Israël-Gaza: l'ONU lance une enquête sur les atteintes aux droits humains

La Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Michelle Bachelet prononçant son discours à distance lors de l'ouverture d'une réunion d'urgence du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, à Genève le 27 mai 2021 / AFP
La Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Michelle Bachelet prononçant son discours à distance lors de l'ouverture d'une réunion d'urgence du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, à Genève le 27 mai 2021 / AFP
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Publié le Jeudi 27 mai 2021

Israël-Gaza: l'ONU lance une enquête sur les atteintes aux droits humains

  • La Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Michelle Bachelet a indiqué ne pas avoir vu de preuve de la présence de groupes armés ou d'action militaire dans des bâtiments visés par Israël à Gaza
  • Une résolution adoptée avec 24 voix pour, 9 contre et 14 absentions, lance une «commission d'enquête internationale indépendante et permanente» chargée d'examiner les atteintes au droit international humanitaire et aux droits de l'homme

GAZA: Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a lancé jeudi une enquête internationale sur les atteintes aux droits humains commises dans les territoires palestiniens occupés et en Israël depuis avril, mais aussi sur les "causes profondes" des tensions.

La Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a soutenu devant le Conseil, réuni en session extraordinaire, que les récentes frappes israéliennes sur Gaza peuvent constituer des crimes de guerre "s'il s'avère" que les civils ont été touchés "sans distinction".

Elle a indiqué ne pas avoir vu de preuve de la présence de groupes armés ou d'action militaire dans des bâtiments visés par Israël à Gaza.

Mme Bachelet a également souligné que les tirs de roquettes du mouvement islamiste palestinien Hamas "ne font pas de distinction entre les objets militaires et civils, et leur utilisation constitue donc une violation manifeste du droit humanitaire international".

La réunion, qui portait sur les atteintes aux droits humains dans les territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem-Est, et en Israël, était organisée à la demande du Pakistan, en tant que coordinateur de l'Organisation de la coopération islamique, et des autorités palestiniennes.

Une résolution adoptée avec 24 voix pour, 9 contre et 14 absentions, lance une "commission d'enquête internationale indépendante et permanente" chargée d'examiner les atteintes au droit international humanitaire et aux droits de l'homme ayant abouti aux récentes tensions israélo-palestiniennes.  

Du 10 au 21 mai, 254 Palestiniens ont été tués par des frappes israéliennes dans la bande de Gaza, parmi lesquels 66 enfants et des combattants, selon les autorités locales. En Israël, les tirs de roquettes depuis Gaza ont fait 12 morts dont un enfant, une adolescente et un soldat, d'après la police.

Causes profondes

La portée de la résolution dépasse largement le récent conflit. 

Le texte demande que la commission étudie "toutes les causes profondes des tensions récurrentes, de l'instabilité et de la prolongation du conflit, y compris la discrimination et la répression systématiques fondées sur l'appartenance nationale, ethnique, raciale ou religieuse".

L'enquête doit se concentrer sur l'établissement des faits et collecter les preuves et éléments qui pourraient être utilisés dans le cadre de poursuites judiciaires et, dans la mesure du possible, identifier les coupables pour qu'ils puissent être jugés.

Le ministre des Affaires étrangères palestinien Riyad al-Maliki, qui s'est adressé à l'assemblée en ligne, a accusé Israël d'avoir instauré "un régime d'apartheid basé sur l'oppression du peuple palestinien" et son "déplacement forcé".

Il a revendiqué "le droit (des Palestiniens ndlr) de résister à l'occupation" et a affirmé que "les colons doivent être mis sur la liste des terroristes".

L'ambassadrice d'Israël auprès de l'ONU à Genève Meirav Eilon Shahar a accusé le Hamas d'avoir "initié ce conflit" et assuré que son pays "a tout fait pour désamorcer les tensions".

"Vous ne pouvez pas être pro-palestinien si vous ne condamnez pas le Hamas", a-t-elle dit.

La résolution "n'a rien à voir avec la réalité, n'a rien à voir avec les droits et n'a certainement rien à voir avec la promotion du dialogue entre Israël et les Palestiniens", a-t-elle estimé juste avant le vote.

Une première

C'est la première fois que le Conseil met sur pied une commission d'enquête avec un mandat sans durée fixée à l'avance.

