Le projet de loi sur l'immigration poursuivra son parcours en commission mixte paritaire à la recherche d'un compromis
Signe du séisme, le chef de l'Etat a convoqué dans la soirée un dîner de près de trois heures à l'Elysée autour d'une demi-douzaine de ministres parmi les plus politiques
Depuis dix-huit mois que la macronie n'a plus qu'une majorité relative à l'Assemblée nationale, les accusations de «passage en force» fleurissent
«Le 49.3 a enraciné une pratique vue comme très verticale, un déni démocratique, ce qui n'était pas du tout le cas auparavant», abonde le directeur de l'Ifop, Frédéric Dabi
Au lendemain du rejet à l'Assemblée nationale, le gouvernement a annoncé vouloir soumettre le texte à une commission mixte députés-sénateurs pour trouver un accord
Mais celui-ci passerait sans doute par des concessions faites à la droite parlementaire pouvant mécontenter l'aile gauche de la majorité
Lundi, l'Assemblée nationale a adopté une motion de rejet contre le texte, ouvrant une crise pour la majorité, quelques mois après la douloureuse séquence des retraites
«C’est un échec personnel pour Gérald Darmanin, qui avait fait de ce projet de loi l’une des étapes de son ascension politique»
L'exécutif peut choisir désormais de laisser le texte poursuivre son parcours législatif au Sénat, pour une deuxième lecture, ou décider de le retirer.
Gérald Darmanin, qui s'était fait fort de réussir à trouver une majorité sur ce texte, malgré les multiples avertissements de LR, n'a finalement pas réussi son pari
«Sous prétexte d'une prétendue menace pesant sur les Français», ce groupe «légitime de façon récurrente la violence physique et le recours aux armes», a précisé une source proche du dossier
Academia Christiana «utilise un vocabulaire guerrier et incite de manière explicite ses militants à s'armer et à partir en "croisade"», a ajouté cette source
Les attentes sont énormes envers ce gouvernement proeuropéen, mais les nationalistes populistes resteront une opposition puissante et continueront à contrôler plusieurs institutions d'Etat
Les analystes parlent d'"une toile d'araignée" tissée par le PiS autour de l'Etat, d'autant plus solide que le mandat présidentiel de M. Duda ne s'achève qu'en 2025