Détenu en Iran, le Français Benjamin Brière doit y être jugé pour espionnage

Dernier cliché connu du français Benjamin Brière (Photo, AFP/Saeid Dehghan's Twitter account).
Dernier cliché connu du français Benjamin Brière (Photo, AFP/Saeid Dehghan's Twitter account).
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Publié le Lundi 31 mai 2021

Détenu en Iran, le Français Benjamin Brière doit y être jugé pour espionnage

  • L'espionnage, dans les cas les plus graves, est passible de la peine de mort en Iran, et la propagande contre le système de trois mois à un an de prison
  • Selon son avocat iranien, Brière est accusé d'espionnage pour «des photographies de zones interdites» prises avec un drone de loisir dans un parc naturel en Iran

TEHERAN: Un Français détenu en Iran depuis un an, Benjamin Brière, va y être jugé pour « espionnage », a annoncé dimanche son avocat, quelques jours après un appel de la sœur du prisonnier au président français Emmanuel Macron pour le supplier d'intervenir.

A l'issue de l'instruction, le parquet a confirmé les poursuites pour « espionnage » et « propagande contre le système » politique de la République islamique d'Iran, a indiqué Me Saïd Dehghan, avocat de ce trentenaire détenu à Machhad (nord-est).

L'espionnage, dans les cas les plus graves, est passible de la peine de mort en Iran, et la propagande contre le système de trois mois à un an de prison.

Les accusations d' « espionnage » formulées par Téhéran sont « incompréhensibles », a réagi dimanche le ministère français des Affaires étrangères, assurant n'avoir « connaissance d'aucun élément susceptible d'étayer » ces accusations.

Selon son avocat iranien, Brière est accusé d'espionnage pour « des photographies de zones interdites » prises avec un drone de loisir dans un parc naturel en Iran. D'après sa sœur, Blandine Brière, il a été arrêté en mai 2020 alors qu'il traversait l'Iran en touriste, à l'occasion d'un long voyage en van aménagé entamé en 2018.

Les accusations de propagande seraient liées à des messages que le Français aurait publié sur des réseaux sociaux demandant pourquoi le voile islamique est « obligatoire » pour les femmes en Iran alors qu'il est « facultatif » dans d'autres pays musulmans.

« Le procureur prépare l'acte d'accusation et l'envoie au tribunal révolutionnaire pour la poursuite du processus judiciaire », a précisé dimanche Me Dehghan.

Selon lui, le Français arrêté en mai 2020 faisait l'objet de deux autres accusations non révélées jusque-là : « corruption sur Terre », l'un des chefs d'accusation les plus graves du code pénal iranien, passible de la peine de mort, et consommation d'alcool, passible d'une peine de flagellation.

Mais ces deux accusations n'ont pas été retenues à l'issue de l'instruction.

L'annonce du renvoi en procès de Brière, né en 1985, survient quelques jours après la publication par l'hebdomadaire français Le Point d'une lettre ouverte de Blandine Brière appelant le président français à agir pour la libération de son frère, emprisonné selon elle « sans fondement ».

Pour Blandine Brière, qui décrit son frère comme « un touriste à la soif de découverte et d'aventure », il « est évident que les poursuites judiciaires iraniennes ne sont pas les raisons de cette attente interminable ».

« Poursuites iniques »

« L'enjeu est ailleurs, mon frère se retrouve être un instrument de négociations qui le dépassent. Un jeune Français se retrouve au centre de conflits entre pays, ce qui lui échappe évidemment », a-t-elle écrit à Macron pour « l'implorer » de remédier à cette situation.

Mais « à ce jour, ni le Président de la République, n'a répondu, ni le Quai d'Orsay, laissant encore plus inquiète et démunie la famille de Benjamin » face à la « détention arbitraire » que subit celui-ci, écrit Me Philippe Valent, avocat français de Brière, dans un communiqué publié dimanche.

Brière et sa famille « comprennent que les autorités iraniennes ont décidé d'accélérer le processus judiciaire et l'instrumentalisation de cette affaire pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la réalité des faits », poursuit l'avocat.

Me Valent dénonce des « poursuites judiciaires iniques qui ne sont que la réplique de pratiques qui perdurent depuis novembre 1979 », date de la prise en otages des diplomates de l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran dans la foulée de la Révolution islamique.

L'Iran retient plus d'une douzaine de détenteurs de passeports occidentaux, pour la plupart des binationaux, ce que des ONG condamnent comme une politique de prise d'otages destinée à obtenir des concessions des puissances étrangères. Les soutiens de ces personnes les disent innocentes et victimes d'un jeu politique qui ne les concerne pas.

Au cours des dernières années, la République islamique a procédé à plusieurs échanges de détenus avec des pays étrangers.

A l'occasion des négociations en cours à Vienne -- auxquelles la France participe -- pour tenter de relancer l'accord international sur le nucléaire iranien de 2015, Téhéran a fait savoir qu'elle était toujours ouverte à des échanges de détenus.

