M. Bhiri avait été arrêté vendredi matin par des agents en civil devant son domicile, et conduit dans un lieu inconnu, selon des membres d'Ennahdha qui avaient dénoncé un « enlèvement »
Le parti Ennahdha a annoncé lundi que M. Bhiri était en grève de la faim
Interpellé vendredi matin, Bhiri, 63 ans, «est vivant et lucide, (il) est pris en charge dans une chambre individuelle, au service cardiologie de l'hopital»
Dimanche soir, plusieurs militants et députés d'Ennahdha avaient affirmé que Bhiri se trouvait «en état critique» avec des «menaces pour sa vie» et qu'il avait été «privé de ses médicaments»
Selon plusieurs médias et des sources proches du dossier à l'AFP, M. Bhiri souffre de plusieurs maladies chroniques et avait cessé de s'alimenter et de prendre ses médicaments depuis son arrestation
Ennahdha est au coeur d'un bras de fer avec le président Kais Saied depuis son coup de force du 25 juillet et sa décision de suspendre le Parlement
Le président «Kais Saied et le ministre de l'Intérieur assument la responsabilité de ce qui s'est passé», a déclaré lors d'une conférence de presse à Tunis, Mohamed Goumani, responsable au sein d'Ennahdha
Sans commenter cette arrestation, la présidence de la République a annoncé vendredi sur sa page officielle une grâce présidentielle en faveur de plus de 1 300 détenus à l'occasion du Nouvel An
Dans un contexte de blocage politique, Kais Saied s'est arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet dans le pays qui fut le berceau du Printemps arabe en 2011
Depuis, il gouverne par décrets malgré la protestation de ses opposants et des organisations nationales dont la puissante centrale syndicale UGTT
L’État risque de tomber à tout moment en cessation de paiement, ce qui plongerait plus de 600000 personnes dans les affres de la pauvreté
La vie politique tunisienne se résume depuis 2011 à une lutte continue et sans merci entre pouvoir et opposition, et partis opposés politiquement et idéologiquement