Tunisie: ICG appelle à réformer des mesures antiterroristes «contre-productives»

La police tunisienne transporte le cercueil de l'un des gardes présidentiels tués la veille dans l'explosion d'une bombe dans un bus dans le centre de Tunis, lors d'une cérémonie officielle en leur honneur au palais de Carthage dans la capitale tunisienne le 25 novembre 2015. FETHI BELAID / AFP
La police tunisienne transporte le cercueil de l'un des gardes présidentiels tués la veille dans l'explosion d'une bombe dans un bus dans le centre de Tunis, lors d'une cérémonie officielle en leur honneur au palais de Carthage dans la capitale tunisienne le 25 novembre 2015. FETHI BELAID / AFP
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Publié le Vendredi 04 juin 2021

Tunisie: ICG appelle à réformer des mesures antiterroristes «contre-productives»

  • Certaines mesures antiterroristes en Tunisie sont abusives et doivent être réformées au moment où le djihadisme «décline» dans le pays, estime le centre de réflexion International Crisis Group
  • La Tunisie a connu après la révolution de 2011 l'essor d'une mouvance jihadiste, ayant culminé avec une série d'attentats meurtriers en 2015

Certaines mesures antiterroristes en Tunisie sont abusives et doivent être réformées au moment où le djihadisme "décline" dans le pays, estime le centre de réflexion International Crisis Group, avertissant du risque qu'elles nourrissent un regain de violences.

Dans son rapport "Déclin du jihadisme en Tunisie?", publié mardi, le chercheur Michael Ayari d'ICG souligne que "le pays n'est pas menacé par un mouvement jihadiste armé de masse".

La Tunisie a connu après la révolution de 2011 l'essor d'une mouvance jihadiste, ayant culminé avec une série d'attentats meurtriers en 2015.

Plusieurs milliers de Tunisiens ont combattu auprès de groupes jihadistes dont l'Etat islamique (EI) en Irak, Syrie ou Libye entre 2011 et 2016, et des Tunisiens ont commis quatre attentats en France et en Allemagne en 2016 et 2021.

Mais depuis l'échec en 2016 d'une attaque de l'EI à la frontière libyenne la Libye, la situation s'est nettement améliorée, malgré des attentats ponctuels contre les forces de l'ordre.

ICG, s'appuyant sur des sources sécuritaires, souligne que les deux principaux groupes jihadistes, Okba Ibn Nafaa, affilié à AQMI, et Jund el Khilafa, proche de l'EI, ont perdu deux tiers de leurs effectifs depuis 2016 et ne comptent plus qu'une soixantaine de membres.

Environ 200 Tunisiens combattraient actuellement au Moyen Orient, et une centaine au Sahel, au sein de groupes jihadistes.

Les mouvements salafistes-jihadistes ont perdu de leur influence dans la jeunesse, qui ne les considère plus comme un remède "anti-système", selon ICG.

Mais les mesures répressives risquent de "renforcer la crise de confiance des citoyens envers les institutions", et d'alimenter une nouvelle flambée de violences jihadistes, avertit ICG.

Les trois quarts des 2.200 personnes détenues pour "terrorisme" doivent "quitter les prisons tunisiennes au cours des trois années à venir", après avoir connu des conditions de détention "propices à la récidive".

Le contrôle administratif imposé à plusieurs dizaines de milliers de Tunisiens hors de prison, peu encadré et très contraignant, réduit également les perspectives de réinsertion, et "pourrait conduire certains, qui estiment le subir injustement, à se rapprocher des groupes jihadistes".

Estimant que le recul du jihadisme est davantage lié à sa déroute régionale qu'à la répression, ICG appelle Tunis à "atténuer la rigueur contre-productive des mesures sécuritaires et renforcer les mesures de prévention de la violence jihadiste."

ICG suggère de réformer un arsenal judiciaire propice aux abus : réduire la garde à vue, améliorer le respect des droits dans les procès, accompagner les détenus vers une réinsertion, et réformer la loi sur l'état d'urgence.


L'Iran dément avoir visé l'ambassade américaine à Ryad 

L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
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  • L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles
  • Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti

RYAD: L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad.

