Naftali Bennett, le Némésis de Netanyahou en lice pour prendre sa place

Longtemps, Naftali Bennett avait joué sur deux tableaux et laissé planer le doute sur son intention de porter, ou pas, le coup final à Benjamin Netanyahou, au pouvoir pendant 15 ans. (Photo, AFP)
Longtemps, Naftali Bennett avait joué sur deux tableaux et laissé planer le doute sur son intention de porter, ou pas, le coup final à Benjamin Netanyahou, au pouvoir pendant 15 ans. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 03 juin 2021

Naftali Bennett, le Némésis de Netanyahou en lice pour prendre sa place

  • Bennett serait le premier chef de gouvernement religieux de l'Histoire de l'Etat hébreu à porter une kippa ou à observer strictement le Shabbat
  • Il prône à la fois un ultra-libéralisme économique, une ligne dure face à l'Iran ou encore l'annexion de près des deux tiers de la Cisjordanie

JERUSALEM : Il a été tour à tour conseiller de Benjamin Netanyahou puis son rival tout en restant un partenaire incontournable: le millionnaire Naftali Bennett, chef de file de la droite radicale, pourrait succéder à son mentor et devenir le Premier ministre d'Israël.

Crâne dégarni, kippa discrète et anglais d'Américain, Naftali Bennett dirige la formation Yamina qui prône à la fois un ultra-libéralisme économique, une ligne dure face à l'Iran ou encore l'annexion de près des deux tiers de la Cisjordanie, le territoire palestinien occupé par l'armée israélienne depuis 1967.

Longtemps, M. Bennett avait joué sur deux tableaux et laissé planer le doute sur son intention de porter, ou pas, le coup final à Benjamin Netanyahou, au pouvoir pendant 15 ans.

Son ralliement au bloc anti-Netanyahou, une alliance détonante qui va de la gauche à son parti de droite en passant par le soutien de députés arabes, a été négocié au prix fort: pas moins que le poste de chef de gouvernement en premier qui sera repris ensuite par Yaïr Lapid, le chef de l'opposition qui est parvenu à obtenir un accord des partis pour une telle coalition.

L'homme d'affaires de 49 ans qui a fait fortune dans la tech est entré en politique sur le tard. Mais depuis 2013, cette figure du courant « nationaliste religieux » et proche des colons, a occupé cinq portefeuilles ministériels.

Le dernier, celui de la Défense en 2020, l'a mené au pic de la pandémie de coronavirus en Israël à organiser une spectaculaire mobilisation de l'armée pour gérer la crise.

« Une image faite sur mesure pour un public qui cherche désespérément un remplaçant légitime à Netanyahou », note Evan Gottesman de l'Israel Policy Forum.

Si l'accord de coalition est approuvé par le Parlement, Naftali Bennett serait le premier chef de gouvernement religieux de l'Histoire de l'Etat hébreu à porter une kippa ou à observer strictement le Shabbat.

Celui qu'on donnait mort politiquement il y a encore deux ans et qui a fait un score médiocre aux dernières législatives de mars a su manœuvrer ces dernières semaines pour s'imposer comme « faiseur de rois » dans les complexes négociations en vue de former une coalition gouvernementale.

« La gauche fait des compromis loin d'être faciles, quand elle m'octroie (...) le rôle de Premier ministre », a déclaré au début des négociations M. Bennett, qui a bâti l'intégralité de sa carrière politique sur une ligne de droite dure et partisane du « Grand Israël ».

Fils d'immigrants américains né le 25 mars 1972 à Haïfa, Naftali Bennett qui a servi dans la prestigieuse unité « Sayeret Matkal » de l’armée, comme M. Netanyahou, s'est imposé au tournant des années 2000 comme l'un des ténors de la « start-up nation » avec son entreprise de cybersécurité Cyotta vendue pour 145 millions de dollars en 2005.

L'année suivante il fait le saut en politique pour le Likoud où il devient le bras droit de Benjamin Netanyahou.

Deux ans plus tard, Naftali Bennett quitte le Likoud pour diriger un temps le Conseil de Yesha, principale organisation représentant les colons israéliens en Cisjordanie, qui deviendront son fonds de commerce politique, même si lui n'a jamais habité dans l'une de ces controversées implantations.

En 2012, il prend les rênes de la formation de droite Foyer Juif, qui s'est ensuite greffée à d'autres micro-partis pour former « Yamina » (A droite). Le parti Yamina, connu pour son égérie, Ayelet Shaked, est aujourd'hui dirigé par Naftali Bennett.

Et ce dernier a réussi à séduire une partie des colons avec des propos nationalistes musclés.

Exemple? Le conflit avec les Palestiniens ne pouvait être réglé mais enduré comme un « éclat d'obus dans les fesses ». Ou encore: il n'y a pas d'occupation israélienne en Cisjordanie car « il n'y a jamais eu d'Etat Palestinien ». Voire: les « terroristes doivent être tués pas libérés », termes lancés à l'égard de prisonniers palestiniens.

Il avait par exemple promis à l'Iran un « Vietnam » si la République islamique continuait, selon lui, de s'implanter militairement en Syrie voisine.

Mais Naftali Bennett, père de quatre enfants et habitant de la ville cossue de Raanana, détonne aussi au sein de son milieu de droite religieuse: les questions sur la place de la religion dans l'Etat ne sont dans ses priorités et il incarne un certain libéralisme des valeurs, notamment par exemple sur les questions LGBTQ.