Le mandat d'autres commissions, comme celle sur la Syrie, doit être renouvelé tous les ans.

Certains pays, comme la France, ont déploré que le mandat de la commission soit "trop large" et son objectif "trop indéterminé", mais la résolution a recueilli un large soutien auprès des pays africains et latino-américains.

Lors de l'annonce de la réunion, l'ambassadrice d'Israël avait dénoncé une convocation qui "prouve que cette instance a un programme anti-israélien".

Israël est en effet le seul pays avec un point fixe à l'ordre du jour de chaque session du Conseil, une des raisons pour lesquelles les Etats-Unis, sous la présidence de Donald Trump, avaient quitté l'organisation. Le nouveau président Joe Biden a fait revenir les Etats-Unis en tant que pays observateur.

Neuf des trente sessions extraordinaires organisées par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU depuis sa création en juin 2006 ont porté sur Israël.


L'Algérie annonce retirer son accréditation à la chaîne France 24 (officiel)

L'Algérie annonce retirer son accréditation à la chaîne France 24 (Photo, AFP)
L'Algérie annonce retirer son accréditation à la chaîne France 24 (Photo, AFP)
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  • «Nous faisons juste notre travail de journalistes dans le respect des règles en vigueur», avait dit Marc Saikali, directeur de France 24
  • Les conditions de travail sont difficiles pour les journalistes algériens, sur fond de répression du Hirak par les autorités

ALGER: L'Algérie a décidé de retirer son accréditation à France 24 en raison de son « hostilité manifeste et répétée », après avoir mis en garde la chaîne d'informations en mars pour sa couverture du Hirak, a annoncé dimanche le ministère de la Communication. 

Ce retrait est aussi motivé par « le non respect des règles de la déontologie professionnelle, la désinformation et la manipulation ainsi qu'une agressivité avérée à l'égard de l'Algérie », a affirmé le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Ammar Belhimer, cité par l'agence officielle APS. 

La dépêche de l'APS rappelle que le gouvernement algérien avait adressé le 13 mars « un dernier avertissement avant retrait définitif » à France 24, en mettant en cause sa « couverture des marches du vendredi », une référence aux manifestations du Hirak, le mouvement populaire de contestation du régime. 

Sollicitée, la chaîne d'informations qui a encore couvert samedi le scrutin des législatives en direct d'Alger, a réagi en publiant un communiqué : « Nous avons appris en fin de journée que l’Algerie avait décidé de retirer les accréditations des correspondants de France 24 dans le pays. Notre chaîne s’étonne de ne pas avoir reçu d’explication et rappelle que notre couverture de l’actualité algérienne se fait dans la transparence, l’indépendance et l’honnêteté. Comme c’est le cas partout dans le monde».

De son coté le ministère français des Affaires étrangères s'est refusé à tout commentaire. 

Le 13 mars, France 24 avait assuré faire son « travail le plus honnêtement possible ». « Nous faisons juste notre travail de journalistes dans le respect des règles en vigueur », avait dit Marc Saikali, directeur de France 24. 

Les médias étrangers travaillant en Algérie sont soumis depuis des années à une procédure d'accréditation bureaucratique, opaque et aléatoire. 

Le directeur de l'Agence France-Presse (AFP) pour l'Algérie, Philippe Agret, nommé en octobre 2019, n'a jamais obtenu d'accréditation des autorités. Aucun motif n'a été fourni à ce sujet. 

Les conditions de travail sont en outre difficiles pour les journalistes algériens, sur fond de répression du Hirak par les autorités. 

Né en février 2019 d'un rejet d'un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika, président aphasique, le mouvement s'est poursuivi malgré l'éviction de M. Bouteflika et de son clan, puis l'élection d'un nouveau chef de l'Etat, Abdelmajdid Tebboune. 

Le mouvement du Hirak réclament le démantèlement du système de gouvernance en place depuis l'indépendance en 1962. 

Les autorités affirment de leur côté que les principales revendications du Hirak ont été satisfaites. 

Après avoir boudé la présidentielle, la population algérienne s'est de nouveau détournée des urnes lors des législatives organisées samedi pour tenter d'affermir la légitimité du gouvernement. 

Selon des chiffres officiels, le taux d'abstention a avoisiné les 70%. 