"Aucun drone n'a été lancé depuis l'Iran vers l'ambassade des Etats-Unis à Ryad", a-t-il déclaré dans un entretien exclusif à l'AFP.

"Si le commandement des opérations à Téhéran attaque quelque part, il en assume la responsabilité", a-t-il assuré.

L'Iran mène depuis samedi des frappes sur les pays du Golfe, disant y viser les installations américaines, après l'attaque lancée par les Etats-Unis et Israël, prélude à une guerre qui déborde en dehors de la région.

L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles.

Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti.

De la même manière, l'Iran n'a "aucun rôle dans l'attaque (de drone, NDLR) qui a ciblé l'ambassade américaine" et provoqué un incendie, a affirmé Alireza Enayati.

Guerre "imposée" 

Le diplomate a exprimé sa reconnaissance envers l'Arabie saoudite pour son engagement à ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien, ni de son territoire, pendant la guerre.

"Nous apprécions ce que nous avons entendu à plusieurs reprises de la part de l'Arabie saoudite: qu'elle n'autorise pas l'utilisation de son espace aérien, de ses eaux ou de son territoire contre la République islamique d'Iran", a-t-il dit.

Avant le déclenchement de la guerre, Ryad avait apporté son soutien aux efforts diplomatiques visant à apaiser les tensions entre Téhéran et Washington et avait promis de ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien pour des attaques contre l'Iran.

Après des années d'hostilité, l'Iran, à majorité chiite, et l'Arabie saoudite, à majorité sunnite, avaient renoué leurs relations en 2023, à la suite d'un accord surprise négocié par l'intermédiaire de la Chine.

Ryad avait rompu en 2016 ses relations diplomatiques avec la République islamique après que son ambassade à Téhéran et son consulat à Mashhad, dans le nord-ouest du pays, avaient été attaqués lors de manifestations. Celles-ci avaient suivi l'exécution par l'Arabie saoudite du religieux chiite saoudien Nimr al-Nimr.

Depuis que la guerre lancée par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran embrase le Moyen-Orient, au moins 13 personnes ont été tuées dans le Golfe, dont sept civils.

"Ceci n'est pas une guerre régionale et ça n'est pas notre guerre. Elle a été imposée à la région", a regretté Alireza Enayati.

 

 


Le ministre saoudien de la Défense s'entretient avec son homologue des Émirats arabes unis et condamne les attaques iraniennes

 Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, s'est entretenu avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum, jeudi. (@DXBMediaOffice)
Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, s'est entretenu avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum, jeudi. (@DXBMediaOffice)
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  • Les ministres ont condamné l'agression iranienne contre le Royaume, les Émirats arabes unis et d'autres pays
  • Ils ont déclaré que leurs pays se réservaient le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs capacités

RIYAD: Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, s'est entretenu jeudi avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum.

Au cours de cet entretien, les ministres ont condamné l'agression iranienne contre le Royaume, les Émirats arabes unis et d'autres nations, a écrit le prince Khalid sur X.

Les attaques iraniennes ont été décrites comme une "violation claire des conventions internationales, ainsi que de la souveraineté, de la sécurité et de la sûreté des nations", a déclaré le Dubai Media Office.

"Les deux parties ont souligné que de tels actes ont de graves implications pour la sécurité et la stabilité régionales et internationales", a ajouté le bureau.

Les deux ministres ont également affirmé leur entière solidarité et leur engagement à soutenir toutes les mesures prises en réponse à ces actes, a déclaré le prince Khalid.

Ils ont ajouté que leurs pays se réservaient le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs capacités et assurer la sécurité de tous ceux qui vivent dans les deux pays.


Liban: frappe sur la banlieue sud de Beyrouth après un avis d'évacuation 

La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
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  • La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information
  • La panique s'est emparée de Beyrouth dans l'après-midi, après un appel inédit d'Israël à évacuer toute la banlieue sud qu'il pilonne depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale, lundi

BEYROUTH: La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Un panache de fumée se dégage du lieu du site, selon des images de l'AFPTV.

La panique s'est emparée de Beyrouth dans l'après-midi, après un appel inédit d'Israël à évacuer toute la banlieue sud qu'il pilonne depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale, lundi.