Pour l'Iran, l'enjeu de ces pourparlers est d'obtenir la levée des sanctions américaines réimposées ou créées par les Etats-Unis depuis 2018 après la décision de l'ancien président américain Donald Trump de dénoncer unilatéralement cet accord.


Le chef de la diplomatie iranienne accuse depuis Saint-Pétersbourg les Etats-Unis de l'échec des discussions au Pakistan 

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
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  • "Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives"
  • Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères a accusé lundi les Etats-Unis d'être responsables de l'échec des pourparlers de paix au Pakistan, après son arrivée en Russie où il doit rencontrer le président Vladimir Poutine.

"Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives", a-t-il déclaré, cité par les médias d'Etat iraniens. Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique.

 

 


Liban: le Hezbollah refuse «catégoriquement» les négociations directes avec Israël

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
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  • "Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité"
  • Le président libanais dit au Hezbollah que "la trahison" est d'entraîner le pays dans la guerre

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a réaffirmé lundi son refus des négociations directes entre Beyrouth et Israël, estimant qu'elles risquaient d'entraîner le Liban dans un "cycle d'instabilité".

"Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité", a déclaré le chef du groupe pro-iranien dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, qui lui est affiliée.

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine.

 


Israël: deux anciens chefs de gouvernement s'unissent pour battre Netanyahu

L'ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, qui avait été brièvement chef du gouvernement en 2022, se présenteront aux prochaines élections sur une liste commune, ont annoncé les deux hommes dimanche.
L'ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, qui avait été brièvement chef du gouvernement en 2022, se présenteront aux prochaines élections sur une liste commune, ont annoncé les deux hommes dimanche.
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  • Naftali Bennett (droite) et Yaïr Lapid (centre) avaient formé ensemble un gouvernement en juin 2021 auquel a succédé fin 2022 le gouvernement actuel dirigé par Benjamin Netanyahu
  • Selon les sondages, M. Bennett apparaît comme le candidat le mieux placé pour battre M. Netanyahu aux législatives prévues en octobre

HERZLIYA: L'ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, qui avait été brièvement chef du gouvernement en 2022, se présenteront aux prochaines élections sur une liste commune, ont annoncé les deux hommes dimanche.

"Je suis heureux d'annoncer que ce soir, avec mon ami Yaïr Lapid, je réalise l'acte le plus sioniste et patriotique que nous ayons jamais accompli pour notre pays. Ce soir, nous nous unissons et fondons le parti "Beyahad" ("Ensemble", NDLR) sous ma direction, un parti qui mènera à une grande victoire et à l'ouverture d’une nouvelle ère pour notre beau pays", a déclaré M. Bennett lors d'une conférence de presse.

Naftali Bennett (droite) et Yaïr Lapid (centre) avaient formé ensemble un gouvernement en juin 2021 auquel a succédé fin 2022 le gouvernement actuel dirigé par Benjamin Netanyahu.

Selon les sondages, M. Bennett apparaît comme le candidat le mieux placé pour battre M. Netanyahu aux législatives prévues en octobre.

"Cette initiative conduit à l'unification du bloc du "camp du changement" et permet de concentrer tous les efforts pour conduire Israël vers la réparation nécessaire", a affirmé M. Lapid.

"Bennett est un homme de droite, mais de droite honnête, et il y a de la confiance entre nous", a encore dit M. Lapid.

M. Bennett a promis que si il était élu, il nommerait une commission nationale d'enquête sur les défaillances ayant conduit au massacre du 7 octobre 2023, ce que refuse le gouvernement actuel.

Il a aussi appelé l'ancien ministre Gadi Eizenkot (chef du parti centriste Yashar "Droit") à les rejoindre sur cette liste commune.

Fils d'immigrants américains, Naftali Bennett, 54 ans, ancien entrepreneur high-tech, qui a revendu sa start-up en 2005 pour 145 millions de dollars (110 millions d'euros), joue beaucoup sur son image d'ex-officier commando de l'armée israélienne, un profil lui assurant le soutien d'une partie de la jeunesse, surtout après plus de deux ans de guerre.

Ancien conseiller de Benjamin Netanyahu, M. Bennett s'est transformé au fil des années en farouche adversaire de la politique de son ancien mentor.

Il a dirigé plusieurs formations de droite avant de former un gouvernement d'union large en 2021 avec notamment le soutien d'une formation arabe.

Son nouveau colistier, Yaïr Lapid, 62 ans, est le fils du défunt journaliste et ministre Tommy Lapid, un rescapé de la Shoah, et de l'auteure reconnue Shulamit Lapid.

Journaliste vedette de la télévision, il est entré en politique en 2012 en créant le parti Yesh Atid ("Il y a un avenir"), s'imposant comme la seconde formation politique du pays et devenant depuis le chef de l'opposition, en dehors de la parenthèse de pouvoir et d'une brève participation à un gouvernement Netanyahu en 2014.