Une centaine de migrants partis de Libye secourus par la Tunisie

La Tunisie porte régulièrement secours à des migrants partis de Libye, ayant fait naufrage en Méditerranée centrale, l'une des routes migratoires les plus meurtrières (Photo, AFP).
La Tunisie porte régulièrement secours à des migrants partis de Libye, ayant fait naufrage en Méditerranée centrale, l'une des routes migratoires les plus meurtrières (Photo, AFP).
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  • L'embarcation, repérée 67 km au large des côtes tunisiennes, transportait «101 migrants clandestins âgés de 1 à 50 ans, dont 6 femmes et 4 enfants»
  • Par ailleurs, dans une deuxième opération, la marine a intercepté 13 candidats à l'exil tunisiens âgées de 19 à 39 ans, dont deux femmes, à 40 km au large des côtes tunisiennes

TUNIS: La marine tunisienne a secouru en pleine mer 101 migrants partis de Libye en direction de l'Europe, dont l'embarcation était en déroute près de la plateforme gazière de Miskar, a indiqué dimanche le ministère de la Défense.

L'embarcation, repérée 67 km au large des côtes tunisiennes, transportait « 101 migrants clandestins âgés de 1 à 50 ans, dont 6 femmes et 4 enfants », de différentes nationalités, a précisé le ministère dans un communiqué.

Ils ont indiqué avoir pris la mer vendredi soir du port libyen de Zouara, et ont été remis aux autorités au port tunisien de Sfax.

Par ailleurs, dans une deuxième opération, la marine a intercepté 13 candidats à l'exil tunisiens âgées de 19 à 39 ans, dont deux femmes, à 40 km au large des côtes tunisiennes. 

Ils ont indiqué avoir pris la mer samedi soir depuis Djerba.

Les départs depuis la Tunisie et la Libye voisine ont nettement augmenté ces deux dernières années.

Il y a eu 11 000 départs de Libye entre janvier à avril 2021, soit 73% de plus qu'à la même période l'an passé, en raison notamment de la « détérioration » de la situation pour les étrangers dans le pays, selon le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR)

La Tunisie porte régulièrement secours à des migrants partis de Libye, ayant fait naufrage en Méditerranée centrale, l'une des routes migratoires les plus meurtrières selon les Nations unies.

L'ONU a décompté au moins 760 morts en Méditerranée entre le 1er janvier et le 31 mai 2021, et 1 400 en 2020.


Algérie/législatives: le principal parti islamiste en lice revendique la majorité

Meeting de campagne du MSP, le 8 juin à Alger (Photo, AFP).
Meeting de campagne du MSP, le 8 juin à Alger (Photo, AFP).
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  • Dans son communiqué, le MSP «met en garde contre les nombreuses tentatives de modifier les résultats du scrutin comme cela se faisait avant»
  • L'Algérie attend le résultat des élections législatives anticipées de samedi, marquées par un très fort taux d'abstention, nouveau signe de désintérêt de la population

ALGER: Le principal parti de la mouvance islamiste en lice pour les élections législatives en Algérie, le Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), a affirmé dimanche être arrivé en tête au lendemain de ce scrutin.

« Le MSP affirme arriver en tête dans la majorité des wilayas (préfectures) et à l'étranger », selon un communiqué de ce parti conservateur, considéré comme modéré. 

Dans son communiqué, le MSP « met en garde contre les nombreuses tentatives de modifier les résultats du scrutin comme cela se faisait avant ».

« Nous prévenons que les conséquences seront dommageables pour l'avenir du pays et le futur de l'action politique et électorale », prévient ce parti, principale formation de l'opposition parlementaire, qui avait décidé de participer au scrutin.

« Nous appelons le président de la République (Abdemadjid Tebboune) à faire respecter la volonté populaire exprimée ainsi qu'il l'a promis », insiste le texte.

L'Algérie attend le résultat des élections législatives anticipées de samedi, marquées par un très fort taux d'abstention, nouveau signe de désintérêt de la population, après le boycott du scrutin par le mouvement contestataire du Hirak et par une partie de l'opposition.

La composition de la prochaine assemblée pourrait être connue dans ses grandes lignes dimanche mais, en raison du dépouillement « compliqué », les résultats officiels pourraient ne pas être annoncés avant plusieurs jours, selon le président de l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Chorfi.