L'armée israélienne dit frapper des cibles du Hezbollah à Beyrouth

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
Short Url
  • Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV
  • Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi mener des frappes à Beyrouth contre des infrastructures du mouvement islamiste libanais Hezbollah, un allié de Téhéran, plus d'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

L'armée "a commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah terroriste à Beyrouth", indique un court communiqué militaire.

Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV.

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars.

 

 

 


L'Iran confirme la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution

L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière. (AFP)
L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière. (AFP)
Short Url
  • L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière
  • Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News

TEHERAN: L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière.

Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News.

 

 


Les Houthis du Yémen visent à nouveau Israël et entrent dans la guerre au Moyen-Orient

Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois. (AFP)
Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois. (AFP)
Short Url
  • Le groupe rebelle a ainsi ciblé Israël pour la première fois depuis le début de la guerre le 28 février, déclenchée par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran
  • Alors que le trafic maritime mondial est largement perturbé par le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, l'entrée des Houthis dans le conflit pourrait encore aggraver la situation

TEHERAN: Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois.

Leur porte-parole a affirmé dans un communiqué sur X que les Houthis avaient lancé "des missiles de croisière et des drones" en direction de "plusieurs objectifs vitaux et militaires" en Israël.

Le groupe rebelle a ainsi ciblé Israël pour la première fois depuis le début de la guerre le 28 février, déclenchée par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Alors que le trafic maritime mondial est largement perturbé par le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, l'entrée des Houthis dans le conflit pourrait encore aggraver la situation: le groupe avait mené de nombreuses attaques contre les navires commerciaux en mer Rouge entre 2023 et 2025, pendant la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza.

En parallèle, l'Iran poursuit ses frappes de riposte, en Israël et à travers le Golfe.

Le port omanais de Salalah, situé à l'extérieur du détroit d'Ormuz sur la mer d'Arabie, a été évacué après une attaque de drones. Ses opérations ont été suspendues pour 48 heures, d'après l'armateur danois Maersk.

Universités américaines menacées 

Les Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, ont menacé tôt dimanche de frapper les universités américaines dans la région, après avoir fait état de deux universités en Iran endommagées par des frappes américano-israéliennes.

"Si le gouvernement américain veut que ses universités dans la région ne subissent pas de représailles (...), il doit condamner le bombardement des universités dans un communiqué officiel avant lundi 30 mars à midi", ont déclaré les Gardiens de la Révolution dans un communiqué publié par des médias iraniens.

De nombreuses universités américaines possèdent des campus dans les pays du Golfe, comme l'université Texas A&M, implantée au Qatar, ou encore la New York University, aux Emirats arabes unis.

Les Etats-Unis avaient condamné avant cela "avec la plus grande fermeté" les attaques "perpétrées en Irak par les milices terroristes agissant pour le compte de l'Iran", et notamment celle "contre la résidence privée du président de la région du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani".

Des attaques qui ont notamment pris pour cible l'ambassade américaine à Bagdad.

A Téhéran, de nouvelles explosions ont été entendues dans la soirée de samedi par des journalistes de l'AFP, dans la partie est de la capitale, déjà lourdement bombardée la nuit d'avant.

Préparatifs du Pentagone 

Les efforts diplomatiques se multiplient ces derniers jours pour tenter de mettre fin à la guerre, et des responsables turcs, pakistanais, égyptiens et saoudiens doivent se réunir dimanche et lundi à Islamabad pour des "discussions approfondies".

Les spéculations vont bon train cependant sur le déploiement de troupes américaines sur le territoire iranien.

Selon le Washington Post, qui cite samedi soir des responsables américains, le Pentagone se prépare à des opérations de plusieurs semaines sur le terrain en Iran.

De telles opérations n'iraient pas jusqu'à une invasion à grande échelle de l'Iran, ont souligné les responsables américains sous couvert de l'anonymat, mais impliqueraient plutôt des raids en territoire iranien à la fois par des membres des forces spéciales et d'autres soldats.

Selon le Washington Post, il n'était pas clair samedi si Donald Trump comptait approuver tout ou partie, voire aucun des plans du Pentagone.

L'armée américaine a annoncé samedi l'arrivée au Moyen-Orient du Tripoli, un navire d'assaut amphibie à la tête d'un groupe naval comprenant "quelque 3.500" marins et soldats du corps des Marines.

Et ces derniers jours, plusieurs médias américains ont rapporté que Donald Trump envisageait d'envoyer prochainement au moins 10.000 militaires au Moyen-Orient.

Lourd tribut des civils 

Un mois après le début de la guerre, les civils continuent de payer un lourd tribut.

En Iran, d'après les médias samedi, au moins 12 personnes ont été tuées par des frappes américano-israéliennes dans la nuit dans différentes régions d'Iran.

Onze personnes ont été blessées samedi par des éclats lors de l'impact d'un missile iranien dans le centre d'Israël, ont annoncé les secours et l'armée.

La situation empire aussi au Liban, entraîné dans la guerre dès le 2 mars lorsque le mouvement chiite Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël.

Trois journalistes libanais ont été tués samedi par une frappe sur leur véhicule dans le sud du Liban, Israël affirmant avoir visé un membre d'une unité d'élite du Hezbollah.

Depuis début mars, les frappes israéliennes ont fait un millier de morts selon des sources officielles et un million de déplacés dans ce pays.