" israélienne contre une maison dans le district de Bint Jbeil, a annoncé l'Agence nationale d'information libanaise (ANI, officielle).

L'agence nationale a également fait état de nouvelles frappes sur la ville côtière de Tyr, dans le sud du pays, et sur la ville de Naqoura, à proximité de la frontière avec Israël.

Le Hezbollah a affirmé que ses combattants ont ciblé des troupes israéliennes dans six villages du sud du Liban et lancé des roquettes au-delà de la frontière. L'armée israélienne a indiqué que les sirènes aériennes ont été activées.

Selon le ministère libanais de la Santé, le conflit a tué plus de 1.000 personnes au Liban et déplacé plus d'un million de personnes.

L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban, Michel Issa, a salué vendredi la proposition du président libanais Joseph Aoun d'entamer des négociations directes avec Israël pour mettre fin à la guerre avec le Hezbollah "car aucun accord ne peut être trouvé sans dialogue", a-t-il déclaré à des médias libanais, à l'issue d'une rencontre avec le patriarche maronite Béchara al-Raï à Beyrouth.

Mais ne croyant pas "qu'Israël ait décidé de mettre fin" aux combats, il a ajouté que "le Liban doit décider s'il doit rencontrer les Israéliens dans ces circonstances".


Incendie dans une raffinerie du Koweït après des attaques de drones

 Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne. (AFP)
Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne. (AFP)
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  • "La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités"
  • En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe

DUBAI: Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne.

"La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités", selon l'agence, après une attaque la veille sur cette infrastructure qui avait déjà provoqué un incendie.

En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe.

L'attaque de vendredi sur la raffinerie Mina Al-Ahmadi n'a pas fait de victime mais a entraîné la fermeture de plusieurs unités du site, tandis que les pompiers tentent de contenir l'incendie, selon l'agence officielle koweïtienne.

Dans les autres pays du Golfe, les Emirats arabes unis ont dit vendredi répondre à des attaques de missiles et de drones, et le Bahreïn avoir maîtrisé l'incendie d'un entrepôt causé par des éclats provenant d'une "agression iranienne".

En Arabie saoudite, le ministre de la Défense saoudien a dit qu'en l'espace de deux heures, plus d'une douzaine de drones ont été "interceptés et détruits" dans l'est du pays et un autre dans le nord.

 

 


L'Arabie saoudite abat plusieurs drones alors que les attaques iraniennes se poursuivent

Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit 26 drones depuis le début de la journée de vendredi, a confirmé le ministère de la Défense du pays, alors que les attaques aériennes contre les pays du Golfe se poursuivent. (AFP)
Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit 26 drones depuis le début de la journée de vendredi, a confirmé le ministère de la Défense du pays, alors que les attaques aériennes contre les pays du Golfe se poursuivent. (AFP)
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  • Le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont également signalé qu'ils étaient confrontés à des tirs de missiles et à des menaces de drones
  • La raffinerie du port de Mina Al-Ahmadi de la Kuwait Petroleum Corporation a de nouveau fait l'objet d'attaques iraniennes

RIYAD: Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit 26 drones depuis le début de la journée de vendredi, a confirmé le ministère de la Défense du pays, alors que les attaques aériennes contre les pays du Golfe se poursuivent.

Les autorités du Koweït et des Émirats arabes unis ont déclaré qu'elles étaient également confrontées à des tirs de missiles et à des menaces de drones.

La raffinerie portuaire Mina Al-Ahmadi de la Kuwait Petroleum Corporation a de nouveau été la cible d'attaques de drones iraniens, qui ont provoqué un incendie dans plusieurs de ses unités. Aucun blessé n'a été signalé.

Les pompiers tentent de maîtriser l'incendie dans l'installation, et certaines unités ont été fermées par précaution, a rapporté l'agence de presse nationale UNA.

Le ministère de l'intérieur de Bahreïn a déclaré que des éclats d'obus provenant de ce qu'il a décrit comme une "agression iranienne" ont déclenché un incendie dans un entrepôt, qui a été maîtrisé sans qu'aucun blessé ne soit à déplorer.

Selon le ministère saoudien de la défense, la majorité des drones ont été abattus au-dessus de la province orientale, où se trouvent les principales raffineries de pétrole du royaume, tandis qu'un autre a été intercepté au-dessus de la province septentrionale d'Al Jouf.

Cette nouvelle vague d'attaques survient un jour après qu'un drone a frappé une raffinerie de pétrole saoudienne sur la mer Rouge et provoqué des incendies dans deux autres installations au Koweït, alors que l'Iran intensifie sa campagne contre les infrastructures énergétiques du Golfe.

Ces frappes font suite aux dommages importants subis mercredi à Ras Laffan - la vaste plate-forme de gaz naturel du Qatar et la plus grande au monde - après que l'Iran a riposté aux frappes aériennes israéliennes sur son champ gazier de South Pars.

Ces derniers chiffres portent le nombre total de frappes de drones visant l'Arabie saoudite à au moins 503 depuis le 28 février, selon un décompte basé sur les rapports du ministère de la défense. Outre les drones, les défenses aériennes saoudiennes ont intercepté 42 missiles balistiques et sept missiles de croisière au cours de la même période, ce qui souligne la nature soutenue et variée de la campagne aérienne menée contre le royaume.