Des vidéos ont montré des scènes de totale anarchie, comme ces centaines de personnes courant près d'un avion de transport militaire américain qui roule pour aller décoller, pendant que certains tentent follement de s'accrocher à ses flancs ou ses roues
Certains reprochent au département d'Etat d'avoir attendu plus de deux mois pour lancer le processus de délivrance des visas d'immigration aux Afghans craignant pour leur vie
«Je suis profondément attristé par la situation, mais je ne regrette pas» la décision de retirer les forces américaines d'Afghanistan, où elles étaient entrées 20 ans plus tôt pour chasser les talibans, a-t-il déclaré dans une adresse télé très attendue
Cible de vives critiques, aux États-Unis comme à l'étranger, M. Biden a répété que la mission de Washington n'avait jamais été de bâtir une nation démocratique dans un pays instable, mais «d'empêcher une attaque terroriste sur le sol américain»
«Les forces US ne peuvent pas, et ne devraient pas, mener une guerre et mourir d'une guerre que les forces afghanes n'ont pas la volonté de combattre pour eux-mêmes»
L'opposition républicaine s'est engouffrée dans la brèche, elle qui était bien embarrassée jusque là, puisque le retrait avait été décidé au départ par Trump
L'effondrement fulgurant du gouvernement afghan a renforcé l'argument du président Biden que rien de plus n'aurait pu être fait pour éviter la débâcle
Les sondages montraient encore il y a quelques jours que l'opinion publique américaine voulait mettre un terme à la guerre lancée après les attentats du 11 septembre
Les alliés européens de Washington n'ont pas caché leur réprobation devant les scènes de panique à l'aéroport de Kaboul de milliers d'Afghans tentant désespéramment de fuir leur pays
Fait rare compte tenu des relations privilégiées entre Londres et Washington, le gouvernement de Boris Johnson critique ouvertement depuis plusieurs jours la décision américaine de se retirer
Lundi, tandis que se réveille Washington, son agenda ne prévoit aucun événement public pour Joe Biden, depuis vendredi à Camp David, lieu de villégiature des présidents américains
Son conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan promet toutefois, sur la chaîne de télévision ABC, que les Américains auront « bientôt » des nouvelles de leur président
Certains s'inquiètent déjà, à l'instar de l'élue républicaine Liz Cheney, que la débâcle ne vienne saper l'action de Washington sur certains théâtres à l'étranger
La Chine, considérée comme le pays rival numéro un par Washington, a d'ores et déjà commencé à exploiter la situation
L'ex-magnat des affaires a beau avoir supervisé les négociations avec les talibans de retrait d'Afghanistan de l'armée américaine, il compte bien faire porter le chapeau de la débâcle des militaires afghans uniquement à son successeur
«Ce que Joe Biden a fait avec l'Afghanistan est mythique. Cela restera comme l'une des plus grandes défaites dans l'histoire américaine», avait-il raillé dimanche dans un précédent communiqué